‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 98 sur 364 · TROUBLES EN JUIN 1847. XIX^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

TROUBLES EN JUIN 1847. XIX^ SIÈCLE

Genis, les insargés se répandirent sur la place et dans les cabarets ; ils se dispersèrent devant une avant-garde de quatre gendarmes aux ordres du capitaine Saint-Gyr. Quelques coups de fusil furent échangés ; un d'eux blessa mortellement un gendarme. A Millery , le tocsin sonna dans la nuit ; quelques paysans entourèrent le maire , et voulurent le forcer à proclamer Napoléon IL Le tocsin se fit entendre, dans la matinée du 9, à Saint-Ândéol; quinze à vingt paysans ameutés injurièrent le maire, déclinèrent son autorité , battirent la générale et prirent la cocarde tricolore ; quelques-uns étaient armés de mauvais fusils. Quand ce petit groupe d'insurgés eut aperçu les gardes nationaux d'un village voisin qui marchaient contre lui, il se dispersa de lui-même. Pendant que ces événements se passaient dans quelques commîmes au Sud , les mêmes manifestations avaient lieu dans un très petit nombre de conmaunes au Nord. A Bully, quelques paysans se rendirent chez le maire ; ils lui dirent que les Bourbons ne régnaient plus, que le gouvernement était changé , qu'ils voulaient Napoléon II. Quelques désordres semblables , et sur une moindre échelle encore, eurent lieu, le même jour, à Saint-Germain. U n'y avait eu aucun concert entre les deux foyers de Finsurrection ; une distance de vingt -quatre kilomètres les séparait : il n'y avait pas de mot d'ordre , point de munitions , point d'armes , point d'argent , point de chefs , point de drapeau. Onze communes seulement (cinq au Sud-Ouest et six au Nord- Ouest) , sur deux cent soixante-une , avaient entendu le tocsin sonner; leur population de dix mille âmes fournit à la rébellion deux cent cinquante hommes en tout , dont soixante pouvaient être considérés comme ayant des armes : ils ne se dirigèrent point sur Lyon. Ces hommes égarés n'avaient pas même un but bien déterminé : ceux-là demandaient Napoléon II, ceux-ci croyaient marcher contre les étrangers; quelques-uns disaient qu'ils auraient le pain à trois sous. U n'y eut de résistance sur aucun point, hors le coup de fusil tiré à Irigny ; quatre gendarmes eurent raison de tous les insurgés.

A Lyon, il n'y eut aucune tentative de rébellion , aucun symptôme d'émeute. Un homme fut arrêté à la barrière de Serin , porteur d'un sac rempli de cartouches ; on affirma qu'il allait dans une direction opposée au théâtre de l'insurrection , et qu'il

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