‹ Histoire de la ville de Mussy-l'ÉvêqueChapitre 13 sur 133 · ANCIENS SEIGNEURS DE MUSSY · texte numérisé non relu

ANCIENS SEIGNEURS DE MUSSY

§ 1*'. — Seigneurs avant Vannée 1464.

La famille de Muxi ou Mussy, pour partie ; les ducs de Bourgogne, aussi pour partie; les évêques de Langres, pour une îiutre partie. — Enonciation des actes de transmission aux évoques de portions de la seigneurie de Mussy. — La famille Vignier ne peut être considérée comme ayant eu la seigneurie de Mussy.

Vignier, dans sa Décade historique^ a exprimé Topinion que Mussy a appartenu à ceux qui ont porté le nom de Muxy ou de Mussy avant d'appartenir aux évéques. Il a igouté que, d*après les apparences, le chef de la maison, Vignier, se disposant à aller à la croisade en Tan 1086 ou 1087, vendit pour s'équiper le corps principal de la ville de Mussy au comte de Tonnerre qui Ta transmis à sa postérité, et que le cadet en retint une petite partie avec quelques droits seigneuriaux et le surnom de Muxy ou Mussy

— Mi) —

qui fut conservé à sa branche, pour le distinguer de celle de rainé.

Aucun document ne justifie Topinion émise par le rédacteur de la Décade historique , que la seigneurie de Massy aurait appartenu à la famille Vignier , laquelle serait, dit-il, la branche aînée de Mussy. On ne trouve nulle part le moindre indice à l'appui de ce que cet auteur annonce. Si une demoiselle Vignier a habité Massy, en 1493, comme cela est sans doute, cette circonstance ne forme preuve pour cette famille ni de possession d'aucune partie de la seigneurie, ni même de parenté avec la famille de Mussy.

Il résulte au contraire des chartes de 1251, 1287 et 1300, ci-après analysées, que la famille de Maxy était alors en possession de maisons, moulins, dîmes, cens, rentes et coutumes, dont elle a disposé en faveur des évèques par ces mêmes actes.

Les ducs de Bourgogne ont possédé de leur cbef, ou pu acquérir des seigneurs de Mussy ou d autres personnes, les portions de la seigneurie qu*ils ont cédées plus tard à leurs descendants ou aux évêques.

Mais il est constaté par le jugement de Louis VU de 1153, que les évêques de Langres possédaient à cette époque la principale portion de la seigneurie, puisqu'ils j avaient fait construire antérieurement le château ou forteresse.

Il est même à croire que les droits de ces évoques étaient beaucoup plus anciens, et quils prirent naissance au dixième ou au onzième siècle, après la suppression du comté da Lassois qui fut partagé entre les puissants voisins de ce comté, comme nous Tavons dit plus haut.

Nous analysons ci-après les chartes et titres qui constatent la possession des évêques, ainsi que la transmission à

leur profit des droits et biens qui composaient une partie de la seigneurie de Mussy.

Au chapitre IV de la première partie, nous avons donné I extrait du jugement rendu par Louis VII, en 1153, qui reconnaît les droits des évêques.

Le cartulaire de levêché contient deux chartes concernant Tabbaye de Lugny : Tune de 1190, par laquelle Manassès, évèque de Langres, donne dix livres à prendre sur les revenus de Mussy ; et Tautre de Robert II de Châtillon, aussi évèque de Langres, de 1206, qui fait don à la même abbaye de treize muids de vin, à prendre sur les dîmes de Mussy.

En 1207, Lambert de Châtillon et Pierre de Châtillon se reconnurent hommes liges de Tévêque, pour une grande vigne à Mussy ; pour une redevance sur le moulin de Plaines, pour des dîmes de chanvre et d agneaux, pour des corvées de charrue, trois fois Tannée ; pour des corvées d*hommes, une fois pendant la moisson, et pour les amendes des délits causés par les animaux sur les terres et vignes des possessions de révoque. Il fut fait exception de Thommage pour les hommes et les femmes de Mussy, et pour la moitié du moulin de Tlsle, que Lambert de Châtillon ne tenait pas de Tévêque. (Voir le n** 7 de TAppendice.)

Guy, comte de Nevers et de Tonnerre, et la comtesse Mathilde, sa femme, cédèrent au mois de juin 1228, à Hugues de Montréal, soixante-quatrième évèque de Langres, ce qu ils possédaient à Mussy, ainsi que la voie publique dans la longueur de la ville (sans doute le péage), et encore la somme à percevoir pour le droit de giste, c'est à-dire le droit d*ètre logé chez ses vassaux un jour et une nuit par an et nourri. (Voir le n? 17 de TAppendice.) Cette cession fut faite pour prix de ce que le prélat avait à Nicey, et de son droit sur la chapelle du château de Tonnerre et sur la

chapelle de Jully. P^lle fut confirmée par le duc de Boorgogne, suivant une charte d'avril 1231.

En février 1229, Lambert de Chàtillon engageait, en faveur de 1 evêque, ce qu'il avait à Mussy, moyennant cinq cents livres de provins. (Voir TAppendice, n** 18.)

L'évêque de Langres donna au couvent de MoIesme« en 1231, un muid d'avoine sur la grange de Mussy, et cent sous à prendre tous les ans sur les cens de la Saint- Remy ; et pour cela les religieux lui cédèrent ce qu*ils avaient dans la forêt de Bouix. •

L*abbaye de Clairvaux céda en février 1232, & Tëvâque de Langres, Robert III, ce qu elle possédait dans le ruisseau et la pêcherie d'Augustines. (Voir le n^ 19 de TAppendice.)

Le même évêque échangea, en 1238, ce qu'il avait à Bouix avec les religieux de Pothières, qui lui cédèrent ce qu'ils possédaient en la vallée de Mussy, depuis Pothières jusqu'au ruisseau d'Augustines. (Vignier, vol. i"^', Décade historique.)

On lit dans un manuscrit de la Topographie de Champagne, vol. XXI, pp. 188 et 189, que l'abbé et le couvent de Molesme donnèrent en échange, en 1238, à l'évéque de Langres, tous les hommes qu'ils avaient dans le vallon de Mussy, depuis Pouthières jusqu'à Augustines. {Ville vieille, vol. viii, fol. 77, Manuscrits, bibliothèque impériale.)

En 1247, l'abbaye de Pothières donna au comte de Nevers la garde de tout ce qu'elle possédait dans Mossy. (N^ 20 de l'Appendice.)

D'après Vignier, la même abbaye donna, en 1282 on 1284, au sire Gauthier de Chàtillon, la garde des choses qu'elle avait à Mussy.

11 parait qu'un procès entre le duc de Bourgogne et

— ils —

Hugues de la Roche-Corbon, soixante-sixième évêque de Langres« pour des droits contestés sur Mussy et Chàtillon, aurait été jugé, en 1248, par saint Louis qui aurait maintenu le prélat dans son droit et sa possession. (Histoire des évéques de Langres, par Tabbé Mathieu). Nous n*avons trouvé aucune mention de ce jugement aux Archives impériales ni dans le cartulaire de Tévêché.

Suivant une charte de Guillaume, abbé de Molesme, et de Jacques, abbé de Sainte-Marie de Châtillon, de septembre 1251, la dame Laure de Muxi, veuve du chevalier Barthélémy, surnommé Pignans, et ses enfants vendirent à Tévéque de Langres, Guy de Rochefort, la moitié d'un moulin, dit du Milieu, situé dans la ville de Muxy, plus deux émines de la mouture des moulins, moyennant cinquante livres de la monnaie de Langres. (N** 22 de l'Appendice.)

Les enfants de Jean de Châtillon et de Guillelme , sa femme, vendirent au même évêque Guy, en janvier 1251, toutes les corvées d'hommes et d'animaux qu'ils avaient à Muxy et dépendances , ainsi que les péages auxquels ils avaient droit à la Saint-Remy, moyennant sept-vingt livres de Provins et dix livres de Dijon. La charte de cette convention fut rédigée par frère Jacques de Châtillon, de Tordre de Saint-Augustin, et Guillaume de Grancey, du même ordre, tous deux abbés. (N^ 21 de l'Appendice.)

Une autre charte, rédigée par M. Garnier, archidiacre du Lassois, en juin 1252, porte que Huon de Luzy et Nicholette, sa femme, vendirent â l'évêque de Langres la cinquième partie du moulin de la ville de Muxy, pour trente livres de Provins. (N** 23 de l'Appendice.)

La dame Elixa de Voichiera déclara, au mois d'août 1254, devant le doyen et officiai de Troyes, qu'elle cédait à

Févêquo de Langres tout ce qu elle possédait à Muxy et en Lisle, moyennant cent livres fortes de Provins. (Voir n* 24 de TAppendice.)

Guy de Rochefort, déjà nommé, consentit en 1255, à partager par moitié avec le duc de Bourgogne, la ville de Mussy.

Par une charte de 1255, Félicie de Muxy, femme du chevalier Hugues d'Ostricourt, déclara tenir de Tévèque à titre de fief ce qu elle possédait à Mussy. (Voir le n^ 25 de l'Appendice.)

Au mois d*août 1259, le chevalier Jehan de Châtillon, vendit au même prélat Guy de Rochefort, les dîmes de chanvre de Muxy, du gagnage de la maison des lépreux» de Plaines, des deux Gomméville, de Saint-Langis, de Lisles et de leurs finages, moyennant cent vingts livres de Tours. Cette charte fut rédigée par Jacques, abbé de Sainte- Marie de Chàtillon, et Jean, doyen delà même ville. (Voir le n^ 26 de TAppendice.)

L abbé de Pothières donna en échange, an mois d*avril 1269, à révèque de Langres Guy II de Genève « tout ce que le couvent possédait à Mussy en la ville et au château, en hommes, justice, seigneurie, forteresse, et en toutes choses, contre quatre-vingt-dix livres à asseoir aux villes et finages de Bouix, Noiron, Gyé, Gomméville, Plaines, Lisle, et autres lieux. (Voir le n** 27 de TAppendice.)

(Jacquinus, Chanoine de Mussy, reconnut par une charte du samedi, fête de Sainte-Catherine, 1273, que sa vigne de la Varoile, qu'il tenait de labbé et du couvent de Pothières; que sa vigne des champs qu il tenait de la maison du Valdes-Choux ainsi que ses vignes de charme Rabeuf et de la voie du Laz, devaient la dlme au seigneur, évèqae de Langres. (Voir le n^ 29 de l'Appendice.)

Devant l'abbé de Saint-Etienne de Dijon, et maître

Pierre, archidiacre de Langres, le chevalier Guillaume de Muxy donna au révérend père et seigneur de Langres, Guy de Genève, sa maison située à Muxy, près du pont de ce lieu, le samedi après TExaltation de la Sainte-Croix, 1287. (Voir le n*' 30 de l'Appendice.)

En Tan 1300, Guillaume de Mussy possédait encore sur cette ville des dixmes, cens, rentes et coutumes, dont il fit alors donation an chapitre de Mussy, qui les céda ensuite à l'évèqne (1).

Enfin Guy Bernard, quatre-vingt-sixième évêque de Langres, racheta vers 1464, la moitié de Mussy, aliénée en 1255 par Guy P*^ de Rochefort, au profit du duc de Bourgogne.

Depuis lors, les évêques ont été seuls propriétaires de la seigneurie de Mussy jusqu en 1789, époque de la suppression de la féodalité.

Voici la liste de ceux qui, ayant porté le nom de Muxy ou Mussy, ont paru avoir été les seigneurs de la ville ou descendants de ces seigneurs, d après les mentions qui #tistent dans d*anciennes chartes, dans la Décade historique de Vignier et dans d'autres documents. Â cette liste, nous ajoutons Tindication des années où les personnages vivaient, et des actes ou ouvrages où les renseignements ont été puisés. ^

Aucun des documents consultés na fait connaître que des personnes nommées Muxi ou de Mussy, ou Vignier, aient possédé une partie de la seigneurie de Mussy depuis

(I) L'acte de 1300 a élé communiqué en 1850 à M. Lamberl et à un aocien membre du conseil général (M. Monginet), avec tous les titres provenant du chapitre. Nous n*en avons pris que Tanalysc qui existait à la marge ou au dos. Cet acto parait maintenant manquer aux archives, car le maire de Mussy en ayant demandé une copie entière, il lui a été répondu par M. le préfet, le iâ octobre 1863, que cet acte p*existail pas aux archives.

— I7rt —

1464, époque ou Guy Bernard en est devenu seul propriétaire.

lliT. Do Muxy, Etienno, pivvnt à Bar-sur-Aube. (Extrait irun cartulnire de Clfiircaux.)

IHîO. Do Muxy, Robort. (Vignier, Décade historique^ manuscrit, vol. II, p 142.)

11(30. De Muxy, Gcrvais. (Vl^rnier, Décade historique, ma-

nu^-c^it, vol. ii, p. 142.)

1180. De Muxy, Rcnerius. (Cartulaire de Clain)aux, Donation.)

ïiH'3. Do Muxy, Rcnerius. (Vignier, Décade historique^ vol. m, p. 206. Donation à labbaye de Molesme.)

11^."). Do Muxy, Drogo. (Vignier, Décade historique^ vol. ii, ]). 142. Donation à Tiibbaye d'Auberive.)

ilOO. De Muxy, Constancius. (Vignier, Décade historique^ vol. m, pp. îi et :îG2. Donation à Tabbayo de Mores.)

1210. De Muxy, Viardus, surnoininù Pignans Andolplius. i Cartulaire de Claircaux. Donation à Tabbayede ce

nom.)

1210. Do Muxy, Lorota et Emallna. {Cartulaire de CltUrcaux. Donation ù labbave de ce nom.)

1220. De Muxy," Bomardus. (Vignier, Décade historique, vol. II, p. 142.)

1230. De Muxy, (îanierius, et Béalrix, dame de Joinville.

Cartulaire de Claircaux. Donation à Tabbaye de ce

nom.)

1231. De Muxy, Viardus. (Cartulaire de Molesme. Donation

à Tabbaye de ce nom.;

1235 Do Muxy, Garnerius, et Béatrix, dame de Joinville. (Cartulaire de Claircaux, Donation à l'abbaye de ce

nom.)

12ii. De Muxy, Garnerius, et Béatrix, dame de Joinville. Cartulaire de Molesme. Donation à l'abbaye de ce

nom.)

12r)l. De Muxy, Laure. .Charte de 1251. Voir l'Appendice.)

1255. Do Muxy, Fêlicie, femme Hugues d'Ostricourt. (Charte de 1255. Voir rAp[)endice.)

1261. De Muxy, Jean^ châtelain de Montréal et Lisle. (Dom Plancher, vol. ii, pp. 299 et 300; Courtépée, vol. m, p. 62.)

1279. De Muxy, Guillaume, bailli de Troyes en 1290-1292. {Cariulaire des Cordeliers de Troyes. Fol" 118, bibliothèque école des Beaux-Arts, 5* série, 1860.)

1286. De Muxy, Guillaume. (Vignier, Décade hisioriquey vol. III*, p. 179. Partage de la terre de Chassenay.)

1296. De Muxy, Bernardin. (Vignier, Décade historique,

vol. H, p. 142.)

1297. De Muxy, Guillaume. (Vignier, vol. m, p. 197.)

1287 à 1297. De Muxy, Jean. (Vignier, vol. m, p. 516. Chartes de 1287, 1296, 1297.)

1297. De Muxy, Pierre-Charles. (Cariulaire de Vévèché de Langres. Ville vieille, manuscrit, vol. viii.)

1300. De Muxy, Guillaume. (Donation au Chapitre de Mussy. Archives de l'Aube.)

- 1301. De Muxy, Viardus. (Vignier, vol. ii, p. 142, et vol. m, p. lil.) .

1326. De Muxy, Pierre, chevalier. (Cariulaire de Molesme. Vignier, vol. ii, p. 142.)

1336. De Muxy, Humbert, chanoine d*Autun. (Hisioire des Ecéques de Langres, par Tabbé Mathieu, p. 431.) Il fut témoin d'un traité entre le duc de Bourgogne et le comte de Savoie. Dom Plancher, vol. r", p. 221.)

1340. De Muxy, Jean, chanoine de Langres en 131 i. (Vignier, vol. Il, p. 142, manuscrit deTabbé Mathieu, vol. v.)

1354. De Mussy, Jacques. (Arrêt du 17 mai 1354 centime Tévéque Guillaume, de Poitiers.)

1359. De Mussy, Eudes, écuyer du duc de Bourgogne. (Donation à THôlel-Dieu de Troyes. Dom Planclier, Vol. i", p. 313.)

1359. De Mu^sy, Jean, châtelain de Montréal et de Beaufort. (Il s'obligea au paiement de 200,000 deniers d*or promis aux Anglais par le duc de Bourgogne. Dom Plancher, vol. T", p. 230. R()Ssignol, Archives de la Côte'd*Or, 1382 à 1388.)

1372-1 i08. De Muxy, Henri, officier du duc de Bourgogne. (Acte du 27 septembre 1408. Vignier, vol. ii, p. 142. Il

fut maître (Vliôtel du duc Philippe-le-Hardi. Dom Plnnclier, vol. r, p. 296. Rossignol, Archives de la Côte-(VOr, 1390 à 1393.)

1389. De Muxy, Marguerite, femme de Jean de Dompierre. (Vignier, vol. ii, p. 123.)

1391. De Mussy, Philippe, chambellan du duc de Bourgogne. (Dom Plancher, Histoire générale de la Bourgogne, Panthéon littcraire 1837, vol. m in-8«, pp. 226, s29, 230.)

1413. De Muss^', Jean. {Registre de la Confrérie de Notre- Dame, à Mussy.)

1459. De Mussy, Jean, notaire à Bar-sur-Seine. (Vignier, vol. III, p. 55i.)

14()7. De Mussy, Jean, écuyer, prévôt. (Vignier, vol. m, p. 555.

1470. De Mussv, Guillaume, à Neuilly. (Vignier, vol. ii,

U85. De Mussy, Jean, écuyer, prévôt à Bar-sur-Seine. (Vignier, vol. III, p. 5()l. Rossignol, Archioes de la Côted'Or, 1522-1523.)

1517. De Mussy,Germain, écuyer, seigneur de Lisle-sur-Seine. (Rossignol, Archioes de la Côte-d'Or.)

15i0. De Mussy, Antoine, seigneur de Lisle. (Rossignol, vol. II, p. U2.)

15i5. Do Mussy, Hcrnarde, femme Henri Duverger. (Rossignol, vol. II, p. Ii2.)

1552. De Mussy, Claude, écuyer, capitaine de Bar-sur-Seine. (Rossignol, vol. m, p. 572.)

155(). De Mussy, Claude, homme d'armes du comte d'Aumale, capitaine de Gyé. (Rossignol, vol. m, p. 572.)

1577. De Mussy, Antoine, écuyer, seigneur de Lisle, capitaine de Gyé. (Rossignol, vol. ii, p. 142, et vol. iVj p. 164.)

1585. De Mussy, Nicolas. (Rossignol, vol. ii, p. 142, et vol. iv,

p. IGi.)

1()79. De Mussy, époux de Louise-Madeleine de Clermont- TonneiTc, fille du comte Jacques. (Roger, De la noblesse de France. Paris 1835, Art de vérifier les dates, vol. m, in-4% 1818.)

Sur les registres de baptême à Mussy, on voit que Jean de Mussy, demeurant à Gyé« fut parrain à Mussy le 30 juin

Le même Jean de Mussy, ou un autre portant les mômes nom et prénom, était propriétaire à Gyé en 1741, suivant acte de Peussot, notaire à Mussy, du 7 août même année.

Dans ces derniers temps, il existait à Gyé des personnes du nom de Demussy, et il y en a encore. On ignore toutefois leur origine.

Vignier décrit les armes de la maison de Mussy ainsi qu'il suit :

« De gueules au chef d'or, à la bande composée d'siV' ^ gent et de sable, de six pièces et quelquefois de huit. «•

Le même auteur a écrit que la famille de Saint-Bernard s'allia, en l'année 1109, avec les seigneurs de Joinville; et que Geoffroy de Joinville épousa Ëllemine, dame de Mussy.

§ 2. — Les seuls seigneurs de Mussy reconnus par te dénombrement du 28 novembre 1464.

Les évêques de Langrcs. — Droits, titres, prérogatives et revenus

de CCS évt^cjues.

Le dénombrement donné au roi Louis XI, par Tévêque Guy Bernard sert à constater que, à la date de 1464, ce prélat possédait en entier la seigneurie de Mussy. A cette époque, et bien antérieurement, les évêques de Langres habitaient le château pendant la belle saison. Hugues de Montréal étant à Mussy en 1255, régla les droits des cha-

noines de Tonnerre. Un acte de Guillaume de Poitiers, daté du château de Mussy, remonte au mois de juin 1355; et Ton voit, par un registre de la confrérie de Notre-Damede-Mussy, que Charles de Poitiers, dont répiscopat a commencé à Langres en 1413, faisait partie et était le premier membre de cette confrérie.

Il nous à paru à propos de rappeler ici les titres, les droits et les honneurs qui étaient attachés à l'occupation du siège épiscopal de Langres, puisque c'est faire connaître la haute position des seigneurs de Mussy.

On trouve dans la Gallia Christiana la description des dignités et prérogatives de ces évoques, ainsi que Tétendoe de leur juridiction. Ils étaient ducs et pairs de France, marquis de Coublanc, comtes de Montsaujon, barons de Luzy, de Gurgy et de Mussy. En dernier lieu, la terre de Mussy avait été érigée en marquisat , et de ce marquisat dépendaient Aigiville, Rernon, Blaigny, Chassenay, Bpineuil, Fontette (1), Gomméville, Lisle, Ligny-le-Cbàtel, La Chapelle, Mussy, Neuville, Maltet, Molesme, Plaines, Poilly, Pothières, abbaye, et Tonnerre. (Archives de la Haute-Marne.)

Les évoques étaient dans le principe nommés par le peuple ; ils avaient tous le titre de pape ; ceux de Langres furent ensuite nommés par le chapitre. Le premier, ainsi nommé, fut Gauthier de Bourgogne, en 1183, pais ils furent nommés par le roi, et le premier fut le cardinal de Givry, en 1529. (Guizot, Essai sur l'HisUrire de France.)

(1) Village où est née, en 1756, Jeanne de Saint-Remy de Valois, comtesse de Lamotte, descendant d*un enfant naturel de Henry H* condamnée en 1780 dans Taflaire du collier, morte k Loodres en 1791. {Mémoires de la Société académique de l'Aube^ en 1867.)

Harduin, cinquante et unième évoque, assista au couronnement de Philippe de France qui eut lieu à Reims en 1059, du vivant de Henri P"^ ; il y porta le sceptre et tint le troisième rang, ce qui a été observé depuis. (Vignier.)

Ce fut, selon Vignier, en 1129, au sacre de Louis-le- Jeune que les évèques de Langres furent élevés à la dignité de pairs de France. Les auteurs de Thistoire généalogique de la maison de France ne font remonter qu'à Tannée 1179 lerection du comté de Langres en duché pairie, attendu que, d*après Brussel, ce ne serait qu'en cette même année que ce comté aurait été donné à Téglise par Hugues lll, duc de Bourgogne.

M. Migneret croit que la première charte où le titre de duc ait été pris est de 1353, et Vignier dit que ce fut, en 1349 Guillaume de Poitiers qui prit le premier ce titre.

Le rang des pairs ecclésiastiques fut réglé en 1523, et Tévéque de Langres fut placé le troisième comme en

Par un arrêt du Parlement du 16 avril 1526, la préséance fut adjugée au même évêque comme pair sur Tarchevêque de Lyon.

Hugues IV et Robert II, ducs de Bourgogne, se reconnurent en 1228 et 1272 hommes liges ou vassaux des évèques de Langres pour le domaine de Châtillon, la garde de Pothières, etc., et Thibault II, roi de Navarre, se reconnut aussi leur homme lige et vassal pour le domaine de Barsur-Seine.

Il y eut en 1308 même reconnaissance par les comtes de Tonnerre pour leur comté.

Les revenus de Tévêché s'élevaient, sous Tépiscopat de Guy 1*^^ de Rochefort, de 1250 à 1265, à 4,407 livres en argent et 3.812 livres en denrées, ce qui, d'après l'abbé Mathieu, représenterait environ 145,000 francs de notre mon-

naie. Le diocèse de Dijon fut créé en 1731. Il fut pris en grande partie sur le diocèse de Langres qui, jusque là, avait compris à peu près tout le territoire de l'ancien pays des Lingons.

Henri IV avait expressément refusé en 1590 rérectîon de ce nouveau diocèse.

En 1779, ce revenu de révôché de Langres était encore de 75,000 livres, indépendamment du produit des coupes de bois, qui était considérable.

Le diocèse avait, selon Baugier, trente lieues de long et vingt de large à la date de 1726. 11 comprenait» après la création du diocèse de Dijon, six archidiaconés, douze doyennés (1), quatre cent cinquante-six cures, deux cent quatre-vingt-dix-huit chapelles, dix collégiales, un chapitre de cathédrale, dix-neuf abbayes, treize commanaatôs dliommes, dix-huit de femmes. Parmi les abbayes, celle de Molesme , fondée en 1075, avait en 1779 un revena de 51,756 livres, et celle de Pothières, fondée en 8G8» un revenu de 18,289 livres.

D après YAlmariach royal de 1789, Tévôché n'aurait produit en cette année que 52,000 livres.

• Dans un cartulaire de Tévèché ouvert en 1329 se trouve une table des propriétés et possessions de Tévèché» datée du 9 mars 1345.

L'évèque de Langres donnait à la cour de Rome en 1789 9,000 florins par année pour Texpédition des bulles. Les prélats de Rouen et d'Âuch étaient les seuls qui payassent davantage. (Gautherot et Almanachroyalde 1790.)

Un arrêt du Parlement du 24 février 1334 avait main-

(1) Dans V Histoire de Bar -sur- Aube, on dit dix-sept doyennés, mais c*éUiit avant la création de l*évéch(3 de Dijon.

tenu Tévèqae de Langres dans le droit d'instituer seul des notaires dans la ville de Langres et autres lieux de sa dépendance, ce qui comprenait Mussy. (Histoire des Évêques de Langres.)

Les évêques de la même ville avaient reçu de Charlesle-Chauve, en 863, et de Charles-le-Gros, en 887, le privilège de battre monnaie. Il parait que, jusqu'en 863, il n'avait été permis de battre monnaie qu*à Rouen, Reims, Sens, Paris, Châlons, Melle et Narbonne, mais que diverses autorisations furent successivement données, car plus tard, il y avait, dit Sismondi, quatrevingts seigneurs en France qui avaient ce droit. Tous ces droits furent rachetés par les souverains ou révoqués par François P^ (Vignier, Migneret, Labédollière, Mémoires de la Société archéologique de Langres,)

Doby, dans son Recueil des Monnaies des Prélats et Barons (1), donne les effigies de six pièces de monnaie frappées à Langres, les seules quil connût. Elles sont aussi représentées dans Y Annuaire de la Haute-Marne de 1839, publié par Mongin.

La deuxième et la quatrième, qui portent pour légende Guillelmus episcopus, offrent un champ cantonné de quatre fleurs de lys sans millésime. Elles ont été frappées dans rintervalle de 1136 à 1374, pendant lequel quatre évoques du nom de Guillaume ont occupé le siège épiscopal, en sorte que Ton ne peut reconnaître la date précise de l'émission de chacune.

Les évêques de Langres ainsi que ceux de Troyes et de^Chàlons ont toujours prêté le serment de fidélité au roi , et non au comte de Champagne. Ce comte

(I) Deux volumes in-i, 1790.

n*avait que la garde des fruits de révécbé. (La Ravalière, vol. cxxxii, p. 89.)

N" 1*'. — Guy Bernard, quatre-vingt-sixième évêqae, de 1453 à 1481.

L*évêque Guy Bernard avait été archidiacre de Saint- Gatien de Tours ; il fut abbé de Saint-Remi de Reims ; il étiit maître des requêtes ordinaires de l'hôtel du roi lorsqu'il fut promu à Févêché de Langres en 1453. Son sacre eut lieu en 1454. Il avait prêté serment de fidélité à Charles VII le 1 1 mai. Le clergé de Langres encoamt Texcommunication pour Tavoir élu contre la volonté do pape (1). En 1458, il assista au procès et au jugement du duc d'Âlençon, et en 1461 au sacre de Louis XL En grande faveur sous Charles VII, qui le nomma chancelier de Tordre de Saint-Michel et ambassadeur vers le pape Nicolas V, il fut admis dans la familiarité de Louis XI, ainsi que le font connaître des lettres dont Vignier donne copie dans sa décade historique en ajoutant qu*il fut le confident de ces deux souverains. (Voir le n^ 35 Ms de TAppendice.)

Il était fils d*Etienne Bernard, dit Morean, recevear général de la traite ordonnée par le régent et des finances de la reine, femme de Charles VIL

Le 21 janvier 1459, Tévèque donna à Drojm Gnillon, habitant de Mussy, la moitié d'une pièce de terre située en cette ville de Mussy, provenant de confiscation sur Ajmé Bonaventure, exécuté à mort à Ch&tillon.

En 1460, Tautorité civile de Dijon, de concert avec révoque, ordonna pour mettre fin aux dég&ts causés dans

(I) Manuscrit de Tabbë Mathieu, vol. Vlll.

les vignes par les insectes, que chaqae citoyen se confessât et qu*on s*abstlnt de jurements sous peine d*ètre sévèrement puni (1).

Guy Bernard accorda quarante jours d'indulgence à ceux qui, étant repentants et confessés, iraient faire certaines prières au monastère de Moutier-Saint-Jean. L'acte est daté de son château de Mussy, le 14 janvier 1463. {Oallia Christiana,)

Il donna à la Chambre des comptes, le 28 novembre 1464, un dénombrement des nombreuses seigneuries mouvantes de son diocèse et dont un extrait est rapporté à la première partie pour ce qui concerne Mussy.

On éleva en son nom des prétentions à la propriété dlmmeubles situés à Mussy, abandonnés depuis trente ans par les propriétaires et qui provenaient de Perrenet Regnaudot et de Jacquin, épicier, dont maître Germain Blanchet, dit Bornibus, était créancier.

Une transaction fut préparée entre Guillaume Riboteau , conseiller de Tévêque, et M« Germain Blanchet. Au bas de ce projet ou lit ce que Tévèque écrivait à son conseiller : •• Guillaume, j'ai reçu vos lettres par M® Germain et •• depuis par Jehan de Saulx, el veu un appointement qu il •• a consenti devant notaire, touchant les héritages qui •« estaient en ma main... finablement pour cequeje n*en- •* tends pas si bien la manière comme vous faictes, je la «• remets à vous et suis content qu'il en soit ce que vous •* adviserez estre à faire pour le mieux. Pour ce qu'il me •• semble que ledit maître Germain y va rondement et fran- - chement, je suis content de lui faire plaisir en tout ce

(1) Histoire des Evêques de Langres^ p. 485.

*" que je pourrai. Toutefois, si vous y faisiez difficulté. *»• ayez le conseil de maître Estienne Jouffroy.

** Ëscript à Paris le xx de juillet qui estoit et écheoit au •* dit an mil cccclxvi. *»

Il employa en 1467 une somme de 3,000 livres au rachat de la terre de Mussy, dont Guy de Rochefort aTait cédé la moitié au duc de Bourgogne en 1255.

Le chapitre de Mussy lui céda en 1461 les dîmes de vin et grains en Lisle-Saint-Langis et autres dépendances de Mussy.

Cet évoque fut un de ceux qui, en 1477, d'après Tordre de Louis XI, entrèrent en Boulogne avec sept cents lances pour s*en emparer après la mort de Charles-Ie- Téméraire. (De Barante, vol. xi, Sismondi, vol. xiY.) Il contribua à faire reconnaître ce nouveau souverain par les Etats de Bourgogne. (Henri Martin, vol. ix.)

Il mourut le 28 avril 1481 frappé dapoplezie.

Ses armoiries étaient : écartelé au premier et quatre, d*argent à un roc de sable ; au deuxième et ai troisiôme k un roc d'ai^ent ; sur le tout un écusson d*azuF.

N"" 2. — Jean VII d*âmboise, quatre-vingt-septième évêque, de 1481 à 1497.

Jean d*Âmboise avait été évèque de Maillezais, avant d^ètre appelé à Langres.

Il fut nommé par Louis XI son lieutenant-général en Bourgogne, et il continua de remplir ces fonctions sous Charles VIII.

Le 23 octobre 1483, il fut fait garde des sceaux de Bourgogne, et Louis XII le confirma dans cette fonction.

Par un acte daté de son ch&teau de Mussy eu 1485, le 21 février, il assigna aux chanoines de ce lieu le paiement

annuel de trente sous, et par un autre acte d octobre 1487, aussi daté de Mussy, il révoqua et annula tout ce qui avait été fait de contraire aux immunités des Chartreux de Lugny.

Ce fut aussi par un acte, daté de Mussy le 28 novembre 1491, qu'il permit à labbé de Champîgny de dire la messe dans un oratoire de sa maison.

L^abbé de Saint-Michel de Tonnerre ayant été élu le 9 décembre 1494, les réclamations contre cette élection furent reçues au palais épiscopal de Mussy le 17 du même mois, selon l'usage.

Le dernier jour d'avril 1495, il reçut à Mussy, en sa qualité de seigneur de ce lieu, Thommage d'Eustache Lhuillier, conseiller maître aux comptes pour sa terre de Blaigny.

Il écrivit de Mussy et adressa aux fidèles une lettre qui porte la date du 6 novembre 1496 et est en latin, pour exciter la charité en faveur de ITiôpital de Chaource. Cette pièce existe aux archives de la même ville. (Darbois de Jubainville, 1855.)

Les guerres avec les Anglais et le duc Charles de Bourgogne avaient ruiné spécialement Mussy. Le prélat fit environner la ville de tours, de murailles et de fossés, en lui donnant une plus large enceinte. Il y fit bâtir un beau château pour sa demeure et celle de ses successeurs ; puis il se démit en faveur de son neveu en 1497 et se retira à Dijon où il mourut en 1498, lô 28 mai, après avoir laissé au chapitre de Mussy une somme de 200 francs pour une messe anniversaire. (Vignier, et Archives de la Haute- Mai*ne. )

Il fut nommé le père des indigents. 11 était très-religieux et excellent orateur.

Son père, Pierre d'Amboise, était seigneur de Chaumont.

Il avait pour armoiries : passé dor et deguouies, de six pièces.

N® 3. — Jean VIII, d'AMBOiSE, quatre-vingt-huitième évêque,del497àl510.

Cet évêque avail été élu doyen de la cathédrale de Langres étant chanoine de la Sainte-Chapelle de Dijon, quoiqu'il ne fût point encore dans les ordres sacrés.

Il fut recommandable par sa charité et ses vertus, et distingué par son éloquence.

Presque toujours malade pendant son épiscopat» il mourut en 1510.

Il était fils de Jean d'Âmboise, seigneur de Buisy ou Buxy, et de Catherine de Saint-Belin. Il assista, en 1498, au couronnement de Louis XII.

Il avait les mêmes armes que Jean d'Amboise I", son oncle et prédécesseur.

N"" 4. — Michel Boudet , quatre-vingt-neuvième évêque, de 1512 à 1529.

Né à Blois, en 1479, de Jean Boudet, contrôleur général des finances en Bretagne, Michel Boudet, après avoir été conseiller au Parlement en 1500, président aux requêtes en 1508, devint doyen de la cathédrale de Langres en 1509, et fut nommé à Tévèché en 1512.

Il assista comme pair de France au sacre de François P' le 25 janvier 1514, et fut nommé en 1516 aumônier de la reine Claude de France, fille de Louis XII.

En 1513 il avait nommé une commission pour informer contre les souris et hurebets ou urebecs qui dévoraient les grains : un monitoire fut décerné contre ces animaux et insectes. On faisait alors un procès en forme À ces bêtes et on les excommuniait, si elles continuaient leurs ravages.

Théophile Raynaud, jésuite, dans un ouvrage publié à Lyon en 1665, vol. xiv, in-f , chap. xii, reconnaît que cet abus était très-ancien, qu'il existait dans les diocèses de Lyon, de Mâcon et d*Âutun, et qu'il subsistait encore de son temps. Il a cité des exemples d'excommunications semblables par saint Agricole , en 660; par saint Bernard au douzième siècle, etc. . . Il a transcrit la sentence de l'Officîal de Troyes de 1516, considérée comme apocryphe dans les Mémoires de la Société d'agriculture, etc., de Troyes, de 1860 (1). Cette même sentence, de 1516, a été regardée

(i) M. Darbois de JubainviUc à déclaré n'avoir pas trouvé la sentence de i'official de Troyes, citée par Raynaud, Ducangc, Grosley et autres, à la date que ces auteurs ont indiquée, on ue saurait douter de Texactitude de cette assertion ; mais ne serai l-il pas possible que la date de la sentence et le nom de Tofficial eussent été inexactement cités?

M. Darbois de Jubàinville ajoute que le procès fait aux rats d*Autun n*a pas plus d'authenticité. Sur ce point on doit lui opposer ce qu'a écrit à ce sujet le président de Thou, et qui est rapporté par M. Berryat Saint-Prix.

Quant à robjection que les sentences d'excommunication auraient été contraires à le législation de l'époque, et que l'on ne pouvait excommunier que ceux qui avaient été baptisés, elle ne prouve rien pour la non existence des faits cités par Théophile Reynaud, et par M. Berryat Saint-Prix ; car nous considérons ces faits comme contraires non seulement à la législation, mais aussi au sens commun qu'un zèle aveugle ne laisse pas toujours h quelques personnes.

Dans l'ouvrage du jésuite Raynaud ci-dessus cité, on lit, après la

mention de la sentence de I'official de Troyes ce qui suit : « Quicquid

tt vero sit de Trecensi diœcesi, testatur Chassancus initie Concilii prœ-

« dicti in diœcesi fleduensi antcquam ipse scribercl (hoc est antè an-

« num circiter ab. hinc 120) nullam unquam, fuisse dubitationcm

« quin licite et valide usurparetur excomniunicatio hujusniodi bestio-

^ larum, et in variis .Sententiis quas refert lalas à Lugdunensi, Matis-

« conensi et Heduensi offîcialibus, diserte affirmatur hune fuisse usum

<«<per antiquum... »

Nota. Depuis la rédaction de ces observations, nous avons trouvé en -1866, dans le volume de i865 des mémoires ae ta Société académique ée Troyes, une réponse à M. Darbois de Jubàinville, par M. Gelée, membre correspondant, qui est de notre avis.

comme authentique par Ducange, qui la rappelée Verho excommunication et par labbé Mathieu, auteur <lo VHUioift des Exêques de Langres, qui relate en outre un procès intenté en 1540, à Âutun, aux Rats de la Bourgogne.

Saint-Foix, dans ses Essais sur Paris^ annonce qa*il pourrait citer plusieurs exemples de semblables excomma* nications.

M. Berryat Saint-Prix, dans le premier Tolume de la Thémis, Paris, 1819, cite plusieurs faits de même espèce, et déclare avoir été forcé de reconnaître la^ réalité dq tootea ces procédures qui lui avaient paru incroyables.

Michel Boudet permit, en 1515, Tusage dubenrre et du lait pendant le carême , par un mandement expédié à Mussy, le 25 janvier ; attendu que le peuple manquait d'huile.

Cet évèque tint un synode, à Langres, en 1517.

Le 18 décembre de cette même année, il posa la pra^ mière pierre de la reconstruction de Téglise de Fabbaje de Saint- Victor à Paris» à laquelle il donna cinq cents écas d'or. (Dulaure, vol. rv.)

Ce prélat fit imprimer à Troyes, vers 1523, le Rituel de son diocèse, qui contient la formule de la séparation des lépreux du reste de la société.

Les détails de la cérémonie à laquelle on procédait se trouvent dans l'ouvrage de Tabbé Matthieu» que nous venons de citer. Le lépreux était conduit en procession à la léproserie, le visage voilé, après avoir attendu à genoox,à la porte de Téglise, que la messe des morts» chantée pour lui, fût dite.

En 1523, Michel Boudet assista au jugement du connétable de Bourbon, rendu par le parlement. (Voltaire, Hùtoire du Parlement.)

Cet évèque avait, dit- on, une érudition vaste et profonde;

— im —

il se distinguait par sa piété, par son zèle et sa charité. D*une sévérité excessive contre les dérèglements des clercs, il était lui-même tr&s-anstère et portait un cilicè.

Dans une année de disette, ce prélat ouvrit ses greniers pouf rien à tous les nécessiteux. Révéré généralement, il moarut te 22 juillet 1529, âgé de cinquante ans, dans son château de Mussy, en récitant le psaume Quam dilecta tabernàeula ttta. Son corps fut transporté à Langres, son cœur et «es entrailles ont été inhumés à Mussy, sous une tombe avec lame de cuivre, au pied du grand autel. Le cuivre a étéetilevé en 1793, lors de la spoliation des églises.

Michel Boudet passe pour avoir donné au chapitre de Mûssy un petit reliquaire d'argent, contenant plusieurs reliques. (Manuscrit de Tabbé Mathieu.)

Ses armoiries étaient : d*aznr à une fasce d*or, accompagné ^u chef de trois roses d'argent, et en pointe d un porc-épic

N^ 5. — Claude de Longwie ou Lonowy, cardinal

^e Gîvry, quatre-vingt-dixième évêque, de 1529 à 1561.

Glande le Longwy, fils de Philippe et de Jeanne de

Ifiauffremont, était d'origine Lorraine, et proche parent de

la duchesse d'Etampes, laquelle était très-bien dans lesprit

^u roi François P^ Il occupa les évêchés de Poitiers et

<l'Amiens, et il était évêque de Mâcon, lorsqu'il fut appelé à

I^angrès en 1529. Il avait été abbé de Pothières en 1517.

Jl fut nommé cardinal par Clément VII, le 7 novembre

1533. Le souverain pontife était allé à Marseille pour le

mariage de Henri, duc d'Orléans, avec Catherine de Mé-

dicis, nièce de Sa Sainteté. Ce fut alors que François P%

père d'Henri, demanda au pape la promotion au cardinalat

de jptusieurs de ses favoris, au nombre desquels était l'évè-

que de Langres. Ce prélat assista comme duc et pair aux

obsèques de François P"" et au couronnement de Henri II, en 1547.

Il fit réparer en 1550 le château de Mussy.

Il eut de grands biens, car, outre Tévêché de Langres et celui de Poitiers, dont il avait été administrateur, il ébût abbé de Saint-Bénigne et de Saint- Etienne de Dijon, et prieur de Saint-Léger. Il se démit de révêché do Poitiers en 1551, en faveur de Jean d'Âmoncourt, et le sacra luimême dans leglise de Mussy, assisté des évoques de Chalon-sur-Saône et de Bethléem.

Le cardinal fit fermer à ses frais les chapelles de relise de Mussy. Les cloisons séparatives des bas côtés, qui étaient en bois sculpté, ont été enlevées il y a environ vingt-cinq ans, M. Bacquiat étant curé.

Jacques Prévost fit, de 1555 à 1561, le dessin à la plume du cardinal de Givry et de Jean d*Âmoncourt. Ce dessin a été reproduit, p. 316 et 317 du Magasin pittoresque, année

Retiré dans son château de Mussy, qui était sa plus ordinaire demeure , aflligé de voir Thérésie faire des progrès dans son diocèse, il y mourut à Tâge de quatrevingts ans, le 8 août 1561, laissant une grande réputation de piété. Il était le doyen des cardinaux. Son

corps fut transporté à Langres et ses entrailles furent enterrées â Mussy.

Il laissa à leglise de Mussy un calice en vermeil et de beaux ornements.

Son amour pour la paix était tel, dit-on, que pour la conserver, il faisait les plus grands sacrifices.

Il portait pour armoiries : d'azur & la bande*d*or.

N"* 6. — Jacques d'Helvis, de Roche-sur- Yen, quatrevingt-onzième évoque, de 1563 à 1565.

Od croit cet évéque, né d'an père laboureur au Tillard, diocèse de Beaavais.

Il avait été élevé par les soins de Charles de Bourbon, prince de Rochesur-Yon, duc de Beaupréau, dont il passait même pour être le fils naturel. Quoique nommé en 1562, il ne fut sacré que le 24 mai 1564, dans l'église de Hnssy.

Ce prélat fit son entrée à Langres en 1564. Il suivait ordinairement le prince de Bourbon et laissait le diocèse sans pasteur. Il est mort au château de Beaupréau, en Anjou» le 21 janvier 1565.

On croit que c'était lui qui avait fait faire à Mussy un grand jubé, qui a été détruit en 1733. Quelques personnes ont pensé que la construction était plus ancienne.

Set armoiries étaient : Ecartelé au premier et quatre ; d*aznr à trois fleurs de lys dor ; au bâton, de gueules ; péri en bande, chargé d*un croissant d'argent ; au chef (qui est Bourbon la Roche-Guyon), an deux et trois, de Bourbon ; une bande de gueules sur tout Técu.

N* 7. — PiBBRB III DE GoNDY, quatre-vingt-douzième évAqne, de 1565 â 1570.

Ce prélat était né à Lyon, en 1533, d'une ancienne iSunille de Florence ; il est mort â Paris le 17 mars 1616. Il avait été nommé à Tévèché de Langres, en 1565. Cependant il ny était arrivé quau mois daoût 1567, et ny séjourna pas plus que son prédécesseur.

Protégé par Catherine de Médicis, ce prélat fut, en 1570, appelé à lévèché de Paris, érigé plus tard (1622) en archevêché. M. de Gondy étant dans ce dernier siège, fut bit cardinal en 1586, commandeur de Tordre du Saint- Esprit, grand aumônier et chancelier des reines Catherine de Médicis et Elisabeth d'Autriche, femme de Charles IX,

chef du conseil du roi et comte de Joigny. On cite comme preuve de sa fermeté Texcommunication quil lança contre les docteurs de Sorbonne, qui avaient ordonné, contre son gré, de considérer comme article de foi rimmaculée-Ck>nception de la vierge. {Biographie universelle) 1859, saint Bernard, au douzième siècle, avait réprouvé llmmaculée Conception (Gibbon, vol. ii, p. 406.) Sous Henri III et sons Henri IV, il fut chargé de plusieurs missions importantes auprès du Saint-Siège, et il les remplit avec zèle et prudence. Son petit neveu fut Paul de Gondy, le fameux cardinal de Retz.

N'' 8. — Charles II d'ëscars, quatre-vingt-treizième évêque, de 1570 à 1615.

L'évéque Charles d'Escars descendait des anciens comtes de Toulouse ; il avait été abbé de Gaillac, de Fontaine-Bèse et de la Bresse. Il était évèque de Poitiers depuis 1564, lorsqu'il fut nommé à levêché de Langres, en 1569. Il n obtint ses bulles qu'en 1572, et ne prit possession de son siège que le 4 juillet 1574. Il fut fait par Henri III, en 1578, commandeur de Tordre du Saint-Esprit. Il avait reçu en 1573, au nom de Charles IX, les ambassadeurs qui étaient venus offrir la couronne de Pologne à Henri, duc d'Anjou.

En 1587, le mobilier de cet évèque fut saisi, parce qull suivait le parti de la ligue. Ses efforts pour entraîner la ville épiscopale ayant été inutiles, il se retira en son ehlteau de Luzy. Le roi fit lever la saisie en 1590. (Voir lettre de Henri IV, n° 36 de TAppendice.) Mais, en 1591 et 1592, il se trouva en opposition avec le parlement de Dijon et avec le pape Clément VIII, qui soutenaient la ligue. Ce souverain pontife institua un vicaire général pour Dijon, en dépouillant 1 evêque d une partie de ses attributions. {Le Parlement de Bourgogne, vol. ii.)

La 8 mars 1592» il fut parrain avec la baronne d*Aix, femme du gouverneur de Mussy.

Il tint un autre enfant sur les fonts de baptime de cette ▼illa. le 6 mars 1614.

U avait créé à Mussy une oiBcialité ou justice ecclésiasti« que, qui fut supprimée par le parlement. Les détails de Tafiaire sont au mot officialité, ci-après.

Le 14 septembre 1606, il baptisa le dauphin, qui fut depuis le roi Louis XIII. Il assista plus tard au sacre de ce souverain.

U fit don à Téglise de Mussy de livres de plain-chant en parchemin et en vélin, ainsi que du beau tableau qui représente la cène. Il donna aussi des ornements. Il visita souvent son diocèse et y soulagea bien des infortunes. S'étaiit retiré dans son abbaye de Fontaine-Bèse , il y rnoomt le 3 novembre 1614. L*anagramme de son nom, Cërolui iEêcan, donna Clarus Sacerdos. Ses armes étaient : de gueules au pal vairé.

N"* 9. — SÉBASTIEN Zamet, quatre-vingt-quatorziôuie évèque, de 1615 à 1655.

Sébastien Zamet est né en 1585, de Sébastien, qui était conseiller du roi, capitaine surintendant du chAteau de Fontainebleau, et surintendant de la maison de la reine Uarie de Médicis. Ce surintendant était un des seigneurs les plus riches de la cour. Originaire de Lucques, en Italie, natoralisé par Henri III, en 1580 ; de valet de garde de robe de ce souverain, il s*était élevé par son habileté à ooe haute position. Il se disait seigneur de dix-sept cent mille écns, pour toute seigneurie. Il At bâtir à ses frais lliôtel de Lesdiguières (M"*** de Sevigné, vol. xi, par Nault de Saint- Germain). Il fut fort aimé de Henri IV, qui rappelait son compère. Il paria avec le roi dix mille écus

que Marie de Médicis accoucherait d'un fils. Sa maison fut souvent le rendez-vous des maltresses de Henri .

Le prélat était abbé de Juilly et de Saint-Vincent de Sentis, lorsqu'il fut appelé à Tévëché de Langres, à Fàge de vingt-neuf ans. Son sacre eut lieu à Paris, le 18 avril 1615. Pour aller prendre possession de ce siège la même année, il se rendit d abord à Mussy, d'où il dut sortir la nuit pour se transporter à Langres, afin d'éviter la rencontre des soldats des princes qui étaient mécontents de la régence. H fit son entrée dans la ville épiscopale sans cérémonie, et, en 1616, il parcourut son diocèse. Il avaitune belle figure; il officiait avec beaucoup de grâce. Il s'était distingué en Sorbonne.

Le château de Mussy ayant été brûlé par accident, en 1617, M^' Zamet le fit rétablir avec magnificence. Ilétendit le pourpris des jardins. Il fit faire un pont-levis sur la Seine.

En 1622, le 21 avril, il tint un synode à Langres.

Une procédure fut instruite en 1626 contre le sieor Garinois, curé de Gyé, Neuville et Gourteron, accusé de plusieurs désordres contre le sacerdoce et de prévarications contre les décrets et canons de l'église. Il fut condamné à quatre mois de prison, suspendu pour six mois, et on lui infligea diverses pénitences.

Une longue série de calamités et de désastres, causés principalement par les guerres, accabla le diocèse pendant l'épiscopat de M^'' Zamet ; il fut la consolation du peaple dans ces temps malheureux. Voici ce qu*on lit dans an abrégé de sa vie par le père Bourrée (1) :

(I) Un vol. in-H», Lyon, 1600.

<« Le prélat avait donné dans sa maison l'ordre de ne re - « fuser Tau mône à personne .

« Il nourrissait d'ordinaire quatre-vingts à cent per-

« sonnes à Langres, indépendamment de mille et mille

« aumônes secrètes. Quand il était à Mussy, il nour-

<• rissait presque tous les pauvres des lieux circon-

« voisins. Pour tous ceux de Mussy, ils navaient pas

« d*adtre table. Il avait un soin particulier de ceux

•• quane noble pudeur empêchait d'exposer leur état

«* déplorable. Il allait dans les greniers consoler les

«• malades couchés sur la paille. A la nouvelle de la

«• contagion qui menaçait son troupeau (de 1620 à 1637)

«« il quitta Paris à Tinstant, se rendit à Mussy où le

«• mal était plus violent, fit faire quantité de loges à ses

«• frais, assista lui-même les malades et leur administra

•> le sacrement de pénitence. «»

Il fonda le 6 février 1639, en leglise de Mussy, une rocession publique à divers jours de Tannée ; il y institua es confréries du Rosaire et du Saint-Sacrement.

A Paris, il avait fondé un couvent de religieuses qui, nuit t jour, devaient être occupées à l'adoration du Saint- Sacrement. Une dame riche, nommée Bardeau, donna ,000 livres pour commencer rétablissement. M"® deLonueville contribua à déterminer l'archevêque de Paris à donson assentiment qu'il avait d'abord refusé. M^'^Zamet, "boulant attirer dans le couvent les filles de personnes attachées à la cour, fit une règle selon laquelle les relipenses devaient être vêtues de robes blanches, fines et "traînantes, de beaux scapulaires découverts et de linge ^rès-fin. Aucune austérité ne devait être pratiquée. (Dulaore.)

Le couvent fut supprimé en 1638, parce qu'il n'existait pas de revenu suffisant pour son entretien ; la dame Bar-

deau étant morte, sans avoir fait de disposition en faveur de rétablissement, comme on Tavait espéré.

D'après la Biographie de Michaud, 1838, la sappression aurait été la suite des traverses suscitées an fondateur, par Tabbé de Saint-Cyran et par ia môre Angélique, supérieure. Les religieuses se retirèrent à Port-Royid de Paris.

Le 1"^ novembre 1644, et le 1^' décembre suivant* le prélat confirma tous les paroissiens et paroissiennes de Mussy, même les petits enfants au berceau.

Il fut cinq fois parrain à Mussy, en 1615, 1623, 1637, 1653 et 1654, avecM"^ de Lantages, de Coligny.de Clermont, deFoissy et M®"* Harnois, fille du capitaine du château de Mussy. Les pères de deux des enfitnts baptisés étaient, lun apothicaire, et l'autre marchand à Mossy.

Une défense imprimée datée de Mussy, le 13 février

1653, fut faite par le prélat aux capucins du diocèse

de Sens d exercer et de quêter dans le diocèse de Langres.

L'abbesse de Rougemont, Lucrèce de Rochefort, avait été déposée en raison de sa vie scandaleuse ; et cependant elle continuait ses fonctions. Le roi la fit enlever en yerCa d'une lettre de cachet du 16 mai 1645. Sur les réclamations que fit cette abbesse, la reine écrivit le 13 joillèt 1653 à l'évèque, afin de savoir ce qu il pensait de la communauté de Rougemont. On lit dans la réponse du prélat, datée de Mussy le 20 du même mois, le passage suivant : » Il y a près de quarante ans que, par la bonté du fea rof « de glorieuse mémoire et de la reine sa mère, j'ai été com- «4 mis au gouvernement de ce diocèse. En tout temps, je «• h'ai rien appris de la maison de Rougemont ^i ne Ait •* digne de compassion et des larmes des gens de biens. «• L'abbesse fut remplacée.

M*^' Zamet avait pour infirmité principale la pierre.

Toi|s. ses. maux, aitgmant^ent. vera I^ temps Ae Pâques 1654. Au comœencemeDt de 1655, ses médçcina eux-même« amenèrent de Paris des confrères plus experts qu eux. IL ne reçut plus de visites ; — s*étant retiré à Mussy pour y être plas. tranquille. Il communia ledimanche 31 janvier et

tanlut que ce fût le curé qui lui administrât le viatique. Il fit venir tous ses domestiques et leur donna sa bénédiction. Il mourut le 2 février. Ses entrailles ont été déposées au pied, du grand autel de Mussy. Les ursulines de Châtil-. Ion emportèrent son cœur, le corps fut embaumé et transporté à L^ngres. Il avait fondé son anniversaire dans Tégli^eâe Mussy dont il était le bienfaiteur. A cette intention il ^vait doQué â l'église des chandeliers et une croix en argent, vn ornement complet de drap d*or et de velours brodé. Cet anniversaire était célébré le 2 février. On lit dans la biographie universelle de 1865 qu*il laissa la réputation ^*un prélat rempli de zèle, de piété et de dé3intéresT ^3ement.

Nous avons dç ce prélat un sceau et deux signatures, de :]637 et 1638. La pièce de 1638 est datée de Mussy.

Ses armoiries étaient d'azur au lion d'or, au chef d'azur, ^3hargée d'une fleur de lys d'or, en une fasce d'argent audessous.

U y a un portrait de M^ Zamet à Tévâché de Ls^ngres.

N** 10. — Louis III Barbier, dit de la Rivière, quatre- ^ingt-quinzième évêque, de 1655 à 1670.

Cet évêque, sacré le 2 janvier 1656, était fils d'un tailleur d'habits d'Etampes ; né dans le village de Vadelaincourt, près de Compiègne, il fut d'abord régent au collège du Plessis, puis aumônier de Tévêque de Cahors ; il fut pourvu des abbayes de Fleury-sur- Loire, de Notre- Damede-Grâce, de Saint-Pierre de la Salve et de Chartres.

Il devint le complaisant servile do Gaston, dac d*Orléans, frère de Louis XIII ; il fut son secrétaire» et l'on prétend que ce fut par son talent à imiter les bouffonneries de Rabelais, et par ses contes orduriers qu*il gagna la faveurdu prince (Sisraondi, vol. xxiii et xxiv.)

Il fut mêlé dans toutes les intrigues de la minorité de Louis XIV.

Les historiens lui reprochent d'avoir manqué do reconnaissance envers son bienfaiteur, et d*avoir vendu ses secrets au cardinal Mazarin.

Le 23 septembre 1663, dans un acte de nomination du bailli de Mussy, il prit les titres de duc de Langres, pair de France, commandeur des ordres du roi, grand aumônier de la reine, seigneur de Mussy et autres lieux.

En arrivant dans le diocèse il se rendit d abord À Mussy, où les maire et échevins de Langres allèrent le trouver le 20 janvier 1656. Il les reçut dans la grande allée qui bordait la rivière de Seine.

Il s éleva, entre lui et le chapitre de Langres, une discussion sur les formes de sa réception. Il devait prêter serment à genoux, devant le chapitre ; il ne voulut pas se conformer à cet usage.

Il avait voulu déposséder de leurs offices tous les officiers de Tévèché, notamment M. Lesain, bailli de Mussy. Son projet ne reçut pas une entière exécution.

Le 20 mars 1657, il permit par écrit À la mère supérieure des religieuses de Mussy, de donner l'habit do religieuse aux filles ayant une véritable vocation, qui demanderaient d'être admises dans le couvent.

Il tint un synode à Langres, le 29 août 1663.

On assure qu'il avait été nommé cardinal le 18 mai 1668, mais qu'un courrier fut expédié pour faire révoquer sa nomination. Reboulet {Histoire du règne de Louis XIV)

croit que Hl^arin avait promis le cardinalat à Tabbé de la Rivière pour se rattacher, et qu il aura fait intervenir pour concurrent le prince de Conti que le roi dut préférer. D'après Sismondi, ce serait le prince de Gondé qui lui aurait fait espérer la première dignité ecclésiastique, en retour de 1 avis qu'il devait donner à ce prince, de tout projet contre sa sûreté. Voltaire pense qu'on se moqua de son ambition ; il l'appelle : abbé sans naissance ni mérite ; cependant, d'autres lui accordent nn esprit vif et pénétrant, en ajoutant qu'il était d'un accès difficile, irascible, opiniâtre et in&tué de son mérite. Il était laid, couperosé. Il fut un des premiers ecclésiastiques qui portèrent perruque.

G*est cet évoque que Boileau a voulu désigner dans sa première satire, en disant :

Et que le sort burlesque, en ce siècle de fer,

D'un pédant, quand il veut, sait faire un duc et pair.

En écrivant à M. de Simiane, successeur de l'abbé de la Rivière au siège de Langres, Boursault disait de ce dernier : » Dans une dignité qu'il avilissait il a trompé tous ceux <• qui ont eu affaire à lui. «*

Tombé malade à Paris, l'abbé de la Rivière y mourut le 31 janvier 1670, et fut inhumé en Téglise des Minimes ; d'antres disent en l'église Saint-Paul.

Il laissacent écus à celui qui ferait son épitaphe. M. delà Monnoie en fit une que voici :

Page 1