‹ Histoire de la ville de Mussy-l'ÉvêqueChapitre 15 sur 133 · CHAPITRE (1) DE LEGUSE COLLEQIALB. — CHANOllIES · texte numérisé non relu

CHAPITRE (1) DE LEGUSE COLLEQIALB. — CHANOllIES

Institution du chapitre au treizième siècle. — Donations succemives à ce chapitre, et fondations. — Sa suppression, en 1779, devenue définitive, en 1786.

On nommait chapitre, la communauté des ecclésiastiques qui desservaient une église collégiale on cathédrale.

Dans les temps où la dévotion était très -fervente, les curés ne pouvaient satisfaire à tous les services que les paroissiens désiraient ; alors on associait à leur desserte un certain nombre de gens d'église ou chapelains* qui devinrent ensuite des chanoines.

Ce fut sur les instances des habitants de Mussy que, au mois d*avril 1218, Guillaume II, de Joinville, soixantetroisième évèque de Langres, institua des chanoines à Mussy, avec lautorisation de Philippe-Auguste, et leur attribua le gouvernement de la paroisse ainsi que des chapelles de Gomméville, de Plaines, de Lisle et de Saint- Langis. Il leur donna la paroisse de Balnot» cent sous de

( 1) Le mot chapitre vienl du lalin : Capitium^ chevel de Téglise où les chanoines se réunissaient pour la lecture des textes sacrés, « guod capitula ibi leganlur^ « dit Papias ; — Vocabularium ta^fiimi, cité par Ducange.

revenu, quatre livres dans l'église de Pacy, et vingt sous dans l'église de Flogny. Ces deux églises sont dans le département de ITonne. (N° 11 de l'Appendice. )

L'érection de ce chapitre fut approuvée par une bulle d'Honoré III, du dixième jour des calendes de juin 1220, la quatrième année de son pontificat. (Voirie n^ 14 de l'Appendice.)

En 1257, Guillaume III de Poitiers, confirma llnstitution des chanoines, et leur donna pouvoir de faire exercer les fonctions curiales, sans avoir besoin de la sanction de l'évoque.

Avant cette institution de 1218, il y avait, à Mussy, treize chapelains en titre ; et ce furent ces chapelains qui composèrent le chapitre. Ce nombre de treize chanoines est énoncé dans le pouillé d'AlIiot, de 1648, et il existait encore à la date de juillet 1693, suivant un acte signé des curé, chapelain, chambrier et contrôleur du chapitre (1). Il fut réduit de fait postérieurement, sans doute à cause de llnsuffisance du revenu afiërent à chaque membre.

Dans les Mémoires historiques àe Baugier, sur la Champagne (2), on lit : •* Le chapitre de l'église collégiale de « Mossy-rÉvéque est composé de huit chanoines ; dont les « prébendes valent environ quatre cents francs, et sont à la « collation de l'évéque diocésain. Un des chanoines est •• curé de la paroisse, n

Suivant Courtépée, ils étaient curés primitifs et décimateurs de Buxeuil (3).

Ce ne fut que, vers le dixième siècle, que les églises re-

(!) Nous possédons cet acte.

(2) deux volumes m-8<», 1721.

(3) Vol. IV p. 429, édition de ISIS.

curent des donations et acquirent des Ucbs. <i>iyra wr le» àrpîîf féodaux, 1779.)

Les donations à l'église de Mnssv ncai comment qu'as treizième siècle.

Au mois de juillet 1217, avant que le chapitre ffat institué, Sjmon, sire de ChâteauTillain, et Alix sa femme, avaient donné à l'élise les dîmes qui leur ^farlenakmt à Loches. (Voir n^ 10 de TAppendice.)

En jan\ier 1220, Jean de Magnan, dheralier, donnii l'église et aux chanoines les dîmes de Magnaw, (Voir le n* 13 de TAppendice.)

Philippe de Reims, chanoine de Langr», fit don aa diapitre de 1229 à 1230, de cent oaTrées de TÎgaes. ea ime pièce, au finage de Mussy.

Hugues de Montréal donna à Fé^ise one firre dix aoos, pour son anniversaire, an commenoeniait de 1230.

Dix sous de rente lui furent anssi donnés par FéfêfM Robert de Torote, en 1240.

Guy de Rochefort, en 1260, laissa à Fégiise qoatreaeliers, moitié froment, moitié orge, à la mesure ds cUteaa de Mussy ; cette rente assise sur le rnoofin proche le château.

Les chanoines de Tonnerre cédèrent, en jaimer 1262, an même chapitre, c^nt ouvrées de vignes aa fiaage de Massj, À la charge d'un anniversaire pour niî^pe de Reias, le 3 des ides de mai.

Guillaume de Mussy donna an dapitre, en Fan 1300, les dîmes, cens et rentes qull poosédait à Miasy.

L^èvèque Guillaume de Poitiers loi fit doa, en 1358, de dix lÎTr^ de rentes, à percevoir sur ses remaas de la iièBe \îlfe de Mussv.

Kn U^\ cet êv^ue accorda aux cbanoiaes les dhaes de M jt$«^ et da$ arsexe^ : mais, en 1465« il v est aa aeeord.

sujet de ces dîmes, entre le chapitre et Tévêque Guy rnard , et elles furent réduites à moitié pour ce chare.

Un chanoine de Mussy, Pierre Pottin, donna au chapi- ), en mai 1410, un journal de terre, entre Mussy et mméville-Ie- Grand , tenant à la terre de la Maisoneu, à la charge d'un anniversaire, le 12 des calendes de n.

Au mois d*août 1415, Pierre de Rouelles et Gillette, sa ame, firent donation au même chapitré d*un journal de Te, en Fouchôres, à la charge dun anniversaire, Je

des ides de novembre.

Une autre donation fut aussi faite au chapitre, le 4 sepabre 1423, par Jean Violet et Adeline. sa femme, d'un din, rue aux Poissons, et d'une vigne en la Tremeure, 3s la condition d'un anniversaire, le 12 des calendes de rîer.

Etienne Bernard, seigneur de Sevelle, trésorier de la ne de France, frère de l'évêque Guy Bernard, fit don fc chanoines, en 1461, d'un domaine à Laignes, produiit deux cents mesures de grains, moitié froment, moitié )ine.

Le 13 mai 1483, Simonne, fille de Jean Thevenot, donna chapitre un canton de terre en Lisle, tenant d'un bout fossé du Poncelot, d'autre au grand chemin, à charge ne fondation.

Par acte des notaires à Bar-sur- Aube, du 20 mars 1484, sieur Bornibus et sa sœur Simonne Bornibus, femme illemin, de Frotté, donnèrent au même chapitre les les de Gyé, et un terrage à Gyé et Neuville. Plusieurs autres dispositions ont été faites successivent au profit du chapitre ; en voici la date, l'objet et les ditions :

il ;:^r-*. 14'''l. — Donakion d'une vicme a Charey par If. Xo-

l' £-.?-.l l'^'i. — IhjTï au Chaiitre, f^r Jean d'Amboi-ie, He -- -'.r^t- l-'--" îi* fon-iatioii d'une ine^îitf u la chapelle du

•S:. . -:'- l'.l". — Le^s. par le m*^me évéïjue, de 3J0 livres 7* "r -.r.^ Lie^s? anniversaire le ^ mai.

l*.ii.Tler l-Ml. — I>:'naiion d'un jardin et masure en Saint- Lar -r.^. 7«r NÏMlas Clin.

i: /-.r. îôii. — I>3nat:on par MM. Xobîs, Coarriot el >r-ri:::, ci£i>.:2ei, de pres à Poihières, de ksi seigneurie de OzLiij'es cl i'autres liens à charge ;l*annîversaireî;(y enln» -u'j^s c'ui^e nie^se basse '|uotidienne en la chapelle de Saint- Cl.:'.^i lie c sei-: ou hui: heures du matin ; de «olenniser la .V./^ ie S&.r.:-Oiri^t<:>phe comme celle de SaintnPierre et Saint- P& ./- . ie ffcire un service général aux Quatre-Temps pour les : .v:.f=:::e*jr=r •i:'t'-s ;âr M. M<>us5anl;de dire une messe le '•-.r if^ C^au^^Tempe el un Deprofundis sur la fosse de M. N\.i;s.

'• >e:-ten:^ :-e i'^. — Dc^nalion par Louis Després, seigneur d'AlieVllle, rj.e'^ de Laurent Levignier, seigneur d*Arren- ;i.-re5, i'jiie maisC'D, cave voûtée dessous, cour derrière, âsé-:se en la rue des LarrcMis devant la Maison-Dieu de Mussy.

i>i7. — Le^ par Colette Jouani d'une pièoe de terre en la

xo'.e de Molesme, et d'un jardin à la porte des Corvées, à la char^^e d'un Lîbera, le jour de ranniversaire de Hugues Jouard.

15»il . — Donation d'une maison, me des Larrons, tenant à Jean Liandey, aux murs de la ville et aux ruelles communes, par Nicolas Vi<jlelte'Dieu, prêtre habitué à Mussy, à charge d'un répons Gaude Maria la veille de FAssomption, ainès

vêpres.

4 janvier 1597- - Legs par François Bréjard, chanoine à Mussy, de 25 livres de rente, à charge de quatre messes par an, à son intention.

2 novembre 1600. — Legs par Jean Séguin, chanoine à Mussy, de six arpents de prés à Gomméville, à charge d'une messe haute de Notre-Dame, après Matines, tous les samedis à perpétuité.

23 octobre 1612. — Donation de 3 livres 15 sous de rente pour fondation d'une messe de Requiem, la veille de la Nativité de Notre-Dame, par Christophe Pitoiset, chanoine à Bflussy.

6 février 1639. — Fondation par Tévêque Sébastien Zamet, d'une procession publique par les chanoines à Tissue des vêpres des fêtes de Notre-Dame et tous les premiers dimanches du mois. Pourquoi M. Zamet a donné une petite île de la l'ivière de la Seine proche la métairie de Gombres, contenant un journal outre une somme do i()0 francs.

1 i février 1735. — Fondation par M"' Claude-Ursule Baillot, veuve de Nicolas Viesse, seigneur de Sainte-Colombe, d'une inesse des morts le jour de TOctave des trépassés, en Téglise de Mussy. Une réduction du legs et des charges a été faite par Té vêque le 26 juillet 1741. (Voir le chapitre concernant rhôpital.)

3 janvier 1764. — Fondation de la messe des quarante heures, suivant acte de Thiéra, notaire, par Nicolas Profillet, marchand, et Barbe Blaisot, sa femme, portant donation de 500 livres et du champ du Tillot, à Gomméville, à charge d'exposer le Saint-Sacrement pendant les trois jours, du dimanche de la Quinquagésime, du lundi et du mardi.

En 1669, il s'était élevé la question de savoir si le chapitre avait pu être institué au préjudice de la cure, dont les revenus, par ce fait, étaient devenus insuffisants, en telle sorte que les fonctions curiales étaient mal remplies. Un arrêt du parlement du 19 décembre de la même année jugea contre le sieur Guérout, curé, qu'il ny avait pas eu abus.

Cette même année 1669, Tévêque Louis de la Rivière enleva au chapitre le droit dont il jouissait depuis 1357, d'approuver les vicaires et desservants.

Le chapitre de Mussy avait 5,000 livres de rente en 1770, non compris le casuel. Il avait en outre douze maisons et dépendances, plus deux cents ouvrées de vignes en

bon état et plus de cent, en friches. Il avait aussi quelques

contrats et cens. Cest ce que font connaître les pièces du procès soutenu par la ville, do 1779 à 1786.

Dès 1771, M. de la Luzerne avait manifesté Tintention de supprimer le chapitre. Le corps municipal, par délibétion des 24 et 30 juin de la même année, déclara s'opposer à cette suppression.

Sans avoir égard à lopposition, Tévêque rendit le 19 avril 1779 un décret qui prononça la suppression du chapitre et la réunion des biens et revenus de cet établissement à la cure.

Ce décret fut confirmé par lettres patentes de Louis XVI, du mois de novembre 1779.

Avant d enregistrer ces lettres patentes, le Parlement de Paris ordonna une information par arrêt du 14 février 1780.

Le corps municipal, appelé à délibérer de nouTeao* déclara le 4 juillet 1780, que la suppression du chapitre n'avait été prononcée par Tévêque que par des motifs de convenance personnelle ; puisqu'il s'était emparé sans formalités des maisons du chapitre, pour les réunir à son château, et que les prétextes qu'il avait mis en avant n'avaient rien de fondé.

Après une longue procédure, le Parlement enregistra les lettres patentes de 17791e 16 juillet 1786.

Les armoiries du chapitre, qui se trouvent an cabinet des manuscrits, à la bibliothèque impériale, étaient : de gueules, à une mitre d'or.

Le sceau qui a appartenu à ce chapitre est en la possession de M. l'abbé Coflinet, grand-vicaire de monseignear l'évêque de Troyes. Saint- Pierre y est représenté assis» tenant à la main droite les clés du Paradis, aa-dessas et à côté de son image, on lit Sa... S Petrus. Aupoartonr se trouve la légende suivante : Sigillum capituli de Mnxeio. (Sceau du chapitre de Mussy.)

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