DOMINATION ROMAINE
Conquête dos Gaules par Jules César. — Voies romaines. — Invasion par les Germains c< par les V^indales, qui ravaf,'«*T(Mit le pays des Lingons. — Colonie de La'tes envoyée par Constance Chlore. — La religion chrétienne pénètre dans le Lassois. — Saint-Loup s'est il retiré dans le Lassois? — Découverte de monnaies et d'objets d'origine romaine. — Cercueils de pierre, cimetières Gallo-Romains.
L'an 58 avant Jésus-Christ, Jules César, nommé gouverneur des Gaules, fit la conquête de tout le pays, en neuf années. Les auteurs ne sont pas d accord sur le nombre des villes dont il se rendit maître, et des tribus qu'il soumit.
Alfred Jacobs , dans sa Géographie de Grégoire de Tours (1), attribue les différences qui existent dans le nombre des peuples delà Gaule, indiqué par divers auteurs, à la confusion que Ion a faite entre les confédérations Celtiques, les peuplades principaleset les peuplades clientes et subordonnées. César, dit-il, mentionne 88 peuples, Ptolémée, 60; Pline, 143; Plutarque, 300; Josèphe, 305; Appien, 400. Alfred Jacobs croit que le mot Pagus a été
(I) i vol. in-8o, \m\.
employé par César pour désigner les peuples subordonnés, et dans le sens de district. Selon Deloche (1), le nombre des peuples, porté à 300 et à 400, doit s'entendre du nombre des Pagi.
On lit dans Labédollière (2) , qu'il existait pour habitations, chez les Gaulois, des cabanes en planches, et que les pauvres avaient des huttes d'argile surmontées, comme les ruches, de faîtes en chaume ou en roseaux.
MM. Bordier et Charton, auteurs dune histoire de France (1862). contestent l'existence des villes avant la conquête ; ils pensent que les Gaules n'avaient alors que des cabanes qui formaient des bourgades, sur le bord des fleuves et des bois.
Les Romains divisèrent la Gaule en 17 provinces et 115 cités ; ils y introduisirent la langue latine, dont on fit usage pour les lois, les ordonnances et les sentences. La langue celtique continua d'être la langue du peuple. La langue grecque fut même répandue dans la Gaule. Des écoles principales furent ouvertes à Bordeaux, Autun, Toulouse, Poitiers, Lyon, Narbonne, Arles, Marseille, Vienne et Besançon (3).
La Bourgogne, ou du moins le territoire qui reçut ce nom plus tard, était encore, à l'arrivée des Romains, presque tout couvert de grands bois, comme la plus grande partie de la Gaule (4).
De nombreux et importants travaux d'art furent faits.
(1) Mémoires de C Académie des viser iptiom^ deuxième série, vol. IV, p. 3G4.
(2) Fie et mœurs des Français, p. <03, vol. i*'.
(3) ^abédolIi^^c, vol. I", p. 52.
(i) Saint-Julien de Daiicurc.
et de grandf^s et solides voies de communication furent ouvertes.
Vignîer et Courtépée font connaître quelles étaient lea voies romaines qui traversaient les lieux assez voisins de Mussy ; Tune, partant do Langres allait à Brion, et passait entre les deux montagnes qu'on appelle les Jumeaux, traversait la Seine au pont d'Etrochey, au pied de la montagne du Lassois , doù elle se dirigeait sur Laignes, Tonnerre et Auxerre, par les hauteurs de Bouix, Poinson et Larrey.
L'annuaire du département de l'Yonne (vol. xiii), fait mention de cette voie, qui est fondue avec la route n" 83, et paraît à Bissey, Marcenay, Bouix et Cerilly.
L'auteur de YAlbum pittoresque de l'arrondissement de Châtillon-sur-Seine, a écrit que l'on voit encore les traces de cette même voie dans une contrée du finage de Vix, appelée les Fontenelles. *♦ On la retrouve, écrivait Robert •• Joly dans le siècle dernier, à lendroit appelé les Plan- •* ches , d'où elle passait à Pothières et conduisait à ** Mussy (1) H.
On lit aussi dans les Mémoires de la Société archéologique de Langres, de 1847 à 1857, que, de la voie de Langres à Sens, se détachait, par Etrochey, une voie qui conduisait à Landunum (ou plutôt Vertilium).
Suivant un manuscrit de Delamothe, auteur chûtillonnais, une voie romaine »* venait de Bar-sur- Aube et de Mussv ; •» elle montait près de Noiron, et de là tirait à Lanssuine, ou Landunum (ou plutôt Vertilium) « en se joignant à une autre voie qu'il désigne (1).
(I) Une copie du manuscril de Robci t Joly cl de celui de Delamothe, est dans le manuscrit de fabbé Mulliieu, au ^'rand béminuire do Langres.
Une branche de la même route de Langres à Brion, par Montigny, ajoute Vignier, ne se séparait de celle qui allait à Auxerre qu auprès de Courban , pour arriver à Riel-les-Aulx, où elle est visible, avançant vers Autricourt, où elle quittait le chemin ordinaire de Bar-sur- Seine, par Essoyes, pour aller à Verpillières ; et de là, par
les hauts, à Ville-sur- Arce, puis à Troyes. Il est fait men-
tion de cette voie dans les Mémoires de la Société archéolo^ gique de Langres, cités ci-dessus.
Les vestiges d'une voie romaine, qui existent sur les hauteurs de Servigny, et que nous avons vus, en faisant creuser à trente-trois centimètres de profondeur, il y a cinquante ans, font sans doute partie de cette branche de route qui, selon Y Album du Châtillonnais, est visible à la Chaume, à Vanvey et à Grancey.
Deux voies romaines qui sortaient de Landunum, «.ou plutôt Vcrtilium, sont indiquées dans l'histoire de Bar-sur- Seine. Lune de ces voies, en quittant Molesme, passait entre Gyé et Mussy, puis traversait Landreville et se dirigeait sur -Bar-sur- Aube.
M. Leclère a publié, en 1839, un ouvrage sur rarchéologie celto-romaine , pour larrondissement de Châtillonsur-Seine. On y lit qu'un camp de Romains a existé dans le bois de Vaussoué, commune de Charrey, et que son enceinte et ses fortifications sont parfaitement reconnaissables. Vaussoué touche au finage de Mussy. Le camp présumé est peut-être lendroit où la ferme, dite de Vaussoué, a été bâtie ; et cette ferme pourrait avoir pris son nom d'un sieur Vaussoué, qui habitait Mussy au seizième siècle, et qui fit alors une donation à l'hôpital (1).
(0 Voir deuxième partie, chapitre xni, v® hôpital.
Les voies romaines avaient, selon Voltaire, quinze à seize pieds de large ; elles se nommaient en latin Vix ferratx. M. de Caumont, Cours des antiquités monumentales, rapporte quon les nomma plus tard : Haut- Chemin, Grand-Chemin, Chaussée ; et qu'elles étaient le plus souvent construites en pierres plates, pierres cassées et chaux. D'après Labédollîère (vol. P*^) elles étaient formées : Pd'un lit de pierres, posées à plat ; 2^ de pierres encaissées ; 3® d'un lit de chaux, sable, glaise, tuile en poudre; 4** de grès et gros cailloux. A la chute de l'empire romain, ces voies disparurent, pour la plupart, à défaut d'entretien (1).
Vers le milieu du troisième siècle, nos contrées furent envahies par des peuples du nord, notamment par des Germains et des Vandales, sous la conduite de leur roi Chrocus. Ces barbares ravagèrent le pays ; et ce serait alors qu'ils auraient détruit Landunum, ou plutôt Vertilium (2).
Les cantons des Lingons eurent beaucoup à souffrir, à la même époque, des divisions et des combats qui eurent lieu entre les tyrans qui se disputaient le pouvoir.
Par les soins de Constance Chlore, le Lassois, presque entièrement dépeuplé, reçut une colonie de Germains ou de Francs qui furent surnommés Laeti ou Laetes. Il y avait douze campements de Laetes en Gaule, et entre autres les IjxH Lingonenses. On leur abandonna les friches du territoire des Lingons et celui des Tricasses. Labédollière écrit que le nom de Lsetcs serait venu du mot allemand leten, jachères, ou de ledig, vacant (3).
{i) Voir Bial, déjà cité, chapitre i".
(2) Voir la vie (le saint Didier, dans Dom Bouquet, vol. I<^^ in-0>, p. 641.
(3) Âmédéc Thierry, Tableau de CEmpire romain ; Dclorcy, Recher-
La religion chrétienne ne pénétra, selon quelques auteurs , qu au troisième siècle dans le pays des Lingons. Antérieurement, on y comptait seulement quelques chrétiens; cependant Garreau (1) fait remonter à Tan 162 de notre ère, la date des premières prédications ; et en effet, saint Speusippe et saint Bénigne furent martyrisés dans ce pays, au deuxième siècle.
A Troyes, le christianisme fut prêché au troisième siècle (Badin, Géographie de CAube).
En 321, Constantin prescrivit le repos le jour du soleil, qui était le dimanche des chrétiens.
Les troupes de l'empereur Julien occupaient le pays des Lingons en 360.
Les Gaulois supportaient difficilement le joug de la puis-, sance romaine. Une sorte de servitude retenait le citoyen attaché à la curie, comme le serf le fut plus tard à la glèbe. L'obligation de remplir des devoirs pénibles ou onéreux, notamment celui de faire rentrer les impôts, sous peine d'être puni par la perte de sa fortune, rendait intolérable la condition de ceux qui étaient propriétaires. Tout possesseur de vingt-cinq arpents de terre faisait partie de la Curie ou Sénat municipal (2). Le mécontentement des principaux habitants des Gaules les porta à n'opposer aucune résistance à l'invasion des barbares. C'est, du moins, l'opinion de M. Renouard, que nous trouvons exprimée dans son Histoire du droit municipal.
A différentes époques, il y avait eu, de la part des Gau-
ches sur la Champagne ; Giraud, Histoire du droit finançais au moyenâge^ Labédollièrc, vol. le^
(1) Dehcriptu*n du gouvernement de Bourgogne^ vol. II, p. 259; voir PcUGutiei-, Histoire des Celles, 8 vol. in- 12, 1770.
(2) Ucchal, Droit municifml, 1802 ; Géraud, déjà cilé, vol. I»'.
lois, des tentatives de révolte, mais elles avaient été comprimées. La prise d*Âlise, oCi ils s'étaient réunis, pour un suprême effort, fut le principal événement d'une guerre qui se termina par la défaite de ce peuple.
Jusqu'en 407, époque de l'invasion du pays des Lingons, par les Burgundes ou Bourguignons, la Gaule resta soumise aux Romains, et leur domination ne cessa entièrement qu'en 486.
Théodose II avait ordonné, en 426, que les temples du Paganisme fussent consacrés au vrai Dieu (1).
Le Lassois fut, d'après l'opinion de plusieurs auteurs, le refuge de saint Loup, lorsque Attila ravagea la Champagne en 451. Camusat, auteur troyen , a transmis les détails de ce qui est arrivé à cet évoque de Troyes, lors de la présence du roi des Huns dans cette ville ; et il résulte, du texte et des notes de cet ouvrage, que le mont Lassois (confondu à tort avec Laussuine ou Vertilium), serait bien le lieu où saint Loup se serait retiré
L'auteur de Y Histoire de ChâtiUon sur-Seine et d'une étude sur le lieu de la défaite d'Attila, M. G. Lapérouse (2), ne doute pas qu'après avoir accompagné Attila jusqu'au Rhin, saint Loup n'ait vécu retiré dans le bois de Vesvres, commune de Pothières (Lassois). Il s'appuie sur un manuscrit latin de Tabbaye de ce nom ; et l'on doit ajouter que si quelque confiance peut être accordée au roman de Girard de Rossillon (3). qui paraît avoir été écrit en 1316, le fait de la présence de saint Loup dans le Lassois aurait été rap-
{i) Bcugnot, Destruction du paganisme en Occident^ 2 vol. in-S*, iH^, p. i43.
(2) 1 vol. in-8o, 1857, et Mémoires de la Société acadcmque de Troyes^ 1862.
(5) Edition avec notes de M. Mignard, p. 17 du roman.
porté dans un très-ancien manuscrit. (Voir le n"" V^ de TAppendice.)
Cependant Tabbé Lebeuf, auteur très-esliraé, membre de
TAcadémie des inscriptions, a soutenu, dans son Recueil
d'écrits pour servir à Téclaircissement de Thistoire de
France, que saint Loup n est pas allé dans le Lassois. Il fait
observer que le texte qui motive son opinion, est du plus
ancien auteur de la vie de ce saint ; telquil a été épuré par
le savant jésuite Vandenbusch, et qui est le manuscrit le
plus pur que les Bollandistes produisent. (Voir le n® 1*'
de l'Appendice.) Il croit que, par Latiscon, mot employé
dans le texte latin, il faut entendre Lainçon, actuellement
Saint- Germain, situé sur le revers d'une montagne^ qui fait
face à la ville de Troyes, du côté du sud ouest ; attendu qu'il
est de l'analogie des langues latine et française que, de
Latiscon on ait fait Lainçon, pays à une lieue de Troyes,
sur la route d'Auxerre. Il ajoute que saint Loup ayant été
troublé dans ce lieu, où il allait sans doute ordinairement,
par les visites trop multipliées des fidèles, il se retira à
Ouillery (Oléricium), aujourd'hui Villery, contigu à Lirey,
maintenant Bonneval, à deux ou trois lieues plus loin ; que
là, ayant été encore importuné, il s'éloigna jusqu'au village
de Mâcon, à l'extrémité de son diocèse. •» Ainsi, continue
•» labbé Lebeuf, M. Camusat a mal conjecturé, lorsqu'il a
M avancé que Latisco était un lieu, situé à quinze lieues
*• de Troyes, et à trois de Molesme, et qu'on lappelait
M Lanssuine. Desguerrois n aurait pas dû le. suivre en
•• cela. •»
^ L'abbé Lebeuf se disait convaincu que saint Loup ne se serait pas ainsi éloigné de son troupeau ; et qu ensuite, en quittant Latisco, il ne s'en serait pas éloigné davantage, pour aller jusquà la ville de Mâcon, à cinquante lieues de son diocèse. Enfin, il lui a paru que les mots: in prœdio
matiscom, que Ton trouve dans le texte, sont une preuve que Mâcon, où il ât un miracle, était une terre de son église et non pas une ville (1).
MM. Mignard et Contant, ayant été chargés de faire un rapport à la Commission des antiquités de la Côte-d'Or, sur les fouilles qui avaient été faites à Landunum (Vertilium), ont exprimé leur avis, sur le séjour de saint Loup, dans le Lassois, ainsi qu il suit : - C est en vain que quel- « qnes-uns ont voulu soutenir, en se fondant sur une *>> méprise de Surius, que saint Loup, au cinquième siècle, •• après avoir apaisé la fureur d'Attila, alla demeurer deux «« ans, soit à Latiscum, soit à Landunum. D'après une autre «• question secondaire de distance avec la ville de Troyes, •• Tabbé Lebeuf a triomphalement prouvé que ce n'est pas à •• Latiscum que le saint était demeuré deux années, mais •• à un autre endroit, que Surius a pris pour un nom »• adjectif, et qui est dans le diocèse de Troyes. •»
M. Lévesque de la Ravalière, membre de l'Académie des inscriptions, auteur d'un projet d'Histoire de Troyes (2), n'y a pas exprimé d'opinion explicite, au sujet du séjour de saint Loup à Latiscum, ou à Lainçon ; mais il lui a paru que M. Thrace, chanoine de Troyes, dont l'avis était en opposition avec Técrit de labbé Lebeuf, ne s'appuyait que sur des conjectures ; ce qui était reconnaître implicitement qu'il adoptait l'opinion de ce dernier.
Nous avons recouru aux documents relatifs à une question si controversée, et qui concerne le canton dont Mussy a fait partie. Nous avons pris connaissance de deux lettres
(i) Henri Martin (Histoire de France), dit simplement que saint Loup se retira à Lainçon, à une lieue de Troyes.
(2) Vol. LXXII, Topographie de Ciuimpagne, manuscrit, Bibliothèque impériale.
— iode Tabbé Lebeuf ; des observations de M. Thrace, et de celles de M. Grosley, insérées dans le Journal de Verdun, dans le Mercure, et dans le Journal historique de février et mai 1754. et de février et mai 1755. Nous y avons vu qu'on a opposé à Tabbiî Lebeuf d autres vies de saint Loup que celle rapportée dans le manuscrit auquel cet abbé donne la préférence ; et qu*en soutenant le mérite et l'exactitude de ces autres textes, on a expliqué que le fait, rapporté par Surius, dans le Recueil des historiens français de Dom Bouquet, et qui place Latisco à quinze lieues de Trojes, ne peut être considéré comme une assertion hasardée. Il a paru à MM. Thrace et Grosley que saint Loup qui, sans doute, était alors comte de Troyes, ayant été forcé comme otage, de conduire Attila jusqu'au Rhin, et ayant désiré à son retour favoriser les Francs, dans l'intérêt de son diocèse, il fut offensé de n'avoir pu faire partager ses vues à ceux qui lui avaient précédemment montré de l'attachement ; qu'il se retira alors à Latisco sur les terres du roi de Bourgogne , d'où il alla ensuite à Màcon, aussi en Bourgogne ; que cette dernière ville est bien celle où saint Loup est allé, puisqu'elle est désignée par le mot Oppidum (1) Matisconium ; tandis que Mâcon, près de Nogent-sur- Seine est un village; que le saint homme possédait dans la ville de Mâcon des biens de son chef, ou du chef de sainte Pimaniol, sa femme (2), sœur de saint
(i) ViUe.
(2) La mention que saint Loup avait une femme, quoiquMl fûl évoque, nécessite une observation. Le célibat des prêtres simplement recommandé par le Concile de Nicée, en 235, ordonné d*abord par un synode tenu à Trêves, le 1^^ août 948, sous peine de pénitence pendant six ans ; puis par le pape Nicolas 11 en i059, et prescrit, sous peine de dégradation par Grégoire VII, en 1074, ne put être obtenu que par Calixte II qui décida, dans le Concile de Reims en novembre 1119, que les prêtres mariés seraient privés de leurs honneurs et excom-
Hilaire ; qu'il n'allait donc pas là dans une terre étrangère, et que cette circonstance explique l'emploi du mot Prœdium ; qu'il est dit, d'ailleurs, dans une des vies de saint Loup, qu'il alla aussi à Mâcon, en revenant des lies de Lerins, qui sont à l'extrémité orientale de la Provence.
M. Grosley a considéré qu'il n'y avait pas à examiner si saint Loup se serait retiré à Lainçon, qui aurait été en latin Latisco, attendu que le texte qui indique la situation de ce village, à quinze lieues de Troyes, exclut l'idée qu'il s'agisse d'un pays à une lieue de la même ville ; mais à cela l'abbé Lebeuf a opposé que le texte par lui cité ne fait pas mention de la distance.
Il faut dire, à l'appui des opinions contraires à celle de l'abbé Lebeuf: P Que si saint Loup a abandonné son troupeau , il y aurait été forcé par les motifs qu'a indiqués M. Thrace ; 2° que le nom du village appelé Mâcon, se traduisait en latin par le mot Maco, d'après ce que l'on voit dans la topographie de Champagne, tandis que Mâlisco est le nom latin de la ville de Mâcon.
Nous ajouterons qu'un motif, qui nous semble devoir faire écarter incontestablement l'opinion de l'abbé Lebeuf, c'est que Lainçon, hameau, et Saint-Germain, village, autrefois Lainçon, ne sont point sur le revers, ni près d'une montagne, comme l'a écrit cet auteur. Lainçon et Saint- Germain sont en plaine, ainsi que M. Darbois de Jubain-
muniés. On lit à ce sujet, dans VHistoire littéraire de la France, vol. X, in-4<>, ce qui suit: c< D'après la défense de ce pape inflexible, aucun <( ecclésiastique n'osa se marier, ce qu'on n'avait pu obtenir depuis « soixante ans, quoique la même défense eût été faite; et cela donna lieu aux vers suivants :
« 0 bone Calixtc. iiunc Cleni* oJit le ;
« Olim Prctbyinri poterant uxoribus uti,
« Hoc Buttulisli, qiMiidO tu («apa fuisti, etc. »
Calixte II était le fils d'un comte Bourguignon.
ville Ta annoncé dans une note sur le Lassois, assertion qui nous a été confirmée par un ecclésiastique de la localité. Le texte même, qui a été invoqué par Tabbé Lebeuf, et où se lisent ces mots : Ad montis perfugium Lalisconi, ne peut donc se concilier avec lopinion qu'il a émise.
Il nous parait y avoir lieu d'adopter Topinion de MM. Tlirace et Grosley, bien qu il soit étonnant que MM. Thrace, Grosley et Levesque de la Ravalière, qui ont habité Troyes, n'aient pas connu cette circonstance de la situation de Lainçon en plaine ; et que, d un autre côté« Fabbé Lebeuf, qui faisait ses recherches et vérifications à pied, et sans le secours des tiers, ait annoncé quelque chose dlnexact.
A diverses époques, il a été découvert, sur le territoire de Mussy, par des agriculteurs, des monnaies romaines qui n ont pas été conservées. En 1858, des vignerons qui défrichaient un terrain resté sans culture de temps immémorial, dans le haut de la contrée du Hâteau, à gauche do chemin qui conduit de Mussy à la fontaine de Valturien, et presque en face de cette fontaine, ont trouvé, à moins d'an mètre de profondeur, des ossements humains ; et à côté de ces ossements, cinq médailles romaines, en bronze. Ces médailles n'ont pu nous être représentées ; elles avaient été données ou vendues.
Un vase antique, appartenant à l'époque de l'occupation romaine a été découvert, en 1859, à peu de profondeur, en la contrée des Cuperies, près du chemin des Mèzes, dans une propriété de M. Camille ProfiUet. Il appartient & la famille de M. Moysen de la Laurencie. .
Autour des sépultures romaines, on plaçait des vases contenant des parfums. {Abécédaire de Caumont, vol. i^.)
Il y a plusieurs années, un cercueil de pierre, contenant des ossements, a été trouvé en cultivant un champ, près de la sablière. Ce cercueil n a pas été conservé.
Les cercueils de pierre étaient d un usage général, dans la Gaule, pour les personnes de condition élevée, dès les deuxième, troisième et quatrième siècles.
Antérieurement, les Gaulois brûlaient les morts, comme ont fait les Romains jusques aux quatrième et cinquième siècles. [Annales archéologiques, vol. xiv.)
On lit dans le volume v des Mémoires de là Commission des antiquités de la Côte-d'Or, que Ion a trouvé des cercueils en pierre à Autricourt, en 1840 et en 1847; à Molesme en 1849, et à Champigny-les-Forges, en 1860.
L'usage d'enterrer les morts dans des cercueils de pierre a cessé au onzième siècle. (Mémoires de la Société des inscriptions, vol. m.)
La forme des cercueils en bois a été à peu près la même, du onzième au seizième siècle. {Abécédaire de Caumont.)
Il a été annoncé au Congrès scientifique de Troyes, en 1864, que des traces de cimetière gallo-romain ont été découvertes à Arelles, Avirey, Bar-sur-Seine, Beauvoir, Bertignoles, Bragelogne, Buxières, Courteron, Essoyes, Gyé-sur-Seine, Landreville, Neuville, Les Riceys, arrondissement de Bar-sur-Seine.