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VIGNES

Les vignes sont le principal objet de culture à Mussjr. IL^ nous a donc paru à propos de rappeler ce que ron connaît:, de cette culture, dans les temps anciens et par les généra — tiens qui nous ont précédé.

Il existait des vignes dans les Gaules lors de l'occupation romaine. En l'an 92 de Jésus-Christ, il y eut partout grande abondance de vin et pas de blé , en sorte que Domitien fif réduire les vignes à la moitié de ce qui en existait à cetfe époque.

Cet état de choses dura 189 ans, etProbus» pour occuper ses soldats, les employa à replanter des vignes sur les collines des Gaules.

Charlemagne, en 798, ordonna de planter la vigne snr toutes les terres propres à sa culture ; et c'est alors que les campagnes en furent pourvues abondamment dans les provinces de Bourgogne et de Champagne. (Delamarre, Tnilé de la Police.)

Une ordonnance de François V\ du 22 mai 1539, fit défense de se servir de bois de chêne pour les échalas à employer dans les vignes. On prescrivit de faire usage de bois blanc, comme saule marsault, etc. Le motif de cet ordonnance était qu'il fallait réserver le chêne pour les constructions et d'autres besoins des populations. (Isambert, vol. XII, page 559.)

La plantation du sol en vignes fut successivement portée à un tel excès en France que, sous le règne de Charles IX, le Conseil du roi ordonna le 4 février 1567, aux offiderB des lieux, de pourvoir à ce que, sur leur territoire, les labours et semences des terres ne fussent pas délaissés

pour faire des plants excessifs de vignes ; et que les deux tiers au moins fussent réservés pour les grains.

Un arrêt du conseil, du 3 juin 1731, fit défense de faire aucune nouvelle plantation de vignes, et statua que celles qui seraient restées deux ans sans culture, ne pourraient être rétablies sans la permission expresse du roi. Cet arrêt eut pour cause la diminution de la quantité des grains récoltés, le défaut de pâturage pour les bestiaux et la cherté du bois.

La loi des 28 septembre, 6 octobre 1791, a abrogé cette législation en autorisant la libre culture des terres.

Les coteaux qui entourent Mussy sont tous plantés eu vignes, et les plantations sont très anciennes, comme Tindiquent diverses chartes de Tévêché de Langres et des abbayes de Clairv^ux et d*Âuberive.

Dans une des chartes, de 1213, on désigne comme sujettes à la dlme en faveur des religieux de Glairvaux, des vignes situées sur Gomméville, appartenant à des habitants de Mussy; et on y stipule le paiement de quatre muids de vin, provenant des vendanges de Mussy. D'après d'autres chartes, de 1199 à 1352, labbaye d'Auberive possédait des vignes dans plusieurs contrées de notre territoire.

En consultant un état fourni en 1773, par raùtorité municipale, on voit que les terrains plantés en vignes n'auraient alors consisté qu*en 294 arpents (124 hectares) ; et, suivant le cadastre, on en cultivait 410 hectares, en

Les vignes qui sont à lexposition du midi produisent le vin de la meilleure qualité, si toutefois elles sont plantées sur des côtes, et si lespèce des plants est bonne.

Les principaux plants qui garnissent les vignes à Mussy, sont le gamais, le troyen, le pineau. Le troyen a été trop multiplié; il produit beaucoup, mais sa qualité laisse à

désirer. Une ordonnance de Charles IX défendait la colture. dans les vignes à vins fins, du gamais, qall nommait infâme dans cette ordonnance. M. Jules Guyot, dans son ouvrage sur la culture de la vigne et la vinification (l), proscrit aussi le gamais. Il serait à désirer que le pineau fût plus répandu, car il donne le meilleur vin, mais il produit peu.

A Mussy, on n est pas dans Tusage de se serrir de famier, pour Tentretien des vignes ; on y porte la terre profenant des friches.

Des cerisiers sont presque partout plantés aa-dessos des vignes, ou cultivés dans les terrains les moins poanros de terre. Les cerises sont pour les habitants mie resscHuroe précieuse ; on porte dans les villes voisines 1 excédant de ce qui est nécessaire pour la consommation.

La récolte des vins, à Mussv, dans les années abondantes, peut être évaluée de 22,000 à 27,000 hectolitres.

Nous avons trouvé, anx archives de la mairie et dans divers documents, des renseignements et observations sur les récoltes en vins ; nous les rapportons ici :

En 1644, le 7 mai, les raisins et les feoilles tombèrent en poussière, par Teffet d une forte gelée.

Le froid excessif qui se fit sentir, en 1709, dora trois semaines ; les vignes et les blés ayant été gelés, la fisunine fut la suite de ce désastre.

La récolte fut si abondante, en 1760, que les tonneanz se vendirent huit livres ; ce qui était an prix énorme pour répoque.

En 1781 , on vendangea le 15 septembre, et la récolte fht la plus belle quon eût vue.

(i) Brochure de M. Lemaitre sur Epincuil, fSSl. Davragede M. Goyot, à Paris, librairie agricole, et Almanach de Bar^urSeine, 1861.

Elle fut aussi très-abondante et de bonne qualité, en 1783. La sécheresse dura de juin à décembre.

Pour rintervalle de 1800 à 1850, la statistique du canton des Riceys, déjà citée, contient un tableau d'observations sur le produit des vignes aux Riceys, dont les résultats sont applicables en général aux vignes de Mussy ; car la nature du sol et les effets météorologiques, à une distance de huit kilomètres, paraissent être dans la vallée de la Seine, à peu près les mêmes que dans la vallée de la Laigne. Les souvenirs à Mussy s'accordent d'ailleurs avec les énonciations de cette statistique.

D'après ce tableau, le vin a été excellent en 1811 ; de très-bonne qualité en 1802, 1803, 1807, 1819, 1822, 1825, 1834, 1846.

L'année 1834 a seule réuni la qualité et la quantité ; on n'a obtenu que moitié, tiers ou quart de récolte dans les autres années.

Le vin a été assez bon en 1800, 1806, 1827, 1832, 1848, 1849. La récolte a été faible pour la plupart de ces années, 1806, 1839 et 1848 exceptés.

La qualité a été passable en 1808, 1815, 1818, 1820, 1830, 1838, 1840, 1844. Il y a eu abondance, en 1840.

Les vins ont été médiocres ou très -faibles en 1810, 1823, 1824, 1831, 1836, 1837, 1845, 1850; et mauvais en 1801, 1809, 1813, 1816, 1817, 1821, 1829, 1841 et 1843. On a peu récolté dans ces années.

Des récoltes abondantes, mais de qualité faible, ont été obtenues en 1804, 1812, 1826. 1828. 1835, 1847.

Les récoltes de 1805 et 1833, qui ont aussi été abondantes étaient sans qualité.

Nous ajoutons que les récoltes de 1850 et des années suivantes, jusques et y compris 1856, ont été peu abondanteSy et les vins de la plus faible qualité ; mais que les

produits de 1857. 1858 et 1859, saas «îts ûixiiisu.

étaient très-bons.

En 1860. le raisin n^avant pas mfiri, le jzs. a écé excessivement mauvais.

En 1861, le vin a été bon; mais on na obtemi qiek ^^uart d une année ordinaire.

Il en a été de même en 1862.

La récolte de 1863 a été abondante et le tîb médiocre.

On a peu récolté, en 1864, et le vin n*est pas boa.

En 1865, le vin a été bon. il y a eo demi-féecdte. Le vin de 1866 a été mauvais, on a récolté les deox tiers d'oM année ordinaire.

En 1867, la récolte a été presque nulle par suite d'one gelée le 25 mai .

Lies noms de plusieurs contrées, plantées en TÎgnes, sont restés à peu près les mêmes qu ils étaient il y a six siècles. Dans des chartes des abbayes de Clainranx on d'Anberive et dans des actes déposés aux archives de FAnbe, on a désigné les contrées de Valde-Thnrien, des Vérmles» de VaUConsortz, de Chavanoy, des Hastes, de Ghanay, de Vaubcron, de Vauluisant, du Tertre de Saint-Langis, de Charmcrabeuf, de la Tremeure, du Val-des-Chonx, des Vignes-des-Champs.

Ces abbayes de Clairvaux et d'Auberive, possédaient beaucoup do vignes à Mussy et à Gomméville. L*abbaye d^Auborive avait à Mussy deux habitations» ainsi que le font connaître deux chartes de 1185 et 1365. C/est ce que Ton appelait une grange ou un cellier, selon la nature des récoltes à faire. L*administration en était confiée à nn moine.

A Gomméville, il y avait un des trois celliers de Clairvaux, dont lo chambrier ou administrateur habitait les bâtiments que Ton nomme encore la Chambrière ou ChamboUerie.

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