‹ Histoire de la ville de Mussy-l'ÉvêqueChapitre 38 sur 133 · I. — Voie fluviale. (Seine) (1). Navigation · texte numérisé non relu

I. — Voie fluviale. (Seine) (1). Navigation

Les sources de la Seine sont au nombre de trois ; elles jaillissent au fond d'un étroit vallon, qui fait partie des territoires de Saint-Seine et de Saint-Germain-la- Ville {Côte-d'Or), à quarante-huit kilomètres de Mussy. {Mémoires de la Commission des antiquités de la Côte-dOr.)

On lit dans Strabon, né cinquante ans environ avant Jésus-Christ (2), ce qui suit, au sujet de la Seine : •« On •* peut remonter le Rhône bien haut avec de grosses car- «• gaisons qu on transporte en divers endroits du pays, par * le moyen d'autres fleuves navigables qu il reçoit et qui

(1) En latin Sequana^ selon Grégoire de Tours; Sigona, selon Fredegaire ; Segona^ dans Touvruge intitulé Gesta Regum Francorum^ Alfred Jacob. Un auteur, M. Bial, croit que le mot Seine vient du gaélique Seachati, d*où serait venu le mot Scachana^ sinueuse. Un des écrivains de la Revue des Sociétés savantes (année 1858) exprime Topinion que les noms des rivières sont presque tous celtiques.

(2) Vol. Il de la Traduction de Strabon, par Delaporle du Theil en cinq volumes in-4o, p. 188 et 18t).

« peuvent également porter des bateaux pesamment cliar- «* gés. Ces bateaux passent du Rhône sur la Saône, et M ensuite sur le Doubs qui se décharge dans ce dernier ^ fleuve. De là, les marchandises sont transportées par •• terrejusqu'à la Seine, qui les porte à TOcéan, à travers « le pays des Lexovii (1) et des Caleti (2), éloignés de l'Ile «• de Bretagne de moins d'une journée. »

L'auteur ajoute que la Seine embrasse par ses tortuositës une certaine étendue de pays, que Y Annuaire du bureau Au longitudes pour 1867 porte à 700 kilomètres.

D'après Frodoard, les Normands s'étaient avancés, en 925, vers la haute Seine ; et l'on attendait à Troyes des bateaux envoyés de Paris, pour aller les attaquer dans le camp qu'ils avaient assis sur une lie du fleuve.

M. Levesque de la Ravalière, en rapportant ce &it et en ajoutant que ces barbares avaient campé entre Bar-sur- Seine et Châtillon, se demandait s'il n'y avait alors ni moalins, ni vannes, sur la Seine, et si la navigabilité s'étendait jusques dans le royaume de Bourgogne.

Il est certain, continue-t-il, que les nacelles que l'on chargeait de grains à Troyes, pour ravitailler Paris» du temps de Sainte-Geneviève; et que les barques des Normands qui surprirent la ville de Troyes y remontaient ; mais on ne connaît pas la grandeur, la force, ni la proportion de ces nacelles.

On doit faire observer à ce sujet, que le royaume de Bourgogne s'étendait alors au-delàde Bar-sur-Seine, comme le diocèse de Langres ; que très-certainement la navigation a existé à une époque qu'on ne peut préciser, depuis Troyes

(1) Lexovii^ LcxovicDS, IiabilaDts de Lisieux.

(â; Calcli. Ces i)cui)lcs occu[>aicnt les rives opposées de U Seine et la cOlc de rocéau jusciucs vers Trépori (Slrabon).

jusqu'à cette ville de Bar-sur-Seine, selon les indices que fournissent les mémoires de Grosley ; et l'on peut d'autant moins élever de doutes sur ce point, que, en 1488, Féchevinage de Troyes s occupa des moyens à employer pour rendre la Seine navigable, au-delà de Bar-sur-Seine en amont. On envoya des délégués à Tévèque de Langres, seigneur de Mussy, afin de s'entendre avec lui pour cet objet ; mais cette démarche resta sans suite. {Mémoires de la Société d* agriculture, etc., de Troyes 1856.)

La navigation avait sans doute cessé avec le temps, à défaut de travaux, car un arrêt du conseil, du 14 avril 1665, avait autorisé le maréchal Duplessis-Praslin à faire les travaux nécessaires pour rendre la Seine navigable, de Nogent-sur-Seine à Polisot.

Le 4 septembre 1721, une commission du conseil pour les forêts et rivières, se transporta dapfès les ordres de M. d'Ormesson, sur la rivière de Seine, pour la visite des canaux et ouvrages construits sur cette rivière, jusqu'au bourg de Saint-Mards , visite qui avait lieu dans le but d'assurer la navigation. Le rapport de M. Duverger contient le passage suivant : <• Nous sommes ensuite parvenus •• à la ville de Mussy-l'Evêque, nous avons trouvé, au- •• dessous de la ville, la rivière formant un canal qui borde •• une grande allée d'arbres, le long du jardin de M»*" l'é- « vèque de Langres ; elle est, en cet endroit, retenue dans « toute sa largeur, par une digue dans laquelle il faudra •» faire un pertuis, dont la dépense montera à 1,000 livres.

•• Un peu au-dessus du dit canal, se trouve un pont de * bois, pour entrer dans la ville. Il faudra couper la pre- •• mière partie et élargir une arche, trop basse et trop •* étroite, pour faire un pont tournant ou pont-levis. Pour •• ce, 1,200 livres.

«• En remontant la rivière qui passe dans le fossé de la

•• ville, on trouve un pont de pierre, qu'il faudra couper u pour faire un pont comme ci-dessus. Dépense 1,200 «* livres.

« A quelques toises au-dessus du dit pont, il faudra fistire » un pertuis, & la tête de la digue, et couper partie d*un •• petit jardin, pour faire un passage pour les bateaux ; ce «* qui pourra coûter 1,500 livres. Au même endroit, il « faudra faire un pont tournant, pour les hommes et chec vaux, pour communiquer et aller au petit moulin à tan, •• lequel pourra coûter 600 livres. ••

En continuant la visite de Gbâtillon & Saint-Mards, jusqu'où le commissaire déclare que Ton peut porter la navigation, quant à présent, il fait diverses observations ; puis il ajoute : • que la ville de Ch&tillon et celle de Mussy- •» lEvéque pourront servir d'entrepôts pour les vins des •• environs, les eaux-de-vie, les bestiaux, le poisson, les •» fers de quantité de forges, les blés, orges et avoines, « qui y arriveront du Bassigny et lieux voisins, les diar- «« bons, les toiles de toute sorte ; chanvre, cotons, treillis, •» toiles d'emballages, etc.

<• Par le moyen de la navigation, on pourra aussi voi- « turer des pierres dures et tendres, y ayant dans le pays « haut des carrières inépuisables, de la chaux, de la bri- •» que et du pavé pour la ville de Troyes, dont les maisons « sont en bois et où la pierre est ^us mauvaise qa*en <« aucune ville du royaume, n {Annuaire de CAube^ 1849.)

M. Desmarets, auteur d'observations sur la Champagne, écrivait, en 1760, qu'ayant examiné avec attention les grosses pierres qui ont été employées au revêtement du jardin de Tévèque, et qui sont d'une grande dureté, il a reconnu, dans quelques cassures, tout le grain et la dureté du marbre , et que cette pierre a été tirée de Noiron. {Annuaire de VAube^ 1849.)

En 1783, M. Leriche, lieutenant particulier au bailliage de Bar-sur-Seine, présenta un mémoire tendant à obtenir la navigation jusqu'à cette dernière ville. Sa proposition fut acceptée; mais, à défaut de fonds, le projet resta sans exécution.

L*empereur Napoléon P' rendit, le 25 germinal an XIII (11 avril 1805), un décret portant que la Seine serait navigable jusqu'à Ghàtillon-sur-Seine , et il accorda 200,000 francs pour commencer les travaux.

Une loi des 8-21 juin 1825, autorisa la concession des travaux relatifs à la navigation de la Seine supérieure depuis Courcelles-les-Rangs, à six kilomètres au-dessous de Chàtillon jusqu'à Nogent-sur- Seine.

Les travaux exécutés alors, de Nogent à Troyes, ont été continués plus tard, à partir de cette ville de Troyes jusques à Bar-sur-Seine. On doit espérer qu'ils seront achevés conformément au décret impérial de 1805, et à la loi de

Le flottage sur la Seine, à Mussy, avait lieu avant 1665. (Délibération du conseil de ville, du 26 avril 1665.) Il n a cessé que vers la Révolution de 1789.

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