‹ Histoire de la ville de Mussy-l'ÉvêqueChapitre 64 sur 133 · VIII. — Inhumations dans téglise. — Cimetière · texte numérisé non relu

VIII. — Inhumations dans téglise. — Cimetière

Grégoire de Tours rapporte que les Gaulois enterraient les morts dans les champs.

Jusquau cinquième siècle, il était facultatif de les brûler ou de les enterrer.

Un concile tenu à Prague, en 563, défendait dlnhumer dans les églises.

Charlemagne, article 159, tome premier de ses Capitulaires, renouvela la défense faite par les conciles à ce sujet. Le concile tenu à Fribourg, en Allemagne, vers 895, permit d*inhumer les prélats et les sacrificateurs dans les églises. afin qu'il pussent par prérogative spéciale, être près de Tautel où, de leur vivant, ils auraient fait le service divin.

Depuis, on enterra les seigneurs dans les églises, ainsi que ceux qui en avaient été les bienfaiteurs. Des places y furent ensuite accordées à de simples particoliera moyennant une somme plus ou moins forte.

En 1338 et 1361, on enterra dans Féglise de Mosqr Henri Quaillos, sa femme et son fils. Une inscription relative à ces personnes est gravée sur une pierre du mar qui fait face à la chapelle Saint-Jean-Baptiste, et est ainsi conçue :

t Ci : git : sire : Hanry : Quailloz : de : Muxi : q trespassa : Tan : m : cccxxxviii : S : Jehanete : sa : femme q' : ont : ceanz : fôde : une : chapelle : ppetuel : la : quel doit : m : mcses : la : semaine : à : l'autel : S' : Jehan : Bapt' a : dôno : xl : s : chascu : an : p' : iiii : anivsaires : et : entre les : tombes : des : ii : git : Andrez : loi : fila : q* : ha : fonde une : cliapcllo : de : m : messes : au : dit : autel : i : dôna Lx : s : chascu : an : p' : m : anniversares : et : trespassa Tan : m : ccc : lxi : et : gisent : li : hoirs : an : suivant R : C : I : p : c.

Dans un volume déposé aux archives do la Haate -Manie et qui a pour titre : Census debiii domino episcopo etc., on lit que Henri Quailoz était débiteur envers Tévéque d'un cens, pour sa maison proche le pont, et pour le tiers de la Va-

chérie en Lisle. {Pro domo propè pontem^ et apudirisulam pro tertià de vacheriâ.) (1)

Etienne Bernard, frère de Tévèquede Langres Guy Bernard, fut inhumé en Téglise près du grand autel, du côté de répltre. Il était représenté en statue de pierre vêtu d*une longue saie, le bourrelet sur Tépauleavec Tescu, ses armes et cette épitaphe sur sa tombe :

Ci git noble

Homme de bonne mémoire

ESTIENNE BERNARD, dit MOREAU,

En son vivant, conseiller du roi Charles VII, Trésorier

de France et Seigneur de Sevelle, lequel trépassa,

le 13' jour de septembre, Tan de grâce 1461.

Dieu ait Tame de lui : Amen.

Au-dessous de la statue était l'inscription suivante :

Homme mortel qui au siècle viz (2) Aye mémoire durant ton viz Tous les faicts dicts etaviz Car le Roi des morts et des viz Roi jugera quand qu'es faict viz Sans jour de conseil ni d'à viz. . .

(Manuscrit de Vignier.

Le cœur et les entrailles de Tévêque Michel Boudet et les entrailles du cardinal de Givry et de Sébastien Zamet, morts à Mussy en 1539, 1561, et 1655 ont été enterrés dans le chœur au pied du grand autel.

(1) Vacharia seu Vaccaria. Stabulum Vaccarum, seu prsedium, vel ager Vaccarum. (Ducangc.)

(V SeloQ Ducange, le mot f^is signifiait : !<> visage ; 2o vivant ; 3® avis î 4P ville.

On lit rinscription suivante sur une pierre tombale qui est à rentrée de Téglise du côté nord.

« D. O. M. Marco Grimault equiti, Mallieus et Franciscus filii ejus posueruntanno. . . (Vixit,an. 9i ; obiit 20, aug. 1540. »

Mathieu Grimault, fils du décédé, fut capitaine du château de Mussy, en 1568.

La chapelle Saint-Nicolas était le lieu afiècté à la sépulture des chanoines. Gest ce quindique une délibération du conseil de ville, du 20 février 1774.

Beaucoup d*inhumations ont eu lieu dans Téglise, au dixseptième siècle. Les registres de décès font mention des inhumations, soit dans Téglise soit au cimetière, de 1680 à 1724. Lb cession d une place près de la chaire avec celte destination fut faite à Gharles Lambert, alors marguillier, par acte de Vezou notaire, du 3 septembre 1673.

Voltaire cite un arrêt du parlement de Paris et on édit du roi, de 1775, contre l'abus des inhumations dans les églises.

Par des motifs de salubrité, l'usage d'enterrer dans ces édifices avait cessé Ion temps avant 1789. La défense expresse se trouve dans le décret du 23 prairial an XII(12juin 1804).

Un grand nombre de pierres tombales avec inscriptions formaient en divers endroits, le pavé de l'église. Il est à regretter qu'on ait cru devoir les enlever et les vendre. Il y a environ vingt-cinq ans, quarante tombes ont été vendaes quatre cents francs.

Le cimetière existait dans l'origine tout autour de Téglise, au nord comme au midi et à l'ouest. Un acte du 6 juin 1681 contient vente d'une maison canoniale au cloître da chapitre, tenant d'un bout du septentrion, auxmurs de Mussy, et d'autre du midi, au cimetière de l*église collégiale.

Jusqu en juin 1808, on a inhumé devint le portail 4e

Téglise, et contre le mur de la sacristie, de môme qu*au midi de l'édifice.

En 1808, la ville fit lacquisition du terrain aujourd'hui afiecté aux inhumations, et contenant vingt-cinq ares ; on sy rendait par la porte des corvées. La ville acheta, en 1838, des propriétés qui donnèrent un passage près de Téglise pour arriver au cimetière, sans faire de circuit.

Page 1