‹ Histoire de la ville de RoyeChapitre 15 sur 37 · XV. — JEAN IV DE ROYE · texte numérisé non relu

XV. — JEAN IV DE ROYE

Jbân DE ROYE, fils de Mathieu. et de Catherine de Montmorency, fut seigneur de Roye, de Muret, de Plessier, d'Âulnois, de Lafaloise, de Breteuil, de Beausault, vicomte de Busancy ; il hérita les possessions de son frère Guy, mort sans postérité.

Jean fut conseiller, chambellan du roi et Tun des plus puissants seigneurs de Picardie. Il se distingua à la prise de PontrAudemer et fiit créé chevalier par le comte de Danois, lieutenant-général des armées du roi Charles VIL Il reçut des mains du duc de Bourgogne le collier de Tordre de Saint-André de Bourgogne, dit de la Toison d'Or, dans une assemblée tenue à Saint-Omer, en 1461.

L'année suivante, Jean de Roye fait le dénombrement de la terre de Lafaloise qui lui appartenait du chef de sa mère, à Ferry de Lorraine, seigneur de Boves, à cause de la châtellenie de Boves, de laquelle relevait la seigneurie de Lafaloise. On voit, par cet acte, que l'ancien château avait été détruit par les Jacques, en 1358, et qu'il n'en restait plus que les ruines ; il fut rebâti, et dans la suite appartint à la famille de Sully.

Henri IV logea au château de Lafaloise pendant le siège d'Amiens ; on montre encore la chambre qu'il occupait. (1597.)

Le dénombrement de Lafaloise porte un sceau en cire rouge, pendant à une double queue de parchemin. Ecu penché, écartelé au i et au 4^ de Roye^ au 2 et 3 de Montmorency (d*or d la croix de gueules)^ à un écu à deux fasces en cœur; timbré d'un heaume de prolil, couronné, cime d'un dragon ailé ; supports : deux lions, et en légende :

Jean de Roye se souvenait bien des prescriptions testamentaires de son père et des recommandations de son frère, relativement aux reliques de sainte Anne, mais exécuter les volontés paternelles, c'eut été priver la chapelle du château de son plus bel ornement,

Les Religieux d'Ourscamp eurent connaissance du legs fait par Mathieu de Roye et réclamèrent l'exécution du testament. Thibaut de Luxembourg, et après lui Nicolas Daubenton, abbés d'Ourscamp, firent tous leurs efforts pour obtenir la précieuse relique ; ils s'adressèrent même au Parlement.

Jean de Roye n'était pas homme à céder, il eut recours à un expédient: il mit dans ses intérêts Guillaume de Marafin, évêque de Noyon, qui défendit au seigneur de Roye de se dessaisir du reliquaire , et de disposer des reliques en faveur de qui que ce soit

Les Religieux ne se tinrent pas pour battus ; ils appelèrent de la sentence de l'évèque de Noyon, et le 14 avril i486, *le Tribunal des Requêtes rendit un arrêt

qui condamnait Jean de Roye à se dessaisir de son dépôt, et qui ordonnait que, par provisions, la relique fût conduite au château de Garlepont.

Le chef de sainte Anne resta trois années dans le château épiscopal ; puis un arrêt du Parlement ordonna la remise définitive à Tabbaye d'Ourscamp. Nicolas Brachet, Tun des conseillers de la Cour, fut même député è Noyon, pour l'exécution de la sentence.

Jean de Roye, après avoir épuisé tous les moyens de défense, consentit à remettre entre les mains de l'abbé d'Ouirscamp le reliquaire, qui contenait une partie notable du chef de sainte Anne, enchâssé richement dans un grand vase d'argent doré.

La cérémonie pour la translation au monastère fut fixée au 26 mai 1490; elle eut lieu avec une grande solennité. Les religieux d'Ourscamp, ayant à leur tête l'abbé Nicolas, reçurent le reliquaire des mains de l'Evêque, accompagné du clergé de Noyon, des abbés de Saint-Eloi et de Saint-Barthélémy. Un concours considérable d'habitants et de nobles seigneurs assistaient à cette cérémonie ; parmi ces derniers se trouvait Jean de Roye. Les reliques forent déposées dans la chapelle de Roye, qui fut dédiée à sainte Anne.

Le chef de sainte Anne attirait beaucoup de pèlerins à l'abbaye, surtout le mardi de Pâques et le jour de la tète de la sainte (25 juillet), ainsi que dans l'octave qui suivait.

La reine Marie Leczinska visita la sainte relique et obtint, en 1754, un firagment détaché du morceau principal du chef.

Lors de la tourmente révolutionnaire, les reliques furent sauvées et transférées, le 24 juillet 1807, dans l'égUse Notre-Dame de Chiry, où elles sont encore l'objet d'un pieux pèlerinage.

Jean de Roye avait épousé Blanche de Brosse, fille de Jean de Brosse, seigneur de Boussac et Maréchal de France ; il en eut une fille Marie et un fils Antoine.

Marie de Roye fut alliée, en 1480, à Philippe de Bourgogne, comte de Nevers et de Rozoy-sur-Serre, fils naturel de Jean de Bourgogne ; elle lui apporta en dot le château de Quierzy . Philippe de Bourgogne, ayant perdu sa femme, entra au couvent des Cordeliers qu'il avait fondé en 1489, dans le château d'Ëstienne, près de Mazières, et mourut en 1522.

Devenu veuf, Jean de Roye épousa en secondes noces, à Auxi-le-Château , le 24 janvier 1462, Marguerite Du Bois de Fiennes, fille de Jean Du Bois, seigneur de Noyelles, et de Catherine de Gaumesnil; elle était sœur d'Antoine Du Bois, évêque de Béziers, et veuve de François, comte de Larochefoucault. Philippe de Crevecœur, gouverneur de Picardie, assista *à son mariage.

Jean de Rôye mourut en 1498 et fut inhumé dans l'abbaye d'Ourscamp, près de ses ancêtres.

Catherine sa veuve, se remaria l'année suivante, à Ollivier de la Vemade, fils de Jean, seigneur de Querdes, et de Catherine de Harcourt.

Du second lit, Jean de Roye laissa un fils, nommé Florent de Roye, qui donna naissance à la branche des comtes de Roye-Wicken. Florent, chevalier, seigneur de Guerbigny, de Muret, d'Epagny en partie, par la succession dé Barbe de Soissons-Moreuil , épousa Jeanne de Ghistelles, dont il eut deux enfants : Bernard et Marie de Roye.

Florent de Roye, brisait dCun îambel d^azur.

Le mari de Catherine, Ollivier de la Vemade, était ambassadeur en Angleterre, pour le roi François I«', lorsque sa femme mourut; elle fut enterrée dans la

chapelle Sainte-Ânne où il voulut lui-même être inhumé : il donna une somme suffisante pour la fondation d'une messe basse à dire chaque jour à l'intention de sa femme; il donna en outre le fief de Beine et le fief MalOj près d'Epagny,

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