‹ Histoire de la ville de RoyeChapitre 16 sur 37 · XVI. — ANTOINE DE ROYE · texte numérisé non relu

XVI. — ANTOINE DE ROYE

ANTOINE DE Rote, fils de Jean, devint seigneur de Roye par le décès de son père ; il était jeune encore.

Il commença ses premières armes dans les guerres du Mflanais et de Naples avec Ollivier de la Vemade, le second maH de Marguerite Du Bois, et le chevalier Bajard. Ils assistèrent à la bataille et au siège de Ravenne, que les Français emportèrent d'assaut en 1511 .

Antoine de Roye revint en France ôt suivit le roi François I*^*" en Italie ; il combattit vaillamment et trouva la mort dans la matinée du second jour de la bataille des géantSj le 14 septembre 1515.

Le seigneur de Roye s'était allié à la famille de Roucy par son mariage avec Catherine de Sarrebruck, comtesse de Roucy, fille de Robert V, comte de Braine, et de Marie d'Amboise. Catherine lui apporta en dot les terres de Roucy et de Pierrepont, la baronnie de Nizy-le-Comte et la vidamie de Laon ; elle forma la branche des Roye- Roucy.

Après la mort de sa mère Blanche Des Brosses, Antoine, jeune encore, avait été mis sous la tutelle de Guy de Belloy, seigneur d'Amy, et puis émancipé le 5 octobre 1489.

Le corps d'Antoine fut ramené en France et enterré dans réglise de Muret ; sur son tombeau, on lisait Tépitaphe suivante :

Cy gist noble et paissant seigneur

Triomphateur, des cœurs enseigneur.

Le fils de Mars, Thonneur de la Picardie

Aimé des grands, de faconde hardie,

A tous loyal, de son peuple amateur,

Secours des bons, des mauvais pugnateurs.

Amy féal, c^est Antoinb db Rote

Vrai successeur du pieux Hector de Troye,

Rendant justice, augmentateur des lois,

Qui, au besoin, fit secours aux Français, ^ Ainsi que preux chevalier sans reproche ; • Mais au combat Atropos fit approche.

Se prit de luy, que sous son étendard

Le transperça de maléfice dard.

Son beau renom demeure sur la terre

Et s*àme au Ciel a voulu place aquerre.

Antoine de Roye laissa de sa femme :

i^ Charles de Rote qui suit.

2^ Jean ; 3^ Anne ; 4P Marie, morts jeunes.

Une verrière de l'église du Plessier-de-Roye rappelle le souvenir de ce seigneur. A gauche du chœur se trouve une fenêtre ogivale qui forme, dans la partie supérieure, une espèce de trèfle ; au milieu est Técusson de Roye ; sa partie dextre est : écartelé au i^^ et 4 d^argent au lion de sable lampassé de guetileSj le 2 et 3 contre^ écartelé ôlot et de sable.

Le tout est suspendu par une banderole écarlate que ferme une boucle d'or, à un arbre ou veme dont .les rameaux protègent de leur ombrage la totalité de l'écusson. La verrière représente différents personnages de la famille

de Boye, qui sont : Jean de Roye, Mai^erite Du Bois, sa femme, et leurs dnq en&nts : Antoine^ Florent^ Philippe^ François et Advienne. A la partie inférieure de. la fenêtre règne l'inscription suivante :

c Messire Antoine de Roye, époux de Madame Marguerite « Du Bois, lequel mourut à la journée de Sainte-Croix de c là les Monts Fan mil V^ et XV. Priez Dieu pour luy. »

Marguerite Du Bois, devenue veuve, eut à soutenir un procès considérable qui lui fut suscité par la £unille d'Estouteville, en 1491, à propos de la succession de Marie de Roye ; elle se vit obligée, pour plaider, d'émanciper Antoine. Plus tard, en 1499, par son mariage avec OOivier de la Yemade, elle trouva un protecteur à sa âmille. Cest l'explication du vitrail supérieur : un veme prot^eant Técosson de Roye.

En IffîO, cette verrière fut restaurée à neuf, grâce à la générosité du baron Hubert de Roye de Wichen, de Namnr, descendant de la femille de Roye.

La branche de Roye de Wichen, porte : éearleli aux i et 4 de gueules à la bande d'argent^ aux Z et 3 de gueules au crampon d^argent sur lequel est placé, brochant en fasce un marteau de sable emmanché et couronné dor^ qui est de Wichen. Cimier: un casque (for assorti de ses lambrequins et couvert de la couronne à dnq fleurons^ de laquelle sort un dextro<hère armé, tenant un budelaire levé émargent garni dor.

Supports : deux guerriers armés de toutes pièces, tenant à dCTtre: la bannière de Roye^ à senestre: celle de Wxdœn. Légende : Domine ad adjuvandum me festina. Ces armoiries se voient sur un vitrail de l'église de Kessel; une double ogive présente, d'un côté : saint Lambert, patron du lieu, et de l'autre : saint Louis c que de ^orienx souvenirs rattachent à la famille de Roye. » Au

bas de la fenêtre est une inscription qui rappelle que : « Aimé de Roye de Wichen, né à Bruxelles, le 22 mai 1K31, élève de seconde au collège Notre-Dame de Tournai, est mort le 16 février 1849. »

Une autre verrière de la chapelle de la Vierge, dans réglise du Plessier-de-Roye, représentait Bertrand de la Vemade, abbé de Sélières, ordre de Citeaux, dans le diocèse de Troyes. Ce religieux est vêtu d'une longue soutane violette fort ample, et par- dessus, d'une autre noire, plus courte, peut-être la tunique et le scapulaire des Bénédictins, avec la tonsure ; il est agenouillé près d'un prie-Dieu qui soutient un livre ouvert devant lui. Sur le tapis se voient les armes de la Vemade : écarielé aux i et 4 de gueules^ à un arbre avec ses racines d'or^ accosté de deux étoiles de même^ aux 2 et 3 d^or^ d un taureau de gueules^ accosté d^azur. L'écu timbré de la crosse et de la mitre.

Cette verrière, ainsi que la précédente, avait été donnée par l'abbé jde la Vemade, frère d'Ollivier et d'Antoine de la Vernàde, écuyer, sieur d'Epagny et de Cayeux, qui avait pour femme Magdeleine d'Estourmel, veuve en 1557.

Catherine de Roucy épouse d'Antoine de Roye, mourut le 8 janvier 1542, et fut enterrée dans l'église de Muret, près de son mari.

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