‹ Histoire de la ville de RoyeChapitre 7 sur 37 · IV. — ROGUES DE ROYE · texte numérisé non relu

IV. — ROGUES DE ROYE

RoGUES DE RoYE épousa la fille de Raoul de Coudun, qui lui apporta en mariage une partie de la terre de Coudun, à Texception de la dime de la villa de Saint-Pierre, appelée Monchy^ située sur la rivière de l'Aronde, entre le château de Coudun et celui de Gournay, que le sire de Coudun tenait lui-même en fief du comte Raoul de Vcrmandois. Rognes de Roye fit, en 1150, un échange du village de Monchy, avec l'abbaye de Corbie, contre la dime, la terre et les censitaires que Rogues possédait à Roquencourt. Cet échange fut approuvé par le roi Louis VII de qui était ^tenu le village de Monchy, et par Raoul, ce fief relevant du comté de Vermandoîs.

Philippe de Flandre, comte de Vermandois, par Elisabeth sa femme, réclamait Thommage qui lui était dû pour la terre de Monchy ; Rogues de Roye ne s'y refusait pas, seulement il en référait à son beau-père, qui en avait le lîef, et s'en rapportait à la décision de la cour de Philippe de Flandre. Rogues de Roye prit jour pour comparaître devant Philippe, alors à Montdidier. Au jour assigné, Rogues amena avec lui Raoul de Coudun qui refusa la garantie que lui demandait le sire de Roye et déclina la compétence de la Cour. Le i comte et la comtesse Elisabeth, après avoir pris l'avis du Conseil, adjugèrent à Rogues la possession immédiate de la terre de Monchysur-Aronde pour la tenir et relever d'eux direptement. Parmi les signataires présents à ce jugement, et qualifiés de fidèles du comte, on remarque : Vermond de Roye avec son fils Hugues ; Simon de la Celle (Léchelle), et Robert, son frère (1170).

Raoul de Coudun comparaît comme témoin, avec Rogues de Roye, dans une donation que fait à l'abbaye d'Ourecamp le seigneur de Cressonsac, de la foret de SaintrVandregisille. Le sceau de Raoul représente un homme à cheval, répée haute , avec Técu à deux fasces et cette légende : S0minus o$$xàx àe (^nàun.

Raoul signe avec Hugo, doyen de la collégiale de Saint- Florent, une charte de Philippe de Flandre, datée de Roye, en 1176.

Le sire de Roye est encore témoin à une donation de trois muids de froment, mesure de Nesle, faite par Simon à Tabbaye de Fonsomme, à prendre sur la terre de Curchy.

La seigneurie de Monchy resta ainsi acquise à la maison de Roye, et Raoul, Jean, Mathieu, Guy et Jean IV de Roye devinrent successivement seigneurs de Monchy-le- Perreux ou sur Aronde. La seigneurie passa ensuite dans la maison de Humières , par l'alliance de Jeanne d'Hangest , dame de Roye , avec Jean II de Humières, qui devint ainsi seigneur de Monchy ; puis Jean III, qui fut gouverneur de Péronne, Montdidier et Roye, mort en 1550, laissant dix-huit enfants. GharleSi marquis de Monchy, tué en 1593, à la prise de Ham sur les Espagnols, laissa la seigneurie à sa sœur Jacqueline de Humières, qui l'apporta en dot à Louis II de Crevant, gouverneur de Ham et de Compiègne. Louis IV de Crevant, maréchal de France, obtint du roi Louis XIV rérection de la terre de Monchy en duché, sous le titre de : Monchy-Humières.

Le château de Monchy, situé près de la rivière et défendant le passage de l'Âronde, fut pris par les Anglais, par les Boui^uignons, en 1418, puis passa successivement aux mains des Français et des ennemis : rebâti avant 1650, il

Fut restauré de nouveau par le maréchal d'Humières qui en fit un séjour digne d'un prince.

En effet, Louis XIII y vint au mois de mai 1638 ^ Louis XIV y demeura, à plusieurs reprises, notamment en 1666, où il resta quatre jours.

Rogues de Roye laissa pour enfants : Dreux et Roricon.

l"* Dreux de Roye est qualifié de chevalier {miles) dans trois chartes de Nicolas Claret, évoque de Cambrai, de 4162 à 1465.

Il souscrit, comme témoin, une charte de Philippe par laquelle le comte fait une donation à l'abbaye de Valseryen-Yalois. Il signe une reconnaissance de rentes envers les religieuses du Paraclet de Boves.

Dreux de Roye périt au siège de Saint-Jean d'Acre; il avait donné, avant son départ pour la Terre-Sainte, quelques biens à Tabbaye d'Ourscamp. Le sceau de cette charte de donation représentait un cavalier armé. (1190).

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