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HOTEL DE SENS A PARIS

Les archevêques de Sens ont possédé siiccessivemenl à Paiis deux hôtels ; le premier fut acquis au XIII'^ siècle par Etienne Béquard, TQ"^ archevêque de Sens (1292-1 309) (J). La juridiction des métropolitains de Sens sur les Evêques de la province était à cette époque très étendue, et il en résultait souvent des rapports fréquents entre l'archevêque de Sens et les évêchés suffragants de Chaitres, d'Auxerre. Meaux, Paris. Orléans, Nevers et Troyes, qui dépendaient de l'archevêché de Sens jusqu'au jour où, sous le règne de Louis XIII en 1622, fut créé l'archevêché de Paris par le Pape Grégoire V. De plus, l'archevêque de Sens prétendait antérieurement à la suprématie dans les Gaules ; c'était alors un puissant seigneur qui entretenait avec la cour de France de grandes et étroites rehitions. Le prélat sénonais était constamment appelé à Paris, soit pour les atTaires de son diocèse et de sa province, soit pour celles du clergé de France. D'autre part, au XIIP siècle, les droits de pro. curation ou de gîte dus aux archevêques consistaient toujours en redevances pécuniaires ; ce fut donc une nécessité pour eux de posséder à Paris un logement assuré.

Ainsi se trouve expliquée l'acquisition faite par Etienne Béquard en 1296 " d'une maison avec jardin et dépendances sise à la Censive du prieuré de Saint-Eloi, hors les murs et sur le quai et dans la rue dite la Folie Jean Morel ". Etienne Béquard paya cet hôtel 810 livres parisis de ses deniers propres, à Pierre Marcel l'aîné, drapier et bourgeois de Paris. Il y ajouta des granges que lui céda Robert Augans avec le droit de passage pour aller à la Seine. Le tout prit le nom *• d'Hostel des Barrez ".

Quelques années après, l'archevêque obtint l'amortissement et prétendait à la procuration ^dans le prieuré de Saint-Eloi. Etienne Béquard mourut le 29 Mars 1309 : par testament il légua à ses successeurs cet hôtel à la condition qu'ils paieraient chaque année une somme de redevances à certains ecclésiastiques.

(1) BoUetiji de la Société archéologique de Secs. Tome XIII, 1885.

Le 30 Août 1365, le roi Charles V ordonna de payer à Guillaume de Melun II, 85^ archevêque de Sens, on/e mille cinq cent francs. Sur cette somme 1500 francs étaient destinés au paiement de l'hôtel de Jean d'Hestomesnil, •' sis près des Béguines "

En 1366, une ordonnance consacra la réunion de l'Hôtel des Barres à l'Hôtel Saint-Pol.

Enlin, Tristan de Talazar, 94« archevêque de Sens, (1474 à 1519) renversa ces deux hôtels pour élever à leur place une demeure élégante qui passa pour être une des plus belles de Paris à cette époque et fut terminée en 1507.

Avec son porche voûté, ses deux tourelles en encorbellement et ses fenêtres à moulures, cet hôtel va être acheté par la ville de Paris ; il est plein de souvenirs historiques et les rois et les reines ne dédaignèrent pas de l'habiter, La reine Marguerite d'Anjou, autrement dit la reine Margot, première femme de Henri IV y séjourna. Il eut ensuite des destinées diverses, il servit de bureaux aux coches qui mettaient Paris en communication avec la province, puis à la confilurerie de Saint-Jams, puis enfin à une verrerie. En 1830, pendant la révolution un boulet vint s'incruster dans le pignon, lorsque le peuple attaqua la caserne de l'Ave-Maria. Enfin, il va devenir propriété de la ville de Paris et servira, dit-on, soit de lieu de réunion des Prud'hommes^ soit de musée pour la ville.

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