‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 10 sur 197 · ÉPOQUE DES ROMAINS · texte numérisé non relu

ÉPOQUE DES ROMAINS

( Eir^tAOB 543 AK». )

lA VILLE CHANGE DE NOM.

Les Saessions avaient conserve la forme de leur gouTernement intérieur, leurs lois, leurs coutumes et le droit de choisir les magistrats pour Tadfflimstration et la police du pays ; mais ils n'avaient plus d'armée. Quant à Galba, il était descendu, comme tous ses compatriotes, au rang de sujet du Peuple-Roi, rang où l'histoire l'a laissé s'ensevelir dans l'oubli.

Si la condition civile des Suessîons n'cpronva, en apparence, aucune alléralîon nial('iî<'ilr, il uru fiit pas de même de leur condition nioroie v\ ph\sique : l'état d'hostilités, que le caractère léger et turbulent de la nation rendait presque perma^

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nent, disparut et fit place à une paix de quatre siècles. Les légions de Rome les avaient vaincus et désarmés, la civilisation les enchaîna ; les arts s'approprièrent insensiblement des hommes agrestes dont les bras vigoureux n'avaient jamais connu que le poids des armes. L'agriculture sortit de sa longue enfance pour vivifier, par la variëtë de ses produits, un sol fertile mais néglige. Les défrichements et la diminution des forêts amenèrent une température plus douce ; la flore naturelle s'améliora et s'enrichit d'arbres et de plantes utiles dont la plus précieuse était la vigne, que l'âpreté du climat et la rusticité du Belge avaient jusqu'alors repoussée ; cette nouvelle culture devint, pour la vallée de l'Aisne, une source de richesses. La ville surtout changea entièrement d'aspect : au lieu des cabanes qui la composaient s'élevèrent des édifices solides, commodes et dignes de l'homme. Chaque jour enfin vit naître de nouveaux besoins et de nouvelles jouissances et, en imposant de nouveaux efforts, développa rapidement l'intelligence du Belge. Partout se répandirent, avec le goût de l'instruction et du travail, les lumières de l'esprit et la politesse des mœurs.

Les Suessions s'accoutumèrent sans peine à leur nouvel état. Durant les guerres qui eurent lieu daos les Gaules, pour repousser le joug de Rome, ils demeurèrent en repos , et ils refusèrent de prendre part au soulèvement des Bellovaces et des Arobates qui éclata six ans après leur soumission, qaoique ceux-ci les eussent menaces de les traiter en ennemis et de dévaster leur pays, s'ils ne faisaient pas cause commune avec eux.

Il est à croire que cette tranquillité des Suessions fut plutôt reflet de l'influence des Rèmes détenus, avec les Ëduens , les plus fidèles amis et les plus fermes alliés des Romains, que d'aucun changement instantané dans le caractère guerrier de ce peuple, reconnu pour l'un des plus braves de la Belgique. D'ailleurs, ceux d'entre les Suessions qui voulurent suivre la carrière des combats, purent amplement satisfaire leur ardeur martiale ; ils n'avaient qu'à s'attacher, comme les Rèmes et les Éduens, à la fortune de César, qui sut profiter de la valeur gauloise aux dépens de ses concitoyens et de la liberté romaine.

La fidélité des Suessions reçut sa récompense . Us obtinrent des Romains la conservation de leurs

institutions civiles et de leurs lois. Déclares libres, et inscrits au nombre des colonies municipales, ils jouirent des avantages attachés à ce titre. Les Romains ne l'accordèrent d'abord qu'avec beaucoup de réserve, et à un petit nombre des peuples qu'ils avaient vaincus et incorporés à leur empire : il exemptait de la plupart des charges et des impôts que payaient les autres peuples, qui étaient regardés et traités comme tributaires.

Auguste, devenu maître paisible de Tem^re, confirma aux Suessions le maintien de leur gouvernement intérieur. Leur ville prit alors la dénomination de Cité des Suessions, Cmtas Stiessionum. Elle fut déclarée la première de la province dite Belgique, dont Rheims était la métropole. Les Suessions, en reconnaissance de ce bienfait, donnèrent à leur capitale le nom de ce prince, et l'appelèrent .^ii^i/^to; celui de Noçiodunum cessa dès lors d'être en usage. Mais comme plusieurs autres villes des Gaules venaient de recevoir ce même nom, la capitale des Suessions fut désignée par celui de son peuple, et on la nommait Augusta Suessionum.

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