‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 9 sur 197 · SIEGE ET PRISE DE LA VILLE · texte numérisé non relu

SIEGE ET PRISE DE LA VILLE

César était resté maître de la campagne par la retraite précipitée des Belges et la dislocation de leur armée ; il voulut profiter de la terreur qui régnait parmi eux pour leur porter des coups décisifs. Informé que la capitale des Suessions se trouvait presque entièrement dégarnie de défenseurs, il forma le hardi projet de l'enlever par un

coup de main, ayant que Galba pût y jeter du secours. Il quitte son camp dès le lendemain matin, et se porte sur la ville devant laquelle il arrive le même jour ; mais ses troupes, faute d'échelles, ne peuvent donner l'escalade. Elles sont arrêtées par la grandeur du fossé et la hauteur de la muraille. On se met sur le champ au travail, on se hâte de préparer tous les objets nécessaires pour faire, le jour suivant, une attaque de vive force. Mais Galba et les Suessions, revenus de la grande armée et rentrés la nuit dans leurs murs, ôtèrent à César l'espérance de l'emporter. Cependant il ne voulut pas laisser derrière lui l'une des places les plus fortes et les plus importantes de la contrée ; il prit donc la résolution à\sûé%tv Nonodunum dont la chute amènerait infailliblement la soumission des Suessions, l'âme de la confédération belge.

Mais le. siège exigeait du temps et du travail. La muraille était construite de grosses poutres liées les unes aux autres, et dont les intervalles étaient remplis de terre et de pierres, avec une épaisseur de dix à douze mètres ; ce qui la mettait en état de résister fort longtemps à la sape et au bélier. L'escalade devenait indispensable : mais de

nombreux soldats couronnaient la muraille, et pour appliquer les ëchelles, il fallait la dominer et en chasser les défenseurs.

Les Romains, suivant leur usage, commencèrent par fortifier leur camp. L'emplacement de ce camp n a pas été indique, mais il devait être assis sur la coUine de St-Jean; dominant, dans cette position, tout le terrain environnant, et se trouvant à la proximitë des travaux de l'attaque, qu'il défendait sur la gauche, tandis que l'Aisne les couvrait sur la droite, et que la petite rivière de Crise en pro-

t^eaît les derrières.

Lts approches se firent sans difficulté, les assî^s n'ayant d'autres armes, pour en retarder 1« progrès, que des flèches et des firondes dont la portée ne s'étendait pas à une grande distance ; l'usage des machines de guerre leur était inconnu.^ Les Romains se contentèrent, pour se garantir des coups de la place , de faire des galeries ou tranchées à demi-enterrées et recouvertes de claies. Lorsque les galeries fiirent parvenues sur le bord du fossé, ils y élevèrent, avec des terres prises en arrière, dans le flanc de la colline de St-Jean, une grande terrasse de huit à dix mètres

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de hauteur (^). Us dressèrent sur cette terrasse plusieurs tours en charpente, dont le sommet dépassait de beaucoup celui de la muraille et ëtait dispose, en outre, de manière à recevoir des gens de traits ainsi que des machines de guerre, propres à lancer, à une grande distance, des projectiles d'un fort volume.

La grandeur de ces travaux et la rapidité de leur exécution frappèrent les Suessions d'étonnement; Tefiroi lui succéda bientôt, leur énorme muraille ne pouvant plus les garantir contre les coups de l'ennemi. Les tours d'attaque, vomissant une grêle de traits et de pierres, faisaient voler en pièces leurs chétives cabanes, et portaient la mort jusqu'au centre de la ville. Les assiégés tombèrent dans le désespoir, et ne songèrent plus qu'à se soumettre à la loi du vainqueur ; ils envoyèrent des députés à César, pour implorer sa clémence. Des-Rèmes, qui étaient dans le camp romain, intercédèrent en faveur de leurs vieux amis et de leurs anciens alliés, et obtinrent de César, satisËdt d'ailleurs de leur donner une marque de sa bienveillance, qu'il recevrait la soumission des Suessions. Mais il exigea d'eux qu'ils remissent toutes

leurs armes, et qu'ils donnassent en otage les deux fils de Galba et un certain nombre des principaux personnages de l'Etat. Ces conditions étaient dures pour un peuple brave et jaloux de son indépendance, mais il fallut plier sous la loi de la nécessité.

La chute de Noviodunum et la soumission des Suessions décidèrent du sort de la Belgique dont tous les peuples se livrèrent successivement à César, et à telles conditions qu'il voulut leur accorder. Les Bellovaces furent les premiers à donner l'exemple; les Nerviens seuls se défend!* reotavec courage, et succombèrent glorieusement.

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