A LA FIN DD XIV^ SIECLE
L'espace renfermé dans les murs de la ville, sans y comprendre le faubourg St-Vaast , était d'environ 388,000 mètres carrés ( près de 39 hectares). Les étabfissements religieux et le château du comte en occupaient un cinquième.
A cette époque , les maisons étaient peu spa-
cieuses, et chacune d*eUe suffisait au logetnent d*une famille , quelque nombreuse qu elle fût. Elles étaient encore gënëralement construites en pans de bois, avec remplissages en brique; la pierre n'ëtait employée que dans les fondations. Elles ne se composaient guère que d'un rez-dcchaussëe, où il fallait descendre plusieurs marches , et d'un ou deux étages élevés en encorbellement. Contrairement à l'usage de nos jours, la Ëiçade sur la rue avait peu d'étendue et formait un pignon ; la plus grande dimension était en pro* fondeur. Les toits, fort allongés et fortraides, descendaient jusque vers le niveau du plancher du premier étage et faisaient une saillie de plusieurs pieds, d'où il résultait que, vu le peu de largeur des rues, l'intérieur des maisons était obscur et mal aéré. De grands cheneaux, ou gouttières en bois , placés entre les toits des maisons contiguës , s'avançaient également de plusieurs pieds et allaient rejeter les eaux pluviales vers le milieu de la rue. Les ornements extérieurs consistaient en moulures et sculptures faites avec assez de soin sur tous les bois apparents de la façade. On voit encore aujourd'hui plusieurs maisons
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de ce genre , dont la phts remarquable est dans la rue St-Christophe , près du carrefour de la Grosse Tète. Cette maison est précieuse comme échantilloD des constructions bourgeoises du moyen &ge.
Des rues généralement étroites, mai alignées , non pavées et sales , où les rayons dv soleil pé^ nétraient à peine; les saillies des toits et des gouttières, la couleur rembrunie des maisons, tout concourait à donner à la vHie un air sombre et triste , encore augmenté par l'aspetst ii^ posant des hautes murailles de la petite cité , de Tabbaye de Notre-Dame et du ch&teau. C'était comme trois forteresses, dont les tours domiliaient de plusieurs mètres les combles des maisohs les plus élevées ;'et semblaient tenir suspendues sur la tête des habitants toutes les horreurs de la guerre. On ne voyait pas de ces boutiques qui donnent tant de vie aux villes modernes. La vente de toutes les denrées et de tous les objets de consommation journalière , se faisait à la halle qui occupait le centre de la place do grand marché. Quant au commerce des étoffes fines, des bijoux, etc. lequel se bornait à un assez petit
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aombre d'artides, rindustrie et la navigation éiant encore dans leur enfance , il était fait par des marchands ambulants pour la plupart Italien^ on Flamands. Us étaient obligés de déballer leurs marchandises et de les mettre en vente dans la grande salle de l'hôtel du Change , et payaient un droit qui £usait partie des revenus du comte , auquel Tbôtel appartenait. Ce seigneur percevait aussi un droit de place à la halle et un droit de mesurage dans toute la juridiction de la commwc.
U se trouvait alors t àSoissons^ une hôtellerie dit^ de la Grosse Tête » qui a été longtemps ea rènoo^. EUe occupait Tangle sud-est des rues fi^ la Qurie et de St-Nicolas , et se trouvait adossée a« mur de la petite cité. Aujourd'hui elle n'existe pins ; mais son nom est re^té au carrefour où elle était placée et à la fontaine qui y fut établie poar térieurement. Cette hôtellerie appartenait au chapitre et devait être déjà fort ancienne , puisqu'il avait fallu la reconstruire vers l'an 1370. En cette occasion, Marie de Coucy, fille d'Enguerrand VI, fit don de 300 florins au chapitre. Il est probable qu'elle dut son origine au désir des chanoines
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d'avoir, dans leur juridiction, une niaisoB destinée à recevoir principalement les gens d'Église qm passaient à Soissons^ et qu'ils ne pouyaient plus héberger convenablement, chacun d'eux vivant séparément depuis l'incendie de leur maison commune.
On ne trouve aucun renseignement sur la popution de Soissons à cette époque ; mais elle devait avoir été considérablement diminuée par la peste noire qui enleva , durant le XIV* siècle , un tiers des habitants de l'Europe , et fîit suivie d'une si horrible Ëimine que les hommes étaient réduits à se nourrir d'écorces d*arbres. Si, comme on le rapporte, l'abbaye de St-Jean des Vignes perdit alors trente-huit de ses religieux, combien la mortalité ne dut-elle pas être comparativement plus considérable parmi le peuple, qui n'avait pas les mêmes ressources pour lutter contre ces terribles fléaux!^
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