LA BOURGEOISIE ANÉANTIE
Le résultat le plus funeste du siégé de 4414, fut rauéaBtissèment total de la bourgeoisie. Les hommes passent et les choses restent; mais quand la population d'une ville périt toute entière, il &nt des. siècles pour en recomposer ime nouTelle qui possède cet esprit de dté, sans lequel on n'a qu'une agglomération d'individus , qu'aucun lien commun ne réunit les uns aux autres , que nul grand intérêt ne fait agir avec ensemble, et qui demeurent fiables et impuissants au milieu des corporations à privilèges. Ainsi, Soissons ne renfermait plus aucune de ces anciennes familles nobles ou bourgeoises , dans lesquelles l'amour
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du pays ëtait héréditaire et avait passé d'âge en âge , comme un noble patrimoine , dont la perte eût été pour elles une honte.
L'enceinte de la ville , trop étroite naguère , était maintenant d'une étendue hors de proportion avec les faibles débris de la population. Plusieurs faubourgs ( ceux de Notre-Dame , de St- Léger et de St-Remy), disparurent pour toujours. Les autres ne se rétablirent qu'après un laps de temps assez considérable, quoique de nouveaux habitants , attirés , la plupart des campagnes d'alentour , et notamment des vignerons , fiissent venus repeupler une partie des maisons abandonnées. Mais cette population nouvelle âait fort pauvre , sans énergie et vivait , potr comble ût malheur, dians un des siècles les plus calamiteux qui aient pesé sur la France. Aussi a-^t-il &llu plusieurs générations pour qpue i^nti* que cité royale de Soissons ait pu prendre rang parmi les vjUUes du troisième ordre.