‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 107 sur 197 · LA VILLE EST PRISE FT REPRISÉ · texte numérisé non relu

LA VILLE EST PRISE FT REPRISÉ

Les ëyënemente de la guerre entre le dauphin, depuis Charles \1I , et les Anglais unis au duc de Bourgogne, aggravèrent encore les malheurs de 1 41 4 ; la ville de Soissons fut prise et reprise plusieurs fois pendant cette guerre.

Si les circonstances qui accompagnèrent ces diffërents changements de maîtres sont peu connues , il le faut attribuer surtout à Vëtat de nulfitë et d'oubli dans lequel cette ville était tombée , ii une époque d'ailleurs si féconde en grands événements«

Le duc de Bourgogne, s'étant rendu madtre, en 1418, de la capitale , où le comte d'Armagnac et un grand nombre des chefs de sa faction avaient été horriblement massacrés , la ville de Soissons suivit bientôt le même sort. H parah que ce changement fut en grande partie l'ouvrage des bourgeois qui s'étaient retirés en Flandre, et qui firent

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introduire , dans la ville , des troupes bourguignonnes , au moyen des intelligences qu'ils y avaient entretei^ues avec quelques habitants. L'entreprise réussit complètement , sans coup férir. Toutefois le sang coula : plusieurs personnes, qui appartenaient aux Armagnacs, furent forgées : ce qui pourrait faire présumer que les victimes de cette réaction étaient du nombre de ceux enrichis par les biens confisqués sur les Soissonnais.

Dans la même année (1418) la ville fut rendue au dauphin par un coup de main audacieux du gouverneur du château de Pierrefonds. Cet offi-

cier, nommé des Boqueaux, s' étant approché, avec un petit corps de troupes, sans avoir été découvert , passa de nuit dans Tile du Mail , fit sauter la porte St-Quentin et pénétra dans la ville , où ses gens prirent poste avant que la garnison , qui n'était pas sur ses gardes , eût connaissance de cette tentative aventureuse. La surprise et l'obscurité ne permirwt pas de reconnaître le petit nombre des assaillants. Les Bourguignons n'eurent pas le temps de se rallier et s'enfuirent de tous les côtés ; les issues étaient au pouvoir des troupes du dauphin, bon nombre de fiiyards,

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et le gouTerneur entre antres, se virent contraints de se jeter du haut de la muraille dans le fossé , pour gagner la campagne. La ville demeura donc sans combat au pouvoir d'une poignée d'hommes qui la mirent au pillage.

Cependant elle ne tarda pas à retomber dans les mains du duc de Bourgogne. Uni avec le roi d'Angleterre , Henri Y , il voyait chaque jour grandir sa puissance, tandis que le dauphin, trahi par sa mère et déshérité par sou père , se retirait vers les bords de la Loire. Dans ces circonstances déplçrables , Soissons dut suivre le sort de toutes les provinces qui l'environnaient, et qui reconnurent, de gré ou de force, pour leur souverain , le jeune Henri VI , roi d'Angleterre , issu du mariage de Henri Y avec la princesse Catherine , fiUe du roi de France, Charles YI.

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