‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 111 sur 197 · DE LA VILLE ET DU FAUBOURG S'^-VAAST · texte numérisé non relu

DE LA VILLE ET DU FAUBOURG S'^-VAAST

Il existait avant le XY* siècle, dans r^fglise de Notre-Dame des Vignes, une confrërie de saint Sebastien, qui fut transférée, en 1 403, dans Yé-^ glise cathédrale, où elle eut sa chapelle particulière. En 1459, quand Soissons commençait à sortir de ses ruines, cette confrérie fiit convertie, sur la demande des jeunes gens de la bourgeoisie, en association armée de chevaliers de saîot Sébastien, ou compagnie de l'Arc. Ce changement eut lieu, avec Tapprobation préalable de l'abbé de St-Médard , grand-maître de toutes les associations et confréries de saint Sébastien, et du sieur de Moy encourt , gouverneur de Soissons pour le roi, aux conditions suivantes : « Que les nouveaux archers s'acquitteraient de la garde et du service de Monseigneur saint Sébastien, dans leur église ; et, qu'en cas de

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cessation de ce service de leur part, les ornements, ie calice et les autres objets , appartenant à l'association « seraient acquis de plein droit à Tabbé de St-Mëdard. »

Lors de l'agrandissement de l'enceinte de la ▼ille, eu 1 552, cette compagnie reçut en échange de deux pièces de vignes qu'elle possédait sur la colline de Saint- Jean, et qui furent englobées dans les fortifications, un terrain situé entre l'église de St-Remy et la tour Massé , où elle établit son Jeu ou Jardin de l'Arc.

Il y a toute raison de croire que cette compa* gnie fut organisée par les bourgeois de la ville, à l'instar de celle qui existait dans le faubourg St- Yaast, et dont l'origine remontait, dit-on, au IX* siècle. Voici comment on explique cette

Les reliques de saint Sébastien , apportées de Rome , en 825 , attirant journellement dans l'abbaye de St-Médard, un grand nombre de visiteurs, l'abbé institua, pour veiller jour et nuit sur ces reliques, une confrérie armée. Une bulle du pape et une ordonnance de l'empereur confira mèrent cette institution et désignèrent l'abbé de

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St-M^dard pour en être le chef ou grand-maître, tant au spirituel qu'au temporel. Quand cet abbë eut pris rang parmi les barons, et qu'il eut fait de son monastère une forteresse féodale, dont la défense exigeait une garnison assez nombreuse, il dut naturellement utiliser à son profit la confrérie qui, d'une part, le reconnaissait pour son chef suprême, et de l'autre se recrutait presqu'exclusivcment parmi les habitants du faubourg St-Vaast, ses vassaux. Cette confi*érie fit ainsi partie , pendant longtemps, de la milice du seigneur-abbé, qui figura plus d'une fois parmi les plus guerroyants du royaume. Après l'érection de la commune du château de St-Médard, qui comprenait le petit faubourg de ce nom, ou de St*>^Laurent, et celui de St-Yaast, la milice de l'abbé derint celle de la commune; ndais l'association armée de St-Sâ>astien conserva son caractère religieux sous la direction de son grand-maître. U en fut de même a^rès la réunion du faubourg St-Yaast, à la commune de Soissons ; et pendant longtemps cette association, la plus ancienne du royaume, jouit d'une grande ré-

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putation. Beaucoup de personnages de haut rang se firent inscrire sur ses registres ; notamment les rois Henri II , François II, Charles IX et Henri HI. Des dames y fiurent aussi admises, parmi lesquelles ou cite la comtesse d'Egmont, qui prit part au tir de l'arc, en 1768, et dont le premier coup fut im coup de broche. Cette compagnie avait son Jardin ou Jeu de l'Arc, au centre du faubourg Str Yaast.

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