‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 118 sur 197 · CHARLES-QUINT A SOISSONS · texte numérisé non relu

CHARLES-QUINT A SOISSONS

Celle cité, sî maltraitëe par les guerres civiles, jouissait , depuis vingt-quatre ans , de quelque repos ^ lorsqu'elle vit encore la guerre étrangère exercer ses foreurs non loin de son enceinte et la menacer de nouveaux désastres. Pendant Télé de 1 544 , l'empereur Charles-Quint ayant fait une invasion dans ta Champagne , à la tête d'une armée nombreuse , s'était avancé jusqu'à Château- Thierry et menaçait la capitale ; mais quittant toat-à-coup la vallée de la Marne, où les vivres devenaient fort rares , il se jeta sur le Soissounais , et vint prendre position à Villers-Colterêts, pour y attendre la réponse aux ouvertures de paix qu'il faisait faire à François P' , et qui furent immédiatement suivies de négociations, dont le résultat fut le traité de Crépy.

La position de Villers-Colterêts , au centre d'une vaste forêt ^ n'était pas favorable au séjour

d'une armëe qui s'y trouvait isolée , saos ligne d'opération , sans vivres et ayant derrière elle la rivière d'Aisne , dont le passage , défendu par la ville de Soissons , pouvait devenir très-difficile et même très-dangereux à l'approche de la mauvaise saison. L'empereur, en attendant le résultat des négociations , fit un mouvement rétrograde et descendit, le 1â septembre, dans la vallée de Soissons. Son armée campa dans la plaine qui environne la ville , sur la rive. gauche de l'Aisne; de forts détachements occupèrent tous les villages , à plusieurs lieues à la ronde , et son quartier général fut d'abord installé au château de Chevreux, puis transféré, le même jour, dans l'abbaye de St- Jean des Vignes , où les préliminaires de la paix furent signés, le 1 8 du même mois, par l'amiral d'Annebaut, envoyé par le roi pour traiter avec l'empereur.

L'armée ennemie devant traverser la ville pour se retirer en Flandre , suivant les termes du traité, les échevins, accompagnés du sieur Jacques Petit, procureur du roi, se rendirent auprès de Charles-Quint. Le sieur Petit, renommé pour son éloquence , porta la parole , et après avoir

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adroitement louange le monarque espagnol , il lin demanda, an nom des habitants^ que les ëgfises, ks femmes et les filles fussent respectées par ses troupes , et que le feu ne fût mis nulle part dans la Yille et ses faubourgs. L'empereur donna l'assurance qu'il ferait respecter les personnes et les propriétés. En effet, son armée employa une journée entière à défiler au travers de la ville , où il ne fut commis aucmi désordre , sauf quelques vols isolés dans des maisons dont les habitants avaient pris la fuite à l'approche des impériaux. On rapporte même que Charles-<2^t ^t pendre, aux créneaux de l'abbaye de SMean des Vignes , pendant qu'il y séjournait., une personne de sa suite qui avait volé un ciboire. Mais la canipar gne, tout autour de Soissous , fut traitée en pays conquis: au départ des impériaux , le château de Chevreux , où les équipages de Charles*Quint avaient été placés, fut dévoré par les flammes. Si les négociations eussent été rompues, Soissons tombait infailliblement dans les mains de l'ennemi. Comment cette ville, avec une simple muraille flanquée de petites tours de 3 à 4 mètres seulement de largeur , eût-elle pu résister long-

temps à une armée pourvue d'artillerie , et pour laquelle il y arait nécessité de la prendre ?

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