‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 120 sur 197 · SOI · texte numérisé non relu

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morëe dans le rerêtement de la courtine , qu'elle ait été destinée au passage journalier du public.

Lorsqu'on eut achevé les travaux de l'enceinte de la Tille , on entreprit ceux du faubourg St- Yaast, dont la vieille muraille fut conservée et terrassée. On la renforça des trois bastions qui défendent encore aujourd'hui ce faubourg ; mais ces derniers travaux ne forent pas poussés avec la même activité , soit qu'on manquât de fonds , soit qu'on ne les regardât pas comme aussi nécessaires que les autres. En effet, le faubourg était séparé de la ville par la rivière , dont le bord se trouvait défendu par une assez bonne muraille , qui pouvait arrêter l'ennemi pendant quelque temps après la prise du Êmbourg. On construisit d'abord le bastion du milieu , dit de St-Yaast ; puis , celui de droite, dit de St-Médard, et en dernier le bastion de gauche, dit de St-Julien , ou de Ponsenac , nom d'un gouverneur de Soissons sous la ligue.

En conservant la vieille muraille du faubourg, il devint impossible de donner assez de profondeur au fossé , dans la crainte de hâter sa ruine

en mettant ses fondations trop à découvert. La II. Il

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porte du Ckamp BaoiUant^ cimduisant ^Mctemeot du pont à St-Mëdard, fut murëet et la coanamcatioQ de la ville ayec la camq^iagiia de la rite droite se troura aimi réduite à la seule porte ée Laon ou de Crony , laquelle fiit couverte par un bastion qui en rendit le passage fort inoonn mode. La prëférence dcmnëe à cette dernière porte vint , sans doute , de ce que ses abords étaient beaucoup nueux défendus par les remparts de la ville et surtout par le cavaUer de St- IMerre àlaChamx.

L'agrandissement donné à I-enccinte de la viUe, en la rendant d'une meiUeure dâfenae^ sfvait çncore pour résultat de fodliter racerois* sèment de la population; car l'espMe noovel* lemcnt incorporé présentait une superficie de plus de vingt hectares ^ sans y comprendre Tabbayo de St-Jean , ni tout le terrain occi^ par les bastions, remparts et autres parties intérieures de la fortification. La surâyce de* ia vieille ville n'était que de 43 hectares, en sorte qu'il était devenu presque impossible que la population pût s'accroître dans l'intérieur des murs , par le manque absdb d'emplacement pour

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y b&tîr de nouTriles maisons. Awsitôt que b TiUe eut été açrandi^ ^ les habiUiits sollicitèrent et obtinrent la ptnnission de faire des constructions sur le terrain de Panlea, qni appartenait, à ce qu'il pandt, au domaine de TEtaft. Ce fut à l'occasion de cet agrandissement de Tenceinte qa'on supprima le canal de dérivation de la Crise, et que les eaux qu'il amenait dans la ville furent rendues à leur cours naturel. Cette suppression n'était pas indi^nsable à l'exécution de la nouvelle encdnte, au travers de laquelle il eût été iadle de pratiquer un aqueduc. Elle privait au contraire la dëfisuse d'un moyen Êidle de mettre de Tean, à volonté^ dans une partie des fossés, en se servant de r^oût constniit dans le bastion de St- Remy^ qu'il eût été possible de fidre craommniquer avec le canal. La suppression de ce canal ne saurait être, non plus, attribuée à l'intention de favoriser l'industrie, puisqu'elle entraîna forcément celle de plnaleurs moulins, tordoirs, buries et tanneries établies sur ses bords. Il est dmic plus vraisemblable que les avantages procurés par ce canal, dont les eaux

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étaient peu abondantes, furent sacrifiés à des raisons de salubrité publique ; on voulat éloigner de rintérieur de la ville des établissements qui offrent presque toujours des inconrénients assez graves , outre celui de corrompre Fes eaux (*).

La plupart des historiens de Soissons ont admis, comme un fait positif, que tous les travaux avaient été exécutés aux dépens des habitants, qui auraient fourni les deux tiers des fonds, et des communautés religieuses l'autre tiers; d^où ils ont tiré la conséquence que les fortifications étaient la propriété de la viAe. Il est vrai que les villes bâtissaient et entretenaient anciennement , à leurs firais, les murailles qui les fermaient; mais alors ces murailles étaient de simples chemises, et les dépenses qu'elles exigeaient étaient peu considérables, comparativement à celles des enceintes bastionnées, en usage depuis le XVI* siècle. Ces dernières dépenses sont hors de toute proportion avec les revenus des villes, même les plus florissantes.

Il est constant, cependant, que ta population de Soissons contribua, mais dans une propor-

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lion peu considérable, à cette dépense, dont les trois cinquièmes, au moins, restèrent à la charge du trésor royal. £n effet, avant que les travaux ne fussent entrepris , on avait voulu faire relever quelques brèches de la vieille muraille; mais les pauçres manants et halntants de Soissons avaient fait exposer au roi que le plus grand nombre d'entre eux ne vivant que du fruit de leur travail , payant les imp6ts , les subsides et les emprunts, et que les revenus communaux s' élevant à peine à cent livres, il leur était impossible de réparer et d'entretenir les murailles, les portes et les autres défenses qui tombaient de vétusté et donnaient passage aux voleurs, aux larrons nocturnes et aux vagabonds; tandis que les nobles et les gens d'Église, propriétaires de beaucoup de maisons, et jouissant des droits de cens et de redevances sur les autres, refusaient de contribuer aux dépenses de la clôture de la ville. Henri II, prenant ces doléances en considération, avait ordonné, par des lettres patentes du â6 août 1550, que les nobles et les prêtres, ayant maison dans la ville et y faisant lear demeure, fussent imposés comme les autres habitants.

De ce moroent, la nlle de SoissoD» fist re^ gardée comme la place d'armes de la province de Ille de France, et les gouTernenrs de cette proTÎnce en devinrefit les gouverneurs pardcnliers; mais, attendu qu'ils résidaient à Paria , fis avaient à Soissons un tteutenant de leur choix.

' Les habitants obtinrent pour leur ville , comme place de guerfe et comme ancienne capksde de province, rafirancfaissement de la taille^ qui se montait alors à la somme de 1785 livres, équivalant à 5,854 f. 8o c. d'aujourd'hui. Cet affi^nchissement a subsisté jusqu'à la révolution ^ mais la taille était remplacée par une contribution fixe de 4,500 livres pw an; savoir : 1900 livres pour le tarésor, à titare de taiUon, et 300 livres pour le traitement du prévôt des maréchaux.

L'agrandissement de l'enceinte ayant rendu inulile la porte Neuve, construite en 1d70, ie corps de ville s'établit dans le châtelei qui couvrait cette porte. Ce chàtelet servit ainsi d'hôtel de ville jusqu'au commencement du siècle suivant. A l'égard du beffroi , renfermant la prison, il fiit conservé dans l'ancien hôtel

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de vilk , situé au coia.de la rue du. Griffon, et le reste de l'édifice fot affecté au service de rÉlection royale ( radmioistration dçs contributions de la circonscription de Soissons), à laquelle la yille devait fournir un local pour la tenue de ses audiences. Le rei&-de-chaussée du châtelet reçut le grenier à sel, où il fut ton-* jours maiotenu juf^qu'à la suppression des g;ibelles. Delà le nom donné à la petite rue (rue du Grenier à sel ) conduisant de la Grande Rue à la place des Écoles. Cette place, qui s'âendait alors de la rue Str-Martin à celle des Vieilles Étuves^ devint la principale placi; pu^ Uique, et fut appelée la place Royale.

La démolition de l'église de Notre-Dame des Yignes, l'une des premières paroisses de Sois* sons, rendit nécessaire la construction d'un autre édifice. U fut élevé dans l'intérieur de la ville, à l'angle formé par la rue des Cordeliers avec la grande place. Cette nouvelle église, bâtie probablement aux frais de l'État, était peu spacieuse. C'est sur son emplacement qu'on a construit la salle de spectacle.

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