‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 121 sur 197 · ÉTABLISSEMENT DE FOIRES ET MARCHÉS · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENT DE FOIRES ET MARCHÉS

L'esprit humaiD , sorti de sa longue léthargie , avait secoue les chaînes que la barbarie faisait peser sur lui depuis des siècles. Tandis que l'invention de rimprimerie et la renaissance des lettres portaient chaque jour des coups morteb à rignorance , la découverte de l'Amérique et celle du cap de Bonne-Espérance , avaient ouvert une immense carrière au génie aventureux de Thomme , et les riches tributs de l'Inde et du nouveau monde, en se répandant en Europe , appelaient à la vie le commerce et l'industrie.

Les habitants de Soissons profitèrent d'un séjour que fit dans leur ville le roi Charies IX, au mois de mai 1 561 , pour obtenir l'étabHssement de deux foires de huit jours charque : la première, pour le lundi avant la Pentecôte; la seconde, pour le lundi après la St-Martin. Ces deux foires subsistent toujours. Ils obtinrent pareillement deux

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marchés francs : l'un pour les vins*^ le pvMuer jeudi de chaque mois , et Vautre pour les grains , les premiers samedis. Aufourd'hui , il n'y a pins qu'un seul marche franc, lequel se fient les der« mers samedis.

Autrefois, il existait à Soissons plusieurs mesures pour les grains : le muid de Soissons ou de roi, et le muid du comte et du chapitre. Ce der^ nier ëtait inférieur à l'autre d'un douzième. Le muid se subdivisait en 1 3 setiers , 94 esseins , 46 pichets et 96 boisseaux. On comptait aussi à Soissons plusieurs mesures de terres : 1"* l'arpent «de roi , qui ëtait celui de la yiUe , de 1 00 perches , ou verges de ââ pieds ( 51 ares 10 centiares ) ; 3^ l'arpent du comte et l'arpent du chapitre , de 96 perches de 92 pieds de 1 1 pouces ( 41 ares 1 8 cent. ) ; 3* l'arpent de l'ëvéïpie , de 96 perches de 99 pieds de 10 pouces (31 ares 4 cent.); 4® enfin l'arpent de St*Mëdard , de 108 perches de 90 pieds de 10 pouces, ëgal à 31 ares 66 centiares.

Les foires et les marches se tenaient , comme aujourd'hui , sur la grande place. La halle , qm avait ëté détruite dans le désastre de 1414, ne put être reconstruite, &ute de ressources, que soas

le vèi^ da rai Henri IB, qui donna, sur fat prière des magistrats, quatre-vingts pieds d'arbres de b forêt royale de Vitters-Cotterèts ; une somme de 4,666 litres à prendre snr les reremis de la gabelle et des tailles de la proyince, et le imgfctroisième denier sur la vente du vin et de la bière dans la ville. Grâce à ces secours , la halle £it adievëe ea 1578 ; mais renversée par on ouragan, en 1669 , elle n'a pas été reconstraîte de< pms.

Cette baile ne servait dëfà plus, comme au temps de la commune , à la vente de toutes les denrées. Des boutiques s'âaUissaient sur divers points de la ville. Les bouchers et les poissouf niers avaient leun marches particuliers à gauche et à droite de l'entrée du pont. Il paraîtrait que ce fiit vers le milieu du XV' siècle, lorsque S(ria* sons conunençait à sortir de ses ruines > que ces deux corps de marchands furent établis dans un bàtimeiit construit, à cet effet, à gauche du pont, sur une partie de remplacement de l'anden chitelet. On ignore par qui ^ à quelle condiliMi cette concesâon leur avait été faite : mais comme le comte de Soissons était en droit d'exiger de

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chM|ue boucher de la lille une aonmie de qua^ tOTK UTre$ k titre de rëceptioa ^ que celui-d de* ▼ait acquitter avant de se marier , ue peut-on paa pc^nner que cet in^ôt se payait au OHate cooh me propriëtaire du sol sur lequel le bâtiment était pbeé , et peut-être aussi parce qu'il TaTait fint CMistnûre à ses firais?

D'un autre cô'të , la ville avait imposé aux biMh chers ^ à une époque inconnue , l'obligation de monter à cheval le mardi gras , et de faire une chasse dans la plaine ; obligation dont ik se rachetèrent , dans la suite , par une redevance en argent qu'ils versaient annuellement dans la caisse municipale.

Le nombre des bouchers et des poissonniers s'étant accru , et le bâtiment de la boucherie ne pouvant plus suflSre à tous les âaux , on étaUit , vers l'an 1 500, les poissonniers sur le côté droit du pont , et cet endroit reçut le nom de la Poîssatmerie. Cet établissement a subsisté jusqu'en 1 9StSi ; sur son emplacement et sur celui de la tuerie des bouchers, qui était placée derrière, on a âevé \t bâtiment de l'Agence.

Vers l'année 1684, le bâtiment de la boucherie

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M trouyanl encore trop petit poor tous les bouchers, on leur accorda an 8erx)nd emplacement , qui fiit dés^në sous le nom de la PêtUe - Bomckeriê , pour le distinguer de l'autre , appelé depuU \ot% la f^ieilie- Boucherie. La révolution ayant rtndu le commerce dt la viande entièrement fibre , les deux boucheries se trouvèrent supprimées ; mais la tuerie fut conservée jusqu'à Téta- Uissemeut de Tabattoir.

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