MASSACRE DE LA S^- BARTHELEMY
Après deux années d'une guerre malheureuse , les Calvinistes obtinrent des conditions très-favorables par le traité de St-Germain en Laye. C'était un nouveau piège qu'on leur tendait , et dans lequel ils donnèrent tête baissée. Des ordres de la cour enjoignaient à toutes les autorités de les protéger et même de les favoriser , et de toutes parts
204 aisTOiiŒ
fls étaient retourna dans leurs foyers , se flattant que leur persëvérance avait lasse leurs adversaires qui ne demandaient plus qu'à vivre en paix .
Les seigneurs les plus distingues du parti calviniste se trouvant réunis à Paris , où ils avaient été attires pour la célébration des noces de la sœur du roi avec le jeune roi de Navarre, qu'ils considéraient comme leur chef, Charles IX, cédant à de perfides conseils, prit l'horrible résolution d'étouffer enfin la Réforme dans le sang de ses sujets. Le S4 août 1573, au milieu de la nuit, la cloche de St-Germain l'Auxerrois sonna l'heure dernière de cent mille Français. A cet affreux signal , un massacre général des Huguenots eut lieu
dans Paris. Nombre de villes rivalisèrent d'atrocité avec la capitale , et Soissons ne put se préserver de ce funeste entraînement. Le sang coula dans ses murs : des hommes auxquels on ne pouvait reprocher aucun crime, aucun méfait, périrent sous les poignards de leurs concitoyens. Mais plus heureuse que beaucoup d'autres cités, les forfaits dont elle fiit le théâtre sont presque restés dans l'oubU.
S'il était possible d'ajouter quelque confiance à
des Mémoires du temps, cites par Dormay qui parait douter lui-même de leur Téracité, il n'y aurait eu que trois Calvinistes des plus notables d'ëgorgés, parmi lesquels un sieur Gobert, receveur du comte ; et tous les autres auraient eu le temps de prendre la fuite. Quelques auteurs du parti protestant ont rapporte, au contraire, que le nombre des victimes y fut très-considërable. Dans tous les cas , cet acte du plus farouche fanatisme anéantit à Soîssons la religion Réformëe ; elle n'y reparut plus , et les meurtriers , ivres de leurs succès , purent regarder ces assassinats cooune autant d'actes méritoires.
Ceux des Calvinistes qui avaient pu fuir allèrent chercher ailleurs, pour la plupart, des foyers où ils pussent vivre eu paix et prier Dieu à leur manière ; d'autres , pour ne pas abandonner le lieu qui les avait vus naître , firent le sacrifice de leur croyance , et demandèrent à rentrer dans le sein de l'Église Catholique, qui les accueillit, leur imposa pénitence et leur pardonna. Les saintes rigueurs ( c'est la qualification que des hommes se disant religieux n'ont pas craint de donner à ce massacre ) n'ont pas laissé d'être funestes à la ville
906 msTomE
àt SoiMêns y elle perdait , daim ces martyrs de leur foi , la partie la plus actite et la plus intelligente de sa population t des contrées plus heu-reuses héritèrent de leurs biens et de leur indus* trie.