PLAGE D'ARMES DES UGIJEURS
Charles IX étant mort sans enfants mâles , en 1 574 , il eut , ponr successe«r , son frère , Henri ID. Pair son penchant à la dévotion et par son goût pQur toutes les (érëmonies et dëmOastratioois extérieures de la religion , ce pribce avait fortement contribué à introduire et à propager en France les confréries de pénitents et les autres associations religieuses qui , sous le prétexte ^'apaiser la colère du ciel, pullulèrent de toutes parts, et dans lesquelles les phis libertins n'étaient jamais les moins ardents. Soissons, comme la capitale , eut aussi ses confréries : hommes , femmes, enfants, tous s'empressèrent d'endosser le froc et le sac, et d'aller en procession générale à Notre-Dame de Liesse , avec le crucifix d'une msdn et un cierge de l'autre.
Mais tous ces grands accès de ferveur, loin de
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rendre les Français meilleurs , donnèrent naissance à la ligue. Cette association détestable de l'ambition et du fenatisme, dont personne n'ignore ks attentats , fvt prèohëe à Soissons par Mathieu de Lannoy, chanoine de la cathédrale, qui deTint plus tard l'un des seize. I^s habitants, ayant toujours en exécration les pillages et les profanations de Huguenots, embrassèrent avec chaleur le pai^ de la Sainte Union. C'était le nom que les ligueurs, déyots et pillards , donnaient à leur conjuration hypocrite et régicide.
Henri III avait mis une tr^ aux hostilités entre les Cathbliqufes et les Réformés , par un édit de pacification publié eu 1 579. La France commençait à respirer , mais la mort du duc d'Anjou (1584) qui rendait le roi de Navarre, alors chef du parti calviniste , l'héritier présomptif de la couronne de France, vint réveiller, plus furieuses que jamais , les passions qui paraissaient assoupies, et la ligue, tenue secrète depuis son origine (1576) , leva enfin la tête. Le duc de Guise et ses fi*ères, chefs suprêmes de cette association , qui n'était au fond que leur ancienne faction retrempée de tout le zèle du fanatisme religieux, prirent
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le& armes , et profitant de la faiblesse du roi , le contraignirent à lear céder , par le traité de Nemours, dix places de sûreté. Au nombre de ces places était Soissons , qui reçut une garnison dévouée au duc de Guise , et de ce moment cette Tille devint , par sa proximité de la capitale , la. place d armes la plus importante de la faction.
Dans la nuit du 97 mars 1 587 , un petit corps de Calvinistes , venu à l'improviste de ta Champagne , sous le commandement d'un sieur de Lyeramont, tenta d'enlever la ville par escalade. L'entreprise avait été conduite avec tant de secret que les assaillants étaient déjà parvenus dans le fossé et s'apprêtaient à dresser leurs échelles contre l'escarpe , quand ib furent découverts , et l'alarme donnée aussitôt à la garnison et aux bourgeois. Les Calvinistes , voyant le coup manqué , se retirèrent en bon ordre, laissant tous leurs préparatifs au pied de l'enceinte.
En cette même année , les ligueurs firent une tentative d'assassinat sur la personne de Tabbesse de Notre-Dame , M"* Catherine de Bourbon. Cette abbesse , fille de l'excellent duc Charles de Vendôme, gouvernait l'abbaye depuis plus dequa-
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rante ans. Sa piétë, sa. douceur et sa bienbisamie la Hpssdent chérir de tous ^ et les Soisâodnak lui étaient persoiuiellement redevables de la conservation des reliques de leurs apôtres. Tant de titres au respect et à la reconnaissance ne purent cependant trouver grâce aux yeux de la faction : M^ de Bourbon était du sang royal ; ses neveux , le roi de Plavarre, héritier présomptif de la couronne, et le prince de €ondé luttaient vaillamment à la tète des Huguenots contre l'asnbition de la maison de Guise. U n'en fallait pas davantage pour exciter la haine des Séides de la Saivte Union; L'un de ces furieux tira un coup d'arquebuse à cette illustre dame dans l'église même de l'abbaye , où elle assistait à l'oifice. I^a balle n'atteignit heureusement que son voile, mais ses religieuses et ses nombreux amis, tremblant pour ses jours qui n^étaient plus en sûreté à Soissons ^ la pressèrent de s'en éloigner. Cédant bien à regret à leurs instances et à leurs larmes, M"* de Bourbon quitta son cher troupeau qu'elle ne devait plus revoir. Elle mourut en 1 594 , quand Soissons était le principal foyer de la rébellion.
L'année suivante, le duc de Guise vint à Soissons
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et y iiit ^reçii avec beattoop d'iMUieurs. Après la îoumtfe.des barricade^ de Paiis, qid sumtdeftti» ce voyage , ii força le roi de lui confirmer la pos*- Mssioa de cette place i poor quelques aanées j > où il mit pour gouverneur un sieur Chocu de IVichemoiit> capitaine d'une^ compagnie d'arquebp^ers, qui lui ëtait tout dévoué.
Apres la mont du duc- et du cardftialde Guise, tués aux états de Blois, le Sd décembre 1589, le duc de Mayenne , leur£rère , devint le cbef "de la ligue. Elle fiit jurée de nouveau à Soiasons; conualte dans toutes les villes <pii tenaient pour cette cause criminelle* Les ligueurs alors ne gardèrent plus ée mesure : ib arborèrent ouvertement Tétendard de la râiellion et se livrèrent à toutes sortes d'outrages envers le roi , en attendant qu'ils le fissent poigarder. Ce for&it fiit exécuté Tannée suivante , à St'Goud par le jacobin Jacques Clément ; mais le crime d'un moine mit fin au règne des moines , en faisant tomber le sceptre dans les mains d'un grand homme , Henri TV.
Le duc de Mayenne , qui avait pris le titre de lieutenant général du royaume , était venu à Soissons cette même année (1 589). Pour récompenser
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le flicifr de BichcaioBt de hiia«oir ooMcrrë la po»- MS^ion de cette nlle^ ii loi assi^ia des sommes dues à Um pensonnes ^ Savent ab9eivte& de la yU)e et dmfdàaat le parti du roi. Le dbef de la figue aYWt avasi ordonné T^culion de quelques ttayawL pour améliorer les. moyens de dâeose. L'ile du Mail, par laquelle la viUe arait été prise tn^s fois> fot défendue par un retrandiemeut , formant eoiqittre à la hauteur du château , qui le flanquait par la ^wçhe , taudis qu'un petit^ ca^aliar et deux casemates , placés en retour sur la braiiche gauche de la couronne St-Vaast , le flanquaieot p«r la droite. Ces trayaux ùimi exécutés, sous la direction d'un sieur de IbcqueyiUe et du baron de Pousenac qui eurent^ l'un après l'autre, le gouveraement de Soissons.
Dans le même temps que le duc de Mayenne Casait travailler aux fortifications , le séquestre était mis , par son ordre , sur tous les domaines et revenus du roi, ainsi que sur les biens des Réformés et des politiques ; c'était le nom que les ligueurs donnaient aux Catholiques qui reconnaissaient Henri lY. Car , bien que ce prince fût Huguenot , il se trouva néanmoins un certain nombre de Sois-