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Le dac de Mayenne, après s*étre aasurë de nouveau de Soissons , en j faisant entrer an corps de troupes , le 10 fanner 161 7 , envoya le baron de Lignières auprès du roi, à Tefiet d'exposer les motifs qu'il avait de se mettre en sûrttë. L'ëvéque de Luçon, M. de Richelieu, alors secrëtaite d'ëtat, lui rëpondit que Soissons et les antres places de son gouvernement lui serait conservëes, pourvu qu'il renonçât à toute participation aui projets des mécontents. Il n'eut aucun égard à cette recommandation, et sur la fin du même mois les fehefe de la faction se rassemblèrent à Soissons pour aviser aui moyens de faire la guerre au printemps. Aussitôt que la cour fot informée de l'assemblée de Soissons , il parut uns déclaration royale contre ceux qui y avaient pris part , et dans laquelle on se plaignait de ce que le àûc de Mayenne avait fait sortir de Soissons le iieutcnaot général et d'autres officiers du roi , qui ne poutalent plus exercer leiirs charges. On ordonna en outre, par un arrêt du conseil, que les recettes générales et particulières seraient transférées à Compiègne. Dans le même temps trois arméee royales s'organisaient pour entrer en campagne
an printemps ; Tune d'elles devait agir contre le duc de Mayenne. Celui-ci, résolu de se renfermer dans la place et de la défendre jusqu'à la dernière extrëmitë, fit travailler activement aux forlifications.
Un ingénieur fût envoyé de la Fère pour inspecter les travaux entrepris sous la direction du chevalier de Gayardon, capitaine major au régiment de la Suze. Ces travaux consistaient en plusieurs ouvrages extérieurs en terre. Un ouvrage à cornes , précédé d'une demi-hine , fut coDstndt en avant du bastion de Myon ; il occupait tout le sommet de la colline de St-lean, et renfermait un coffre à mousqueterie ; une petite lunette couvrait le saillant du bastion de la bergerie ; en avant de la porte de Laon ^ un grand retranchement, qui s'appuyait à la rivière^ servait de chemin couvert et de place d'armes , une contre^garde en terre protégeait le raveHn de la porte de Paris. La porte de Rheims fut mm'ée à l'exception d*un passage pour les gens de pied : rien de ce qui pouvmt contribuer à prolonger la résistance n'avait été oïdblié ; des chevaux de Irise, des pieux d'assaut, des chausse^trapes, des
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tonneaux d*artifices , etc. , nécessaires à la défense des brèches, avaient été préparés à l'avance , de même que dés tonneaux incendiaires destinés à brûler les ponts de bateaux que Fennemi établirait au-dessous de la ville ; deux bateaux chargés de paille et de foin , à une grande hauteur , avaient été placés de manière à masqua^ la roue du moulin du pont, et la garantir des coups de canon tirés des hauteurs de Yauxrot. Enfin pour dernière précaution , le duc de Mayenne avait fait sortir de la ville toutes les personnes qui lui étaient suspectes. Cependant la garmson n'était pas nombreuse. Elle se composait de 1d à 1,500 fantassins, de 300 cavaliers et d'un assex bon nombre de volontaires nobles. Une partie de la milice bourgeoise était sous les armes ; mais ce corps ne pouvait guère être compris dans reffectif de la force propre à combattre sur la brèche. L'armée royale, commandée par le comte d'Auvergne et par le duc de Rohan, arriva devant Soissonsle 10 avril 1617. Cette armée, forte d'environ quinze mille hommes , avec un train d'artillerie de trente pièces, dont dix étaient d'un gros calibre, investit la ville par les deux rives de
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l'Abne. Le corps sur la rive gauche , compose du rëgiment du maréchal d'Ancre et de 600 Liégeois, occupait Mercin, Yauxbuin, Courmelles et antres lieux autour de Soissons. Celui sur la rive droite
s'étendait de Pommiers à Bucy le Long , où était
le quartier général. Les deux corps communiquaient ensemble par un pont de bateaux établi à Pommiers. Dès que la garnison se vit investie, elle demanda à vivre à discrétion chez les habitants , qui se rachetèrent de ce fardeau , en fournissant 975 hectolitres de blé et 765 hectolitres de vin pomr un mois, et une somme d'ai^ent, en échange de laquelle ib reçurent du sel de la gabelle.
Le 13, les assiégeants ouvrirent la tranchée dans la plaine de Grouy , et élevèrent une ligne de contrevallation qui s'étendait de la basse Aisne , près de Yauxrot , jusqu'à la haute Aisne , au-dessous de St-Médard , passant à peu de distance en deçà de St-Paul. Quatre batteries furent établies successivement : la première , de six pièces longues, dites couleuvrines, sur la côte des Hardrets; la seconde, de deux pièces semblables, sur le plateau de Yauxrot ; la troisième , en avant de St-
Paiiil, amëe de deux grosses pièces , et b quatrième, de huit canons dtt phis fort calibre, de- Tant la porte de Tabbaje de StM^ard.
Pendant que les assiégeants poussaient avec actiTitë leurs traTaux d'attaque sur la rive droite, le duc de Majesm fit une sortie, le 1 3, à b tète de la moitié de la garnison et deux pièces de campagne, et enleva, par une inrusque attaque, trois compagnies d'în&nterie postées dsms la ferme de Presles, sous le commandement d'nn siein* de finsay Lamet. Le duc fit incendier la ferme et rentra dans la place avec ses prisonniers et les enseignes des trois compagnies. Ce sucoàs enfla singulièrement le courage des assiégés ; mais le ieademain , l'armée ro]rale fit jouer toutes jses batteries. L'artiUerie de la place «e pouvait répondre à «B Céu ^ bi)en nourrie La batterie de St-Médard^ la plus rapprochée de la ville et qui battait de plein fouet les murs d'escarpe du bastion de St- Vaast et de la courtine attenante , fit promptement de grands ravages : en peu de fours la face du bastion était presque entièrement renversée.
Lorsque la brèche eût été reconnue à peu près praticable , les principaux bourgeois se rendirent
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auprls étt duc de Mayenur , lui rtpréaenbèrjent ks dangers dont les babîtanU et la garaison ëtateat menaces, si la place tenait à être emportée d'as* saut , et le suppËèreot de consentir à une capkulatioB détenue inéntabie. Mats le duc , soit qu'il pensât que la ville pourrait encnne être défendue aprës la prise du faubouig St-^Vaast (ia litière d'Aisne , une assez tMmne nnvailk et le pont ferme par une tour , pouvant arrêter les assiégeants quelques jours de plus), soft qu^il efttpris, en effet, la résolution de ne pas tomber vivant au potttoir de ses ennemis , leur fit la réponse suivante : c( Messieurs, ceux qui m*aiiaent ne doi* « tent rien craindre avec moi. Je suis résolu à <« mourir sur la brèche , la pique ou la pertuisane ce à la main , plutôt que de souffrir ia honte d'ôtre c< exposé au triomphe et à la risée de mes enne* ce mis , et de laisser ce reproche à mon sang d'à* « voir cédé aux armes d'ua étranger pour qui la ce guerre se fait. »
Une réponse aussi énergique n'admettait point de réplique , et la députation se retira sans partager l'exaltation du duc. Cependant les défeuses de la place étaient ruinées ; une vaste brèche ren^
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dait le succès d'mv assaut presque infisuHlible , et le comte d' Au? er^ne en .avmt ordonné les préparatifs. Les plus grands malheurs allaient fondre encore snr SoiasoBs quand, le M amril , an soir, le dnc de Mayenne reçut la. nonvelle ^ par un exprès, que le maréchal d'Ancre/ dont la haute ËiTeor était la caose ou le prétexte de la guerre , avait été lâchement assassiné , le matin même , dans le palais du r<û« Le dac en donna connaissance, sur-lcHchamp^ au comte d'Auvergne, qui en reçut aussi,. de son côté^ la nouvelle officielle. Aussitôt les cris. de vive le roi, la paix est faite, succédant au brait dn canon ^ partirent simultanément de la ville et du camp. Pes feux de joie furent aUumés , et les guerriers des deux partis, qui naguère semblaient dé)à mesurer leurs coups et compter leurs victimes ^ jetèrent leurs armes pour s'embrasser.
Le duc de Mayenne expédia le comte de Suze , commandant de la garnison , pour aller déposer aux pieds du roi son acte de soumission. L'armée royale décampa le 3 mai. Les bourgeois, qui avaient été bannis , rentrèrent dans leurs familles, et les divers corps judiciaires et administratifs re-
prirent le cours de leurs traTam. Aiasi se termina ce siëge , qui pouvait deyenir très-foneste à la ville , s'il ne se fût pas trouvé à la cour un seigneur capable de se rendre l'assassin d'un maréchal de France , trop comble de Ëiyeurs , ou seulement si ce crime eût été retarde de quelques jours. Du reste, Soissons n'éprouva que peu de dommages, tous les coups des assiégeants étant
dirigés contre les défenses de la place.
Le voisinage des troupes et une batterie de canons , placée sous les murs de Tabbaye de St- Étienne, jetèrent TeSiroi parmi les refi^ieuses ; elles coururent se réfugier à Rheims et s'y ft^èrent , en échangeant leur'*couveat de Soisspns contre celui des religieux de St-Paul du Val des Écoliers , avec la condition que les deux maisons changeraient aussi de nom. Eu conséquence, celle de Soissons prit dès lors le nom de Sl-PauI et le garda , bien qu'elle ait été rendue , sept ans plus tard , à une nouvelle communauté de filles de l'ordre de saint Augustin.
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