CREATION DU BUREAU DE CHARITE
L'origine de cette institution qui fournit chaque jour aux dames pieuses et bienfaisantes l'occasion de porter des secours et des consolations aux classes soufirantes et malheureuses , date du XYII! siècle. Elle fut fondée à Soissons par M. de Sillery, promu à l'évéchë de cette viUe en 1685.
Déjà rétablissement de l'hôpital général avait été un grand bienfait pour les indigents ; mais il était loin de pouvoir suffire à toutes les mbères. Il y a d'ailleurs dans la population d'une ville des souffrances et des afilictious qui rougiraient de
l'hôpHai : et qui ne dëdaigneiit pas Tas^stance d'um main gënëreuàe et charitable. Ce fut principaiement dans la vue de secourir la classe ouvrière, mais 'peu aisëe, les païkvres' ménages, que le prëlat institua dans son palais ,' un bureau de charité, comme il en existait déjà dans plusieurs villes du royaume.
Ce bureau, auquel on donnait le nom de la Petite Charité, était présidé par l'évéque , et en son absence , par le grand vicaire , et se composait d'une dame trésorière , qui ne rendait compte de sa gestion qu'au président du bureau, et de six daines de charité, diargées de visiter les iu^gents dans chacun des quartiers de la ville, de s'informer de leurs peines et de leurs besoins, et de leur distribua les sommes qui leur étaient confiées. Le bureau s'assemblait tous les mois*, chaque dame y faisait connaîtra le nombre des personnes à secourir; une liste générale en était dressée, et Ton réglait, suivant les ressources, la répartition à &ire.
Pour se procurer les fonds nécessaires , Tévéque avait foît poser des troncs dans toutes les églises , et des quêtes avaient lira tous les diman-
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chcs et les jours de fête. Chaque mois une assemblée générale des notabilités de la ville était convoquée à l'évéché et, après une exhortation pastorale, on faisait une quête. Enfin ce prélat avait institué une autre quêti^,- faite par une demoiselle de la bourgeoisie dans l'église de l'abbaye de Notre- Dame à toutes les fêtes de la Vierge. A ces ressources vinrent bientôt s6 joindre des* dons volontaires ; et notamment le legs d'une rente de cinq cents livres, fait par un sieur Martinier, bourgeois de Soissons^ à la charge toutefois d'mi service funèbre qui était célébré tous les aos.par le chapitre. D'autres personnes firent aussi des di^ipositions testamentaires en faveur de cette ii^tution de bienfaisance; de sorte que ses revenus s'élevaient , année commune , au oûlieu du siècle dermer, à environ troid mille livres.
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