‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 160 sur 197 · CONGRES EUROPEEN · texte numérisé non relu

CONGRES EUROPEEN

TE^Tf A SOISSONS.

Le cardinal de Fleiuy, premier mimstre de Louis XY, afin de consolider la paix générale, avait obtenu de toutes les gnoides puissances de l'Europe la tenue d'un congrès. L'ouverture de ce congrès, eut lieu à Soissons, le 14 juin 1798, dans la grande salle du château.

Cette grande salle , longue de 40 pieds sur U de large , était tendue de tapisseries des Gcbtlins, tirées du garde-meuble de la couronne. Une table ronde, recouverte d'un tapis de velours vert, orné de longues franges d'or, en occupait le centre : au-dessus était suspendu un beau lustre en cristal. Les autres appartements du château étaient également tendus de belles tapisseries et garnis de meubles riches. Chaque ambassade y avait son appartement particulier pour se retirer au besoin et se consulter. Les ponts-levis qui dé-

fendaient les deux entrëes du château , par la TÎIle et par le Mail , furent supprimés , et Ton ouvrit une grande porte donnant sur la pbce.

Dans la ville , toutes les dispositions furent prises pour assurer une bonne police : un corps d'infanterie fiadsait le service aux portes et sur le rempart , comme dans une place de guerre ; plusieurs brigades de maréchaussée, faisaient de fréquentes patrouilles, pendant la nuit, dans les rues où Ton avait posé deux cent vingt lanternes. Enfin , quatre pompes à incendie , envoyées de Paris , étaient placées en réserve près du chftteau. Pour recevoir le plus convenablement possible les ambassadeurs , on mit, à leur disposition , les maisons les mieux construites et les plus spacieuses de la rille , qu'ils firent meubler à leurs frais et pour lesquelles ils payèrent de forts loyers. La maison occupée par lord Stanhope , l'un des ambassadeurs d'Angleterre, était louée vingt-deux mille trois cents livres. Le comte >de Zinzendorif, ambassadeur de l'empire, payait la sienne treize mille deux cents livres. Le baron de I^ntenridcr, ambassadeur de l'empereur d'Allemagne, onze mille trois cents livres Ce deniier occupait

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la iBaîsQft' formant le aètë oiitotal de b gnsde place , cqtre la. rue du Trou aux Loups et cdle de St-Lëger.

L'arriTée de ehaque ambassadeur fiit annoneëe pyr la cloche dn guet, et son entrée dans la >viHe saluée par une sahe d'artillerie » tûiâs d-use batterie de dovae pièees de ^os calibre , . établie dans le bastion de Mjoh. Le coips de T^e , ayant à sa tète M. Orry , intendant de la généralité, allait lui rendre visite et lui offrir un présent de vins et de dragées. Tous les ambassadeurs avaient une suite nombreuse et de brillants équipages. Le cardinal-ministre parut dans qn carrosse dn rei, tout idc»ré, dont 'la . hauteur était teHe, qu'on fat obligé de surhausser le ceintre de la porte de Pa« ris, pour que ce carrosse pAt entrer dans b ville.

Si le congrès ne produisit pas tout le bien que s -en était promis te cardinal , U fut très-^ofitable aui habitants , parles grandes dépenses que firent les ambassadeurs et leurs suites. Indépend^moi* ment des repas de représentation et d'étiquette , les ambassadeurs , pour dmrmer l'ennui* de leur séjour dans une» ville qm leur offirait si peu de moyens de distraction , se donnèrcHt souvent des

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fâtes parliculièreft, où ils firent assaut de luxe et de gsdanterie. Dans les réceptions d'af^arat^ chacun d'eux conserva le caractère de son pays c l'anSK bassadeur d'Espagne fit étalage de magnificence , sa table fiit couverte d'un service en or de la plus grande richesse , qui appartenait au roi son maître. Celui d'Angleterre fit rétir , dans la cour de son hôtel, un bœuf entier qu'on avait rempli du gibier et de la volaille destinés à être servis sur sa table. La cuisson eut lieu entre deux

grands feux et demanda une journée entière ; le bœuf fut distribué aux pauvres qui avaient tourné la broche.

Pc son côté, la ville donna une fête aux ambassadeurs. L'évéque, l'intendant de la généralité, le maire et les échevins en firent les honneurs. On représenta sur un thâtre , dressé pour la circonstance , dans la cour du collège , upe pièce composés par le Père Voisin , professeur de rhé* torique , qui fiit fort applaudie , et le feune Cabaret, firère du chanoine qui nous a laissé des Mé-* moires très-précieux sur l'histoire de SoissoAs , proqonça un discours au nom de la ville.

Pendant la durée du congrès , le baron de Pin-

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tenrider, airibassadwrde Tempereur d'AUemagué mourut, et ^ês obsèques eurent Ika dans Téglbe àt St-L^ger, o& il ht inimnié. thietaUe de maître , pûMant son épitaf fae , posée dansxette église, tat trouVëe: brisée le Imdemattâ. L'aideur de cette actiAn, et le motif qiù la fit commettre,

sont deitteurés iacomms.

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