COMPAGNIE MILITAIRE DE LA VILLE
Du moment ofi Louis XIV eut recule les frontières de la France , et que la ville de Soissons eût cesse d'être comptée parmi les places de guerre, ga milice bourgeoise ne prît plus les armes qu'à des époques assez éloignées les unes des autres , et cette institution ne tarda pas à tomber dans le plus grand discrédit. L'esprit dé corps qui rapproche les individus, en effaçant les inégalités avait disparu , et les riches se trouvaient humiliés de se voir confondus avec les hommes du peuple et couverts , comme eux , du hoqueton (espèce de capote) rouge et blanc qui était l'uniforme de la milice Soissonnaise.
Quoique , dans le principe de l'institution , tout homme capable de porter les armes fût incorporé de droit dans la compagnie de son quartier , néanmoins il s'était formé en dehors des six compagnies , dont se composait alors la milice urbaine ,
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d'autres compa^oies^ qui prenaient sur les premières le pas, et jouissaient d*une préC^nce marquée. Ces compagnies étaient celles de l'Arquebuse , de l'Arc et des Pompiers. Pendant longtemps , la haute bourgeoisie s'était , en quelque sorte , afiranchie du service de la milice en entrant dans la compagnie de l'Arquebuse ; mais celle -^ ayant été enyahie à son rétablissement en 1 753 , par les petits propriétaires et les marchands , sa composition n'était plus du goût des bourgeois. Ils obtinrent donc du duc d'Orléans^ la permission de former une nouvelle compagnie dont la haute bourgeoisie seule pourrait faire partie.
Cette compagnie privilégiée , désigQée sous le nom de Compagnie militaire de la Fttle , était composée de »x officiers et de quatre-vingts fusiliers : c'était parmi ces derniers que les officiers des six compagnies de la milice urbaine devaient cUre choisis ; mais ils étaient tenus de servir corn- 111 c simples fusiliers, toutes les fois que la Campagme de la Ville prenait seule les armes. Cette obligation démontre assez que la vanité n'était pas restée étrangère à la formation de ce corps. La compagnie militaire de la ville fut réunie, pour
la première fois , le 6 juin 1 768 , à l'occasion de la bënëdiction de son drapeau qui était aux armes de la ville , avec cette devise : Hœc tarhafidelis semper patriœ custos. Son uniforme était bleu avec collet et revers blancs. La compagnie eut rhonneur de faire le service auprès de M"° la dauphine, en 1770, et auprès de la personne du roi^ en 1 774 , et se fit renaarquer, dans ces deux drconstaDceSf par sa belle tenue. En cette même année 1 768 , le doc d'Orléans fit don à la compagnie de TArc d un drapeau richement brodé à ses atmes.'La force de cette compagnie était de quarante hommes, qui prenaient encore le titre de chevaliers de Str-Sébastien , et son uniforme était habit rouge avec collet, revers et parement verts. Les quatre compagnies de l'Arc , de l'Arquebuse , des Pompiers et de la Ville , formant en* semble un effectif de deux cent trente -trois honmiies, furent seules appelées à prendre les armes , pendant leb vingt années qui précédèrent la révolution. La milice ne se composant plus que des hommes appartenant à la classe inférieure , ne pouvait plus paraître, avec une tenue convenable, aux cérémonies publiques , qui étaient les seules occasions où elle dut prendre les armes.
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