‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 171 sur 197 · NOMME LES MAGISTRATS DE LA VILLE · texte numérisé non relu

NOMME LES MAGISTRATS DE LA VILLE

Le roi| par ses letb-es patentes de 1750, avait transporté au duc d'Orléans le droit de choisir Le maire entre les candidats présentés par la bourgeoisie. Par un édit du mois de mai 1765 et par des lettres patentes du i 5 août suÎTant , ie choix de ce premier magistrat de la ville fut cchiféré au prince , ^ims la participalion des habitants, et la durée de ses fonctions fiit fixée à quatre ans , au lieu de trois ; tandis que la durée de celles des échevina fut réduite à deux ans.

En même temps que les prodigalités du règoe de Louis XY , ajoutées aux dettes laissées par Louis XIV , augmentaient chaque jour le désordre des finances , on eut recours de aou?eau à la

yénalité des charges. Un ëdit du mois de novembre 1771 , ërigea toutes leff fonctions municipales en offices ou charges , pour être concëdëes à prix d'argent au profit du trésor royal ; mais avec la faculté, toutefois, de les racheter. Toutes ces charges montaient ensemble à la somme de soixante-huit mille cinq cent quatre-vingts livres, lorsque les revenus ordinaires de la ville n'excédaient guère douze mille livres et que ses dépenses s'élevaient à quatorze. La bourgeoisie se refusa au rachat : elle craignit que le sacrifice énorme qu'on lui demandait , ne fut pas le dernier , attendu Tétat d'abaissement et de corruption dans lequel était tombé le gouvernement. Personne ne s'étant donc présenté pour se rendre acquéreur des charges municipales de Soissons , le roi en donna la nominalion au duc d'Orléans. Les bourgeois ne durent plus concourir qu'à l'élection des trois administrateurs des hospices.

Il ne parait pas , cependant , que le duc d'Qr^ léans ât jamais usage du pouvoir absolu, dont il était investi , contre les intérêts de la ville et dé la population Soissonnaise. Aucune plainte, du moins, ne se fit entendre, et tous les choix du

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prince , répondirent aux vœux des habitants , qui continuèrent à être régis, sous son patronage, par leurs anciennes firanchises et leurs coutumes municipales. Ce pouvoir était excessif, despotique même ; mais le prince sut le rendre paternel.

fflSTOIRE DE SOISSONS,

PAR UBMOYNE.

Dans le mémip temps que l'intendant, M. de Méfiant , donnait des encouragements à Tagricnlture , il portait aus^i son attention sur Tétude de l'histoire du pays qu'il administrait. Par son ordre , des fouilles lurent entreprises, en 1 769, vers le milieu de la plaine de St-Crépin en Chayc (nous en avons parlé au chapitre du château d'Albâtre), et il chargea un sieur Lemoyne, officier de la maison du roi, d'écrire l'histoire de la ville , sur laquelle il restait encore beaucoup à faire.

On ne connaissait , depuis l'ouvrage du chanoine Dormay, que les dissertations de l'abbc

le Beuf , composées sur des points historiques indiqués par l'Académie de Soissons. Un sieur Rousseau Desfontaines avait écrit, il est vrai, vers 1 705 , une histoire de la ville de Soissons ; mais cet ouvrage n'avait pas été livré à l'impression ; il n'était guère bon qu'à faire connaître ce qui s'était passé à Soissons du temps de son auteur. L'ouvrage demandé au sieur Lemoyne ne fut publié qu'en 1771 , sous le titre à' Histoire des aatiquités de la ville de Soissons (un petit volume in-lâ). C'est un discours sur les principaux faits de l'histoire de Soissons, jusqu'au X' siècle, dans lequel l'auteur a fait preuve, dans de.nopibreuses notes , de beaucoup d'érudition ; mais ce livre ne contient absolument rien de neuf. Cependant , le corps de ville voulant témoigner, à M. Lemoy-

ne, sa reconnaissance^ de la peiife qu'il s'était donnée , lui adressa , le 29 juin 1775, des lettres de bourgeoisie , sur ime grande feuille de vélin , ornée d'un lacs de soie , portapt les arpies de la ville et renfermées dans une bpite d'argffiit.

Depuis la publicatioiu de cet ouvta^, le .chanoine Cabaret a bissé deux volumes de Mémoires , qui sont d'autant plus précieux , qu'ils . for-

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ment le complëment de l'histoire de Donnay, jusque Tere 1 780. Cabaret , qui fut aussi trësorirr du chapitre de la cathédrale , ëchevin de la riDe et conseiller au baHfiage provindal, dit aroir employé quarante années à compulser toutes les archives citiles et ecclésiasti<)ués de Smssons, afin de s'assurer que Dormay n'avait rien laîss<f échapper, on qu'il ne s'était pas trompé. L'ouvrage an prnnier et les Mémoires du second, devront toujours servir de guides à quiconque vondra s'occuper de l'histoire de Soissons; aujourd'hfid, surtout, que les anciennes archives orA été perdues ou ^spersées.

HOTEL DE LINTENDANCE

L'intendant de la généralité de Soissons, àont la création remontait au règne de Louis X8I« habitait depuis fort longtemps la maison qui fait l'angle des mes de Pafileu et de St^ea». Cette maison était devenue trop petite h mesure (fl^

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