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vingt ans par le duc d'Orlëans. Ces magistrats étaient alors MM. de Claniecy, maire; MennessoD, Brocheton , Brayer , Jean , premier , second et troisième ëchevins ; le quatrième était mort depuis quelque temps
Le 13 février 1789, les délégués des corporations et des paroisses se trouvant réunis, au nombre de vingt-cinq seulement , à l'hôtel de ville , à r effet de voter une adresse de remercimcnt au roi , pour la double représentation qu'il avait accordée au tiers-état à l'assemblée des états généraux , on proposa de procéder ,. séance tenante et suivant les dispositions de l'arrêt de 1665 et de redit de 1 750 , à la nomination de nouveaux magistrats j en remplacement de ceux qui étaient en fonctions , mais dont la durée allait bientôt finir. Le maire étant absent , la proposition fut accueillie par les premier et troisième cchevins, quoique vivement combattue par le deuxième. L'élection eut lieu. Néanmoins, sur la protestation du procureur du roi, les personnes élues se démirent d'une candidature conférée dans un moment d'entraînement et qui pouvait mécontenter le dur d'Orléans, qu'il convenait de ménager.
I^ nomination des quatre députés, aux états
gëuéraux, par les assemblées baifliagères^ se fit le 19 mars suivant. La noblesse, rëosie à Thôtel de ville , porta ses suSrages sur le comte d'Egmont Pîgnatelli ; le clergé , convoqué à Tévéché, nomma, pour son député, M. Delaître, curé de Beniy-Rivière , et MM. Brocheton, second échevîn , et Ferté, d' Acy, cultivateur, -lurent élus par le tiers-état , dans la grande salle du bailliage. Les cahiers donnés à ces députés, rédigés sous l'inspiration des principes de liberté qui surgissaient alors de toutes paris , indiquaient de nombreuses réformes à réclamer dans tontes les branches de Tadrainistration gouvernementale.
Toute la population soissonnaisc prit spontanément les armes, le 35 juillet, sur la nouvelle apportée , par un exprès , de Crépy en Valois , que des brigands avaient coupé les blés , pendant la nuit , et qu'ils se dirigeaient , au nombre de quatre mille, sur Villers-Cotterêls. C'était une fausse nouvelle , répétée le même jour sur beaucoup de points de la France , pour jeter l'alarme dans les esprits et ameuter la multitude au profit des passions démocratiques. Cette prise d'armes fut l'origine de la garde nationale , laquelle sur-
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céda à la vieille milice urbakie^ morte dedëcrëpitude, et absorba , dans son sein, les compagnies particulières de TArc^ de 1* Arquebuse et de la Ville. Celle des Pompiers fut même englobée momentaaément dans cette première réforme des anciennes institutions de Soissons ; mais on la ri»dk bientôt à sa spécialité » avec un changement dans son uniforme : les parements , revers et collet rouges , furent remplacés par du velours noir.
La unit à jamais mémorable du 4 août 1789, qui vit s'écrouler tous les privilèges féodaux et toutes les immunités ecclésiastiques , vit aussi disparaître les jurandes et maîtrises des corps de métiers. L'abolition de l'apanage du duc d'Orléans, rendit à Soissons sa liberté municipaie. Peu de semaines après , un décret de l'assemblée nationale , qui s'était déclarée assemblée constituante, ordonna la suppression des chapitres et des ordres monastiques , et mit tous les biens du clergé à la disposition de l'État, à la charge de pourvoir d'une manière convenable aux frais du culte et à l'entretien de ses ministres. De plus, toutes les paroisses furent réunies à la cathédrale,
à l'exception de celle de St-Vaast, Ce décret, qui touchait vivement Soissons , fut bientôt suivi d'un autre non moins important : celui-ci ordonnait une nouvelle division de la France en quatrevingt-trois départements, et remplaçait, les gënëralités et autres administrations provinciales , par des conseils ou assemblées de département et de district. Comme le département de l'Aisne se trouva formé , en grande partie , de la généralité de Soissons , les Soissonnais pouvaient espérer que leur antique cité conserverait son rang de chef4ieu ; mais ce rang lui fut disputé par Laon , et les deux villes rivales offrant une importance à peu près égale, sous le rapport de la population, l'assemblée nationale laissa aux électeurs du département, qui furent convoqués à Chauny, le soin de décider la question. Malgré les efforts de MM. Quinette , Letellier, Quinquet et Fiquet , qui prirent successivement la parole et firent valoir , avec une éloquence patriotique , les titres de la ville qu'ils représentaient , Laon obtint la préférence. La décision de l'assemblée électorale de l'Aisne , qui fit descendre la vieille cité de Clovis au rang de chef-lieu de district, fut prise