‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 180 sur 197 · RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE

Le fO août , le trène t^mbe sous les coups redoublés de toutes kss mauvaises passions acfaa rnées à sa rmne. La rdigion est proscrite, et ses ministres , assermenté» et non assermentés , diassés dn* sanctuave. Plus de cuke , plus de prières « partout b profenation^ te sacrilège et l'impiété. M. Marelles , abandonné et dédaigné de ceux-là mène qui lavaient le plus chaudement accueilli , se trouve encore fort heureux de. remplir ^ pour

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subsister , un emploi très-sobaiterne dans lliôpital militaire établi au séminaire, où il meurt au bout de quelques mois. U fiit enseyeli , sans aucune distinction, et enterré comme un simple soldat y dans le cimetière qu'il avait béni Tannée précédente, vers la plaine de St-Crépin en Chaye, où l'on a construit , en 1 8â7 le nouveau bastion , n^ 10.

La chute du trône et la captivité du roi furent suivies de l'invasion de la Champagne par les ar* mées étrangères. Les soaveradns comptûeiit sur le bon accueil de la grande majorité de la nation , qui voyait avec douleur le triomphe de la faction républicaine et regrettait une royauté , la plus illustre comme la plus ancienne de l'Europe , à laquelle on pouvait t»en re|Mrocher , sans doute , des fautes , mais non lés crimes , dont il convenait à ses ennemis de l'accaso*. Soiasons devint le grand dépôt de l'armée <ltargée de repovsser l'invasion. Chaque jour des bataillons des féàécis de Paris arrivaient au camp , qui compta bientôt fosqu'à viagtHiDKi mille hommes. Dans ce nombre , il s'en trouva qui sortaient malhettreu$eiii»nt de la lie du peuple de la capitale : gens smis frein , plus disposés au désordre qu'à combattre pour

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l'honneur et la patrie ; remplis de toutes les fureurs de la démagogie ; toujours prêts à Toir partout des <:omplots dé trahisons. Discemonent le camp fut une véritable calamité pour la ▼ilie et les communes d'alentour : malhenr à quiconque ne paraissait pas partager l'exaitalioa rérolutionnàire des fëdërés , ou ifoubit s'opposer à leurs déprédations; il s'exposait à toutes sortes de mao- Tais iraitements. Les vivres devenant rares , et les objets d'habillement manquant , ces hommes se livrèrent bient6t à la fougue aveugle de leurs passions. Ils égorgèrent sur la grande place ^ bb de leurs officiers supérieurs , parce qu'il n'avait pu ledr Gure délivrer des effets qu'ils réclamaient. Quelques jours après , un serg^itHBajor , soap* çonné y sur un propos de cabaret , de trahison et d'embauchage , subit le même sort dans te Mail , et les meurtriers portèrmt sa tête au bout d'un sabre aux membres du dbtrict. Deux autres sou&oiGders tombèrent encore sous les coups de ces forcenés ; enfin le bourreau de l'ancien bailfiage fut tué à coups de salure, par des soldats, arrec lesquels il était à boire , et qui voulaient le forcer à payer tout Técot.

. lin voisinage si dangereux engagea beaucoup

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de personnes à s'ëloigner de la viHe. D'ailleurs les reformes opërëes dans tontes les branches de l'administration publique avaient caiisë une grande perturbation au sein de la bourgeoisie. Il ëtait peu de familles qui n'eussent à regretter la perte de charges acquises à titre onéreux, ou d'em^ plois qu'une longue possession pouvait ftdre regarder comme une propriété , et dans lesquels ces familles trouvaient une existence honorable. D'un autre côté des réquisitions souvent renouvelées pour les besoins des troupes, et, plus tard , la loi du maximum furent , pour la plupart des mar* chands , une source de pertes considérables , sinon, une source de ruine. Aussi la population de Soissons décrut-elle sensiblement , et , quand l'ordre et la paix revinrent .cicatriser tant de plaies , cette population s'élevait à peine à sept mille âmes.

La religion abolie : la cathédrale Tut livrée , avec intention , aux usages les plus profenes. Les grands locaux abondaient à Soissons, mais on voulait faire outrage à la sainteté du Keu : le chœur et le sanctuaire sont encombrés d'effets de campement et d'équipement : les chapelles laté-

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raies , fermées de grilles , reçoivent des fusils et des sabres et la nef sert de magasin à fourrages. Bientôt les charretiers se plaignent que leurs Toitures ne peuvent arriver qu'avec beaucoup de peine dans l'intérieur du magasin. On propose, pour y remédier, de démolir le dallage de l'église , déjà en grande partie brisé par la charge des voitures, ainsi que les marches du portail , sur lesquelles on avait établi une rampe en terre. Mais le commissaire des guerres , Meurizet , s'oppose énergiquement à cette dégradation qui eût été suivie , sans doute , de beaucoup d'autres plus considérables. Une fois la pioche mise dans ce bel édifice , où l'œuvre de la destruction se serait-elle arrêtée , quand de chauds patriotes demandaient qu'on le fit di^araitre de la surface du sol? Les magasins se trouvant promptement épuisés , la cathédrale fiit consacrée aux fêtes républicaines et transformée en temple de la Baison. Cette nouvelle destination fut provoquée par ceux qui désiraient sa conservation; c'était le seul moyen de l'arracher aux démolisseurs.

Son riche mobilier, celui de l'abbaye de Notre- Dame et généralement de tous les établissements

reli^eiix de Soissons fut gaspille, ou deTÎnt la proie de cette tourbe de pillards qui avaient envahi toutes les parties de l'administration publique. Quelques objets prëdeux furent heureusement soustraits à leur rapacité , et , grâce à cette pieuse prévoyance , l'église de Soissons peut encore offrir , aujourd'hui après la tempête , les reliques de ses deux apôtres à la vénération de ses fidèles.

La vente , quoiqu'à vil prix , des biens-fonds du clergé , dont des parties considérables touchaient presqu'aux portes de la ville , ne profita point à ses habitants ; les cultivateurs qui tenaient ces biens à ferme ou des agents de la république s'en rendirent généralement acquéreurs , et la ville perdit sans retour les ressources que lui procuraient les revenus de l'église , lesquels étant dépensés, sinon en totalité, du moins en grande partie dans ces murs , donnaient du mouvenent à la circulation de l'argent et au commerce. Il est vrai qu'on lui promit une somme de cent mille écus sur le produit de la vente des biens nationaux; mais cette promesse, faite pour gagner sans doute les Soissonnais au nouvel ordre de

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choaes «. ne fut point réunie et ia nlle n'en reçut jamais un seul écu.

La caisse centrale de Tandenne gënëralitë avût été mainienue à S<nssoD&, bien qu'dle fAt deTouie celle du département de l'Aisne. Un arrêté de l'adaunistration d^artementale ayant ordosne que cette caiase fût transférée à Laon, les Soissonnais conçurent un vif déplaisir de cette mesure ; elle leur rappelait toutes les pertes que leor tille avait éprouvées . Saisissant l'occasion des tentatives faites par les Girondfins de soulever les départements contre la convention, pour se venj;er de cetfas sidniiiibtration qu'ils suspectaient At leur être dé^vovdbfe , ils s'c^posirant i l'exëciition de l'arrêté^ et la dénoncèrent comme coupable de mollesse et. d'incivisme. Une députation fut envoyée à b convention, qm l'adont à sa barre If "SS jimi 1793. Lherbon, officier municipal et l'mi des membres «les plus influents de la société populaire^ porta la pande. « Citoyens, dUAi, les en* nends delà liberté ont été trompés dans leurs coupables espérances. Nous applaudissons an •courage que vous avez* montré en écvtant de votre sein les perfides représentsuats du peuple

(les Girondins) qui, par leurs clameurs, retardaient vos travaux. C'est en vain qu'on appelle la guerre civile ; il y a dans toute la république beaucoup de braves républicaine qui veillent, pour la liberté. La ville de Soissons en a donné Texempie. £Ue a voué au mépris les écrits liberticid^ des Condorcet, des Jean de Brj, des Perrin, etc. Les citoyens de Soissons sont restés fermes dans leurs principes. Nous sommes venus dénoncer, au nom de la société populaire de Soissons et de tous les habitants, l'inertie coupable de l'administration du département

« Nous vous demandons Tapprobatidn deâ me-sures que nous avons prises relativement aux arrêtés du département, auxquels nous avons refiiaé d'obéir. Nous prions la convention nationale d'ordonner que les quatre mille fusils qui sont dans les magasins de Soissons, soient réparés pour nous éti:e donnés en place de ceux qve nous avons cédés à nos frères qui ont été combattre les ennemis de la république. Nous demandcms^ enfin , qu'il nous soit accordé trente mille livres sur les cent mille écus qui nous reviennent de la vente des biens nationaux. »

La dëputation fut admise à Thonneor de la sëance ; mais sa dëmarche n'eut point le r&ultat qu'on s'en était promis. La convention, devinant facilement le motif secret qui faissût agir les Soissonnais, maintint les ordres de Tautorîté supérieure, qu'il fallut exécuter, et Lherbon fiit arrêté, peu de temps après , et transféré dans les prisons de Paris. La société populaire ayant pris chaudement la défense de son mandataire , l'agent national du district saisit ses papiers et plusieurs de ses membres allèrent grossir le nombre des détenus qui peuplaient le collège. Cet établissement n'avait point échappé aux réformateurs : les Qratoriens chassés et les classes fermées , son vaste bâtiment transformé en maison d'arrestation, avait reçu les personnes auxquelles les révolutionnaires donnaient les noms de suspects et d'aris* tocrales , pour avoir un prétexte de les persécuter ; heureux quand elles en étaient quittes avec ta perte seulement de leur liberté. On distinguait parmi celles que firappa cette honorable proscription : MM. de Clamecy, ancien maire; Menesson , échevin ; Brocheton , député à l'assemblée constituante ; Blein , procureur génénil du dépar-

tement ; Quinquet, procureur du district ; le marquis de Puysdgur , avec sa femme et ses enfants ; Dutour de Noirfosse , major général de l'armée française dans l'Inde ; le général de Beaurepaire ; M"* l'abbesse de Notre-Dame; des chanoines, etc., en un mot, l'élite de la population soissonnaise.

Soit crainte , soit désîr tle sauver ceux de ses membres qui étaient incarcérés, la société populaire prit le langage du républicanisme le plus pur. Elle envoya une nouvelle députation qui se présenta, le 30 janvier 1 794, à la barre de la con-

vention. « Législateurs , dit l'orateur de la députation , un système affreux d'oppression règne dans la ville de Soissons. Les meilleurs patriotes sont incarcérés. On a tenté de dissoudre la société populaire » Après s'être plaint de la

conduite de l'agent national Paillet, et de l'arrestation du patriote Lherbon, l'orateur continue ainsi : « Le motif bien réel de cette persécution, c'est la guerre faite par la société populaire aux intrigants , aux modérés, aux fédéralistes , aux aristocrates , à ces hommes à jamais exécrables qui avaient signé pour la conservation du tyran

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