‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 182 sur 197 · CONSULAT ET EMPIRE · texte numérisé non relu

CONSULAT ET EMPIRE

A peine le général Bonaparte eut-îl pris en main les rênes du gouvernement, qu'il appela à la tête de l'administration municipale de la ville, M. de Puységur. Un pareil choix fut accueilli avec satisfaction -, il prouvait assez la volonté du nouveau chef de l'Etat , d'arracher la France à l'anarchie où l'avaient jetée les hommes de la démocratie, qui s'étaient montrés beaucoup plus habiles à démolir qu'à réédifier. M. dePuységur, nommé maire en 1800, eut pour adjoints, MM. Darras, avocat,, et Desèvrè, notaire.

Le retour de l'ordre ramena tout naturellement le rétablissement du culte. Déjà, sous le gouvernement du directoire, on avait toléré la réouverture de l'église cathédrale ; mais une division des plus fâcheuses régnait dans le clergé : les prêtres , qui avaient refusé le serment à la constitution de 1 791 , disputaient le sanctuaire aux

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prêtres coestHutionnels. Les premiers ayaâent pour eux toutes les personnes religieuses ; les autres étaient soutenus par les partisans de la ré- Tolution , bien que ceux-ci* n'allassent jâmab à la messe. Fort heureusement , le concordat de 1801 vint enfin mettre un terme à cette lutte déplorable, et releva le siège épiscopal de Soissons, auquel il donna le département de l'Aisne pour diocèse. La cathédrale , que ses différentes trans^ formations avaient beaucoup endommagée, fut restaurée* On lui rendit tous les objets prédeui et d'art soustraits à la rapacité des agents de ia république et au vandalisme révolutionnaire; eo^ tre autres les deux statues de maii>re blanc qm décorent le msâtre-autel ; elles proviennent de TégjKsc de l'abbaye de Notre-Dame, et le beau tableau de l'adoration des bergers , donné par Rubens , aux Cordeliers de Soissons.

Le séminaire diocésain fut étabfi dans le couvent des Minimesses, le gouvernement persistant^ flialgré les sollicitations râtérées de l'évéque, a conserver comme caserne le bâtiment du sâninaâre. Une orilonnance royale> du mob de jantK^ 1845, rendit enfin cet é^fice à sa destination pf^ nûère.

Le rétablissement du calte lut suivi de la rëou^ verture des ëcoles gratuites, dirigées par les sœurs de rEnfant-Jésus et les frères de la doctrine chrétieune. La ville reotrée, non sans peine^ en possession des bâtiments du collège, dont l'administration des domaines s'était emparée, les donna à loyer à un maître de pension ; mais en 1807, le pensionnat fut remplacé par un collée communal, érigé en vertu de la loi organique de l'Université. L'école de dessin, fondée en 1775, fut également rétablie et réunie à l'enseignement du collège.

Les prind^es d'ordre avaient repris leur empire. Les divergences d'opinion s'étaient effacées. La ville de Soissons avait oublié ses pertes et était redevenue un séjour tranquille et agréable. Elle renfermait une société amie du plaisir, qui comptait dans son sein beaucoup de femmes charmantes de grâces et de beauté. C'est alors qu'on chanta les belles Soissonnaises.

Au mois de janvier 1807, l'ancienne académie de Soissons fiit reconstituée sous le titre de Société des sciences, arts et belles-lettres; mais elle n'eut qu'une edstençe éphémère. Dès l'année Suivante ses membres, qui étaient au nombre de

douze, cessèrent de leur propre mouvement de se réunir.

Sous le gouvernement consulaire et sous Tein pire, rhôtel de llntendance fot affecté à une s^natorerie et possédé, à ce titre, par le sénateur Tronchet, et, après lui, par le comte de Beauharnais. C'est ce qui avait fait donner à cet édifice le nom de ia Sénaiorerie,

En 1 806, M. de Puységur fut remplacé dans ks fonctions de maire, par M. Desèvre qui les conserva jusqu'en 1815. Soissons reçut, sous leur administration, plusieurs améliorations : la nouvelle salle de spectacle, construite eu 1805; les bains, le cimetière et les fontaines de la rue des Rats et de la rue des Minimes.

CAMPAGINE DE ^8U.

La plus belle armée que la France eût jamais mise sur pied , avait péri dans les glaces de la Russie. D'autres revers avaient suivi ce grand d^

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sastre , et notre territoire fut bientôt envahi par les soldats de toutes les nations. Napoléon, pour résister à tant d'ennemis, qu'avaient soulevés son ambition et l'or de l'Angleterre, ordonna la formation de quatre corps de réserve , dont l'un devait se rassembler à Soissons ; mais sa volonté resta , cette fois, impuissante. Le prestige produit par vingt ans de victoires et de conquêtes s'était évanoui : plus de jeunesse pour recruter nos bataillons délabrés : la conscription l'avait dévorée avant l'âge. Plus de libertés publiques pour retremper l'esprit national, en présence des dangers de la patrie : elles étaient étouffées sous la pourpre impériale. Les vieux compagnons d'armes du vainqueur de Montenotte, des Pyramides, de Marengo; ces valeureux Français que 1 79S avait vus voler, avec tant d'enthousiasme, à la défense de leurs frontières, n'apportaient plus au combat , ni la même énergie, ni la même confiance. Usés par les fatigues, couverts de blessu^s, comblés d'honneurs, rassasiés de gloire , ils aspiraient à goûter enfin quelque repos à l'ombre des lauriers gagnés sur cent champs de bataille. Pouvai«nt-ils voir d'ailleurs, sans déplaisir et sans regret, que celui

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