‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 183 sur 197 · II. a · texte numérisé non relu

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qui avait été leur égal, poussât la soif do pouvoir jusqu'à faire presque revivre de nos jours, et au mëpris de tout le sang versé pour la cause de la liberté, ce mot célèbre de Louis XIV : F État c' ta moi! eX que, non content d'avoir posé sur sa télé une double couronne, il eût encore sacrifié tant de fois des milliers de braves soldats pour pourvoir de trônes tous les membres de sa nombreuse famille ?

Cependant les armées ennemies s'avançaient avec lenteur et circonspection. Le 1â février Je général Winzingerode s'empara de Laon, sans coup férir. Le corps de réserve rassemblé à Soissons, ne présentait qu'une masse d'environ quatre mille hommes. A Texception des cadres de six bataillons et d'une centaine de gendarmes à cheval, c'étaient des conscrits de la classe de 1 81 5, appelés par anticipation , et des gardes uationales mobiles des départements de l'Eure et de Seine et Oise, composées d'hommes mariés ou de jeunes gens de quinze à dix-huit ans que la conscription n'avait point encore osé atteindre. Le commandement supérieur était confié au général de division Kusca , qui avait sous lui les généraux de bri-

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gade Berruyer, conunandant la place, Dauloup- Verdun et Longchaïups.

La force et la composition de cette masse étaient peu propres à inspirer de la confiance. On avait alTaîre à des troupes aguerries et pleines de celte audace que donne une longue suite de succès. En face d'un si grand péril, on négligea presque toutes les mesures de précaution : la place n'était armée que de huit pièces de campagne. Les remparts, depuis longtemps changés en promenades, se trouvaient entièrement dépourvus de parapets et de tout abri contre les coups tirés du dehors ; on y était vu de la tête aux pieds Le mur d'escarpe avait à peine, sur plusieurs points de son pourtour, U mètres de hauteur : le fossé était sans contrescarpe et la gorge de la place ouverte sur le Mail ; enfin, aux abords des trois portes, s'élevaient des maisons dont les combles dominaient tout le terre-plein de l'enceinte. Par une fatalité à peu près inexplicable , les seuls travaux entrepris pour remédier à tant de défauts, eurent lieu à la porte de Rheims, où la hauteur de la muraille était assez considérable pour ne pas avoir à craindre d'escalade. On couvrit cette porte d'un réduit palissade.

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A la nouvelle de la prise de Laoïi, on s*einpressa de compléter, tant bien que mal , l'armement de tous les hommes de la garnison. Le lendemain 13, on envoya un bataillon prendre position à la ferme de la Perrière, en avant du village de Crouy. Mais il en fut promptement déloge, le même jour, avec une grande perte, par l'avantgarde russe: sous les ordres du général Czeniitzchew. Les débris de ce bataillon se sauvèrent à la faveur des ravins et des bois qui avoisinent b ferme , et rentrèrent la nuit dans la place, harcelés par les Cosaques, qui s'avancèrent jusque sur le bord des fossés. Cet échec qu'on devait prévoir, et qu'il eût fallu éviter avec de mauvaises troupes qu'il démoralisait encore davantage i était d'un âcheux augure pour le jour suivant.

Le général Winzingerode dont l'intention était de se rallier à Tannée de Blucher, sur les bords de la Marne, n'était que trop bien instruit de toute la faiblesse de Soissons . Il avait formé le dessein d'enlever cette ville, chemin faisant, par une attaque de vive force. Lorsqu'il eut rejoint soi^ avant-garde, dans la matinée du 14 février, ses colonnes, formées entre le village de Crouy et le hameau de St-Paul, s'avancèrent, vers les onze

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heures, avec la plus grande résolution, sans s'inquiéter de l'artillerie de la place , ni ralentir leur marche. Arrivées à 300 mètres des remparts, vingt pièces de canon, sorties de leurs flancs, ou<r vrirent un feu terrible à mitraille. Le général Rusca tomba des pFemiers , frappé d'un biscaïen à la gorge. Il avait pris poste dans le bastion de la porte de Laon , autant pour relever, par sa présence, le moral de ses soldats, que pour observer les mouvements de l'ennemi. Au même instant, Tavant-garde russe se précipite sur la porte de Laon, qu'elle enfonce à coups de hache , tandis que ses tirailleurs dirigent sur le rempart , par les croisées et les toits de l'auberge du Point du Jour, située presqu'à l'entrée du pont de cette porte, une fusillade très-meurtrière qui en chasse les Français, que la mort du général a jetés dans la stupeur et dans la plus grande confusion.

Pendant que la porte de Laon était emportée d'emblée, une autre colonne ennemie, passant* derrière St-Médard, se dirigent rapidement sur la petite porte, placée en amont du pont et servant à communiquer avec le chemin de halage. A la vue de la cavalerie venant au galop , le détache-

ment chargé de défendre cette porte lâcha pied, sans même prendre le temps de faire feu. Les Co* saques , debout sur leurs chevaux et s'aidant de leurs grandes lances, escaladèrent facilement la muraille, peu élevée en cet endroit, et ouvrirent la porte à Tinfanterie qui suivait à toutes jambes.

A peine des Cosaques ont-ils paru sur le rempart; que le plus grand désordre se met parmi ceuK qui défendent encore le faubourg. Chacun ne pense plus qu à se soustraire au péril : les uns, et c'est le plus grand nombre, jettent leurs armes et leur accoutrement nâlitaire , et se cachent dans les maisons voisines ; les autres cherchent à fuir veij-s la ville ^ mais déjà les Russes se sont avancés jusqu'au pont, et, pour s'échapper, il faut leur passer sur le corps. Le général Longchamps , qui a remplacé Rusca et rallié une poignée de vieux soldats, culbute, en se retirant, ceux qui lui barrent le chemin, puis Ëdsant volteface, il défend à son tour le passage du pont.

Ce généreux eifort ne pouvait plus mattieureument sauver Soi&sons. Après vingt minutes d'une résistance désespérée, il fallut céder au nombre toujours crois^^ant des assaillants, dont les masses

se portaieiit eu avant avec une impétuosité peu commune. Le brave Longchamps continua* sa retraite en combattant de rue en rue. Déjà la tête des colonnes russes était parvenue à la hauteur de la rue du Commerce , que la garde nationale soissonnaise se trouvait encore réunie en armes, sur la grande place, avec le petit corps d'infanterie formant la réserve de la garnison. Le général Berruyer conserva assez de prévoyance, au milieu du désastre, pour faire avertir cette milice citoyenne de se dissoudre, au plus tôt, et de pourvoir à sa sûreté. Les armes sont jetées pêle-mêle dans l'ancienne maison des Cordeliers , et chaque garde national cherche à regagner son domicile, non sans courir de grands dangers : plusieurs sont faits prisonniers, dépouillés, maltraités et emmenés hors delà ville par les Russes, qui ne sayent pas les distinguer des troupes 4^ la garnison , et qui croient même que les habitants ont pris une part active à la défense de la ville. Néanmoins , la plupart parvinrent à s'échapper ou furent relâchés le soir ou le lendemain , sur la réclamation du maire. Cependant quelques-uns n'ont jamais reparu depuis cette funeste journée. 1^ rapidité avec laquelle Tcnnemi avait envahi

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la ville , u'avail pas donne le temps aux troupes françaises , postées sur les divers points de sa vaste enceinte, de se rallier, soit pour combattre, soit pour se retirer. Ces corps ëpars livrèrent de petits combats dans les rues , à mesure que, cherchant à gagner la porte de Paris , ils se rencontraient avec les masses ennemies Le petit corps, formant la réserve , arrivé au coude de la rue Neuve, trouve les Russes en force dans la me St - Christophe ; la fusillade s'engage aussitôt: mais trop faible pour s'ouvrir un passage, il rebrousse chemin , gagne le rempart, saute dans te fossé par le flanc retiré du bastion de la tour de l'Ëvangile, où Tescarpe n'avait guère que 2 mètres de hauteur , et se rallie au général Longchamps, qui était parvenu à sortir de la ville avec les cadres de trois bataillons. Mais bientôt, envelopp<^ par la cavalerie de Czernifzchew , les Français sont forcés de mettre bas les armes. Enviroû huit cents hommes de la garnison furent tués ou blessés et tout le reste pris ou dispersé, à Tcxception des généraux Berruyer et Dauloup-Vcrdun, qui partirent au galop, avec la gendarmerie, et gagnèrent Compiègne.

Le conseil municipal se trouvant assemble' an

moment ou les Russes pënëtraient dans le faubourg St-Yaast , le maire ëcrrrit à la hâte au gënëral Winzingerode , pour rëclamer sa protection en faveur des habitants. Mais comment lui £ûre parvenir cette lettre ? Le sieur Charpentier, garde champêtre , s'offrit , et ce brave homme , ancien militaire , s'acquitta de sa mission përilleuse avec autant de bonheur que de courage. Arrive au pont , où Ton se battait avec acharnement, il monte sur le parapet et le parcourt d'un bout à l'autre, bravant les balles des deux partis. Il traverse ensuite hardiment les masses ennemies qui se prëcipitent dans la ville ; son assurance et la dëpéche qu'il montre à la main le font respecter, et, après nombre d'efforts pour surmonter les obstacles causes par l'encombrement des chemins , il trouve enfin le gënëral en dehors de la porte de Laon, et lui prësente la lettre. Il est bien temps, lui dit celui-ci , en la recevant ; mais restez près de moi pour me conduire à fhôtel de ville. Winzingerode pousse son cheval , dont le sieur (Charpentier saisit la queue , et tous deux arrivent en peu de temps à l'hôtel de ville. Par une ordonnance royale , rendue le 30 juin 1 81 9 ,

à la demande de rautorité municipale , il fut accorde, an courageux garde champêtre une médaille d'argent et une pension viagère de deui cents firancs.

Les troupes alliées commirent quelques désordres : des maisons furent pillées ; il fallut satis faire à tous les besoins et à toutes les exigences du vainqueur ; mais le mal fut loin d'être aussi grafe qu'on pouvait l'appréhender , dans une ville emportée d*asdattt , et dans les rues de laquelle le combat s'était prolongé assez longtemps pour exaspérer les assaillants.

Dans la soirée l'ordre était à peu près rétabE. Le général Winziugerode fit publier une procla mation promettant la sûreté des personnes et des propriétés , et engageant les habitants à ouvrir leurs maisons et leurs boutiques. Le lendemain i une partie de la matinée fiit employée aux obsè- (]ues du général Rusca , auquel les Russes rendirent les honneurs militaires. Cette cérémonie avait un peu rassuré les Soissonnais ; on commeii- 4;ait à se remettre des terreurs et des maux de b veille ; mais lout-à-roup la scène changea. Los Russes parurent inquiets, on leur distribua oslen

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sibleai£iit des cartouches , et le pills^e recommença daos quelques maisons. Tout enfin semblait annoncer de nouveaux malheurs.

L'ennemi venait d'apprendre les yictoires dç Napoléon à Champ-Àubert , à Montmirail , à Vauxchamps, et la retraite précipitée de la grande armée russe et prussienne sur Rheims« Quoique Soissons fût un point fort important à garder, le {général Winzingerode ne jugea cependant pas prudent de s'y établir avec son corps ^ ni d'y laisser une garnison , désespérant sans doute de pou- V oîr s'y défendre avec succès , dans l'état de délabrement des fortifications. Lç soir même ses troupes commencèrent leur mouvement, emmenant avec elles le sous-préfet, M. de Yismes^ et tous les habitants dont elles purent se saisir dans les rues , pour leur servir de guides. Elles se dirigé^ rent sur Vaiily et Berry au Bac , pour se mettre en communication avec Biucher. Le général russe visita y avant son départ , plusieurs de ses hlfissés qui avaient été transportés avec les blessés fran- <;ais dans le bâtiment du séminaire , où l'autorité municipale avait eu l'heureuse précaution de faire établir , quelque temps auparavant , une suceur-

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sale de l'Hôtel-lHea pour y recevoir les militaires. Trouvant qu'ils y étaient bien soignes parles chirur^ens de la ville , il révoqua l'ordre de les évacuer et les laissa à la garde des Soissonnais. La ville ne fut entièrement débarrassée de la présence de l'ennead que le 17 au matin. Le mène jour un détachement de cavalerie française, T^ nant de Villers-Cotterêts , où se trouvait le corps du maréchal duc de Trévisc , arriva et ramassa trois ou quatre voitures des équipages russes: mais il se retira , après être resté seulement quelques heures.

Soissons se trouva ainsi abandonnée à etle-m^ me y entre les deux armées , dont les avant-postes touchaient presque à ses portes ; car Wirnângerode avait laissé de forts détachements échelonnes dans les villages de la rive droite de l'Aisne. Ch^ que jour un parti de Cosaques venait s'établir à la porte de LaoB ^ d'où il envoyait ses fourragcurs dans la ville , sans que personne osât s'opposer ouvertement à leurs déprédations. Cet état de choses, qui mettait la population toute entière à la merci des maraudeurs de l'ennemi, engage beaucoup d'habitants à partir pour Pam ^^

pour Compiègne , dont les routes étaient libres.

Le duc de Trévise que l'empereur avait laisse entre l'Aisne et la Marne pour surveiller l'annëe de Blucher , pendant qu'il se portait lui-même , avec le gros de Tarmëe , contre les Autrichiens qui s'avançaient sur Paris par la Haute Seine , envoya» le 20 février, le général de brigade Moreau occuper Soissons avec une garnison d'environ douze cents hommes seulement, dont les deux tiers appartenaient au régiment polonais de la Vistule. L'artillerie se composait d'une vingtaine de pièces de divers calibres avec un approvisionnement peu considérable pour chaque pièce. Cette fois on fit cependant quelques travaux pour améliorer les défenses de la place : des portions de parapet furent établies sur divers points des remparts , et l'on rasa les maisons Jes plus voisines de la porte de Laon. Ces dispositions, qui annonçaient l'intention de soutenir de nouveau l'attaque de l'ennfemi, firent encore partir beaucoup d'habitants. Le maire et ses deux adjoints étant au nombre des fiiyards , la ville se trouva sans administration municipale.

Blucher faisant une pointe sur Paris par la val-

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lëe de la Marne , les corps des généraux Bulow et WorortROW se présentèrent, le 1 *^ mars, dcTanl Soissons, dont la prise devait assurer les communications de leur armée. Le lendemain ils ouvrirent un feu très-TÎf d'artillerie sur la ville ^ auquel on riposta avec assez d'avantage , et leurs colonnes s'avancèrent dans les faubourgs , mais elles furent successivement repoussëes par les Polooais, qui déployèrent un grand courage. Le soir, le <^ombat ayant cessé , les gânéraux aifiés envoyèrent un parlementaire pour engager le conuhaj)dant français à rendre la place. Moreau avec le peu de troupes , quoique très-braves , qu'il avat sous ses ordres , ne pouvsut espériar de réaster longtemps à une armée de quinze à vingt mille hommes qui Tattaquerait sérieusement sur plusieurs points à la fois. De plus , il devait craindre que le salut des habitants ne fut gravement compromis , si la ville venait à être emportée une seconde î<Às d*assaut. Ce général crut donc faire une chose honorable et même avantageuse, en consentant à une capitulation qui lui permettait d'aller rejoindre l'armée française avec ses troupes et ta majeure partie de son artillerie , après

avoir soutenu une vive attaque. Lia capitulation fut signée dans la nuit ; les alliés prirent possession de la porte de Rheims à la pointe du jour, et la garnison devait se mettre en marche , le 3 , à neuf heures du matin pour Compiègoe.

Mais cette capitulation fut sur le point d'être rompue au moment même d'être mise à exécution. Quoiqu'il eût été stipulé que la garnison pouvait emmener toutes ses pièces de campagne, les Prussiens ne voulaient en accorder que deux. Cette chicane fit entrer les Polonais en fureur. Déjà exaspérés par la reddition de la place , ils étaient encore animés par le bruit du canon qui se faisait entendre , depuis la veille , dans la direction de Meaux , en se rapprochant d'une manière sensible. Croyant à un succès de Tarméc française , ils voulaient se mettre en révohe contre le général , et défendre la ville malgré lui , lorsque le comte de Woronzow , qui sentait toute l'importance de la possession de Soissons , dans des circonstances aussi critiques , leur fit donner satisfaction et applanit la difficulté. « Donnez-leur , dit-il aux « Prussiens , les pièces qu'ils réclament-, et les « miennes s'ils les exigent , mais qu'ils partent de

« suite, et nous aurons encore . fait un bon « marché i »

Cet ineid^nt avait retarde, de près de cinq beu res, le dëp^ 4e la garnison. lies allies, dans leor impatience d'occuper Soissens, y avaient fait en> trer, par la porte de Rheims, dont ils étaient mai très, i^usieurs corps de trojDqpes, et sans l'intervention loyale du général russç, la yille fiit âev^ Bue le théâtre d'un combat sanglant, dans lequel les Polonais eussent iniaHltblement succombe sons le nombre,. tout en yeadant chèrement leur vie. A peine avaieBt-41s quitté, le faubourg St- Christophe, que les t^tès des colonnes de l'armée de Blucher arrivaient auX;portes de Soissons, par la vallée de, la Crise, d^ns le plu$ grand désordre. Durant toute la nuit suivante la ville fot traversée par l'artillerie , les équipages et des corps de troupes qui se portaieM en grande bâte sur la rive droite de l'Aisne. Le reste de l'armée ennemie franchit cette rivière sur un pont volant, au-dessus du village.de Vénizel, pendant que Napoléon, ignorant la chute de Soissons, Iiû.coi> pait vainemerrt la route de Rheims par une marche TBfiàe. Mais ce génie superbe avait tout usé,

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jusqu'à sa fortune ; son étoile arait pâli , l'adversitë Taccablait.

L'année ennemie , traînant à sa suite des centaines de blessés et de malades, en laissa la plus grande partie à Soissons. L'Hôtel-Dieu et l'hôpital provisoire du séminaire se trouvant déjà pleins des blessés du 1 4 février et du S mars, on transforma en ambulances la caserne Notrer-Dame, la maison de correction, le bâtiment des Minimesses, servant de séminaire, celui des écoles chrétiennes et la Sénatorerie , dont le riche mobilier fut pillé et les glaces mises en pièces.

Pendant que Napoléon s'opiniàtrait à potursnivre Blucher qui échappait à ses combinaisons, grâce, en grande partie, à la chute de Soissons, les ducs de Trévise et de Raguse arrivaient, le 4, devant cette ville, qu'ils avaient l'ordre de reprendre. Le général russe Budzewitzch qui l'occupait, avec son corps, ne paraissant nullement disposé à l'évacuer, les deux maréchaux ordonnèrent, le 5, dans la matinée, une attaque de vive force. Trente pié*.ces d'artillerie firent un feu trèssoutenu contre les remparts. Les tirailleurs de la division Christiani engagèrent une vive fusillade

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