SOISSONS PL\CE DE GUERRE
Par le traité de paax de 1814, les puissances alliées , en faisant rentrer la France dans sea ancienne» timites, ou à peu près, lui avaient enlevé, d un seul trait de plume, les fruits de viBf;t ans de victoires. fiUes semblaient croire que les Francis,- qui n'avaient plus rien à désirer en fiiit de ^mre militaire, dirigeraient désormais toute râctivité de leur génie et de leur caractère vers la prospérité intérieure de leur beau pays, et raffermissement de ces libertés publiques qu'ils avaient achetées au prix de taùt de sang, et que la charte ide Louis XVDI venait de reconnaître et de consacrer. Mais toutes les prévisionsr de la diploma-
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tie furent mises en défaut par le prompt rëtabfi^ sèment du gouYemement impérial, et plus eocore par la réapparition si inattendue, sur la scène politique , pendant les cent jours , de quelques^ms des hommes dont les noms se rattachaient aux temps les plus orageux de la révolution. Les rois avaient pris l'alarme du réveil de ces vieux champions des doctrines démago^ques. Us signèrent, à Paris même, cette fameuse Sainte-ÂlUance , destinée à contenir la France dans une condition pacifique et à combattre , surtout , l'esprit révolotionnaire, partout oii il chercherait à se manifester.
La convention du âO novembre i8)5, vinten^ core imposer de dures confiions à iai France. Indépendanmient des immenses tributs qu'on \é arrachait, ses anciennes frontières furent entamées par l'enlèvement de plusieurs places fortes. * Le royaume des Pays-Bas, formé de ses dépouilles, reçut , pour sa part, les places de PhilippeviUe et de Marienbourg qui servaient à lier, avant la révolution, Maubeugc avec Givet, et à fermer les défilés des Ardennes, entre la Sambre et la Meuse; en sorte que le département de l'Aisne se trouva
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rais à découYert et deviat partie de l'extrême frontière, rëtraogcr possédant Chimai.
Une frontière ouverte sur une longueur d'envi* ron douane lieues, d'Avesnes à.Rocroi, et à cinquante seulement de la capitale, devait nëcessai-^ rement donnera Soissons une importance mili* taire des plus grandes. Située sur l'Aisne, à la jonction de quatre routes venant du nord et de l'est , à une journée de marche de l'Oise et de la Marne , et à trois lieues en avant de la forêt de Villers-Cotterêts qui se lie à celle de Compiègne, cette ville offrait le seul point stratégique, entre Chimai et Paris, où l'on pût organiser une défense en grand, capable de servir de pivot et de dépôt à l'armée chargée de couvrir la capitale. Et c'est ce que faisait vivement sentir l'expérience de la campagne de 1814, où la faiblesse et la double chute de cette place avaient agi d'une si funeste manière sur les opérations militaires , et presque décidé des destinées de l'empire.
Mais l'enceinte de Soissons, d'un tracé très-défectueux çt dépourvue d'ouvrages extérieurs^ était quverte sur tous ses côtés : les terrassements exécutés à la hâte, eu 1814 et eu 1815, avaient fait
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crouler, sous leurs masses, des pans entiers de murailles, et non moins de quatorze larges hrhehes , d'un accès facile, rendaient toute dâense à peu près impossible. Des trayaux considërables étaient donc indispensables pour donnef à la place un degrë de force en rapport avec le rôle qu'elle était destinée à remplir. D^, en 1816, à peine délivrée du fardeau des armées étrangères « on avait songé à la restaurer, mais reitréme pénurie du trésor avait forcé d'ajounier ce projet , qui , d'ailleurs, aurait pu déplaire à la Satote-AI lîahce, dont cent cinquante mille soldats campaient encore sur notre territoire.
Soissons fut alors choisie pour être le siège d'une direction du génie militaire, formée des places du département de I* Aisne (cette direction lut supprimée en 1830), et cène fut qu'en 1818 qu*on commença les travaux. On entreprit la reconstruction du bastion de St-Remy, dont la plus grande partie avait été renversée par Texplosion du magasin à poudre. L^année suivante, on continua cette reconstrtictlon et Ton jeta les fondations du demi-bastion de la porté de Paris. Ces dent ouvrages furent achevés en 1899.
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L'ordonnauce royale du 1^ août 1891 ayant classe la ville de Soissons au nombre des places de guerre, ses faubourgs se sont trouves assujettis, dans presque toute leur étendue , aux servitudes militaires qui interdisent toute construction nouvelle en maçonnerie. Cette prohibition met obstacle à Taccroissement des faubourgs, mais elle ne peut porter aucun préjudice sérieux à la prospérité de la ville ; car l'espace abonde dans son enceinte , assez vaste pour recevoir à Taise une population de vingt mille âmes.
L'administration municipale s'empressa de revendiquer ses droits à la propriété des ibrtifica* tions. Ses prétentions n'étaient appuyées d'aucun titre t mais le département de la guerre, loin d'en prendre avantage , pensa qu'il devait faire un sacrifice en faveur d'une ville qui avait beaucoup souffert pour la défense du territoire. Une transaction eut lieu : la ville fit la cession à l'Etat, par un acte du 37 décembre 18S5, et moyennant la somme de 80,000 francs, payable en quatre années avec les intérêts, des fortifications , terrains et bâtiments qui en dépendaient. Le département de la guerre fut encore dans la nécessité de ra-
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cheter, de divers particuliers, plusieurs portious de terrains et de fortificatioos même, aliénées par la chambre domaniale du duc d'Orlâms, comte apanagiste de Soissons, entre autres les casemates en retour de la branche gauche de la couronne St-Vaast.
Les travaux, interrompus pendant 1833, finrent repris en 4834. Cette année et la suivante, on reconstruisit les courtines à droite et à gauche de la porte de Paris. En 1886, on fit les fondations d'un nouveau bastion (n'' 9), en avant d« fossé de la vieille enceinte sur ta plaine du nord. En 1897, les travaux prirent un grand développement : on acheva les maçonneries du bastion neuf, et l'on éleva , dans presque toute leur hauteur, celles dts deux courtines attenantes, av^c leurs potenies, et des flatacs dès dent bastions voisins. La construction de ces deui fronts procura un accroîteement de sur&ce, à la tille, d'environ 13,000 mètres carrés i Le 3 septembre, le roi Charles X, allant au ramp de St-Omer, visita les travaux ; après s'être fait rendre compte de l'importance des ouvrages projetés el du degré de force que la place recevrait de leur exécution, ce prince mît fin à la cou*
versation par ces mots : « C'est très-bien ^ mms 9 ËiQt battre Teuieim araot qu'il ^'arrive jus<}ae-là. »
En 1 898 et 1 899, on acheva les terrassaneats des fronts neufs du nord; on reconstruisit une partie de la courtine sur le Mail , et Ton ëlera le bastion de la porte de Rheims, laquelle fut restaurée, ainsi que son ancien pont en maçonnerie , enterre depuis 1779. Eu 1830, on entreprit la construction d'un bastion neuf pour fermer la gorge de la place sur le Mail. L'établissement de ce bastion intercepta la communication arec la promenade, par la rue de la Paix, et enleva au palais de la Couronne, la moitié de s<m jardin.
Les idées républicaines qui surgirent à la suite . de la glorieuse révolution de juillet, et parurent mraacer un instant le trône national, qu'elle venait dé fonder, jetèrent aussi l'alarme parmi les rois de la Sainte-Alliance; L'étendard de l'insurrection levé coup sur coup à Bruxelles, à Varsovie, à Bologne, pouvait faire craindre à ces souverains > absolus, que leurs peuples, entraînés par l'eicerapie , ne voulussent aussi réformer à coups de fusiUe vieil ordre social. Ils firent donc des arme* nients considérables. De son côté, la France dut
^ nMttre en mesurede soutenir le choc, itansle cas oè Ton voudrait rcBouTder, conlre eUe, ks coaMtiom de 1 799 et de 1 81 5. Une pmssaote armée fet lerëe, et les places «de gueire mises eo bon ëlat de dëfense.
Soissons ne fut pas oobliëe dans cet anMfne&t gënâral. On se hâta de restaurer, autant que possible, les parties de Tenceinte, auxquelles on nV vait ' pas touche depuis 1 81 S, notamnent les ouvrages du faubourg St-Vaast. Ce trayail, entrepris au mois de décembre, et pousse avec aetitité, employa beaucoup de bras, et fut d'un grand se cours pour la classe ouvrière, que la mauuise saison et la stagnation g^iëràle des affimres laissât saris ouvrage. Les craintes de la guerre une fMs dissipées , les travaux rentrèrent dans la voie ordinaire : on acheva, en 18^1, les bastions eo ronstructiou sur le Mail ; le cavalier de SWPîerre à la Chaux, élevé en 1551, fat rasé, et les restes de Tàncienne église de ce nom, ccuivertis depuè la révolution en mouliu à tan , «fispannrent pour faire place à un magasin de pondre. En 1839, et les années suivantes, on acheva la fermeture de l'enceinte de la ville , par la construction d'Mfl
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mttt cPintM' le long et la ritière. La piiiee se troQTànt atesi fermée sur tout : son ponrtowr, U reste à la pourvoir d'ouvrages extétieurs : dé^ deut contre-gardes en terre , commencëes «o 1836, sont ëlevëes sur le front du nord^
EMBELLISSEMENTS DE hk VILLE.
Soissôns, si riche de souvenirs historiques et religieux, ne possède rien dans ses murs , ni dans son voisinage , qui rappelle sa vieille câëbrité^ Les ravages du temps et des hommes ont efface ses antiques monuments. A l'exception de la cathédrale , dont l'abside date du X' siècle ; de Téglîsé de St-Pîerre au Parvis , servant aujourd'hui d'écurie, bâtie vers 1i60. et des clochers de St- Jean, achevés en 1595, on ne trouve à Soissona que des édifices de construction moderne.
Si , sous la république et même sous Tenipire , l'autorité municipale s'occupa trop peu des amé-
lioratioQS et dw «nlbeUisseKiQnta de la viUe, o« a su déployer depuis plus à*aèûnté ét,(4us d*e^prit de dtë. A. la yérkë , le conaéil mimicqpal §'est «eux pâiârë du but de soa iastitalioii : il ne s'est plus borné àeare^treri, pour Ib forme, les actes du maire place à sa tète , et aucpiel il accordait une confiance aveugle ; il a roulu étudier , connaître et discuter toutes les parties de Tadmimstration de sa commune.
M. de Beaufort, nomme maire pendant la disette de 1817, s'attacba principalement à combler le déficit laissé par l'empire et les deux in^ vasions. Son successeur, M. delà Noue, venu dans des temps mdlLçyirs, piprt entreprendre des améUoratioiis depuis longtemps réclamées ; entre autres la constfuction , d'un abattoir et l'étabfi^sQQie^t -dç iiou?elle3 fontaipes. L'ex^tioaen devint d'autant plus facile, q^e IfiinAIe reçut alors les quatre-vingt ipMle francs prov^ua^it du rachat des fortifications par l'État. M. Géfaier suivit avec zèle la ligne tracée pai: son pré4écesseur. Tous deux spnt mprts; en les nommant, nous avons cru payer à leur mémoire uu tribut méiité. La recqnnaissance de$ hontnifs, e^ . le . seul prix
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qui dédommage le magistrat des ennms et de la fatigue de ses fonctions.
Depuis 1830, le système d'amëlioratiofis et d'embellissements a fait de grands progrès. sous Tadministration de M. Quinette. Il reste encore beaucoup à faire ; mais que le commerce et Yior dustrie , ces deux sources de richesses , fleurissent dans les murs de Soissons , et l'on peut pré^ dire que cette Tille ne tardera pas à prendre un aspect agréable. Ses rues s'élargissent et les maisons sont construites ayec beaucoup plus de go4t qu'auparavant. De son côté, Tadministration de la guerre n'a pas peu contribué à TembeltisMment de la ville, en ftosant démolir, en 1890, une masse de vieux bâtiments de l'ancienne abbaye de Notre-Dame , transformée en caserne pour un
régiment d'infanterie. Ces bâtiments , enveloppés d'un mur de 1 5 mètres de hauteur, surmonté de créneaux et de tourelles, resserraient outre mesure la rue du Commerce , à laquelle ils ne laissaient qu'une largeur de 3 mètres 60 centimètres, seulement. En 1838 et 1839 le génie militaire fit encore abattre plusieurs maisons de fort mauvaise apparence qui obstruaient, à l'intérieur, les
abovds des portes de f!Mm et 4e RheiDift. Euh une dmâioration des plo» infporUniteft s'exécute en te moment ; die consiste à replacer la porte de Laon dans le prolosgeoftoit de la rue deCrouj, ainsi que cela existait ancienneiiient ; en ounurt na passa^ au travers du bastion.
Tandis qoe l'aotorttë municipale entrait dans li Yoie des améliorations matérielles, k comndsww des hospices ne restait pas inaetite. Grftceà Tétit prospère dès étaUiSseroents confiés à ses soins, eDe put faire exécuter quelques coostructioos importantes. L'Hôtel'-Dieu vit s'élever, dans sm ^ ceinte , une nouvelle salle pour les femmes, qô (ut , pour ainsi £rê , inaugurée par la prem^ rénnidn, en t83i, du coll<^e électoral del'arroD dissement. Au moyen de ce nouveau b&tioienl* t'Hdtel'-Dieu peut recevoir à l'aise cent cinquante malades, qui sont soignés par treize dames hosfii^ talières de St^Augustiu .
L'hôpital général reçut aussi des augmentalions : le bâtiment sur la place fia allongé en 1890 et en 1895, de 40 mètres à chacune de ses extrémités; la première fois sur la rue de TBApital, la seconde vers ceMe de Paaleu. On éleva, lors