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■Isi M^Tiom-ma' et Srrapt rxpectatiis Métis Aiieustiis €lira\'îl. x-onl , sacravit , locavil.
DE SOISSOWS. H 5
Dieu, ane inscription latine qui a été ainsi traduite :
Auguste attendu à Metz, a dédie, Youë, consacre, posé cette pierre en l'honneur d'Isis Myrionime et de Sérapis (■*).
Cette inscription doit se rapporter soit au premier Toyage que Tempereur Auguste fit dans les Gaules, vingt-sept ans arant l'ère actuelle, lorsqu'à la suite des guerres civiles qui avaient dësolë l'empire, il vint organiser l'administration politique etnnlilaire de ce vaste pays, et qu'il confirma aux Soessions la conservation de leurs lois et de leurs coutumes particulières; soit à son second voyage, Goace ans plus tard, avec Drusus ('), pour s'opposer aux Germains qui menaçaient de faire une invasion, puisque ce fut alors que les Romains commencèrent les grandes constructions qui firent de Soissons une place si importante.
Mais doit-on voir, dans ce monument, la première pierre d'un temple ëlevé, par l'empereur, à
(*) DmMU, fiU de Livie remariée en secondes noces à Angnste ; il était par canaéqtwnt beaa-iil» '4e retn|»erMir.
Isis et à Sërapis? on faut-il adopter l'opinion de quelques personnes qui ont paru croire que ce n'était qu'une simple pierre votive, laquelle ne se rattachait à aucun édifice? Ce second sentiment parait difficile à admettre. D'abord, en supposant que cette pierre votive eût été placée dans un lieu ouvert et apparent, comment alors l'inscription et la pierre elle-même eussent-elles résisté si longtemps à l'influence et à l'action de l'atmosphère? comment eussent-elles ensuite échappé à la destruction générale de tous les monuments consacrés en l'honneur des faux dieux ? et au contraire la forme cubique de cette pierre, son peu de volume, la nature commune de sa matière, les fondations au milieu desquelles elle fut trouvée, son inscription si bien conservée après un espace de mille sept cents ans, toutes ces circonstances, en un mot, semblent prouver qu'elle appartenait a un grand édifice, et expliquent comment elle fut respectée par le temps et préservée de cette ardeur de destruction qui possédait les premiers chrétiens.
D'ailleurs, ne convenait-il pas mieux à la majesté impériale d'attacher son nom à l'érection d'un
temple, qu*à un humble autel de trois pieds de haut? n'ëtait-il pas naturel que Tempereur Auguste dotât d'un grand monument la capitale d'un peuple auquel il venait d'accorder, non-seulement un éclatant témoignage de sa satisfaction, en lui assurant le maintien de ses institutions et de ses pri- Til<fges, mais encore la faveur insigne d'ajouter au nom primitif de sa cite celui du souverain.
Au reste, quelle qu'ait été la véritable destination de cette pierre, elle n'en doit pas moins être regardée comme le plus ancien monument de la ^ede Sobsons.
Le lieu où elle a été trouvée occupait à peu près le centre de la ville des Romains ; il était en même temps le point le plus élevé de son sol, circonstance très-favorable à l'érection d'un temple, et qui reçoit encore un nouveau degré de probabilité d'une autre découverte oflrant tout à la fois de l'intérêt et des motifs de regret. En démolissant, en 1 733, un vieux bâtiment dans Tenceinte de l'Hôtel-Dieu, on trouva, dans l'intérieur d'une pièce de bois servant de linteau à une porte, un petit coffre en bois très-solide, lequel renfermait deux ceintures formées d'un tissu de fil d'or et de
soie cramoisie. Chacune d'elles était garnie de plusieurs anneaux en or, ronds ou oblongs, de diverses grandeurs, destines à suspendre les couteaux sacres et les autres instruments dont les prêtres païens faisaient usage dans les sacrifices, et ornées en outre d'agrafes et de médaillons en or massif, sur lesquelles des divinités et des sacrifices étaient figurés en émaux de différentes couleurs. Ces attributs démontrent d'une manière incontestable qu'elles avaient appartenu à des prêtres sacrificateurs, et que leur origine, par conséquent, remontait à plus de douze siècles. La parcimonie ou peut-être le zèle religieux des chanoines administrateurs de THôtel-Irieu ont privé la science de ces objets si dignes d'être conservés, et si capables de fournir des renseignements précieux. Les deux ceintures, d'un beau travail et parfaitement conservées, passèrent dans les mains d'un juif qui les acheta pour le poids de l'or qu'elles contenaient.
DE SOtSSONS. 119
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