IV
d'historiens. Depuis trois siècles on n'en compte pas moins de huit. A la vëritë tous ces auteurs se sont attaches surtout à retracer, en détail , la vie des personnages places en première ligne sur la scène de l'histoire , mais ils ont glisse rapidement sur ce qui concerne la ville en particulier ; assez souvent même elle disparait tout à fait dans leur narration , au milieu des grandes révolutions qui eurent lieu dans ses murs. C'est en vain qu'on chercherait chez eux beaucoup de ces documents , si estimes de nos jours , sur son étendue et sa population à ses diverses époques historiques, sur les institutions municipales, sur la condition civile et morale des habitants ; ils gardent presque toujours un silence absolu; et, pareils aux chroniques écrites à l'ombre des cloîtres , leurs livres ne contiennent guère que des récits de combats ou des renseignements ecclésiastiques. Â côté de ces grandes lacunes , on trouve quelques erreurs , surtout dans la partie militaire. Diminuer autant que possible l'importance des unes, et rectifier les autres , me parut devoir être la première condition à remplir. Je crois avoir obtenu en cela 4'heureux résultats, et j'appelle avec quelque
confiance toute l'attention de mes lecteurs sur les points suivants :
1"" L'emplacement, la grandeur et la population de Noyiodunum , capitale des Suessions ; la position de la terrasse élevée par Cësar, dont j'ai retrouTé la masse ; l'origine du château de Crise.
9° Les agrandissements de l'enceinte de la ville sous les Romains, aux VP et IX' siècles.
y' Le démembrement de la ville et du diocèse* de Soissons du domaine royal , à la suite de là réfolte des seigneurs, en 993, contre la dynastie cadovingienne.
4** L'établissement du comté héréditaire de Soissons à l'avènement de la troisième race.
5*^ Le gouvernement despotique d'Enguerrand de Coucy, devenu comte de Soissons; la révolte des Soissonnais , et le siège mémorable de 1414. &" La condition civile et morale de la population à chacune des grandes époques de l'histoire nationale, et les causes qui ont arrêté, depuis trois siècles, son accroissement, au milieu du développement progressif qui s'est manifesté sur toute la surface de la France..
J'ai dû m'écarter , dans la composition de mon