A DROITE. 1! A GAUCHE
1« N.-D. des Vignes. Il ^ St-Vaast.
3^ St-Léger. [ ii"" St-Pierre le Vieil.
5° St-Remy.
7** St-Julien.
9° St-Martin.
11** St-PierreàlaChaux.
6** St-Germain.
8** St- Jacques.
10« St-Etienne.
12*» St-Quentin. (')
Dans les premiers siècles de TÉglise, ces dignitaires formaient le conseil de Tëvêque et tenaient un rang considérable dans les conciles de la province et dans les synodes. L'influence dont ils jouissaient, et une partie de leurs preVogatives furent transmises dans la suite aux chanoines de la cathédrale.
Ces deux bases ëtant donc établies, et pouvant
(*) Il est dit dans Tordre synodal qui réglait le cérémonial de ces assemblées : « les prétres-cardinanx entreront les premiers avec révéqoe, i •> et prendront place auprès de loi, chacon suivant son rang; après vien-
« dront les diacTes qui, s'étant rangés en cercle autour dn prélat et des • prêtres-cardinaux, demeureront debout ; ensuite on donnera entrée aux m prêtres de la campagne qui se tiendront un peu éloignés des diacres. >*
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servir de point de départ, nous trouvons, en premier lieu, une église dédiée à St-€hristophe, située à Touest^de la ville, sur la grande chaussée d'Amiens, le long de laquelle devait être un des principaux cimetières. Dans la suite, probablement vers l'an 589, lorsque l'enceinte de la ville fut agrandie, la cure de cette église fut transférée à celle de Notre-Dame des Vignes, et l'église de St-Giristophe ne fut plus regardée depuis que comme une simple chapelle, tandis que Notre- Dame des Vignes a toujours été réputée pour la prennère cure, non-seulement de Soissons, mais encore de tout le diocèse.
On trouve ensuite l'église de St-Vaast, dont le curé tenait le second rang parmi les prêtres-cardinaux. Il paraîtrait qu'elle était placée, antérieurement au VI* siècle, sous l'invocation de saint Adrien, et qu'elle avait succédé à une chapelle dédiée à saint Georges, dans un cimetière longeant la chaussée de la ville au château de Croicy . C'est, dit-on, dans ce cimetière que fut enterré, sur la fin du IV* siècle, saint Onézime, septième évéque de Soissons.
Lorsque le christianisme fut enfin devenu la re-
ligion domioante, de nouvelies églises furent successivement bâties sur les dëbris et avec les riches dépouilles des anciens temples. C'est donc à cette époque, vers l'aimée 366, où l'empereur Valentinien, l'Ancien, séjourna plusieurs fois à Soissons, que nous pouvons fixer la fondation de quelques églises, et entre autres, de celles de St-Léger et de St-Merre le Vieil.
La première, dont le titulaire tenait le troisième rang parmi les prêtres-cardinaux, était située au nord delà ville, dans le voisinage du château d'Albâtre ; mais alors elle portait un autre nom puisque saint Léger ne vivait qu'au VIP siècle. C'était probablement T église de St- Victor, de laquelle les historiens ont fait mention. Ce changement de nom aura induit en erreur plusieurs d'entre eux. Comme ils avaient vu dans quelques anciens règlements de la cathédrale , qu'il était parlé d^une église sous l'invocation de ce saint, près de lapwte Bara, et qu'elle n'existait plus, il leur a paru tout naturel d'attribuer sa disparition aux ravages des Calvinistes, qui détruisirent eOectivement la plupart des églises de Soissons. Ils ont donc affirmé, sans penser au changement de nom qui lui avait
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été impose, aussi bien qu*à celle de St-\ aast, que cette même ëglise de St- Victor avait subsiste jusqu>n 1567, ëpoque de sa prétendue description, qu'elle s'élevait à l'entrëe de la rue de Bara, vers ia Grande Place, et qu'elle ëtait une des paroisses principales de la ville. Mais s'il en ëtait ainsi, pourquoi le titulaire de St- Victor ne figurait-il pas au nombre des douze prêtres cardinaux de Soissons? Celle de St-Pierre le Vieil, dont le cure tenait le quatrième rang, ëtait à l'extrëmitë du faubourg de Crise, dans le voisinage de la chaussëe qui condmsaitde Soissons à la vallëe de la Marne. ("^ On peut encore croire avec raison que ce fut vers cette même ëpoque, que la première ëglise cathëdrale fut construite dans l'intërieur de la ville, et presque sur l'emplacement du temple d'Isis. Cette première ëglise devint la proie des flammes, en 948. Sa position fut reconnue dans le siècle dernier, grâce à des parties de murs et à des bases de colonnes et de piliers qu'on dëcouvrit sous le pave de l'ëglise actuellement existante. Comme ces restes étaient sur le côte droit de la nef, on pourrait présumer qu'ils faisaient aussi parlie du côte droit de l'ancienne conslniction, et que les restes de la
gauche auraient ëtë enveloppes dans les fondations du même côté de la nouvelle ; d'où il résulterait que celle-ci a plus de largeur que n'en avait la première ; et que d'un autre côté la vieille église devait moins s'étendre vers l'ouest, attendu que le mur d'enceinte de la ville passait alors en dedans du portail, tel qu'il est aujourd'hui.
Un rapprochement digne de remarque, c'est que vers le temps même où les chrétiens de Soissons élevaient enfin dans l'intérieur de leur ville, et sur les débris du temple d'Isis, une cathédrale vaste et somptueuse, qui attestait en quelque sorte leur triomphe et l'anéantissement du paganisme, saint Ambroise, évêque de Milan, retrouvait les restes de saint Gervais et de saint Protais, l'un et l'autre martyrs du P' siècle. Cette découverte fit tant de bruit dans la chrétienté, grâce à la haute réputation du prélat, que toutes les églises de l'Italie et des Gaules voulurent avoir quelques fragments de leurs reliques. La grande célébrité donnée par saint Ambroise à ces deux martyrs, engagea sans doute les Soissonnais à les prendre pour les patrons de leur église épiscopale, tandis que saint Crépin et saint Crépinien restaient ceux de
la basilique élevëe sur leur tombe. L'ëglise cathédrale fut donc placëe, dès son origine, comme elle Test encore aujourd'hui, sous l'invocation de la sainte Vierge et des martyrs saint Gervais et saint Prolais.
Quelques auteurs ont paru croire que l'ëglise de St-Crëpin servit de cathédrale jusqu'au VP siècle ; mais cette opinion se trouve dénuée de toute vraisemblance : cet édifice élevé lorsque les chrétiens, encore en petit nombre, se reposaient à peine des fureurs de la persécution, était sans doute assez modeste et d'une grandeur proportionnée à leurs £ûbles ressources ; l'église, au contraire, qui fut construite à une époque moins ancienne, dans le centre de la ville, devait être digne de sa destmation, ayant été bâtie au moment où les biens des temples du paganisme venaient d'être donnés à la religion chrétienne, et quand les fidèles étaient dans l'ivresse de la victoire. D'ailleurs, les restes qu'on a découverts indiquaient que ce deniier monument était construit dans de vastes proportions. Mais une autre considération se présente encore pour faire reconnaître que l'église cathédrale dut être placée dans la ville, aus-
sitôt que le christianisme (ut devenu la seule religion de l'empire : les peuples d'outre-Rhîn firent, en HSO, une irruption dans les Gaules et en dëvastèrent une assez grande partie durant cinq annëes consécutives ; un demi-siècle après, les Vandales couvrirent ces mêmes provinces de sang et de ruines ; aux Vandales succédèrent d'autres barbares animés du même esprit de destruction. Au milieu de tant de désastres, n'y avait-il pas nécessité de renrermer la principale église et son clergé dans l'intérieur des remparts, et de les préserver ainsi de la ruine inévitable qui les attendait s'ils fussent restés dans le faubourg de Crise.