‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 27 sur 197 · CAPITALE DES GALLO-ROMAINS · texte numérisé non relu

CAPITALE DES GALLO-ROMAINS

Yalentinien Œ, le dernier prince de la race de Théodose, iut aussi 4e dernier empereur romain

dont le règne eut quelque durée. Pendant l'inter- Talle de vingt-deux ans qui s'ëcoula entre sa mort et la fin de l'empire d'occident, on ne compte pas moins de neuf empereurs, dont la plupart përircnt de mort violente par la tyrannie et les intrigues du patrice Bicimer, qui les créait et les faisait ffloorir selon les vues de son ambition.

Le commandement général des troupes de l'empire dans les Gaules fut donné, en 456, à Egidius, avec le titre de comte. Ce général, que la plupart desUstoriens modernes appellent Gilles ouGillon, était ne dans les Gaulas. Avec de grands talents milîtaires, il jouissait d'une haute réputation de Tertu et de piété ; qualités qui lui assuraient l'amour et l'estime générale. Peu de temps après, l'empefeur Majorien ayant été assassiné, Egidius, qui était son parent et son ami, ne voulut plus reconnaître l'autorité éphémère de ses successeurs ; il annonça même l'intention de passer en Italie avec une armée, de venger sa mort, et de punir le crime de Ricimer. Les Romains d'Italie, sdors en proie aux plus violentes dissensions, prévoyant qu'ils seraient hors d'état de résister à Egidius, dont ils appréciaient le génie et les ver-

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tus, eurent recours aux Visigoths d'Aquitaine pour détourner l'orage qui les menaçait : et afin de déterminer ce peuple à faire la guerre aux Romains des Gaules, ils lui abandonnèrent toutes les provinces qu'il pourrait enlever au gouvernement d'Egidius. Dans le même temps, et toujours avec le dessein de susciter des embarras à ce redoutable ennemi, ils le déclarèrent déchu de sa charge de général des milices romaines, dont ils investirent, toujours au nom de l'empereur, Gunderic, roi des Burgondes, dans l'espoir qu'il combattrait Egîdius pour se mettre en possession d'une dignité qui donnait le commandement général dans toutes les Gaules.

Les Visigoths envahirent les pays soumis à Egi> dius, que cette diversion mit dans Timpossibilitë de marcher contre Rome ; mais il rompit toute relation avec le gouvernement impérial, et il se trouva, par le fait, gouverneur souverain de toutes les provinces situées entre les Vosges et la Saône qui confinaient, à l'est, avec les Burgondes ; au sud, avec les montagnes de l'Auvergne, formant la limite du pays des Visigoths ; à l'ouest, aux cités des Armoriques : et au nord, à la forêt des Ar-

demies, au delà de laquelle les Francs s'étaient établis temporairement.

Egîdius fixa sa résidence à Soissons, qui offrait seule des ressources et des avantages dans le nord des Gaules, où la plupart des autres villes venaient d'être encore une fois détruites et dépeuplées par Attila. La position même de la ville servit à déterminer le choix du général romain. Placée au centre de provinces où il ne se trouvait pas de peuples étrangers, si ce n'est un petit corps de Lettes qui habitait tranquillement les bords de l'Oise, Soîssons avait encore l'avantage de mettre Egidios plus à portée de surveiller les Francs, mécontents de leur établissement au delà des Ardennés, et aspirant à venir se fixer plus avant dans les Gaules. Ce qu'il y a de constant, c'est que cette ville fiit alors la capitale d'un état presque indépendant, qui comprenait plus de la moitié de la France actuelle, et qu'on pourrait désigner sous le nom de Gallo-Romain.

Lia guerre contre les Visigoths fiit glorieuse pour Egidius qui les battit en plusieurs rencontres et principalement en l'année 463, qu'il remporta une i^nde victoire. Il réussit aussi à contenir les

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Francs au delà des Ardennes ; mais tandis qu'il résistait heureusement aux attaques sinniltanëes de ces deux peuples belliqueux, il ne put se garantir des embûches de ses ennemis dltalie. L'or et les intrigues eurent plus de pouroir que les armes et le courage réunis des Francs et des Yisigoths : Egpldius lut assassiné ou empoisonné à Soissons, eu 465 ou 466.

Plusieurs historiens ont donné à ce général le titre de roi de Soissons. Us admettaient sans doute, comme un fait aréré, que les Francs le choisirent pour leur roi après aroir chassé Childéric, et que, depuis le rétablissement de ce dernier, Egldius ayait consenré ce titre en se retirant dans cette TÎIle. Mais cette élection douteuse du général romain par les Francs, qui n'est rien moins que vraisemblable, ne repose que sur le récit de Grégoire de Tours, historien peut-être un pen crédule en cette occasion, et qui n'écÂTait qu*enTiron 1^ ans plus tard. Aucun des auteurs contemporains ne fait la moindre allusion à une circonstance qui, en donnant à Egidius une immense supériorité sur les Yisigoths, ne pouvait manquer d'exercer une grande influence sur les affaires des Gaules.

Mais en admettant que les Francs eussent en effet choisi le gënëral romain pour les gouverner, il ne s*en suivrait pas encore que ce général aurait pris le titre de roi des Francs, car ces peuples avaient presque toujours ëtë dans la dépendance de Tempire, depuis leur ëfablissemerit dans la Toxandrie avec l'assentiment de Julien, qui les y toléra comme stipendiaires de Rome. Qui les empêchait, au surplus, après avoir banni leur roi, de se mettre sous la protection du chef de Tarmëe romaine, sans rien changer à la forme de leur gou- Ternement intërieur ? Cette dëmarche n'aurait ëtë, de Jear part, qu'une nouvelle reconnaissance de la soaverainetë des Romains, à laquelle ils s'ëtaient déjà soumis, avant que Clodion eût cherche à se rendre indëpendant, et à se former, par la force des armes, un ëtat sëparë dans la seconde Belgique.

Si le comte Egidius n*eut pas le titre de roi, toujours est-il que depuis sa rupture avec les Romains d'Italie, il possëda tous les attributs de la souverainetë. Il continua à gouverner les peuples des Gaules au nom de la république ; ainsi que I attestent tous les auteurs de l'ëpoque, qui ne lui donnent d'autres titres que ceux de comte et de

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