REGNE DE CLOTAIRE I
A la mort de Clovis, arrivée en 511, ses quatre fils se partagèrent ses états, dont ils formèrent comme quatre royaumes distincts, et chacun d'eux fiit appelé roi de la ville qu'il avait choisie
pour sa rësidence habituelle : ainsi Thëodoric était roi de Metz, Childebert de Paris, Clodomir d'Orlëaus, et Clotaire de Soissons. L'autoritë de ce dernier parait s'être étendue à la plupart des contrées qui avaient composé la province romaine de la seconde Belgique.
Le règne de Clotaire dura un demi-siècle. Dans les quatre dernières années, il se vit seul possesseur de tous les pays soumis à la domination des Francs. Ses frères étaient morts sans laisser de postérité. Ce long règne n'offre aucune circonstance importante pour Soissons; pendant que Clotaire portait ses armes victorieuses en Thuringe, en Bourgogne et en Espagne, la ville demeura dans une paix profonde sous le gouvernement paternel de ses évéques saint Loup et saint Bandry. Le premier, qui avait hérité du grand crédit de son oncle saint Remy, fut toujours pour les Soissounais un défenseur puissant. Saint Loup établit à Bazoches une communauté ou chapitre de 79 prêtres ou clercs ; il mourut vers l'an 540, et fut enterré à côté de son père, dans le cimetière de Ste Thècle.
L'évêque Bandry voulut marcher sur les traces
de ses deux prédécesseurs ; mais soit que sa position persoDnelle auprès du souverain ne fût pas aussi favorable, soit qu'il mit trop de raideur dans Texercice de son ministère sacerdotal (on rapporte qu'il se tenait éloigné de la cour et qu'il censurait avec force dans ses discours, les mœurs et les désordres de Clotaire ), il déplut au roi qui le bannît de ses états. Le prélat se retira dans un monastère d'Angleterre ; mais, pendant son exil, la peste étant venue désoler la ville de Soissons et ses environs, ce fléau lut regardé comme une punition du ciel. Clotaire, intimidé, s'empressa de rappeler saint Bandry, dont le retour fut un vrai triomphe. La population soissonnaise se porta toute entière au devant de lui. Clotaire l'accueillit avec faveur et rechercha depuis son amitié. Ce roi, quoique tout aussi barbare que ses Francs, voulut cependant mettre un frein à leur rapacité, que ne pouvait réprimer la loi salique qui n'infligeait que des peines pécuniaires, dont les coupables se rachetaient facilement avec le firuit même de leurs crimes. Pour réprimer cet abus, Gotaire fit une loi qui punissait le vol de mort. Pendant son règne, l'autorité royale n'avait presque plus
de bornes. C'était la monarchie absolue. Ce roi et celui de Paris poignardeut de leurs propres mains les enfants de leur frère Clodomir, roi d'Orléans, tuë dans la guerre contre les AUemans, et se partagent son royaume sans consulter la nation, ni même les peuples dont ils disposaient ainsi à leinr grë. C'est ce même prince qui s'ëcriait à son lit de mort, en rendant le dernier soupir : a Ah ! que pensez-vous de ce roi du ciel qui fait mourir ainsi les plus grands rois de la terre. » Il mourut à Compiègne en 561 . Son corps fut apporté par ses fils à Soissons, pour être inhumé dans le monastère de St-Médard, qu'il Tenait de fonder. Clotaire avait pour demeure à Soissons le château de Croicy. Il habitait aussi par fois le château de &-aisne.
FONDATION