CIRQUE DE CHILPÉRIC
On ne saurait révoquer en doute que Chilpéric ait fait construire un cirque à Soissons, pour donner des spectacles au peuple. Ce fait est attesté par Grégoire de Tours, auteur contemporain, qui avait pu s'assurer de la vérité par lui-même, dans
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un Yoyage qu'il fit à Soissons quatre aus plus tard, en 580, lorsqu'il yint se justifier devant un concile, assemblé à Braisne, d'une accusation portée au roi contre lui. Mais Grégoire de Tours s'eat tiiomé à rapporter le Cdt, sans entrer dans aucun détail sur la construction de ce cirque.
MaTs gardons^nous de comparer ces cirques a?ecles amphithéâtres des Romains. Ghilpéric qui Tenait d'échapper à une ruine imminente, après aTob TU l'année précédente ses provinces enva- Ides et ravagées par la guerre, ne pouvait songer à construire de ces vastes monuments qui exigeaient de longs travaux et des scmmies considérables. Les cirques construits à Soissons et à Paris ne devaient être autre chose que de vastes espaces disposés pour des courses et des évolutions militaires.
Cq^endant, comme on rapporte que le roi des Francs se piquait d'imiter, dans cette occasion, les jeux et les spectacles des anciens maîtres du monde, n'a-t-il pas pu profiter de leur ancien amphithéâtre, dont la masse dégradée, ^ans doute, était encore apparente et considérable. Son arène servait tout natiirellemenl de lice pour les courses
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et les jeux ; et au lieu de faire réparer et rétablir en maçonnerie les gradins, effacés pour la plupart, et d'un accès difficile, il les aurait lait recouvrir d'une épaisse couche de terre, formant une pente régulière, où les spectateurs pouvaient se tenir soit debout, soit assis, car il eût été facile d'y adapter des bancs à volonté ; et pour offrir un plus grand nombre de places, les terrassements auraient été prolongés en arrière même du mur d'enveloppe de l'amphithéâtre, qui se trouvait encaissé de presque toute sa hauteur dans le sol de la colline.
£n effet, on a cru reconnaître, ainsi qu*on l'a déjà dit, lorsqu'il a été question de l'amphithéâtre romain, qu'une partie, au moins, de ses gradins se trouve encore ensevelie à plusieurs pieds de profondeur dans le sol actuel, et il est facile de voir, à l'inspection des lieux, que la pente des terres qui recouvrent ces vestiges, se prolonge au delà du mur d'enveloppe de l'édifice, et forme sur son contour, presque demi-circulaire, un bourrelet dominant encore de quatre mètres, tout *e terrain en arrière. Or il est évident que cette levée, qui présente une épaisseur moyenne de dix
à onze mètres, sur un dëveloppement de plus de cent mètres, n'est point un accident du sol, mais qu'elle a dû être produite par suite d'un grand travail, auquel on ne saurait trouver une autre origine que celle que nous venons d'indiquer. D'ailleurs la couche de terre qui recouvre encore les restes de ce monument romain, après les avoir dërobës pendant plus de douze siècles aux besoins journaliers des habitants, est trop considérable pour avoir ëté apportée autrement que dans une occasion importante. La masse des terres nécessâires à ce grand travail devait être de plus de dix mille mètres cubes qu'on se procura en les prenant, comme nous l'avons rapporté précédemment sur la partie orientale du sommet de la colline de St-Jean, la plus voisine de l'amphithéâtre.