CHAPITRE DE S* PIERRE AU PARVIS
Charles le Chauve avait rëglë, par son ordonnance de 858, tout ce qui concernait l'adminis* tradon intérieure et temporelle de l'aU^aye Notre-Dame. Vers Tan 870, il reconstitua, par une autre charte, la communauté d'hommes qui la desservait. Il mit à la place des religieux de saint Benoit, un chapitre de vingt- cinq chanoines sous le titre de St^-Pierre au Parçis de Notre-Dame.
La nouvelle communauté iîit dotée, comme celle qui l'avait précédée, sur les biens de Tabbaye. Le revenu de la terre de Chouy, et les dîmes de Pargny furent spécialement affectés à la dota tion du chapitre; Tabbesse fournissait, en sa qualité de patrone, une rente annuelle en blé pour le gros des prébendes; et de plus toutes les dépenses relatives à l'entretien des bâtiments, aux ornements d'église et à la célébration du culte dans l'église de St-I^erre, étaient à sa
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charge, Les chanoines recevaient encore des rdtributîons en argent, en vin, en gâteaux, etc., proportionnées aux services qu'ils faisaient dans l'abbaye, mais qui varièrent beaucoup suivant les temps. Dans le principe, ils se trouvaient à tous les offices qu'on célébrait pendant le jour dans l'église de Notre-Dame, y disaient des messes et assistaient à toutes les processions des religieuses, soit dans l'intérieur du monastère, soit dans la ville et les faubourgs ; enfin, ils dirigeaient les religieuses dans tous leurs besoins spirituels.
L'abbesse était trésorière née du chapitre, et possédait, à ce titre, une prébende. Elle prenait possession de sa dignité avec tous les honneurs et le cérémonial en usage pour la réception des patrons et des fondateurs. Elle avait droit à toutes les distributions pour fondations, obits et autres assistancjes au service dans l'église de St- Pierre, auquel eUe était toujours réputée présente.
Quoique Charles le Chauve eût fixé le nombre des chanoines à vingt-cinq, avec défense expresse de le dépasser, les abbesses avaient consenti à
ce qu'il iût porté à trente, par la création de digmtés à l'exemple du chapitre de la cathédrale.
Ce chapitre avait obtenu, sur la fin du XII' siècle, une bulle du pape qui l'exemptait de la juridiction de l'ordinaire. H possédait une juridiction seigneuriale sur les rues qui entouraient son église et la maison commune des chanoines. Cette maison qui remplaçait le couvent des relil^eux, avait été sans doute bâtie sur de plus grandes dimensions, et ce fut pour se procurer l'espace nécessaire, qu'on prit sur la rue du Mont Revers, qui fut ainsi reculée de quelques mètres vers le nord; car elle formait auparavant une même ligne droite avec les rues de l'Hôtel-Dieu et de la Bannière. Quant à l'église de St-Pierre, elle fut probablement réconstruite sur les mêmes fondations; mais on ne dit pas à quelle époque. Nous croyons que cette construction suivit de près celle de l'église de Notre-Dame. Ce qui parait certain, c'est que l'édifice qui subsiste encore aujourd'hui n'est pas celui que bâtit Ëbroïn.
Vers le milieu du XQ' siècle, les chanoines de