‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 54 sur 197 · AGRANDISSEMETST DE LA VILLE · texte numérisé non relu

AGRANDISSEMETST DE LA VILLE

On a vu plus haut que la ville avait été fort agrandie au YI* siècle, à la suite de la chute de ses murailles, en Tannée 5S9, et que la nouvelle enceinte avait une forme à peu près drculaire sur les côtés de l'ouest et du nord. H parait que ce iut vers la fin du règne de Charles le Chauve qu'elle fut encore agrandie de la partie, nommée le saillant de StJHerre à la Chaux.

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Ce nouvel agrandissement, d'une sur&ce d'environ 13,000 mètres carres, fut, pour ainsi dire, accolé à l'enceinte circulaire, et donna lieu à un rentrant considérable qu'on remarquait, il y a quelques années, dans cette partie du pourtour. Mais ce rentrant qui n'était commandé ni par la nature d'un sol parfaitement uni, ni par aucun autre motif de meilleure défense ou-d' économie, indique assez que toute cette portion de. l'enceinte, dont le tracé était si irrégulier et si dâfectueux, dut être construite en deux fois et à des époques séparées.

Cependant des historiens (Rousseau et Cabaret) ont avancé que toute l'enceinte de la ville, telle qu'on la voyait, en 1 81 5, depuis la rue St-Remy jusqu'à celle de la Paix, moins le bastion de la tour de l'Évangile, avait été construite, en 869, par un comte de Soissons, nommé Béralde ; mais comme ils n'ont point indiqué à quelle source ik avaient puisé la connaissance de ce fait, on peut soupçonner que ce ne fut qu'une conjecture du premier de ces auteurs, fondée sur le nom de l'ancienne porte Bara et sur un vieux dicton populaire auquel il a voulu trouver une origine illustre (").

« Suivant lui, le comte Bëralde ne fit cons- « traire la nouvelle enceinte de la ville que dans « la vue de tëmoi^er sa fidélité et sa reconnais- « sance au monarque, qui ne lui avait donné « le comté de Soissons qu'à titre de retour à <« la couronne, et pour en empêcher Thérédi- « té (").

Mais indépendamment du peu d'importance à donner à un motif aussi frivole, il faudrait encore que l'existence de ce comte fût bien certaine. Dormay qui s'est livré aux recherches les plus consciencieuses sur l'histoire de la ville de Soissons, n'en a pas dit un seul mot, et il n'est fait mention , dans les auteurs des IX' et X* siècles, d'aucun comte de Soissons, attendu que, sous les Carloving^ens, c'était l'évéque qui possédait cette dignité. Mais en admettant même, contre toute vraisemblance, l'existence du comte Béralde, il se présente encore une objection décisive contre l'opinion des auteurs qui lui ont attribué l'agrandissement de la ville : ce comte, disent-ils, fit construire la nouvelle enceinte en 869 ; et ils ajoutent ensuite qu'il avait fait ouvrir et construire, deux ans auparavant, une porte neuve,

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poHT connnumqoer avec le faubourg St-Lëger, et qull avait donne son nom à cette porte, appdëe, dans la suite, par corruption, la porte Bmu. Mais pour avoir fait ouvrir cette nouvelle codh munication, en 867, il fallait que la ville £At déjà fermée par un mur d'enceinte, et que ce mur passât précisément sur l'emplacement même où la porte Bara subsista )usqu'en 1 55t .

Il demeure donc évident, d'après le récit même de ces historiens, que l'enceinte de la viUe, antérieurement à ce prétendu comte Béralde, s'étendait jusqu'à la porte Bara , l'un des points de la ligne circulaire que décrivait la muraille constrmte sur la fin <ki YI' siècle. Cette muraflle d'ailleurs, passant à la porte Ozanne, dont l'en»tttice au Ym* siècle est constatée, ainsi que le nqiporte Cabaret lui-même, devait passer nécessairement à la porte Bara.

Il y a tout lieu de croire que l'agrandissement de la ville, par Taddition de la partie saillante de St-Pierre à la Chaux, avait eu pour objet de refermer dans l'intârieur des murs cette église paroissiale , et de la soustraire, par ce moyen , aux invasions des Normands, dont l'audace

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chaque jour plus redoutable. Di^à, depios plus d'un demi-riëcle, ces étrangers fiûsaient des courses sur les côtes de la France^ pillant et masr sacrant partout où ib prenaient pied. Ils vinrent fondre sur la Kcardk, incoidièrent plusieurs viUes et s'emparèrent de Noyon^ à huit Heues de Soissons. Le danger était inuninent et la terreur générale. Toutes les villes réparaient lei«rs remparts et leur donnaient plus d'extension pour renfinrmer des faubourgs. Les châteaux se changeaient en forteresses. Les églises et les monastères, même dans l'intérieur des villes, s'entouraient de fortes murailles et de tours ; mais chacun travaillait pour soi ou pour les siens ; il n'y avait point là de ces efforts communs et bien combinés, seuls capables d'assurer le salut et la tranquillité de tous.

Soissons, voyant tout près de ses portes ces redoutables hommes du nord, conçut une grande frayeur. Elle avait de bonnes murailles; mais il existait, en dehors, des faubourgs assez importants, ou se trouvaient onze églises paroissiales. Le trop d'étendue de ces faubourgs ne permettait pas de les renfermer dans une nouvelle enceinte :

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on se borna donc à mettre à l'abri quelques-unes des églises les plus voisines de la muraille existante. C^ëtait autant de moins qu'on livrait à la profanation des Barbares. H est probable que ce fut dans cette circonstance critique que l'église de St-Pierre à la Chaux dut être réunie à la ville.

L'extension donnée à l'enceinte, sur ce point, avait à peu près la figure d'un trapèze, dont l'un des côtés, celui de l'est, était baigné par le petit bras de l'Aisne. A l'angle nord-est, s'élevait une tour, dite de l'île, construite à 10 mètres en avant, dans le lit même de la rivière, liée à l'enceinte par un mur au haut duquel il devait y avoir un chemin de rondes pour communiquer avec la tour (*'). Le peu d'étendue du saillant de St- Pierre à la Chaux, ainsi que sa forme irrégulière, démontre suffisamment qu'il n'a pu avoir d'autre objet que de préserver l'église de la fureur des Normands. Ces farouches adorateurs d'Odin, fiirent les seuls qui, depuis ta conversion de Clovîs, déclarèrent ouvertement la guerre aux temples du christianisme. Les églises n'ont pas toujours été respectées, à dire vrai, pari es armées des princes

chrétiens, mais les spoliations n'étaient que passagères et jamais avouées.

Cet agrandissement de la syrface de la ville a donc eu lieu avant le commencement du X' siècle, époque où les Normands s'établirent en France et se convertirent au christianisme. Nous avons pu remarquer en outre, que le mur du côté ouest de ce saillant, qui existait encore en 1 821 , avait été construit il y a plus de 400 ans ; en sorte qu'il ne pouvait pas avoir fait partie des travaux exécutés dans les temps modernes pour améliorer les défenses de la place C^).

L'église de Notre-Dame des Vignes, la première paroisse de Soissons, avait été pareillement entourée d'une muraille qui se liait à l'enceinte de la ville, dont cette église était peu éloignée. Des restes de murs d'une construction fort ancienne, qm faisaient crémaillère à la droite du bastion de la tour de l'Évangile (n* 8), ont donné lieu à cette conjecture. L'église de St-Remy, touchant presque à l'enceinte de la ville, y fut probablement aussi rattachée de la même manière. Quant aux autres églises, leur trop grand éloignement empé« rha de pourvoir à leur sûreté.

Mais ragrapfescaicpt le j^os considénble c«t fiea sur la rire droite de TAisiie, pour rarfemier r^^ de St-Yaast, la seconde panuaie de Soissons. La noQYeUe oiceiiite fitt alors portée dans h même position, à pea près, ifot cdle ou mi la j€Êt aiqoard'hui, moins les trob bastimis. La sapeifide du boorg d*Aisne, on fiobonrig de St- Yaast, ht alors d'environ 85,000 mtees carrés, et toot f ensemble de Tenace renfermé de mors, sor les deux mes de TAisne, éfaft de 473,000 mètres (47 hectares).

Vers le même temps, et toiqonrs par smte de l'effiroi qu'inspiraient les Normands, les abbayes de St-Médard, de St-Crépm et de Notre4>ame fiirent entourées de bonnes mnrmlles dont on TMt encore des vestiges. Cette dernière, ainsi que la petite dté, s^onr de Tévé^pie et de son cbapUre, devinrent deux vastes dtaddles dan» llntériear même d<

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