COMTES HEREDITAIRES
Le roi Louis Y étant mort (987) sans laisser de postérité, la couronne appartenait de droit à Charles, son oncle paternel ; mais ce prince s'était rendu volontairement le vassal de l'empereur de Grermanie, qui, dans le dessein de s'en faire un aUié contre la France, lui avait donné la Basse- Lorraine à titre de duché. Charles, oubliant tout à la fois, les liens du sang et ses devoirs de prince et de sujet, avait attaqué, à diverses reprises, son pays, son frère et son souverain. Une conduite
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aoftsi déloyale attira sur lui la haine de la nation et la vieille antipathie des Francs occidentaux pour les descendants des ducs d'Austrasie, se réveilla plus forte et plus terrible que jamais.
Hugues Capet, duc de France, comte de Paris et petit-fils de Robert, proclame roi en 999, à Sgissons, profita de la disposition des esprits pour s'asseoir sur un trône qui se trouvait presque abandonné. L'exemple d'Eudes et de Robert; ses grands domaines, qui en faisaient le plus puissant seigneur de son temps; les services qu'il avait rendus à l'État, et aux deux derniers monarques dont il avait été le conseil et le soutien, étaient des titres sur lesquels s'appuyait son ambition.
Dans une assemblée générale tenue à Noyon, il fiit proclamé roi sans rencontrer d'autre opposition que celle du duc de Guyenne, qui refusa, pendant quelque temps, de le reconnaître pour son souverain. L'année suivante 988, le prince Charles entra en France, à la tête d'une armée d'étrangers, attaqua Laon, regardée, depuis un demi-siècle, comme le boulevard de la royauté, et malgré la vigoureuse défense des assiégés, s'en
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na^ m^tre, sans laisser au roi le teoops d*amfer à leur secours.
Hugues, à son tour, en arait fait commencer le siëge, lorsque le prince Charles, se portant bru^ quement contre les assiégeants , en fit un grand carnage, et leur enleva leur camp et leurs bagages. Soissons devint alors le refiige des troupes royales ; mais les vainqueurs ravagèrent le pays jusqu'à ses portes ; le duc de Lorraine ayant reconnu cependant que sa victoire, en affaiblissant ses forces, avait encore accru la haine et Tëloignement de la nation contre lui, n'osa pas s'engager au nulieu d'une population irritée. Il rentra dans Laon, où il consuma dans l'inaction les dépouilles des troupes battues et les fruits du pillage.
Cependant le siège avait été repris par le roi ; mab avec peu de vigueur, et se continuait avec des succès à peu près balancés. Au mois d'avril 991 , révéque de Laon fit introduire dans la ville, pendant la nuit, un détachement de l'armée française, qui s'empara du prince Charles et de sa famille ('). Cet événement acheva la chute de la dynas-
(*) C« prince moamt en 944 dunt la toar d'Orléans , où Hngaes le tenait enievine*
tie carlovingienne, consomma la scission, depuis longtemps commencée, entre les Francs-Anstrasiens, ou d'Outre-Meuse et Francs^aulob, et dota ces derniers d'une dynastie nationale qu'ils dësiraient impatiemment. C'est de cette époque que date, en réalité, ce qu'on appelle, à proprement parler, la monarchie française.
Hugues Capet, devenu roi, ne posséda, en toute propriété, que les pays qui lui avaient appartenu comme duc de France et comté de Paris. A l'exception du domaine royal de Compiègne, résidence du souverain, il ne conserva rien de tout ce qui restait encore aux derniers descendants de Charlemagne, et c'est à Paris qu'il transféra le siège de la monarchie. Laon, non plus que Soissons, ne lui offrait aucun avantage particulier; tout semblait, au contraire, devoir fixer son choix sur Paris. Cette ville avait toujours été sa résidence habituelle; elle était placée au centre de ses états héréditaires; ses habitants lui étaient soumis et dévoués ; plus éloignée des frontières de la France, elle avait moins à redouter les attaques des ennemis du dehors; Paris d'ailleurs, par sa situation topographique, devait
l*einporter sur Soissons et à plus forte raison sur LaoD.
Si Hugues ne rencontra pas d'opposition de la part des seigneurs qui voyaient dans son ëlëvation au trône, la sanction de toutes leurs usurpations , plusieurs d'entre eux lui firent payer cher leur adhésion. A l'exemple du roi Raoul, il fut obligé de leur abandonner les débris du domaine de la couronne, et de se dépouiller même de quelques-uns des domaines que son père avait obtenus de Raoul même; cette concession donna lieu à un grand changement dans la possession des fiefs du second ordre (").
La ville de Soissons tomba eu partage à Gui de Vermandois, l'un des petits-fils du fameux comte Herbert. Cette maison puissante possédait déjà les comtés de Yermandois, de Meaux, de Troyes ; Château-Thierry, Oulchy, Dormans et d'autres places sur la Marne et sur la Somme ; l'évêché de ^koyon et plusieurs abbayes, notamment celle de St-Médard.
La maison de Yermandois descendait en ligne directe et masculine de Charlemagne, et cette origine pouvait lui donner des prétentions à la cou-
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roime, et apporter de grands obstacles à raccomplissement des desseins de Hugues. Mais le caractère audacieux et turbulent qui avait rendu cette maison si redoutable, un demi-siècle aupa*rayant, s'ëtait cafanë, et ce fut sans doute pour l'assoupir entièrement, et pour s'assurer de la neutralité des Yermandois, dans la lutte que Hugues avait à soutenir contre le prince Charles, qu'il leur céda le comté de Soissons, dont la situation au centre de leurs domaines, était depuis longtemps, pour eux, un objet de convoitise.
Cependant cette concession ne put se faire qu'avec le consentement exprès de l'évéque auquel elle enlevait une partie de ses revenus et de son pouvoir temporel *, mais comme le siège épiscopal se trouvait alors occupé par Gui, frère du comte d'Amiens, ne peut-on pais présumer que l'assentiment du prélat fut obtenu par l'abandon à sa famille de quelques-uns des domaines des derniers rois, et très-probablement de celui de Coucy (*'), ou de quelques places que la maison de Yermandois possédait sur la Somme, et qui étaient à la convenance du comte d'Amiens? C'est ainsi
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que le prëbt aurait consenti à sacrifier à l'agrandissement de sa famille qaelqoes->unes des prëro* gatives temporelles de son siège. Au reste il n'y a rien là dont on doive s'étonner, puisque l'ëvéque conserrait encore, en son entier, sa haute posi* tion de suzerain. Le comte de Soissons ëtait son vassal et relevait directement de lui ; ainsi qu'on en trouve la preuve dans une charte de 11 4f, où ce comte est qualifié d^homo episcopi, homme lige de Tévéque, et mieux encore dans la cérémonie de l'entrée solennelle des évéqnes de Soissons, dont les détails ne sont pas sans intérêt.
Dans ces occasions, le chapitre de la cathédrale se rendait processionnellement à l'église de St--Pierre à la Chaux, où il attendait que le nouvel évéque fût arrivé à la porte de la ville (on croit que c'était la porte Bara), pour l'aller recevoir et le conduire dans cette église. L'archidiacre le fid- MÛt asseoir dans une chaire placée à côté de l'autel, puis on entonnait le Te Deum^ et la procession se mettait en marche pour se rendre à la cathédrale. Durant le trajet, l'évêque, assis dans sa chaire, était porté sur les épaules des gens ou vassaux du comte de Soissons et des seigneurs de
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Pierrefonds, de Montmirail et de Bczoches^ et ces quatre seigneurs la soutenaient de la main en marque d'hommage. Au portail de la cathédrale, tous les s^gneurs, yassaux de Fëvéque, prenaient la chaire, et portaimt eux-mêmes le prélat jusqu'auprès du trône pontifical, où il était installé par l'archidiacre.
Depuis plusieurs siècles cette cérémonie était tombée en désuétude; le bon sens et la modestie des prélats en avaient fait justice, et d'ailleurs le comté de Soissons et les autres fie& relevant de révéché avaient passé dans des maisons puissantes qui n'auraient plus voulu se soumettre à cet acte de vasselage.
Une autre circonstance tendrait encore à prouver, s'il en était besoin, que l'érection du comté de Soissons eut lieu à l'avènement de la troisième race. Cette circonstance se trouve dans un voyage que le même Gui de Yermandois fit à Roîne. Les historiens n'ont pas fait connaître quel en avait été l'objet; il serait possible de présumer qu'un aussi long voyage, entrepris dans un temps où les seigneurs s'éloignaient peu de leurs domaines, tant par la nécessité de les défendre contre des
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attaques soudaines, que par la diffcultë des cornmunicatioDS, n'eut d'autre but que d'obtenir la sanction du souverain pontife au démembrement du domaine de l'ëvêque ; sanction d'autant plus nécessaire que , sans elle , toute transaction de cette nature n'eût pas manquée d'être contestée par les successeurs de Gui d'Amiens ; car c'est alors que le comte de Soissons eût été frappé d'excommunication, comme spoliateur des biens appartenant au clergé ; et personne n'ignore combien étaient redoutables à cette époque les foudres lancées par l'autorité ecclésiastique.
Plusieurs historiens cependant ont avancé que Gui de Yermandois était déjà possesseur du comté de Soissons, sous le règne de Lotbaire, comme le tenant du chef de sa femme, fille d'un Gésilbert ou Gésildebert, qui l'avait possédé pour le roi. Mais aucun auteur contemporain n'a fait mention de ce comte de Soissons. Il se pourrait fort bien qu'il n'eût été, ainsi que son devancier, le comte Béralde, qu'un personnage d'invention moderne. On a cru rendre son existence plus authentique en disant qu'il est parlé de lui dans une lettre du pape Sylvestre ; mais la 'plupart des lettres , attrî-
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baëes aux papes, ne méritent guère plus de eon^ fiance que les vieilles chartes, toutes les fois qu'il s*agit d'intëréts matëriels. Dans ces temps de troubles et d'ignorance, où les grands, laïcs et ecclésiastiques, se disputaient, sans relâche, la propriété du sol et de ses habitants ^ chacun faisait usage des armes qu'il avait entre les mains : les premiers employaient la force et la violence ; les autres avaient recours à la ruse, et fabriqudent par fois des titres imaginaires (^y
Le comte de Soissons jouissait, comme l'évé* que et Tabbé de St-Médard, du droit de faire battre monnaie ; mais seulement en espèces d'argent et de cuivre. Cette monnaie portait une croix^ et pour légende le nom du comte régnant ; sur le revers, il y avait incKfTéremment un château, une église ou une couronne avec le mot Sues^ sonis, également en légende.
On rapporte que les armoiries des premiers comtes de Soissons étaient fond d'or au lion de gueules, avec bordure de même pour brisure. Elles ont changé dans la suite des temps ; ce fut très-probablement lorsque le comté passa dans la maison de Coucy ou dans la maison royale.
DE soisscms. 363
Le comte hërédhaire de Soissons avait à peu
près la figore d'un carré long, s'appuyant à
Toueat aux forêts de Corapiègne et de VArgae.
Les quatre coins de ce carré se trouvaient pla*
ces à Antrèches, à Bray, à Arcy Ste*Restitute et
à Taillefontaine. Il renfermait trente-huit corn-*
mnneSf et sa superficie était d'environ quarante
lieues carrées, à peu près un sixième de celle du
£ocèse ; mais il s'en fallait de beaucoup que tout
cet espace fit partie du domaine du comte : tout
ce qui appartenait à Tévèque et à Tégfise restait
en dehors de sa juridiction. A l'exemple des
seigneurs, chaque corporation reli^euse s'était
érigée en maître indépendant dans ses domaines,
et ne voulait reconnaître aucune supériorité
temporelle. C'était même déjà beaucoup, lorsque
révêque diocésain pouvait obtenir, dans toutes
les occasions, l'obéissance qui lui était due en sa
qualité de premier pasteur.
Le comté avait anciennement quatre vicomtes : Busancy, Cœuvres, Ostel et Fromentel. Les trois dernières ne furent érigées que postérieurement au X' siècle. Il y a toute raison d'admettre que celle de Buzancy était plus ancienne^
et qu'elle tirait même son origine d'une Centene, ou Ticairie, ou riguerie, dont le titulaire aurait été vicaire ou lieutenant de l'évêque-comte de Soissons. Ce titre de vicaire, auquel fut substitue celui de vicomte, ayant étë rendu charge héréditaire comme tous les offices du royaume, devint la propriété du seigneur de Buzancy, où son château se trouvait situé. La position de cette vicomte dans le voisinage immédiat de la seigneurie de Septmonts, non loin du château de l'évéque de Soissons, semble assez indiquer Tori^e que nous lui donnons.
Le^ droits de la juridiction seigneuriale du comte, ne s'étendaient que sur une partie de la ville et des faubourgs ; le reste appartenait exclusivement aux juridictions féodales de l'évéque, du chapitre de la cathédrale, et des trois ab* bayes. Le vicomte de Buzancy avait aussi la sienne; c'était la seule qui relevât du comte.
Chacune de ces jiuridictions jouissait, dans son quartier, de toutes les prérogatives du seigneur : chacune avait sa maison de justice, ses juges ou baillis, ses sergents et ses règlements particuliers ; source de confusion et origine de ce mé-
PLAN servant à indîc|uer la position des deux enceintes nui défendaient anciennement
1 ' Abbave de S! Médard.
/hiitfffi f/p /'nnt^trftne enceinte AM'ùéiwi entwv en jtKJa. ^/ncienne porte t/'enirée . . , * ,
7our
ifw/effmn 4»et^ a/te ferrtiMe , , , ûmnt/e ej^/ije r/e/na/ee (/mtM i7«f^
/Imptacenuni tftt (jtûifre am^/wé par CAarfemttçne , /^np/aee/nenf t/e / */^/ùe Sff thwAt'e . 0. ele f'éiflùe ti*f Aftanvi/ .
t. .!•/• -«rr . '"y
SOISSOXS
(Irpuis 86^ jus(|u'à i5.~>i.
l>i'DI('ATIO.'<>
lange incohérent de lois si contradictoires, de coutumes si diverses' et d'usages si absurdes qu'on remarquait autrefois. Ne trouvant point de renseignements bien précis sur l'étendue respective de chacune de ces juridictions, nous nous arrêterons à ce qu'il parait y avoir de plus vraisemblable à cet égard.
La ville était partagée en deux parties à peu près égales : l'une appartenait au comte, l'autre aux corporations religieuses. La ligne de démarcation suivait, de la porte de Paris au pont de l'Aisne, les rues de St-Christophe, de St-Nicolas, du Beffroi, de l'Hôtel-Dieu, du Mont Revers et de la Bannière. Le comte était seigneur de la partie du nord et des faubourgs qui l'entouraient, au nombre de quatre.
Quoique l'évéque fût le seigneur suzerain, et que toutes les )uridictions féodales relevassent de la sienne, cependant il s'était réservé en toute propriété la portion de la ville comprise entre les rues de St-Antoine, des Minimes et de St-Remy, et la muraille; ainsi que les faubourgs ^e St- André ou de St-Martin et de Crise ; c'est-à-dire, tout ce qui se trouvait entre la ville et le faubourg
de St-CMpin. Le prâat atait fidt cette rëserre, sans doute afin de se rendre de son palais de la ^e à sa seigneurie de Septmonts, sans être obUgë de passer sur d'autres terres que les siennes ; précaution sage et utile, dans un temps où Ton avait tout à redouter de la violence. La seigneurie de Septmonts touchait aux faubourgs de Soissons, puisqu'elle comprenait toute la montagne dite le Mont de Soissons, avec les rillages qui rentourent : Belleu, Billy, Roziires, etc.
Le ch^itre de la cathédrale, qui n'âait, dans Toi^^ine, qu'une communauté de clercs, soumise immédiatement à l'évéque, était déjà de-- Tenu une corporation, dont l'influence s'accrut encore dans les siècles suirants. Cette corporation ne pouvait dépendre, en aucune manière, de la juridiction du comte, et afin d'en être mieux afl&*anchie, elle fiit mise au même rang, et eut, comme lui, sa juridiction seigneuriiale sur une partie de fat ville.
Cette juridktion était bornée au nord et à l'est par celle du comte et par la Grand'nie, qui la M^arait de celle de l'abbaye de Notre- Dame ; au sud, par la juridiction de Tévéque ; à
DE aoiMom. 367
Touest, par U muraiUe de la ville. Elle comprenait ainsi la petite dtë ; le groupe de maisons où se trouve l'Hôtel-Dieu, et tout l'espace entre les rues de St-Remy et StrChristophe, occupe près* que exclusivement par les maisons des chanoines, depi& l'incendie de leur mabon conuaune. La maison de justice du chapitre fut d'abord placée dans la rue de St^-Christophe « et plus twd, transférée dans le cloitre de StCrervais.
Les juridictions de l'abbaye de Notre-Dame et du chapitre de St-Pi^re au Parvis étaient délimitées par la Grand'rue, à l'ouest; les rues du Mont Revers et de la Bannière, au nord, et Us mors de la ville an sud et à l'est.
L'abbaye de St-Médard avait, dans sa juridic^ lion, le bourg d'Aisne ou faubourg de St^Yaast, et généralement tout ce qui se trouvait sur la rive droite de l'Aisne. Le comte Gui était déjà en possession de cette juridiction seigneuriale, en sa qualité d'abbé commendataire de St^Mé*^ dard, que la maison de Yermandois possédait depuis près *d'un siècle.
La juridiction de l'abbaye de St-Grépin comprenait la totaUlé du &ubourg qui l'entourait et qui portait son nom.
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Enfin celle du vicomte de Buzancy s'ëtendait sur tout le cours de la rivière de Crise et de son canal au travers de la ville, ainsi que sur les routes de Rheims ^t de Château-Thierry.
Le comte fiit mis en possession du château de la Tour des Comtes^ pour en faire le siëge de son fief. Comme chef militaire de la contrée, il avait aussi dans son domaine les murailles, les portes et toutes les défenses de la ville, le pont et son châtelet, dit le donjon ; à la charge, par lui^ de pourvoir à leur entretien; ce qu'il fidsait au moyen de tailles et de corvées imposées aux habitants, ses vassaux. Le cours de la rivière d'Aisne, et l'ile qui s'y trouvait, lui appartenaient au même titre, ainsi que les portions de routes qui traversaient son comté.
La disparition de la plus grande partie des &ubourgs, situés dans la plaine au nord de la ville, avait rendu à peu près inutiles les ^lises paroissiales de St-Léger et de St-Pierre à la Chaux. La cure de la première fiit comprise dans la formation du comté héréditaire,* et le coude la tenait quasi de beneficio episcopi suessionensis, en bénéfice accordé par l'évêque de Soisaons. Il est assez probable qu'il en fiit de même de la
seconde , quoiipie cela ne se trouve mentionne
nulle part; mai$ l'évéque Manassès , qui occupa
le siège de Soissons, de Tan 1103 à 1108 , c6n-
yertit la paroisse de St-Pierre à la Chaux en
prieure de Guny , qu'il donna 9tu monastère de
CoiBcy, et il obtint de son firère^ le comte Jean I*^,
l'érection, pour ce prieuré, dune juridiction
seigneuriale , formée d'un démembremrat de celle
du comte , qui avait sans ifoute fait remise de la
cure. Cette nouvelle juridiction comprenait la