‹ Histoire de la ville de SoissonsChapitre 8 sur 197 · GUERRE CONTRE LES ROMAINS · texte numérisé non relu

GUERRE CONTRE LES ROMAINS

La conquête de la Gaule-Belgique par les Romains, dont Tëvénement le plus décisif fîit la prise de Noçiodunum , eut une influence si grande sw les destinées de l'Europe occidentale , qn'il ne parait pas superflu de retracer rapidement les principales circonstances qui amenèrent cette révolution , où l'ambition de Rome triompha de la barbarie au profit de la civilisation.

Lorsque César obtint le gouvernement des Gaules, les Romains s'étaient déjà rendus maîtres, depuis près d'un siècle , de plusieurs provinces méridionales de cette vaste contrée. Profitant des divisions intestines qui existaient parmi le plus grand nombre des peuples qui l'habitaient, ils étaient parvenus à se faire des partisans et même des alliés , jusque dans le cœur de la Celtique.

Rome avait donc rompu l'union qui faisait la force principale de la grande confédération gau-

lobe , dont les bandes tictorieuses étaient allées, plus d'une fois, porter Talarme jusque dans les mars en capitole. VXïe en conroitaât, depins longtemps, la €onqn<te et rasserrissement ; mais pour tenter une entreprise aussi hasardeuse , il ne ûUait rien moins que le génie, le courage et l'ambition d'un grand homme.

A peine César eut il pris possession de son gou- ▼ernement, que, par un concours de circonstances fortuites, il put marcher rapidement à laccomplissement de ses grands projets et de ses hautes destinées. Deux rictoires célèbres , remportées dans la première campagne, furent ses brillants préludes. L'une, sur les Helyétiens, qui aTaient quitté leurs montagnes pour aller s'étabfir, les armes à la main, sur les bords de la Charente ; l'autre , sur les Suëves , peuple de la Germanie, qui araient envahi une partie de la Celtique.

Ces deux victoires avaient amené les légjiona romaines jusque sur les bords du Rhin. Les Gaulois en prirent de l'ombrage ; mais les Belges seuls osèrent déclarer la guerre aux Romains. Tous les peuples de cette confédération prirent les armes ,

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à l'exception des Rèmes qui voulurent rester neutres, et firent tous leurs efforts, mais en yain, pour entraîner les Suessions à prendre le même parti dans cette guerre. Les Belloraces fournirent soixante mille hommes, les Suessions cinquante mille ; les Nendens cinquante mille, et les autres peuples des contingents moins nombreux, mais toujours dans le même rapport avec leur population. Cette armée qui s'élevait à près de trois cent mille combattants, marchait sous les ordres de Galba, roi des Suessions.

César prit la résolution hardie de transporter le théâtre de la. guerre dans le pays même des Belges, et de les attaquer avant qu'ils eussent pu réunir toutes leurs forces. Son armée se composait de huit légions qui formaient, avec la cavalerie et les troupes auxiliaires, environ soixante mille hommes. On arriva sans obstacle sur le territoire des Rèmes, qui s'empressèrent de faire leur sou^ mission aux Romains. César leur imposa des conditions honorables.

Le général romain ayant appris que l'armée des Belges était en marche pour venir l'attaquer, prit position sur la rive de l'Aisne, au-dessus du village

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deQiaudarde, dans le dessein de contenir les confédérés an delà de cette rivière qui couvrait la plus grande partie du pays des Rèmes, ses non- Teaux alliés, d'où il pouvait tirer ses ressources et SCS vivres.

Les Belges qui traitaient déjà les Rèmes en ennemis, voulurent s'emparer, chemin faisant, de Bibrax, une de leurs villes. Suivant leur usage, ils Kyrèrent brusquement l'assaut, sans la prendre , et des troupes légères, envoyées par César dont le camp n'était éloigné que de deux lieues environ, s* étant jetées dans la place à la faveur de la nuit, les confédérés abandonnèrent leur dessein, quittèrent Bibrax, et vinrent prendre position en vue de l'année romaine.

César avait établi son camp sur le sommet d'une petite montagne isolée. Sa position se trouvait adossée à la rivière d'Aisne sur laquelle il possédait un pont qu'il avait fait fortifier, et dont la défense était confiée à un corps de trois mille hommes, chargé de surveiller, en même temps, la rive gauche, et de protéger les communications avec la ville de Rheims. La force naturelle de cette position avait encore été augmentée par de bons

retranchements, et un marais d'mi accès difficile, qu'il Ëdlait nécessairement traverser, couvrait le pied de la montagne.

Le roi des Suessions , sentant tout le désavantage qu'il y aurait à attaquer une armée ainsi retranchée, se contenta, malgré le grand nombre de ses troupes et la bravoure qui les animait, de tes ranger en bataille sur le bord du marais. César en fit autant de son côté ; mais aucun des deux chefs ne voulut s'engager dans le marais pour aller attaquer son adversaire. Les deux armées restèrent ainsi en présence pendant plusieurs jours, 5*ofirant réciproquement la bataille. Il n'y eut que quelques escarmouches de cavalerie, dont l'avantage fut probablement réclamé par les deux partis, comme cela se fait presque toujours.

Galba , désespérant d'attirer César hors de sa position et de le forcer à combattre en rase camr pagne, où la grande supériorité numérique de ses troupes lui semblait devoir contre-balancerla discipline et la tactique des Romains, et lui promettre la victoire, voulut tenter une diversion, en détachant une partie de son armée sur la rive gauche de l'Aisne. Son but était de détruire le

poQt et de coller les coBunumcations de l'aroiëe romaine, que le manque de vivres eût bientôt contrainte à sortir de son camp.

Mais le passage à guë de la rivière ayant été entrepris à une trop petite distance du camp romain, Cësar se transporta lui*méme sur la rive opposée, avec les trois mille hommes charges de la défense du pont, auxquels il avait réuni tous les gens de trait et la cavalerie de son armée. Dès qu'il vit les Belges fortement engagés dans les embarras du passage, il les fit assaillir par une grêle de trâts, tandis que sa cavalerie, chargeant avec la plus grande vigueur la tête de la colonne qui avait déjà franchi le gué, la rompit et la tailla en pièces. Tous ceux qui ne trouvèrent pas la mort sor le rivage, fiurent culbutM dans l'Aisne. Vainement les Belges déployèrent un courage hé^ roïqae pour vaincre les obstacles qui les environ*^ naient et pour affronter les coups de l'ennemi, vainement ils poussèrent Tintrépidité jusqu'à vou* ioir se faire un pont avec les corps des tués et des blessés; après des efforts inouïs et la perte de leurs guerriers les plus braves, ils furent contraints de renoncer à une entreprise dont l'exécution,

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mal combinée, ne pouvait manquer d'e'chouer devant les talents militaires de César.

Un désastre aussi cruel jeta les confédérés dans le plus grand découragement. Dès lors, ils désespérèrent d'amener les Romains à combattre en plaine. Déjà le manque de vivres commençait à se faire vivement sentir. Les Bellovaces apprennent en même temps que leur territoire est attaqué par un corps des Eduens ( peuple d'Autun allié des Romains ) que César avait détaché de son armée, dans ce dessein ; ils annoncent alors qu'ils vont se retirer pour courir à la défense de leurs foyers. Cette déclaration des Bellovaces détermine tous les autres peuples à retourner chez eux. En vain Galba leur représente que les Suessions auront à soutenir seuls la guerre contre l'armée romaine, campée à deux lieues de leur pays ; rien ne peut les retenir; seulement ils s'engagent tous, sous la foi du serment, à marcher au secours de ceux d'entre eux qui seraient attaqués.

Le départ des confédérés, qui eut lieu vers le milieu de la nuit suivante, ofirit toutes les apparences d'une déroute : le corps d'armée de chaque peuple* précipitait sa marche pour gagner de

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Tttesse sur les autres. Tous cherchaient à s'éloigner des Romains le plus promptement possible. César, instruit de leur retraite, les fit poursuivre par toute sa caTalerie, soutenue de trois légions. L'arrière-garde des Belges fut atteinte et fort maltraitée, sans que les autres corps apportassent le moindre ralentissement dans leur fuite pour loi prêter assistance. Apres avoir fait essuyer de grandes pertes à cette arrière-garde, la cavalerie romaine et les trois légions rentrèrent au camp le soir du même jour.

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