‹ Histoire de la ville de Trois-Rivières et de ses environs [microforme]Chapitre 22 sur 28 · CE D A LE · texte numérisé non relu

CE D A LE

terre voisine de celle de Gaspard Boucher, le long du Saint-Maurice, près le cap aux Corneilles ; cett* terre porte encore son nom sur la carte de 1700. C’est en 1655 qu’il concéda le fief Lafond, mesurant un quart de lieue au dessous et un quart de lieue au dessus de la rivière Sainte-Madeleine, formant un front d'une demie lieue au fleuve Saint-Laurent, et trois lieues de profondeur dans les terres.! La rivière de la Madeleine située à six lieues ou environ plus haut que les Trois-Rivières, ? ne peut être autre que l’une des rivières Machiche.

Le sieur de La Fond* figura honorablement aux Trois- Rivières jusqu'à l’époque de sa mort, le 15 septembre 1665. Sa veuve vivait sur l’une de ses terres, au cap de la Madeleine, en 1667 et 1681 ; ‘elle mourut le 5 novembre 1706, âgée de 79 ans. Voici ce que nous savons au sujet de leurs sept enfants.

10 Jean, 6 en 1646, épousa Marie Senécal et s'établit à Batiscan. La tradition conservée dans sa famille dit que, de concert avec un désuite, il fonda la mission ou

aroisse de Batiscan, ce qui nous semble assez exact.

on fils Pierre, né vers 1680, prit le surnom de Maugrain on Mongrain, qui est resté à plusieurs branches de la famille Lafond; il est célèbre dans la tradition des vo .ageursdes Trois-Rivières pour sesexpédicions en qualité de guide au Nord-Oues:, où ilfit trente-six voyages. Un vieillard centenaire qui demeure dans le comté de Champlain prétend avoir v= Pierre Mongrain danses dernièresannées de sa, longue existence, alors que sa réputation d’ancien voyageur en faisait l’objet d’une espèce de culte de la part de la jeunesse de ce temps-là. Un autre Lafond surnommé le “noir Mongrain’' a laissé des souvenirs analogues; sa famille paraît se retrouver danc certaines paroisses du golfe Saint-Laurent. Pierre Lafond dit Mongrain laissa trois fils, Joseph, Antoine 2t Louis. Les deux premiers ont fondé de nombreuses familles dans le comté de Champlain ; la descendarice de Louis est passée presque toute entière aux Etats-Unis, après avoir habité les Grondines. Sous le rapport de la stature et de la force physique, les

1 Documents de la Terure Seigneuriale, p. 78.

2 Relation des Jésuites, année 1652, p. 33.

3 Lafond, La Fond ou Lafon pour La Font, qui est l’abréviation de La Fontaine. (Origine, eic. des noms propres. De Caslon, p. 69.)

4 Parmi les domestiques de madame de Lafond, en 1666 et 1681, il y avait un nommé Pierre de La Fond, né vers 1640, et probablement parent de la famille.

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