CHAPITRE IL
Sommame— Jacques Caïtier visite les Trois-Rivières.— Origine des: guerres des Sauvages.— Nations qui fréquentaient les Trois- Rivières avant l’arrivée des Français.—Fort construit par les Algonquins.—Massacre à la rivière Puante.
Jacques Cartier ayant découvertle fleuve Saint-Laurent dans l'été de 1534, y revint l’année suivante, et le remonta jusqu’à un cap qui en commande le passage : Stadaconé,. aujourd’hui Québec.
e 19 septembre, laissant deux de ses navires à la rivière Saint-Charles, il s'embarqua sur le plus petit, un galion nommé l’Emerillon, du port d'environ quarante tonneaux, pour remonter le fleuve. Il s'était muni de deux barques. Tous les gentilshomme de son expédition et cinquante mariniers l’accompagnaient. Ce furent les
remiers Européens connus qui passèrent devant les. Trois-Rivières.
Le dessein de Cartier était de se rendre sans relâche à Hochelaga (Montréal), pour connaître de là les pays qui sont situés à l’ouest. Il ne remarqua pas d’abord la rivière Saint-Maurice ou re voulut y prêter aucune attention. Les dimensions du lac Saint-Pierr?, sont la seuie note digne d’être relevée dans son récit en ce qui touche les localités dont nous nous occupons.
Il äit : “un grand lac et plaine du dit fleuve, large d'environ cinq ou six lieues et douze de long.” Il ne paraît pas que ce soit Cartier qui ait donné à ce lac le nom de lac d'Angoulême, mais plutôt Thévet ou Jean-Alphonse, pilcte de Roberval. Ceïte observation nous vient de M. l'abbé C. H. Laverdière, à qui nous voudrions pouvoir témoigner notre reconnaissance pour les bons avis qu’il nous à prodigués si généreusement sur aombre de laits relatés dans ce volume.
Le 28, l’'Emerillon s'arrêta à la hauteur des îles de Sorel, et, faute de pouvoir trouver un chenal, Cartier dut continuer son voyage en barques. Sa visite au Mont-Royal ne lui apprit que peu de choses concernant ies territoires qu'il espérait parcourir ; le 4 octobre, il était de nouveau à bord de l’Emerillon, yrèt à redescendre vers Québec. Sa relation dit:
“Le Mardy, 5. iour dudict moys, nous feismes voylie et appareillasme auec nostre dict gallyon, & barques pour retourner à la prouince de Canada au port de saincte Croix, ou estoient demourez nods nauires. Et le 7. iour nous vinsmes poser le trauers d’une riuiere qui vient deuers le Nort, sortant audict fleuue: à l'entrée de laquelle y a quatre petites ysles plaines d’arbres : nous nomasmes icelle riuiere la riuiere de Fouez. Et pource q l’une d’icelles ysles s’auance audict fleuue, & la veoit un de loing, feist le cappitaine planter vne belle grande croix sur la poincte d’icelle, & commanda apprester les barques pour aller aurc marée, dedans icelle, pour veoir la nature d’icelle: ce qu'il fut faict, &k nagerent celuy jour amond lad riuiere. Et parce qu’elle fut trouuée de nulle experience n'y perfonde, retournerent & appareillasmes pour aller aual.”!
Ce passage peut se lire comme suit : Le mardi, cinquième jour d'octobre nous 2ppareillâmes (dans les îles de Sorel) et fimes voile avec notre galion et nos
1 Bref récit et succincte narration de la navigation faile en MDXXXY et MDXXXVI par le Capitaine Jacques Cartier aux iles de Canada, Hochelaga, Saguenay el autres.—Réimpression figurée de l'édition Aiginole, Paris, librairie Tross, 1863, page 28.
barques pour retourner à Québec, où étaient demeurés nos navires. Le septième jour, nous vinmes poser en travers d’une rivière qui vient devers le nord et se jette dans le fleuve Saint-Laurent. A l'entrée de cette rivière, il y a quatre petites îles pleines d'arbres : nous nommâmes cette rivière la rivières de Fouez. Et parce que l’une de ces iles s’ava: ce dans le fleuve et qu’on la voit de loin, le capitaine fit planter une belle grande croix sur la pointe de cette île, et commanda d’apprèter les barques pour aller avec la marée dans la dite rivière et en connaître la nature : ce qui fut fait, et ce même jour on la remonta. L’ayant trouvée impraticabie et peu profonde, l'expédition rebroussa chemin et nous appareillâmes pour descendre le fleuve.
Cartier écrit Fouez suivant l'orthographe qw’il s’est plu à imaginer, ou qui était peut-être conforme à la prononciation des gens de sa province. Lescarboi pense qu'il voulait dire Foix, nom d'une branche de la première noblesse de France; cette opinion est généralement adoptée. La famille de Foix était entrée par les femmes dans celle de Bretagne. À l’époque du voyage de Cartier, le gouverneur de la Bretagne devait avoir épousé une de Foix. Le cardinal Pierre de Foix, mort en 1490, avait été évèque de Vannes en Bretagne.
Le texte cité plus haut dit que dans l’embouchure de cette rivière il y a quatre îles, quoiqu’en toute exactitude: il y en ait six. Les deux très petites que Cartier ne compte point, sont mentichnées par Champlain, 68 ans plus tard.
Les navigateurs chrétiens prenaient possession des. terres qu’ils découvraient en y plantant une croix, à la quelle, le plus souvent, ils suspendaient l’écusson du prince qui les avait envoyés. Cartier avait élevé deux croix avant de débarquer aux Trois-Rivières : celles de la baie des Chaleurs en 1534, et celle du havre Saint- Nicolas, ! dans le golfe Samt-Laurent, le ler août 1535.
Il est difficile de préciser le lieu où Cartier planta une croix. Ge ne peut être, dans tous les cas, que sur la pointe de l’une des deux îles qui s’avancent encore aujourd’hui dans le fleuve et font que les bouches du Saint-Maurice figurent trois rivières. La tradition locale ne s'accorde pas avec le texte pourtant si clair du grand navigateur ; nous croyons que le débat devrait se borner à vouloir connaîitre laquelle des deux îles a reçu les marins de l’Emerillon.
1 Nos navigateurs conservent encore sans le savoir un souvenir de: la visite de Cartier dans ce havre. Ils l’apnellent aujourd’hui Havre & sa Croix. Le nom sauvage est Wachlawouka, quelques lieues en deçà de Natasquan. (Note de M. l’ahbé Laverdière.)
Le fleuve a envahi une bande de terrain de trois ou qua: tre arpents de largeur sur sa rive nord, depuis la Banlieue jusqu'à Batiscan. Les rivages élevés ont été minés et déchiquetés par les eaux, tandis que le sol bas s’est recouvert d'eau graduellement. A la connaissance des vieillards de notre temps, la pointe de l’île de la Trinité ou Saint-Quentin,qui semblerait être celle dont parle Cartier “1 été rongée d'au moins six cents pieds par la charge du courant du fleuve qu’elle reçoit constamment, et par les glaces qui Passaillent au printemps. Avec de sembla:. bles données, il est permis de croire aussi que l’île de la Potherie, sa voisine, a pu être la plus avarcée dans le fleuve ; mais on peut douter de l’une et de l’autre assertion.
La marée se fait sentir jusqu’au milieu du lac Saint- Pierre ! et au rapide des Forges Saint-Maurice. Aux Trois- Rivières, elle atteint parfois un pied et demi. On croira difiicilement que Cartier ait pu en tirer parti.
La tentative qu’il fit pour pénétrer dansle Saint-Maurice <t qui dut probablement s'arrêter au rapide des Forges, se rattache à une idée vieille de plusieurs siècles dans l'histoire du commerce et de la navigation des peupies <ivilisés. Après Marco Polo, qui se rendit en Chine au 13me siècle, les nations de l’Europe tentèrert de se frayer un passage vers ce pays, représenté comme la source des plus riches productions qu’il y eût sur le globe. De là les courses aventureuses dont Vasco de Gama, Christophe Colomb et Fernand Magellan sont les héros à jamais célèbres.
Lorsqu’à son tour le navigateur français envoyé par François I toucha aux côtes de l'Amérique septentrionale, il avait deux missions importantes à remplir: préparer le salut'éternel des Indiens et trouver un passage qui permit d'atteindre l’Asie plus promptement que par les voies connues. Le fleuve Saïnt-Zaurent promettait de se prolonger si loin vers l’ou::st, que Cartier crut sérieusement à la réalisation de cette dernière partie de son rojet. C’est pourquoi il mit tant de diligence à visiter le ont-Royal et à s’enquérir des mers et des rivières qui coulent au-delà. Dans cet espoir, il voulut aussi parcovrir les terres du nord à travers lesquelles descend le Saint- Maurice ; il y était surtout entraîné par les Sauvages de Québec qui lui parlaient d’un prétendu royaume fabuleusement riche, situé dans cette direction et que Cartier
1 Le lac Saint-Pierre mesure 25 milles de longueur et 9 milles de dargeur ; il est à 500 milles de la pointe occidentale de l'ile Anticosti,
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n’ayait pas de peine à prendre pour le Cathay (la Chine) et le Zipangu (le Japon). Par la suite, un examen des abords du grand fleuve le convainquit peut-être de son erreur; Car il ne paraît pas s’en occuper, si ce n’est lorsqu'il retourne au Mont-Royal en 1541. Se voyant entouré d'immenses contrées et de cours d’eau infinis, il dut s’apercevoir qu'il était au centre d’un continent plusdifficile à traverser que les flots des deux océans. !
Il n’est pas parlé des Sauvage: qui habitaient ou fréquentaient les Trois-Rivières à cette époque. Entre le rapide Richelieu et le Montréal, les Français ne virent aucune bourgade ; la guerre avait passé par là.
Après avoir hiverné près de Québec, Cartier retourna en France, au mois de mai 1536. Il revint en 1541 et visita Montréai ; l’on suppose aussi que Roberval remonta le fleuve jusque là en 1542 ; Jacques Noël, petit-neveu de Cartier, parcourut le fleuve en 1583, et ses deux fils en 1587—mais de tous ces voyages il reste à peine quelques notes vagues, touchant l’histoire du Canada, durant la période qui va de Cartier à Champlain. Il en résulte que, si nous voulons lever le voile qui couvre ces soixante années, pendant lesquelles la France abandonna le Canada, nous n'avons que les traditions recueillies par les premiers colons et voyageurs canadiens.
Nous allons consigrier en aussi neu de mots que possible les principaux faits qui ressortent de tous ces récits. Ils ont une grande valeur historique en ce qu’ils expliquent l’origine des guerres terribles que les nations sauvages se firent entre elles et dont les Trois-Rivières devinrent si fréquemment le théâtre.
Aussi loin que l’on peut remonter, la vallée du Saint-Laurent était occupée par deux grandes races, parlant chacune sa iaugue propre : la race Zroquoise et la race Algonquine. Elles se subdivisaient en de nombreuses tribus portant chacune un nom distinct. ?
1 Le voyage à la Chine est resté jusqu’à nos jours l’idée fixe d'un grand nombre Ge personnages éminents. Si nous avons eu l'expédition qui ælla échouer à son début, dans l'ile de Montréal, et que l'esprit caustique de nos pères commémara en nommant le lieu de la débandade la Chine, nous avons eu aussi les héroïques voyageurs qui tentèrent de passer d'une mer à l’autre par les régions glacées du pôle nord, Tout récemment, le chemin de fer du Pacifique a enfin franchi les montagnes et les prairies découvertes par nos ancêtres; la Chine est maintenant à la porte des Etats-Unis. La France vient de couper l'isthme de Suez, qui rapproche l’Europe des comptoirs de l'Asie.
2 Ferland, vol. 1« p. 95.
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Les Iroquois possédaient les Trois-Rivières et Montréal ; ils touchaient, dans la direction de l’ouest, aux Algonquins, établis surtout le long de la rivière Ottawa, appelée rivière des Algonquins. !
Les Iroquois prétendaient être venus autrefois de l’ouest. Leurs tribus, peu belliqueuses d’abord, maïs qui devaient finir par porter la terreur et la mort sur presque tous les
ointsde ce continent, cultivaient la terre, et dédaignaient a chasse ;* elles vivaient réunies en bourgades. Leur mode de gouvernement était dès lors remarquable par l’aritorité qu’exerçaient les conseils de la nation et les chefs. Ce germe se développa à la faveur des événements qui surgirent et devint le nerf de la redoutable confédération connue sous le nom des cinq nations iroquoises. Quant au caractère des Iroquois, il a toujours été fourbe ; ils étaient doués d’une imagination vive et d’un tempérament passionné.
Les Algonquins offraient à peu près tous les traits opposés. Ils s’adonnaient à la guerre et à la chasse, menaient une vie nomade, * et méprisaient toute autre autorité que celle du chef de famille. Fiers de leur indépendance, doués d’une intelligence moins forte “ se croyant les maîtres de la contrée, ils ne perdaiïent aucune occasion de témoigner leur mépris aux Iroquois et de les molester. Leur amour de la guerre les jeta dans des entreprises hasardeuses, d’où leur indiscipline était peu propre à les tirer. Ajoutons qu’étant plus honnêtes, plus francs que les Iroquois, ils furent à plusieurs reprises victimes de la foi jurée, sur laquelle ils s'appuyaient naïvement,.
De jeunes iroquois, invités par un parti de jeunes gens algonquins à les suivre à la chasse, furent assez heureux pour les surpasser et abattre plus de gibier qu'eux. L’orgueil des Algonquins s’en trouva froissé ; ce fut la cause d’une succession de différends qui aboutirent à la guerre ouverte. La supériorité des Algonquins se manifesta aux premiers coups ; ils se rendirent maîtres du pays des vaincus. Les Iroquois se réfugièrent vers le lac Erié, d’où une nation du voisinage les chassa presque aussitôt.5 Ils
1 Mémoire sur les mœurs, coutumes et religion des Sauvages de l'Amérique septentrionale, par Nicolus Perrot, publié par le R. P.J. Taïlhan, de la compagnie de Jésus, Leipzig et Paris, 1864, p. 9.
2 Mémoire de Nicolas Perrot, p. 9.
3 Mémoire de Nicolas Perrot, 0. 9.
4 Ferland, vol 1er p. 95.
5 Mémoire de Nicolas Perrot, p. 10, 11, 12.
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allèrent se placer sur la rive est du lac Ontario, de manière à s'étendre jusqu'aux sources de la rivière Sorel, dont l'embouchure leurouvrait une porte entre les'lrois- Rivières et Montréal.
La haine du nom algonquin et l’espoir de reconquérir leur ancienne patrie, réveilla le génie des Iroquois. ? Ils apprirent à faire la chasse et la guerre, à conduire habilement des expéditions, à harceler sans cesse l'ennemi dans ses marches et dans ses retraites. Ils se révélèrent enfin sous une face nouvelle. Leurs forts étaient les mieux construits au point de vue de la solidité et de la stratégie.® L'ordre qui régnait Gaus leurs affaires publiques se consolida, prit les formes de véritables lois de peuples civilisés, et contribua énormément aux succès de leurs armes. Lorsqu’au bout de quelques années ils reparurent sur le fleuve, les Algonquins virent qu’ils allaient avoir sur les bras un ennemi qu'ils ne pourraient plus mépriser ; aussi firent-ils bon accueil à l’une des tribus iroquoises, les Houendats, dont les instincts pacifiques s’accommodaient difficilement du régime nouveau adopté par leur nation. Les Houendats désiraient se livrer en paix à l’agricalture ; dans ce but, ils allèrent s'établir sur les terres qui sont entre le lac Simcoe et la baie Georgienne, “la partie la
1 Ferland, vol. {er p. 46.
2 Le Père Bressani dit que les Iroquois se rezardaient comme les anciens possesseurs de Montréal, d'où les Hurons les avaient chassés. A l’époque où le ere Bressani vivait en Canada, les Hurons et les Algonquins faisaient cause commune, ce qui a pu lui faire croire que ces deux races avaient toujours été étroitement liées ensemble, tandis que, conformément à tous les renseignements qui nous sont parvenus, il faut croire que les Hurons ne firen‘ 1x uerre contre les Iroquois qu'à partir du commencement du 17m s3cle, lorsque ces derniers étaient déjà depuis longtemps établis à !’55: du lac Ontario, Que les Jroquois aient autrefois possédé Montréal et les Trois-Rivières, cela parait incontestable, mais ce sont bien certainement les Algonquins qui les chassèrent des rives du fleuve.
Puisque les Sauvages visités par Cartier à Hochelaga avaient des habitations à la mode iroquoise ; que les mots recueillis chez eux en cette occasion sont des mots iroquois, et que ces Sauvages paraissent avoir été alors entièrement détachés des Toudamans qui faisaient la guerre aux gens de Québec, lon peut croire que toutes les tribus iroquoises n’avaient point été chassées d’abord par les Algonquins. Ces derniers ont en effet conservé de bonnes relations avec une partie de la nation iroquoise, et ils ont même fait une alliance inaltérable avec les Hurons, tribu de la langue iroquoise,
3 Ils se donnaient le nom de Holtinonchiendi qui signifie cabane achevée.
4 Ferland, vol. 1« p. 93,
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plus fertile du Haut-Canada; il y a apparence qu'ils s'unirent bientôt étroitement aux Algonquins, mais sans erdre les mœurs ni la langue des Iroquois. Lorsque hamplain les visita, en 1615, ils avaient dix-huit bourgades et la nation, qui se subdivisait en plusieurs tribus, comptait quarante mille âmes. Les Français les nommèrent Hurons, parce qu’ils se rasaient les cheveux de manière à ne laisser sur le sommet de la tête qu’une espèce de crête assez semblable à la hure d’un sanglier. La défection des Houendats ne fit qu’activer la guerre contre les Algonquins. Les cinq tribus iroquoises les plus vaillantes, les Agniers, * les Onneyouts, les Onnontagués, les Goyogouins et les Tsonnontouans apparaissent dès ce moment comme les membres de la plus puissante confédération indienne dont l’histoire ait parlé. Ce sont ces trious que les Français eurent à combattre, et qui, grâce à l’incurie des gouvernements de Louis XIII et Louis XIV, retardèrent pendant de longues années les progrès du Canada en promenant le fer et le feu au milieu des colons dispersés sur les bords du Saint-Laurent, Les Iroquois étaient les premiers orateurs sauvages ; ils déployèrent parfois assez d'esprit et de science de la arole pour déconcerter les hommes instruits de l'Europe. Le Français les nommèrent Jroquois parce qu’ils terminaient leurs harangues par le mot hiro : j'ai dit. Parmi les nations sauvages, on les appelait Toudamans. Avant l’arrivée de Cartier, les [roquois descendaient Ja rivière Sorel, qui porta longtemps leur nom, et poussaient déjà leurs ravages jusque dans le bas du fleuve ;°
1 Ferland, vol. ler, p. 93.
2 D'après la Relalion de 1660, chapitre 11, p. 6, colonne 2, l’on suppose que la guerre eut lieu pendant la seconde moitié du 16% siècle entre les Algonquins et les Agniers principalement.
3 Ferland, vol. 1+, p. 93.
4 «Ce mot, nous dit M. l'abbé Laverdière, est probablement une corruption de Toundouans, Tsoundouans, Tsonnontouans.”
Jacques Cartier (p. 346) parle des Toudamas, gens du sud, qui faisaient la guerre aux Sauvages de Québec et qui poussaient leurs courses jusqu'au golfe. Il faudrait donc croire que les Agniers et les Tsonnontouans soutinrent les premiers la guerre de représailles contre les Algonquins. La carte de 1609 place les Toudamans sur la rive sud du fleuve entre Québec et Montréal. ‘ Les Toudamans furent plus tard connus sous le nom d’Iroquois.” (Ferland, vol. 1er, p. 35.)
La rivière Sorel s'appelait ‘ rivière des Agnierhonons,”? nation iroquoise, d’après Sagard, (Histoire, p. 174.)
» Relation de Jacques Cartier.
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