‹ Histoire de la ville de Vienne DauphinéChapitre 103 sur 136 · CONCILE DE VALENCE · texte numérisé non relu

CONCILE DE VALENCE

« L'an de l'incarnation 890, le vénérable Berce noin , archevêque de Vienne , étant allé à Rome <c pour quelques affaires de l'État et de l'Église , « fut tendrement exhorté par le pape ( qui con- « naissait parfaitement les troubles que le royaume « d'Arles avait soufferts avant que Boson en eût « été élu roi , et tous les maux qu'il avait à crain- « dre depuis la mort de ce prince ) de porter les « évêques et les seigneurs de ce royaume à élire « pour leur roi Louis , fils de Boson. Ayant donc <c appris de notre vénérable frère Bernoin cette

« disposition favorable du souverain pontife, nous « nous sommes assemblés dans la ville de Valence, a savoir : Aurélien, arebevêque de Lyon ; Rostaing, « archevêque d'Arles; Arnaud, archevêque d'Em- « brun , et Bernoin , archevêque de Vienne, avec « plusieurs évêques nos suffragants. Après avoir « examiné avec soin si c'était la volonté de Dieu « que nous déférassions la couronne au prince « Louis , selon que le pape nous y exhortait par sa »< lettre que nous avons entre les mains , nous ci sommes unanimement convenus que nous ne « pouvions choisir un roi plus digne de nous corn- « mander que celui qui , ayant l'honneur d'être « de la famille impériale , donnait déjà , dans sa « première jeunesse , des marques d'un excellent « caractère , et se montrait digne de la grandeur « de sa naissance. Et quoique son âge paraisse « peu propre à imposer aux barbares , et que a le jeune roi ne puisse les chasser lui-même des « lieux qu'ils occupent, il sera secondé dans cette « circonstance par la valeur et l'expérience des « nombreux seigneurs du royaume, qui , avec le « secours du ciel , agiront pour lui sur le champ « de bataille , qui l'aideront de leurs conseils , et «. suppléeront à son inexpérience jusqu'à ce qu'il « soit grandi en prudence et en sagesse . Mais, entre a les princes qui peuvent soutenir la jeunesse de a notre roi, nous comptons sur l'appui de l'illustre m duc Richard , pour ne rien dire de la très glo-

« rieuse reine Ermengarde, mère du jeune roi ,

« princesse d'un esprit supérieur, et dont l'atta-

« ehement au bien des états de son fils est très

« connu des peuples. Enfin nous espérons que le

« maître que nous choisissons , touché de respect

« pour la religion et pour ses sacrés ministres ,

« déférera aux conseils des évêques , qui auront

« toujours en vue sa gloire et l'utilité publique.

« Mettant donc toute notre confiance en la grâce

« et en la protection du Tout-Puissant, certains en

w quelque sorte que notre choix lui est agréable ,

« nous élisons pour notre roi et souverain Louis ,

« fils du sérénissime roi Boson, et nous sommes

« prêts à lui donner l'onction royale. Nous le ju-

« geons , au reste , d'autant plus digne de ce rang

a suprême, que le très excellent empereur Charles

« le lui a conféré lui-même, et que son successeur

a Arnoul lui en a donné la confirmation en lui en

« envoyant la marque, c'est-à-dire le sceptre,

« par l'évêque Reœulfe et le comte Bertaud, ses

a ambassadeurs. Autorisés par l'exemple de ces

« deux grands princes , nous , assemblés dans cette

« ville de Valence , avons fait cette élection , et

<t l'avons signée de notre propre main , ce que

« nous avons accompagné de mille vœux pour le

« bonheur et la longue prospérité du règne du

« nouveau souverain. »

(Coll. conc. gall. tom. 3, p. 529. — Maupertuy, Hist. de la sainte église de Vienne , p. 1 4^-)

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