CONSTRUCTION DE PLUSIEURS MONASTÈRES AUTOUR DE VIENNE
Il paraît qu'en règle générale les monastères d'hommes s'établissaient hors de la ville, mais toutà-fait à sa proximité. C'est ce qui est prouvé par une des homélies de saint Avite , dont nous avons eu déjà occasion de parler.
« Les belles avenues de Vienne sont environnées « d'un rempart de temples sacrés. »
Dès l'année 3i2 , un monastère avait été fondé sur le bord des prairies , à l'est de la ville , par un évêque de Vienne , qui le dédia à saint Romain.
Un autre monastère fut construit sur le mont Crappum , à l'extérieur, mais joignant les murs de la ville. Il fut dédié à saint Just, cinquième évêque de Vienne. Le mont Crappum perdit plus tard son nom pour prendre celui de Saint* Just.
Il en fut de même du mont Quiria eu m, qui échangea son nom contre celui deSainte-Blandine, viennoise martyrisée dans l'année 177, sous le vocable de laquelle on avait élevé un couvent ou monastère de filles , sur ce même mont , mais intra muros ; car , par un sentiment de convenances, dont on ne s'écarta que long- temps après , les monastères de
FAITS DÉTACHES. lo3
filles étaient toujours placés dans l'intérieur des villes.
Tous ces monastères existaient lorsque les Bourguignons occupèrent la ville de Vienne. Il est à croire que ce fut dans le couvent de Sainte-Blandi ne que Gondebaud relégua l'aînée des filles de son frère Chilpéric , et la força à prende le voile.
Saint Mamert, vers l'an 474» nt bâtir, sur le territoire de Sainte- Colombe, une église en l'honneur de saint Ferréol et de saint Julien, martyrisés dans le commencement du quatrième siècle. Elle était desservie par des moines.
Saint Avite (Avitus Sextus Alcimus iEcdicius) , dix-neuvième évêque de Vienne, qui joua un si grand rôle sous Gondebaud et Sigismond , était fils de saint ïsique , sénateur et évêque de Vienne , à qui il succéda , et frère de saint Apollinaire évêque de Valence. Il était de la même famille que l'empereur Avitus. Son crédit et son savoir étaient immenses. Ses (Euvresont été publiées et annotées par le père Sirmond, en i643. Saint Avite ne dissimulait point son influence , car dans une lettre qu'il écrivait au pape Hormisdas , il lui demandait des renseignements sur le schisme des Eutichéens , ce afin de pouvoir donner les indications convenait bles aux évêques des Gaules qui le consulte- « raient ».
Saint Avite fit construire autour de Vienne une foule de monastères, auxquels il donna le nom de
Grenencences . Ces monastères étaient fortifiés et renfermaient des tours élevées. Je reviendrai plus tard sur ces constructions et sur l'époque de leur destruction. Je me contenterai pour le moment d'annoncer qu'après les recherches les plus minutieuses aux environs de Vienne , sur l'une et l'autre rive du Rhône , je n'ai découvert que sur la hauteur de Sainte-Colombe des vestiges qui puissent s'appliquer à un monastère et à la description qu'en donne saint Avite. Une tour ronde, très ancienne , bâtie sur le sommet de la colline, vis-à-vis de l'ancien pont du Rhône , s'élève encore d'environ deux mètres au dessus du sol. En avant , c'est-à-dire à l'est de la tour , sont de vastes ruines qui m'ont paru appartenir à une église et à des cloîtres.
Quant aux autres débris qu'on trouve dans la plaine de Sainte- Colombe et de Saint-Romain, une tradition constante et l'autorité de Chorier peuvent les faire considérer comme des restes d'anciennes églises ou d'anciens monastères ; mais rien n'indique les fortifications dont parlait saint Avite.
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