DÉBONNAIRE
Ce fut Pépin , roi d'Aquitaine, qui, en 852, leva le premier l'étendard de la révolte ; ses frères ne tardèrent pas à l'imiter; mais , cette fois , l'empereur montra de l'énergie , et suivit les conseils de sa femme Judith qui était sortie de son monastère. Les trois fils furent obligés de demander pardon à leur père. Louis le Débonnaire punit Pépin en lui enlevant le royaume d'Aquitaine pour le donner au jeune Charles le Chauve.
Mais les trois aînés , obligés de céder momentanément, ne se tenaient point pour battus. Lothaire était passé en Italie où il fesait de grands armements. Il ne pouvait se consoler d'avoir été privé de la dignité impériale. Il décida le pape à l'accompagner dans l'expédition qu'il méditait , et tandis que le souverain pontife croyait jouer le rôle de médiateur entre le père et les enfants, Lothaire fesait répandre le bruit que le pape ne venait en France que pour excommunier son père.
Les trois frères s'étaient donné rendez-vous en Alsace. L'armée de l'empereur s'y était également réunie. Le pape eut une entrevue avec Louis le Débonnaire. L'archevêque de Vienne , Barnard , passait fréquemment d'un camp à un autre pour y
porter des paroles de paix j car les deux camps étaient remplis d'évêques, de prêtres et de moines, arrivés , disaient-ils , pour rétablir l'harmonie dans la famille impériale; mais tout-à-coup l'armée de Louis le Débonnaire l'abandonna, et se plaça sous les ordres de ses fils.