‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 154 sur 210 · ECARTS OU DEPENDANCES DE MONTMARTRE · texte numérisé non relu

ECARTS OU DEPENDANCES DE MONTMARTRE

Du côté de Paris on regardoit comme une dépendance de Montmartre, en 1657, le canton appelle la Nouvelle France ou faubourg Ste Anne, ainsi dit à cause de la Chapelle du nom de cette Sainte. Je trouve que le 1 1 Août de cette année, l'Archevêque de Reg, Archiep, Paris permit d'y faire célébrer pour les habitans, à condition '^^7 qu'ils reconnoîtroient le Curé de Montmartre pour leur Pasteur. ^^ ' ^'' '^^^' Je trouve aussi au i3 Octobre 1678, la Chapelle Notre-Dame des /^,vi. Porcherons, dite située sur la Paroisse de Montmartre.

CLIGNEN COURT est situé à l'ôpposite et sur le côté de la montagne qui fait face à la Ville de Saint Denis. Ce que j'en ai

Chart.Ep.Par. trouvé de plus ancien est dans le Cartulaire de l'Evêque de Paris, Btbi.Reg. ^QYix \q compilateur a remarqué qu'il existoit au XIII siècle un Seigneur de ce lieu, Dominus de Clignencort^ lequel tenoit à Paris un terrain du Seigneur de la Tour de Senlis, relevant de l'Evêque de Paris. Il n'est pas aisé de deviner d'où peut avoir été formé le commencement de ce nom. Je pense cependant qu'il vient d'un ancien propriétaire qui se seroit appelle Cleninus, en sorte que sa Terre en auroit pris le nom de Clenini cortis, ou Clenini curtis. En ce cas, ce pourroit bien être ce nom qui auroit été gravé dans la cave ou platriere découverte à Montmartre, en i6i i,

Panopi. Sacerd. ex non celui de s. Clément, comme André du Saussay l'a prétendu. Les auteurs du Procès verbal ont pu facilement se tromper dans l'assemblage des lettres, et par une mauvaise application des jambages (surtout si les caractères étoient un peu gothiques), avoir lu Clemin où il y avoit Clenini, ainsi écrit Clemm ; car il est sûr qu'autrefois on ne mettoit aucun point sur la lettre i. Au surplus, si c'eût été le nom de S. Clément que l'ancien gra* veur eût voulu mettre, pourquoi auroit-il gravé Clemin et non pas Clemen ? Sans donc trouver gueres plus de mystère dans ce souterrain que n'y en a trouvé Sauvai, je pense que cette cave pratiquée dans le plâtre a servi aux habitans de cette montagne à cacher du tems des guerres ce qu'ils pouvoient avoir de plus précieux ; qu'une partie marquée par Clenini cortis étoit destinée par ceux de ce canton, l'autre désignée par DiOy pour ceux du haut de la montagne, où étoit une Eglise de Saint Denis, dès le VIII siècle, et que la troisième partie où il y avoit gravé Mar...^ étoit réservée pour les effets de ceux qui demeuroient au canton du Saint Martyre, de Sancto Martjrrio, qu'au reste, l'autel qu'on y a trouvé avoit servi à célébrer la Messe pour les habitans, dans ces téms de guerre où il eût été dangereux de le faire dans les Eglises.

Si l'on veut un exemple de ces guerres, sans remonter à celles

des Normans, ni à celles des Anglois arrivées en différens tems,

ou même à celles des Armagnacs et Bretons, ' leurs associés

en 141 1, voici ce qu'on lit dans la Chronique de Louis XI à

chron. l'an 1475 : « Le lundi 9 Septembre, les Bretons et Bourguignons

dite sctnd. g. furent ès terrouers de Clignencourt, Montmartre, la Courtille,

i.i I ,p.7 . ^ et autres vignobles, d'entour de Paris, prendre et vendanger

<c toute la vendange qui y étoit, jaçoit ce qu'elle n'étoit point

«c meure. »

L'Abbaye de Saint Denis avoit à Clignencourt au XV siècle

/?e^. £>. Pflw. une Prévôté qui étoit un simple Office du Monastère. L'Evêque

de Paris la conféra sous cette qualité le 28 Septembre i486, jure

devoluto, à Gui de Montmiral, Religieux de cette même Abbaye.

Il en paroît encore une autre collation par l'Evêque de Paris

du 27 Septembre 1499, ^^ même Gui de Montmiral, quali&é Reg. Ep. Paris.

Abbé de Montebourg au Diocèse de Coutances.

Ce lieu de Clignencourt appartenoit en 1579, au moins en partie à Jacques Liger ou Legier, Trésorier du Cardinal de Bourbon. Il y avoit fait bâtir sur la descente de la colline une Chapelle de la Trinité. Il obtint de l'Evêque de Paris, vu qu'il étoit incommodé Reg. Ep. des gouttes, de pouvoir y faire célébrer par le Curé de Mont- ^ ^^^^' '''*79martre, ou par un des Prêtres approuvés, pourvu que cela ne détournât point les habitans d'aller à la Paroisse. Le nom de ce même Seigneur paroît l'année suivante dans le Procès-verbal de la Coutume de Paris. Il y prend aussi la qualité de Seigneur de Montmartre, et on la lui a donné en i58i dans son épitaphe à Saint Severin de Paris. Son fils Jacques Liger, Secrétaire du Roi, lui succéda'. Il obtint en i6i5, de l'Evêque de Paris la permission Reg, Ep.Par. de faire chanter dans la Chapelle bâtie par son père, une grande ^ •^''"- ^^'-''• Messe le jour de la Trinité, et Vêpres la veille, par le Curé ou le Vicaire de Montmartre, du consentement de l'Abbesse, mais toujours avec défense d'y faire la bénédiction de l'eau ni celle du pain. De plus, par son testament passé devant Fardeau, Notaire à Paris, le 3o Avril 1620, il y fonda une Messe tous les jours de l'année, en ce comprises les Messes des Dimanches fondées par son père. Il mourut la même année et fut inhumé à Saint Severin. Les Dames de Montmartre qui étoient chargées de l'exécution de ces fondations, en obtinrent la réduction en 1728.

Dom Felibien a cru devoir faire remarquer que lorsque la Hi»t. s. Denis, Procession septennaire de Saint Denis arrive à Montmartre, les p- 439- Chapelains de ce lieu viennent au-devant jusqu'à cette Chapelle de la Trinité.

Quoique, dès l'an 1379, Jacques Liger fût dit Seigneur de Clignencourt, Sauvai ne laisse pas d'assurer que ce fut à lui que Sauvai, l'Abbaye de Saint Denis, en vertu de l'Arrêt du Parlement T. i, p. 356. du 9 Avril 1595, vendit en 1596, la part qu'elle avoit dans cette HUt. s. Dénia, Seigneurie et le sieur Piganiol observe que l'Abbaye de Mont- p- 4»7martre possède au même lieu de Clignencourt un fief du Monas- piganioi, tere de Saint Denis, ce qui est cause, dit-il, qu'à chaque mutation T. i, cdit. 1743, d'Abbesse, cette Abbaye de Filles doit payer mille livres à la P»«^» Mense Abbatiale de Saint Denis.

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