AUBERVILLIERS
DrT AUTREMENT NOTRE-DAME DES VERTUS
On ne trouve rien de plus ancien qui fasse mention de ce village, que la charte de fondation du Prieuré de Saint Martin des Champs qui est de l'an 1060. Entre les biens que le Roy Henri I, fondateur, destina à ce Monastère, ce Prince dit qu'il donna la Terre qu'il a dans le Village Albert i-Villare y et il se sert de ces termes: In Villa quœ dicitur Alberti-Villare terram quant ibi Hist. s. Mart. habebam. Deux Rois ont confirmé cette fondation : Louis VI en page 5. l'an 1 1 1 1, qui met dans son Diplôme : Terram Hauberti-Villaris et Louis VII, en 11 37: Terram Alberti^Villaris. Et cela me paroît suffisant pour pouvoir dire que ce Village a commencé par la maison de campagne d'un nommé Albert ou Aubert; mais itid.,p.27. comme ce nom a été fort commun, il n'est pas possible d'assurer quel étoit cet Albert. Ce qui est sûr est qu'il a dû vivre au* plus tard au commencement du XI siècle, et avant le règne du Roy Henry. Néanmoins je ne dissimulerai point que dans le Diplôme Doublet du Roy Louis le Gros de l'an 1 124, concernant l'Abbaye de Saint Hi»t. s. Denis, Denis, il y a : Villa quœ vocatur Halbervillare, en un seul mot. ^' ^'
Ce village est très-connu à Paris, parce qu'il est pour ainsi dire au bout du faubourg de S. Laurent, et qu'il confine au territoire de la Banlieue de Paris dans la Plaine de Saint-Denis. La froideur Dict. Trévoux du terrain est cause qu'on n'y voit point de vignes, mais ce lieu •« mot est renommé par les légumes et les salades qui en ont pris le nom. ^*'*^"'«''*^"
Un titre de l'Abbaye de Saint Denis nous apprend qu'en l'an 1242, il n'y avoit à Aubervilliers qu'une simple Chapelle. Il y a grande apparence que c'étoit une succursale de Saint Marcel-lez-Saint Denis, puisque le Pouillé écrit vers le règne de Louis VIII marque que c'étoit au Curé de cette Eglise à y pourvoir d'un Prêtre. Elle est et a toujours été sous l'invocation de S. Christophe. Ce qui a contribué le plus à la faire rebâtir et augmenter, est le concours à l'image miraculeuse de la Sainte du Breui, Vierge qui commença vers l'an i338. Le Roi Philippe de Valois p- 1042 et suiv. y vint rendre ses vœux avec la Reine. Ce Prince y fit don de deux *** ' ^' arpens de bois, et la Reine d'une pièce de drap d'or. Le Duc d'Alençon et le Comte d'Estampes firent chacun présent d'une
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chasuble magnifique. L'Histoire de ces faits qui est en vers François dans Du Breul, ajoute la punition du Maréchal de Toulouse, qui passant sur la chaussée du Bourget, s'étoit mocqué des pèlerins qui accouroient à cette image et le miracle sur le fils d'un Mercier, qui occasionna aux Merciers de Paris d'y établir une Confrérie. On peut le consulter pour le reste des miracles. Guillaume d'Etouteville, Cardinal Légat en France, étant à Paris le 22 May 1452, accorda à tous ceux qui visiteroient et feroient aumône à l'Eglise Paroissiale d'Aubervilliers du titre de S. Christophe, au jour de la Fête de ce Saint, de la Dédicace, âe la Nativité et Assomption de la Vierge, aussi-bien que le second Mardi du mois de Mai, etc., cent jours d'Indulgences. La dévotion du second Mardi du mois de Mai est celle qui paroit avoir prévalu. C'est le jour qu'on y honore la Sainte Vierge sous le nom de Notre-Dame des Vertus, c'est-à-dire Notre-Dame des Miracles ; car c'est ce qu'on entendoit au XIV siècle par le mot
Aiman. spirituel de Vertus. La Dédicace de cette Eglise est marquée au sixième ou de Paris. huitième Dimanche d'après la Pentecôte ; c'est apparemment celle dont il est fait mention dans les Lettres du Cardinal d'Estouteville. Il n'est pas vrai que ce soit en ce lieu que l'Ordre de l'Etoile établi par le Roy Jean devoit tenir les assemblées, et où chaque Chevalier devoit en mourant envoyer les marques de l'Ordre, quoique le Père Heliot l'ait cru ainsi en son livre des Ordres Religieux. On verra à l'article de Saint-Oûen que c'étoit en ce village. Il y a des preuves que le Roy Louis XI logea à Aubervilliers, au mois de Novembre 1474 ou Janvier 1476. Il reste à sçavoir s'il y vint par dévotion comme les pèlerins de son Royaume. On lit touchant le Père Jean Garnier, sçavant Jésuite, qu'il venoit tous les ans à pied et à jeun en cette Eglise pour remercier Dieu de sa vocation Vie de à l'état Religieux. Madame Pollalion, morte en 1657, venoit de
Marie Lumague, Paris nuds-pieds en pèlerinage à la même Eglise même l'hiver, impr. 1744. pQ^j. demander à Dieu la santé du Roi et de la Famille Royale.
Comme la Fête de Saint Jacques le Majeur concourt avec celle de Saint Christophe, quoique ce Saint Apôtre ne soit point mort en ce temps-là, on l'a depuis peu de temps associé au culte de Saint Christophe dans cette Eglise avec la permission de l'Ordinaire. Mais n'étoit-ce point plutôt Saint Cucufas, fameux Martyr d'Espagne, qu'il auroit fallu joindre à Saint Christophe ? Car il y a toute apparence que c'est plutôt de ce Saint que les Religieux de Saint Denis qui en ont le corps depuis le IX siècle et qui sont Seigneurs en partie d'Aubervilliers, auront donné des Reliques pour la première Dédicace, que non pas de Saint Christophe. Mais S. Christophe ayant eu de tout temps sa Fête le 25 Juillet, jour auquel avoit été faite par la suite la Translation du corps
DOYENNÉ DE MONTMORENCY SSq
de S. Cucufas, il a pu arriver que celui de ces deux Martyrs le plus anciennement connu en France l'aura emporté pour la dénomination de la Fête.
Du Breul raconte qu'en l'an 1529, avant Pâques, toutes les DuBreui.p.948. Paroisses de Paris s'assemblèrent en l'Eglise Cathédrale et que de-là elles allèrent en Procession à N. D. des Vertus. Cette Procession se faisoit pour s'opposer aux progrez des nouveaux hérétiques. Il ajoute qu'on y porta tant de torches et de flambeaux, que ceux qui étoient dans des lieux élevés vers Montlhery crurent que le feu étoit à Paris,
Entre les anciennes épitaphes de cette Eglise, celle qui m'a paru la plus remarquable est de Pierre de Montholon, Chanoine de Laon, Docteur et Professeur en Sorbonne, fils du Garde des Sceaux François de Montholon, premier du nom. Il s'étoit retiré à Aubervilliers pour se garantir de la peste qui ravageoit Paris, en 1596, mais il ne laissa pas d'en être atteint en ce lieu et il en mourut dans le Château. Il fut inhumé à côté de l'Autel de N. D. Son épitaphe rapportée en entier par Blanchard, contient ces Hist. des lignes qui nous apprennent qu'il possedoit la Seigneurie, et qu'il Pr^sid.à mortier légua à l'Eglise les dixmes dont il avoit joui comme de dixmes ''' '^ ' inféodées. Aviti hujus territorii ac Vicarii Dominus; sed mage clarus quod patri et avo Vice^cancellariis Franciœ natus : Dum fugit tabem anno i5p6 Lutetiam populantem, ipsomet conficitur tabo, prius Ecclesiœ huic legatis decimis quas infeudum habebat.
Dans le temps que le lieu d' Aubervilliers fut érigé en Paroisse, ce qui doit avoir été fait vers l'an i3oo, la Présentation du Curé fut donnée au Prieur de Dueil, parce que le territoire avoit dépendu de celle de Saint Marcel-lez-Saint Denis, à laquelle il nommoit. Ce qui se passa lorsque cette Cure fut transmise aux Pères de l'Oratoire, suppose la chose certaine. Les derniers Curés avant cette réunion furent Mathieu de Morgues, sieur de Saint Germain, auteur de plusieurs ouvrages. Après en avoir été Curé pendant Lettre deux ans et avoir embelli l'Eglise, il s'en démit à la persuasion de . **" s*" ****''8la Reine Marguerite, en faveur de M. Galeman, Docteur de Paris, la def. de Supérieur-Général des Carmélites, qui avoit été Grand-Vicaire du i« Reine Mère, Cardinal de Joyeuse, lequel depuis la résigna selon quelques-uns ^' y-^^'^J^' à Guillaume Farges. Le dernier possesseur, quel qu'il fut, fit sa sr Gaiemtn par résignation, en faveur de l'union à TOratoire, à la prière de M. de >« p Gaieman Montholon, Conseiller d'Etat. Le sieur Piganiol fait faire la rési- i^î^^]^^\
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gnation aux Pères de l'Oratoire par le sieur Galleman sans parler Hist. Manutcr, de Guillaume Farges, et cela s'accorde avec les Registres de l'Ar- s.Fior.Saimur. chevêche où cette union est marquée, faite le 5 octobre 161 6 du "p"ris consentement de Paul Cename ou Cenami, Prieur de Dueil, et de t. viii, p. ass. Jacques Galemant, Curé. Quel qu'ait été le résignataire immédiat,