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PROCHE PARIS

En parlant de Clichy-la-Garenne, j'ai rapporté (page 419 et suivantes) tout ce qu'on sçavoit de ce lieu, lorsqu'il comprenoît le territoire qui s'étend du côté de Saint Denis. Mais, comme depuis le VIII ou IX siècle, il se forma de ce côté-là un village, appelle la Chapelle Saint Ouen, qui par la suite est devenu une Paroisse, j'ai remis à en traiter ici en particulier.

Clichy étoit une terre d'une vaste étendue : le Palais que nos Rois y avoient étoit composé de différentes maisons : il y en avoit une au bas de Montmartre, proche le lieu dit le Roulle. Un autre manoir étoit situé sur la petite élévation qui est entre Clichy, proprement dit, et Saint Denis. On ne peut douter que ce ne soit en ce dernier manoir Royal que Saint Ouen, Evêque de Rouen, ne soit mort l'an 683. Quoique son corps fut transporté aussi-tôt à Rouen, sa mémoire y fut tellement en bénédiction qu'il y a toute apparence que le lieu où il mourut fut regardé dès-lors avec respect par les personnes pieuses. Après les troubles qui agitèrent le Royaume vers l'an 730, Charles Martel, ayant donné à l'Abbaye de Saint Denis toute la terre de Clichy dont les Châteaux pouvoient être délabrés, les Religieux ayant toujours présente à l'esprit la sainteté de l'Evéque de Rouen, confirmée par des miracles, maintinrent Tusage d'appeller du nom de Saint Ouen les restes du château ou manoir Royal, dans lequel il étoit décédé soixante ans auparavant. C'est ce qui fut aussi appelle Cella S. Audoeni, la Celle S. Ouen. Le lieu pouvoit dès-lors être couvert de quelques maisons de pêcheurs ou de laboureurs ; c'est ce qui par la suite donna origine à la Paroisse. Sa distance du milieu de Paris est d'une lieue et demie ou d'environ deux lieues.

La première occasion où les titres font mention de la Chapelle Saint Ouen, est le partage des biens de l'Abbaye de Saint Denis, Dipiom.p.5ao, fait entre l'Abbé Hilduin et les Religieux. Cet Abbé leur cédoit

en 832 le lieu qui portoît ce nom de Chapelle S. Ouen, pour leur

servir à ranger leurs filets et à les raccommoder. C'est une marque

qu'ils faisoient pêcher dans ces cantons de la rivière. La confir-

Dipiom.,p.537. mation de ce partage, fait en 862, ne met point Capellam S. Au-

doeni, mais Cellam S. Audoeni supra Sequanam sitam.

Il est bon d'observer que Charles Martel, dans le Diplôme de sa donation, ne donne aucune Eglise aux Religieux de Saint Denis sur le territoire de Clichy et quoi qu'il y eut dès le IX siècle une Chapelle du titre de S. Ouen, qui servoit à désigner tel canton de Clichy, c'est-à-dire le canton septentrional ou du nord-est, les actes des Abbés Hilduin et Louis ne parlent point de cette Chapelle Saint Ouen en tant qu'Oratoire, mais seulement en tant que le lieu où elle étoit construite leur convenoit pour l'usage de la pêche. Ainsi Capella S, Audoeni et Cella S, Audoeni ne doivent s'entendre précisément que pour le temporel.

Cependant, comme dès l'an 832 on disoit Capella S. Audoeni^ il falloit que réellement il y eût une Chapelle en ce lieu. Le Roi Robert déclare dans une charte de Tan 1004 ou environ, que le Comte Burchard et son fils Rainold, Evêque de Paris, lui ont représenté la dévotion qu'ils auroient d'assurer au Monastère de Marmoutier (proche Tours) la possession d'une Chapelle, dite de Saint Ouen, laquelle a appartenu autrefois au domaine, et en ayant été distraite par les Ducs de France, est échue bénéficiairement à ce Monastère : sur quoi ce Prince confirme à ce même Monastère de Marmoutier la jouissance de cette Eglise et des vignes, prés et terres qui y appartiennent. On est en peine, faute de Titres, de savoir comment cette Eglise de S. Ouen a pu passer des Moines de Marmoutier aux Chanoines de S. Benoît de Paris. Mais je conjecture que ces Chanoines, ayant çouffert avec peine que la desserte de l'Eglise de N. D. des Champs leur fût ôtée pour être confiée à ces mêmes Moines de Marmoutier, ces Religieux, pour rester tranquilles à N. D. des Champs et pouvoir l'ériger en Prieuré, rendirent durant l'onzième siècle à l'Evêque de Paris l'Eglise de Saint Ouen pour la transmettre à ces Chanoines. Aussi lit-on dans le Pouillé Parisien, écrit vers l'an 12 10 ou 1220, parmi les Cures qui sont du Doyenné de Gonesse : De Donatione S. Benedicti Parisiensis^ Cura S. Audoeni apud Sanctum Dionjrsium.

Dans l'Eglise qui subsiste aujourd'hui est un chœur ou cancel assez petit, qui paroît être d'une structure du XII siècle finissant, c'est-â-dire du règne de Philippe-Auguste, tems auquel les Eglises de la campagne étoient fort petites. Le sanctuaire est nouveau. Ce fut M. Mauroy, Seigneur il y a cent ans, qui fit faire le portail, aussi-bien que l'aîle qui est du côté du midi. Le pèlerinage à cette

Eglise est fort fréquenté contre le mal de surdité. On y conserve un doigt du saint Evêque qui est enchâssé, et on le fait passer proche les oreilles des personnes sourdes, dont un grand nombre de pèlerins se sont bien trouvés. Ce n'est pas seulement parce que la Fête de S. Ouen concourt avec celle de S. Barthelemi que ce Saint Apôtre y est honoré en qualité de second patron, mais encore parce qu'il y a eu, dit-on, en ce lieu un oratoire de S. Barthelemi. Les choses étoient ainsi il y a plus de deux cens ans, puisque dans la permission que le Cardinal du Bellay, Evêque de Paris, donna le 9 Juillet i538 à Jean Olivier, Evêque d'Angers, d'en faire la Dédicace, elle est dite Ecclesia SS. Audoeni et Bartholomœi. Dans l'acte de cette Dédicace, faite le 21 Juillet Reg.Ep.Par, suivant, on lit que cet Evêque y renferma dans l'autel des reliques de S. André et de S. Biaise, Martyr, en présence de Jean Tannel, Curé, et de Jacques Gilbert, Procureur du Cardinal du Bellay. L'Evêque d'Angers étoit devenu, comme je le dirai plus bas. Seigneur de cette Paroisse, en sa qualité d'Aumônier de l'Abbaye de Saint Denis qui lui est donnée dans l'acte. Feiib.

Les Religieux de Saint Denis venoient autrefois en Procession ^^^^' ^' i>eo"à cette Eglise aux Fêtes de Pâques ou de Pentecôte. ^* ^'

Le Vicaire Général de Gérard de Montaigu, Evêque de Paris, conféra, le 20 Avril 1420, la Cure de S. Ouen dont la nomination, caii. Ckr. dit-il, appartient d'ancienneté aux Chanoines de Saint Benoît. T.vir,coi.i43, Tous les Pouillés attestent la même chose, à commencer par celui du XIII siècle que j'ai déjà cité ci-dessus.

Il y a eu en ce lieu plus d'une Chapelle mémorable et les Historiens des Ordres de Chevalerie ont eu occasion de s'étendre sur celui qui y fut établi. Je rapponerai tout cela ci-après. Il faut auparavant donner ici par ordre des tems un état des différentes acquisitions qui conduisirent à ces établissemens.

Les plus anciennes que Ton connoisse sont celles que fît sur le territoire de Saint Ouen un Clerc du Roi, appelle Guillaume de Crespy. Elles consistoient en un très-grand nombre d'arpens de terre, dont quelques-uns même étoient situés proche le Landit, d'autres au canton appelle Mauvoy et ailleurs. Ces acquisitions se firent aux années i285 et suivantes, jusqu'en 1293. En quelques-unes ce Clerc du Roi est qualifié Archidiacre de Paris ; en d'autres il est dit Doyen de Saint Agnan d'Orléans. Agnès de Crespy qui fut son héritière, avec sa lîlle et son gendre, cédèrent en 1299 à Charles de Valois, Comte d'Alençon, le manoir, jardin, terres et prez qui leur étoient venus de Guillaume de Crespy, situés au territoire de Saint Ouen, Torcy et Saint Denis, à la charge de faire déclarer eux et leurs enfans personnes franches. C'est ce même manoir situé au territoire de Saint Ouen qui

devînt fameux par la suite. On trouve dans des mémoires de Ex tched. Tan i3o7, 1^ marché que ce même Charles de Valois fit à Paris,

D.Unceiot. pour achever la salle commencée en son manoir de Saint Ouen. Bien plus, oq lit que Catherine de Courtenay, héritière de l'Empire de Constantinople et femme du même Charles, y mourut le

Conc. Nangii. 9 Octobre de la même année. En i3ii il donna à cens une Isle de deux arpens sur la Seine située devers Peau de Saint Denis. La même année le Roi Philippe le Bel étant à Saint Ouen le Ordonn. des 22 Août, y fit expédier une charte qui ordonnoit aux Juifs de ^****' sortir du Royaume et en i3i4, y étant le i5 Octobre, il en signa une autre contre les joutes et tournois ; ce fut sans doute dans la maison du Comte de Valois, son frère puîné. Ce même Comte y acquit en 1324 une place et un chemin. Faisant vers ces tems-là le partage de ses biens entre ses trois fils en présence du Roi Charles le Bel, il donna à Philippe l'aîné qui régna depuis sous le nom de Philippe de Valois, outre les Comtés du Mans, de Valois, etc., la maison de Saint Ouen, qui appartient aux Rois de France descendans de lui. Il y avoit fait construire une Chapelle

Très, des Chart. du titre de Saint Georges, sans y fonder un Chapelain ; il ordonna

cahiers 14 et 1 5. par son testament qu'on achetât jquarante livres de rente pour le doter, le chargeant de quatre Messes par semaine, outre le jour de son décès et les jours des Fêtes chommées. Philippe de Valois assigna donc pour cela en l'année i33i qui étoit la quatrième de son règne, sur son propre Domaine de la Terre de Saint Ouen, un arpent et demi de terre, sis à la Croix-au-Comte sur le chemin de Saint Ouen à Saint Denis, et plusieurs autres situés en la même plaine tendant au Landit. Le titre se sert de ces expressions: in manerio suo de S. Audoeno prope S, Dionysium. Il n'y reste plus de vestige de cette Chapelle qu'une croix de bois plantée proche les murs du jardin de M. Castanier d'Auriac, Maître des Requêtes et qui étoit ci-devant au Comte d'Evreux. Le service est transféré à la Sainte-Chapelle de Paris. Le Pouilléde l'an 1626, page 85, marque qu'alors elle étoit desservie dans l'Eglise Paroissiale de S. Ouen, et que le revenu étoit de soixante ou quatre-vingt livres. On le dit être maintenant de j5o livres. M. le Tourneux, auteur de l'Année Chrétienne, en a été titulaire dans le siècle dernier. En i356, Marie d'Espagne, veuve de Charles de Valois, Comte Mem.de d'Alençon et d'Etampes, frère puîné du Roi Philippe de Valois,

la Chambre des avoit Une maison à s. Ouen. Mais nous avons quelque chose de plus omptes. mémorable sur ce village et qui date de quelques années auparavant. Le Roi Jean, dès l'année i35i, la seconde de son règne, établissant un Ordre de Chevalerie du nom de l'Etoile, par Lettres Spicii.inp, données à S.Christophe en Halate, entre Senlis et Pont Sainte

7. ni. p. T3t. Maxence, voulut que le lieu de leur Assemblée fût à Saint Ouen,

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entre Paris et Saint Denis, dans un château ou manoir auquel il donne le titre de La Noble Maison. M. Galland, de PAcadémie des Inscriptions, après avoir parlé dans un Mémoire qu'il y lut d'une vieille poésie intitulée : Demande touchant l'ancienne Chevalerie de Notre-Dame de la Noble Maison^ a dit qu'il seroit curieux de sçavoir quelque chose de plus sur ces Chevaliers de la Mem. de Noble Maison et sur leur Prince. Voici ce que j'ai pu trouver sur l'Actd.desinKr. ces Chevaliers, et sur le lieu de leurs Assemblées. Sauvai m'en a • ' pfourni une grande partie. On peut y recourir pour le reste. Amiq. de Paris,

Ils étoient au nombre de cinq cens; et ils dévoient tous se T. ii, p. 717. rendre à la Noble Maison le jour de la Nostre-Dame de la my- Aoust, à l'heure de Prime et y demeurer tout le jour et le lendemain jusqu'après Vêpres. On voit dans le Catalogue de la Cad. Coib. Bibliothèque de Charles V, un livre à l'usage de la Chapelle de ce '"'^f^/'^';/''' lieu, qui contenoit des Oraisons de Nostre-Dame de la my-Aoustj en prose Françoise pour l'Hôtel de Saint Ouen. Il y est dit que Pierre d'Asnieres les avoit fait faire.* Il y avoit en ce lieu une Salle large de dix toises, longue de vingt, flanquée aux quatre coins de quatre tours rondes avec une cheminée à tuyau rond à l'antique, aussi haut que le clocher du village, ce qui alors étoit extraordinaire. Dans cette salle, chacun d'eux avoit ses armes et le timbre de sa famille au-dessus de sa place. Ils dévoient jeûner les samedis ou donner quinze deniers aux pauvres et porter ces jours-là l'habit de l'Ordre. Ils dévoient aussi tous envoyer à la Noble Maison en mourant leur aunel * et leur fremail, les meilleurs qu'ils auroient, pour faire prier Dieu pour eux. La première de leurs assemblées fut indiquée par le Roi au jour de l'Apparition suivant, c'est-à-dire à la Fête des Rois que l'on comptoit encore en i35i en France. Au mois d'Octobre suivant, le même Prince y fonda des Chanoines et des Chapelains, auxquels il accorda pour leur entretien tout ce qui pouvoit ibid,, p 732. lui revenir dans tout son Royaume des forfaitures ou espaves. L'acte françois n'employé point le terme de Chanoines, mais ne les qualifie que de Chapelains, et marque que tout leur revenu tant pour la masse des Prébendes que pour la dépense du luminaire, ne montoit qu'à huit cens livres. Il n'y est point spécifié combien ils étoient de Chapelains. Quelques particuliers contribuèrent aussi à doter l'Eglise de la Noble Maison. Dès la même année i352, Henri de Culant, Archidiacre de Boulenois dans l'Eglise de Terouenne, donna à cette Eglise, qu'il appelle Notre- Dame de l'Etoile en la maison de Saint Ouen, le village de Lenginerie et ses appartenances. Cette terre est dite dans le titre

I. A cet anneau devoit être écrit leur nom et surnom avec un morceau d'émail rouge rehausse d^une étoile blanche et d*un soleil d'or.

située au Bailliage d'Orléans. Il y est spécifié que Jean de Saint- Briçon, Seigneur de la Ferté-Hubert, avoit vendu le droit de réachapt et féaulté et hommage du manoir de ce lieu de Lenginerie. C'est aujourd'hui un hameau de la Paroisse d'Andeglou sur le grand chemin qui va d'Artenay à Orléans. Les Recueils des Ordonnances de nos Rois en contiennent un grand nombre qui Voyez ont été données par le Roi Jean dans les années i354 et i355; les recuens presque toutes pendant l'été, et qui finissent par ces mots : de Lauriere et ^^^^^ à la Noble MaisoTi de Saint Oueriy ou bien : Donné à notre Secousse. Noble Maison de Saint Ouen le\ Saint Denis. En i354, Philippe Thés, anecdot., Qgier, Maître des Comptes, fut chargé par le Roi de la visite Le Laboureur générale des bâtimens de la Noble Maison de Saint Ouen. Deux dans les ans après, ce même Prince augmenta cette maison, en vertu de ^d^'charies vT* ^^ renonciation que Marie d'Espagne, Comtesse d'Alençon et p. 33. ' d'Etampes, fit de ce qu'elle y avoit. Le Roi Jean lui donna en Mémoire de récompense la Terre entière qu'avoit au Perche un nommé Jean Comptes. * Malet, qui venoit d'être supplicié pour crime de trahison et de 5 Juin et 8 Juin. Leze-Majesté. Deux monumens de l'année i358 font mention de Ordonn. la Noble Maison, sçavoir, des lettres de Charles, Régent du T. IV, p. 195. Royaume, qui parlent des sommes qu'on devoit employer à son aggrandissement. Aussi Christine de Pisan assure-t-elle dans la vie de ce Prince qu'il avoit réparé l'Hôtel de Saint Ouen. Secondement les Chroniques de Saint Denis marquent à la même année que les Parisiens ayant mandé le Roi de Navarre qui étoit dans le Beauvoisis, il vint au mois de Juin à la Noble Maison de S. Ouen, où Etienne Marcel, Prévôt des Marchands, alla conférer avec lui. Comme le Roi Jean revint en France en i36i, après avoir été longtems en Angleterre, il vint encore faire quelque séjour à la Noble Maison, pour laquelle il avoit une. prédilection particulière. On a des lettres qu'il y fit expédier le 3 1 Mars de cette année-là.

Nous ne sçavons rien sur ce lieu pour le tems du règne de

Charles V, que ce que Christine de Pisan en a écrit, sçavoir qu'il

fit réparer cet Hôtel, ainsi que j'ai déjà dit, et que dès l'an 1374,

Ordonn.des ce Roi l'avoît donné au Daulîn, dit depuis Charles VI, pour son

Rois. esbatement,

Mem. de Charles VI fit au territoire de Saint Ouen des acquisitions, d'où

la Chambre des l'on conclut qu'il augmenta l'Hôtel de la Noble Maison. Gilles de

omptes. Clamecy, Marchand de Paris, lui vendit au mois de Janvier 1397,

un Hôtel et plusieurs terres. Pierre Varope, autre Marchand de

Paris, lui vendit des vignes, des jardins et terres. La même année,

au mois de Mars, Gui de Monceau, Abbé de Saint Denis, permit

GaiLChr. à l'Administrateur de l'Hôtel-Dieu de Saint Denis de vendre au

nova, même Prince une maison et un jardin pareillement situés à Saint

'^° *'*^'* Ouen. Mais aussi on trouve que deux ans après, le même Roi

DU DOYENNÉ DE MONTMORENCY 5j3

donna deux des Hôtels qu'il avoit alors au même village. La Mem. de Reine Ysabeau de Bavière, sa femme, qui lui survécut de neuf '«^ c*»*""*'f« <*" ou dix ans et qui avoit aussi eu son Hôtel à S. Ouen, qu'on appelloit r Hôtel des Bergeries ou de la Reine, le légua à F Abbaye Hist.dcS.Dcnis, de Saint Denis par son testament de l'an 143 1, à la charge d'un p. 346. Obit pour elle et pour Charles VI, son époux. De plus, cette ,g R^jn^' jj^j,^ même Reine qui y en avoit encore un autre, le légua à l'Hôtel- lafinderHist. Dieu de Gonesse. Louis, Duc de Guienne, Dauiin de Viennois, ^^ Charie» vi, eut aussi son Hôtel à Saint Ouen. Il 1 avoit acquis en 1410 de p. 373, Jean le Flamend, Conseiller du Roi, avec des terres et des prés • Mem. de comme il mourut cinq ans après sans laisser de postérité, cet *• Chambre de» Hôtel revint à la Couronne ; de manière qu'on trouve dans les <>™P^«*- Comptes de l'Ordinaire de Paris de l'an 1454, l'article suivant: Sauvai, a Hôtel de Guyenne sis à Saint Ouen, donné à Henri le Fevre, t. ni, p. 337. « Examinateur au Châtelet, pour lui et ses hoirs, pour soixante a livres Parisis de rente payables au Domaine, et y faire dans les « deux ans prochains pour deux cens livres Parisis de réparations, « pour une fois payé par Lettre de la Chambre des Comptes 1456. » ,

On doit juger par ce qui a été dit jusqu'ici, qu'il n'y a gueres de villages autour de Paris où il y ait eu tant d'Hôtels pour les Rois et pour les Princes, qu'il y en a eu en celui de Saint Ouen. On assure qu'en bâtissant à l'endroit où est aujourd'hui la maison de M. d'Oria, on y a trouvé une pierre sur laquelle on lisoit ces mots : Icy estoit la Maison du Roy Dagobert. Cette maison est celle qui est dans le village de S. Ouen la plus proche du septentrion. Peut-être que cette inscription avoit été posée sur quelque appartement de la Noble Maison, car il est certain qu'elle étoit là. L'Hôtel de la Reine Isabeau étoit de l'autre côté de la rue.

Favin et Sauvai ne sont point d'accord sur la durée de la Chevalerie de l'Etoile établie en cette maison. Le premier, qui a été suivi par un nommé Jean Leclerc en son Théâtre manuscrit des Cod. vicu cxx. villes, écrit que Charles VII abolit cet ordre dans une Assemblée ^"- '^•^^• qu'il tint à S. Ouen l'an 1455, en tirant de son col le collier de l'Etoile, et le mettant au col du Capitaine des Chevaliers du Gt^et et que depuis cela il n'y a eu que lui et ses archers qui ayent porté cette étoile et qu'après ledit tems le Palais de la Noble Maison est demeuré en ruine. Sauvai prouve que tout cela est faux, parce Ântiq. de Paris, que le même Roi donna encore le même collier, en 1458, à Gaston ^' "» p* 7»8. de Foix, son gendre. Prince de Navare ; de plus, Louis XI écrivit encore en 1470 au Prévôt des Marchands et Echevins, qu'il vouloit venir à Paris célébrer la fête de cet Ordre et qu'il y amenéroit beaucoup de Princes et de Seigneurs. Mais quand même la cérémonie de la Fête et Chevalerie de l'Etoile auroit duré jusqu'à Charles VIII, qui selon lui ne l'abolit qu'à cause de l'Ordre de

S. Michel que Louis XI, son père, avoit établi, il n'en seroit pas

moins vrai que la Noble Maison de Saint Ouen étoit sur son

déclin vers la fin du règne de Louis XI. Les Registres du Parle-

Reg. ContiL ment de Tan 1482 nous apprennent qu'alors ce Roi fit don aux

P^rL Religieux de Saint Denis de la Maison de Saint Ouen, afin qu'ils

' priassent Dieu pour la conservation de sa personne. Ce fut ainsi

que le Monastère de Saint Denis, qui, dès Tan 143 1, avoit eu

l'Hôtel de la Reine à S. Ouen à charge de prières, y eut à pareille

charge celui du Roi; par le moyen de quoi les Religieux devinrent

Seigneurs de la Paroisse. Il sembleroit néanmoins que le Roi

auroit encore eu un Château à Saint Ouen au milieu de l'avant-

dernier siècle: car l'Auteur du Dicœarchia, Arrêt i5i, projettoit

qu'on fît venir les Hieronymites d'Italie en France et marquoit

que Henri II leur assigneroit son ancien Château de Saint Ouen

proche Paris, où ils seroient, dit-il, en bel air. Ce qui pouvoit

Feiib. rester de ces Hôtels fut détruit dans le tems de la Ligue vers iSgo.

Hist. s. Denis. Q'étoit au Grand Aumônier de TAbbaye que la Seigneurie étoit

Acte Vu attachée. Mais en 1640, du tems que l'Archevêque de Reims étoit

5 Dec. 1640. Abbé, cette Terre et Seigneurie fut échangée en la personne de

Reg. Pari. Frère Benjamin Ferron, Grand Aumônier, contre des terres situées

21 Juin i64r. proche Saint Denis, possédées par Séraphin Mauroy, Conseiller

d'Etat, Contrôleur et Intendant des Finances. Ce nouveau Seiibu. gneur de Saint Ouen y fit établir deux ans après deux Foires par i4Febr, 1642. chaque année. Ce fut aussi lui qui fit paver les rues du village.

L'Etat de l'Election de Paris, imprimé en 1709 et depuis, met qu'il y a ii5 ou i33 feux à S. Ouen et le Dictionnaire Universel de la France marque qu'on y compte six cens habitans.

Les anciens habitans avoient exposé en 1874 au Roi Charles V, que leur village avoit été brûlé et détruit et qu'il leur étoit impossible de se rétablir. Le Roi, informé des services qu'ils avoient rendu à l'Hôtel de la Noble Maison du tems du Roi Jean et aussi pour se rendre aux prières du Daufin Charles, qui jouissoit alors de cette maison, les exempta du droit de prise, c'est-à-dire de rien Ordonn. des fournir à la Cour, à moins qu'elle ne fût résidente au même lieu Ro"« de Saint Ouen. L'Ordonnance fut expédiée à Melun au mois d'Oc- * ^* ^' tobre de la même année.

L'Histoire a conservé peu d'événemens qui concernent le village de Saint Ouen, autres que ceux dont il a été fait mention ci-dessus. Jean, Chanoine Régulier de Saint Victor, qui écrivit une espèce de Chroniques ou d'Annales au XIV siècle, y marque que Guillaume Baufet, Evêque de Paris, célébra les Ordres à Saint Ouen, Hist. Univ. Par. Van i3o8, au moins pour Pierre des Grez nommé à l'Evêché

d'Auxerre, auquel il conféra la Prêtrise. En 1414, l'onzième jour d'Octobre, deux champions s'y bat-

tirent en champ de bataille, sçavoir un Breton et un Portugais, journal dont l'un étoit au Duc de Berry, l'autre au Duc de Bourgogne. <*« Charles vi, L'Historien marque que si le combat eût été achevé, le Breton ^' ^^' qui étoit pour le Duc de Berry eût succombé.

On ne voit plus à Saint Ouen aucuns restes de tous les anciens Hôtels ci-dessus nommés. Mais il y a trois belles maisons, qui sont celles du Duc de Tresmes, puis celle du Prince de Rohan, et Bricc, du côté du nord celle de M. d'Auriac. Toutes les trois sont dans le ^- ^^» p- ^®^côté du village le plus proche de la Seine. La première qui est vers le midi vient de M. de Seigliere de Bois-franc, Chancelier de Monsieur, frère du Roi Louis XIV. Il avoit succédé dans la Seigneurie de S. Ouen à M. Mauroy. Je trouve qu'en 1669, le 29 Juillet, il fut permis à Eleonore d'Estampe de Valence, veuve de Charles de Mouchy de Hocquincourt, Maréchal de Reg. Arch. Par, France, de faire célébrer en sa jnaison de Bois-franc, Paroisse S. Ouen. Au mois de Juillet 1679, ^* ^^ Seigliere y donna une Mercure Galant, grande Fête à Monsieur et à l'Ambassadeur d'Espagne. Elle est du dessein de Le Pauvre, excellent Architecte. Il y a un sallon d'un des- Piganîoi, sein admirable, duquel on découvre Montmorency, dans l'éloigné- ^' ^''"» p- '®7ment. Cette maison est échue, avec la Terre, à M. le Duc de Gesvres [de Tresmes], par Madame sa mère, fille de M. de Bois-franc.

En i65i, il y eut à Saint Ouen un établissement des Sœurs de la Charité, par Françoise de Launay, veuve de Pierre Cloûet, Garde du Corps, et qui fut confirmé par l'Archevêque de Paris, Reg, Arch. Par. le i5 Juillet.

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